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Un pionnier du partenariat : Douglas Hedley (Ph.D.) entre au Temple canadien de la renommée agricole

Si vous deviez saisir en un mot la carrière exceptionnelle de Douglas Hedley (Ph.D.), ce pourrait être « partenariat ». Même si nous n’y pensons pas, les aliments que nous consommons sont le fruit d’une grande collaboration entre producteurs et transformateurs d’aliments, détaillants et transporteurs, restaurants et inspecteurs alimentaires. C’est un peu comme une symphonie : de nombreux musiciens créent une pièce de musique harmonieuse.

Les Canadiennes et Canadiens ont la chance de disposer de l’un des approvisionnements alimentaires les plus diversifiés et de qualité supérieure au monde. Voici l’histoire d’une des personnes qui a contribué à cette réalité : Douglas Hedley, dont la carrière au service de l’agriculture s’échelonnant sur plusieurs décennies est maintenant reconnue par son intronisation au Temple canadien de la renommée agricole.

Racines rurales, perspective mondiale

Douglas Hedley a été intronisé au Temple canadien de la renommée agricole en 2020 (Photo fournie par Douglas Hedley

Douglas a des racines familiales en agriculture. Sa passion pour l’agriculture a commencé dans le comté de Haldimand, en Ontario, au sud de Hamilton, à la ferme familiale de bœufs pur sang et de porcs. « Toute la famille participait à l’agriculture d’une manière ou d’une autre », dit-il, par l’intermédiaire du Conseil des 4-H, de la Junior Farmers Association of Ontario, des associations d’amélioration des sols et des cultures, et des coopératives de comté.

Il a commencé ses études dans une école publique rurale dotée d’une seule salle de classe, un bon début pour une vie consacrée à l’étude des activités agricoles qui se poursuit encore aujourd’hui. Il dit que « c’était évident » qu’il poursuivrait des études postsecondaires à l’endroit tout désigné pour un jeune agriculteur brillant de l’Ontario : l’Ontario Agricultural College, à l’Université de Guelph. « C’est là que j’ai appris des notions d’économie et découvert un monde bien plus vaste que la ferme où j’ai grandi », se souvient-il.

Son potentiel a rapidement été reconnu par la Fondation Rockefeller, qui lui a offert une bourse complète à condition qu’il passe un an en Amérique du Sud pour enseigner dans le cadre de son programme. Dans le cadre de son séjour à l’étranger comme boursier pour la Fondation Rockefeller, il a participé à la création du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (en anglais seulement) (CGIAR), ou « CG Group », le plus grand réseau public de recherche agricole du monde. À ce jour, le gouvernement du Canada continue à soutenir l’objectif du CGIAR consistant à réduire la pauvreté et la faim dans le monde.

Le travail de Douglas au sein du CGIAR l’a amené à participer à des projets agricoles dans le monde entier, ce qui lui a permis d’acquérir une expérience précieuse, dont il s’est inspiré plus tard pour concevoir des programmes agricoles au Canada. C’est en Afrique de l’Ouest qu’il a rencontré Walt Anderson, ancien chef de la faculté d’économie agricole de l’Université de Colombie-Britannique. Walt travaillait au Ghana, pour l’Agence canadienne de développement international. Les deux hommes allaient devenir de bons amis et des complices sur le plan intellectuel. Au cours d’un de leurs nombreux échanges, Walt a posé une question sur laquelle Douglas reviendra tout au long de sa carrière : comment le gouvernement fédéral peut-il traiter tous les agriculteurs sur un pied d’égalité, alors que les lois et les programmes agricoles diffèrent si largement d’un bout à l’autre du Canada?

Un fonctionnaire au service des agriculteurs

En 1972, Douglas est entré au service d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Ce fut le début d’une carrière remarquable au sein du Ministère, qui lui a permis d’être associé à certaines des plus grandes décisions ayant une incidence sur l’agriculture jusqu’à sa retraite, en 2004. Les agriculteurs canadiens avaient gagné un formidable champion à Ottawa, immédiatement reconnaissable à ses bottes de cowboy et à sa boucle de ceinture.

Comme Douglas le savait par expérience personnelle, les agriculteurs doivent faire face à un large éventail de risques dans leur exploitation qui peuvent dépasser leur capacité de gestion. Des conditions météorologiques extrêmes, des parasites envahissants ou une barrière commerciale soudaine peuvent avoir un effet catastrophique sur les résultats d’une exploitation agricole. De nombreux programmes gouvernementaux ont été mis en place au fil des ans pour fournir des protections contre ces risques, qui, dès les années 1990, constituaient une mosaïque de règles couvrant différentes régions et différents produits.

Mettant à profit ses compétences d’économiste et d’agriculteur, Douglas a participé à la rédaction de la Loi sur la protection du revenu agricole de 1991, le premier filet de protection agricole moderne du Canada. Cette loi mettait tous les agriculteurs sous un cadre réglementaire unique, et elle a été élaborée avec soin pour garantir que les décisions en matière de plantation soient orientées par le marché, que les termes des nouveaux accords commerciaux soient respectés, et que chaque région et chaque produit soit traité de manière égale. Une fois de plus, mais non la dernière, Douglas s’était inspiré de la question d’équité, dont il avait discuté avec son ami Walt. « La grande différence, c’est le fait d’avoir établi une seule loi pour tout le Canada, et pour toute l’agriculture », explique Douglas. « On abandonnait l’idée que nous devions avoir des politiques différentes dans l’est et dans l’ouest du Canada. »

Leçons d’économie et de vie

À ce stade de sa carrière, Douglas s’était déjà imposé comme un penseur très respecté et un habile navigateur des rouages d’Ottawa. Toutefois, ceux qui ont travaillé avec Douglas ont peut-être été davantage frappés par sa générosité en tant que professeur et mentor.

Au début des années 2000, Marco Valicenti et Christine Angelo ont tous deux été les conseillers principaux de Douglas en matière de politique. Ils se souviennent avec émotion du temps qu’ils ont passé avec lui. Christine est maintenant directrice au ministère du Patrimoine canadien, et Marco un directeur général à AAC. « Personnellement, ce dont j’ai le plus profité auprès de Douglas, c’est son talent de mentor », dit Christine. « Il a passé beaucoup de temps avec beaucoup de gens. » Selon Marco, en plus des réalisations de Douglas, une grande partie de son héritage découle du besoin qu’il ressentait de former les prochains cadres de la fonction publique. « Il estimait qu’il avait la responsabilité de le faire, ce qui n’était pas courant à l’époque. »

Marco et Christine se souviennent encore très bien de leurs journées, qui commençaient par le bruit des bottes de cowboy de Douglas sortant de l’ascenseur, un appel à la vigilance et un rappel quotidien du fait que, même s’ils étaient assis devant des ordinateurs, ils travaillaient au nom des agriculteurs. Dans son bureau, derrière une armoire à panneaux de bois, se trouvait un tableau blanc, devenu légendaire au Ministère. Marco, Christine, et bien d’autres ayant été pris sous son aile, écoutaient Douglas, qui donnait généreusement de son temps. « Il se donnait pour mission d’enseigner la matière la plus complexe d’une manière facilement compréhensible pour tout le monde », se souvient Marco. « Il faisait cela parce qu’il sentait qu’il avait besoin de transmettre des connaissances, non seulement sur la gestion ou l’économie, mais aussi sur la vie. »

La voie vers le partenariat

À la fin des années 1990, on craignait de plus en plus que le marathon des négociations sur les programmes de soutien agricole ponctuels laisse peu de temps et d’énergie pour collaborer à des objectifs à plus long terme pour le secteur, tels que l’amélioration de la salubrité alimentaire et la durabilité. Le pays avait besoin d’une nouvelle approche qui aille au-delà de la gestion de la crise et qui réunisse tout le monde autour de la table, et Douglas était la personne idéale pour réaliser cet objectif. Faisant preuve d’un talent de négociateur hors pair, il a travaillé sans relâche pour que chaque province et territoire ait le sentiment d’être entendu à Ottawa et ait un intérêt dans tout changement d’orientation en matière de politique.

L’Accord-cadre fédéral-provincial-territorial sur un cadre stratégique agricole et agroalimentaire pour le vingt et unième siècle a été conclu en 2000 par les ministres dans le contexte de ce qui est devenu l’« Accord de Whitehorse ». Pour la première fois, la politique agricole serait planifiée par tranches de cinq ans avec l’ensemble des provinces et territoires autour de la table, ce qui permettrait de faire progresser un éventail d’objectifs convenus. Grâce à ce nouveau partenariat, des changements concrets ont été effectués, qui ont permis au Canada de devenir un leader mondial en matière de salubrité alimentaire, d’innovation et de production respectueuse de l’environnement, ainsi que l’un des cinq premiers exportateurs de produits agroalimentaires.

Le cadre a été continuellement révisé au fil des ans pour répondre au rythme rapide de l’évolution du secteur. Il a maintenant évolué pour devenir le Partenariat canadien pour l’agriculture, un investissement partagé de trois milliards de dollars sur cinq ans pour soutenir des dizaines de milliers de producteurs et de transformateurs d’aliments, qui mettent des aliments durables et sains sur la table Canadiens, et des consommateurs du monde entier.

Partenariat canadien pour l'agriculture : Innover. Croître. Prospérer.

En quoi consiste le Partenariat canadien pour l’agriculture?

Le Partenariat canadien pour l’agriculture est un accord de cinq ans entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Il renforce l’agriculture et l’agroalimentaire au moyen d’investissements dans des programmes visant à soutenir les principaux moteurs de la compétitivité, notamment l’innovation, le commerce, la durabilité et la gestion des risques.

Une carrière à l’honneur

Malgré ses nombreuses réalisations, Douglas reste modeste. Avec des propos empreints d’humilité et en s’exprimant avec sa douceur habituelle, il s’empresse de souligner que son expérience à AAC a été vécue au milieu d’« un groupe de personnes exceptionnelles et talentueuses », et qu’il a servi sous « des ministres très compétents et réfléchis, cherchant sans cesse des solutions ».

Son engagement à vie dans le domaine de l’agriculture a valu à Douglas une place bien méritée au Temple canadien de la renommée agricole, aux côtés de certains des plus grands visionnaires de l’agriculture depuis la Confédération. Sa nomination honore son leadership, son innovation et son influence en tant que « principal expert de la politique canadienne sur l’agriculture ».

Pour Douglas, l’agriculture n’est pas une carrière, c’est une passion qui dure toute la vie. Après avoir pris sa « retraite » d’AAC, il a maintenu un rythme soutenu de conférences, d’écrits et de voyages, y compris la publication récente d’un rapport sur la politique agroalimentaire de l’organisme de recherche Agri‑Food Economic Systems. Il travaille toujours avec des organisations qui se consacrent à l’amélioration des revenus agricoles, à la résolution des différends commerciaux, et à l’approfondissement de notre appréciation et de notre compréhension de l’agriculture. Il s’agit de la conclusion appropriée pour une carrière remarquable au nom des agriculteurs du monde entier.

Pour en apprendre davantage sur le Partenariat canadien pour l’agriculture et les programmes disponibles, et sur la manière dont vous pouvez en bénéficier, veuillez consulter le site Web d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Le site Web du Temple canadien de la renommée agricole offre une mine de renseignements sur des personnes qui ont marqué l’histoire du secteur, y compris les intronisés de la classe 2020.

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