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Utilisation du fourrage pour améliorer la durabilité environnementale de la production de ruminants

J. Guyader, H. H. Janzen, R. Kroebel, K. A. Beauchemin, Forage use to improve environmental sustainability of ruminant production, Journal of Animal Science, Volume 94, Issue 8, August 2016, Pages 3147–3158, https://doi.org/10.2527/jas.2015-0141

Résumé

Les ruminants élevés pour la viande et le lait sont d’importantes sources de protéines pour l’alimentation humaine dans le monde entier. Grâce à leur système digestif unique, les ruminants peuvent tirer de l’énergie et des éléments nutritifs des fourrages, en faisant usage de vastes étendues de pâturage qui ne conviennent ni aux cultures arables ni à la production de biocarburants et en évitant la concurrence directe pour les céréales qui pourraient être utilisées comme nourriture pour les humains. Cependant, assurer le maintien d’une population sans cesse croissante de ruminants qui consomment des fourrages pose un dilemme : tout en exploitant leur niche écologique, les ruminants nourris au fourrage produisent une grande quantité de méthane entérique, un gaz à effet de serre puissant. Si ce dilemme était résolu, les ruminants pourraient jouer un rôle accru pour répondre à la demande mondiale croissante de produits d’animaux d’élevage. Une des façons de contourner ce problème est de mettre au point des régimes à base de fourrage et des systèmes d’alimentation qui réduisent les émissions de méthane par unité de lait ou de viande produite. La recherche actuelle a fait d’importants progrès vers la réalisation de cet objectif. Dans une perspective plus large, on peut regarder au-delà des émissions de méthane seulement et examiner les émissions de tous les gaz à effet de serre de l’ensemble du système de production animale. À titre d’exemple, en élevant les ruminants selon des systèmes qui ont recours aux fourrages, il est possible de compenser une partie des émissions de méthane en préservant ou en augmentant les réserves de carbone du sol, et d’ainsi retenir le dioxyde de carbone de l’air. De la même façon, des systèmes bien gérés reposant sur les fourrages peuvent nécessiter moins d’engrais synthétiques grâce à une utilisation plus efficace du fumier et des plantes fixatrices d’azote, ce qui réduit les émissions d’oxyde nitreux. Les avantages environnementaux éventuels des systèmes à base de fourrage peuvent être élargis encore davantage si l’on tient compte de leurs autres avantages écologiques, comme la conservation de la biodiversité, l’amélioration de la santé des sols, l’amélioration de la qualité de l’eau et la création d’habitats fauniques. Le problème, alors, peut être atténué par la gestion des ruminants au sein d’une synchronisation globale terres-bétail qui prend en compte non seulement les émissions de méthane, mais aussi la diminution d’autres gaz à effet de serre, de même que d’autres avantages écologiques. Étant donné la complexité de tels systèmes, il n’existe probablement pas de pratiques de « gestion exemplaire » particulières qui pourraient être recommandées partout. À l’aide d’approches systémiques comme l’analyse du cycle de vie, la production des ruminants peut être adaptée aux terres locales de manière à en tirer des avantages nets globaux très importants. Dans de nombreux cas, de tels systèmes, reposant sur les fourrages, peuvent maintenir une production élevée de lait et de viande tout en apportant d’autres avantages pour l’écosystème, notamment la réduction des émissions globales de gaz à effet de serre.

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