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Usage éventuel des tanins concentrés d’Acacia mearnsii pour réduire les émissions de méthane et l’excrétion d’azote par les vaches laitiéres en paissance.

Grainger, C.M., Clarke, T., Auldist, M.J., Beauchemin, K.A., McGinn, S.M., Waghorn, G.C., et Eckard, R.J. (2009). « Usage éventuel des tanins concentrés d’Acacia mearnsii pour réduire les émissions de méthane et l’excrétion d’azote par les vaches laitiéres en paissance. », Canadian Journal of Animal Science, 89(2), p. 241-251. doi : 10.4141/CJAS08110  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les auteurs ont mesuré l'effet des tanins concentrés (TC) extraits de l'écorce du mimosa argenté (Acacia mearnsii) sur la production laitière, sur les émissions de méthane, sur le bilan azoté et sur la répartition de l'énergie chez les vaches laitières en lactation. Soixante vaches laitières en lactation depuis environ 32 jours, mises à l'herbe dans un pâturage de ray-grass et recevant un supplément quotidien de 5 kg de grains de triticale concassés ont été divisées en trois groupes : témoins, Tanin 1 (163 g de TC par jour) et Tanin 2 (326 g de TC par jour au départ, puis réduction à 244 g de TC par jour le 17e jour). Les sujets ont reçu de l'extrait de tanins en poudre deux fois par jour après la traite pendant cinq semaines (mélangé à parts entières avec de l'eau). Le supplément à faible et à forte dose de TC diminue (P < 0,05) les émissions de méthane de 14 et de 29%, respectivement (environ 10 et 22 % selon la quantité de matière sèche ingérée estimée). Cependant, on note aussi une baisse de la production laitière (P < 0,05), surtout à la dose la plus forte. Le rendement laitier des trois groupes s'établissait à 33,0, à 31,8 et à 29,8 kg par vache et par jour. Les vaches du groupe Tanin 2 ont aussi accusé un recul de 19 % du rendement en matière grasse et de 7 % du rendement en protéines, mais la concentration du lait en protéines et en lactose n'avait pas été affectée par le supplément de TC. Après la période initiale de cinq semaines, les auteurs ont amené cinq vaches représentatives de chaque groupe dans une installation où l'on a étudié leur métabolisme en vue de préciser l'incidence des TC sur la digestion de l'énergie et sur le bilan azoté durant six jours. La digestibilité de l'énergie diminue (P < 0,05) de 76,9 % (témoins) à 70,9 % (Tanin 1) et à 66,0 % (Tanin 2), tandis que la proportion de N des aliments perdue dans l'urine passe (P < 0,05) de 39 % à 26 % et à 22 % pour les deux traitements. Les TC ont aussi réduit (P < 0,05) l'ingestion durant l'étude sur le métabolisme, si bien que la proportion de CT absorbée avait augmenté par rapport à la quantité d'aliments. Bien qu'on puisse utiliser les TC pour réduire les dégagements de méthane et la perte de N dans l'urine des vaches en paissance qui reçoivent une grande quantité de protéines brutes, la baisse du rendement laitier révélée par cette étude laisse croire que la concentration des aliments était trop élevée. Si l'on veut considérer les TC comme un moyen de diminuer les émissions de méthane, il conviendrait d'entreprendre d'autres recherches pour mieux définir l'incidence d'une moins forte concentration de TC de A. mearnsii sur la libération de méthane et sur la productivité des vaches. En effet, les producteurs hésiteraient à adopter une pratique susceptible de réduire la rentabilité de leurs animaux.

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