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Pleins feux sur le prix : Jeunes agriculteurs d’élite du Canada

En raison de la pandémie, 2020 a été une année sans précédent pour les jeunes producteurs agricoles aux quatre coins du Canada.

Cette année marque également le 40e anniversaire de Jeunes agriculteurs d'élite (JAÉ) du Canada. Chaque année depuis 1980, JAÉ recherche la prochaine génération de chefs de file dans le secteur agricole canadien et est soutenu en partie par Agriculture et Agroalimentaire Canada, par les provinces et les territoires et par le Partenariat canadien pour l'agriculture.

Nous avons joint des lauréats de l'année dernière pour voir comment ils se sont adaptés à la réalité actuelle, par de grands ou de petits gestes.

En savoir plus sur leurs histoires :

Mylène Bourque et Simon Michaud – Kamouraska (Québec)

Simon Michaud vit à Kamouraska (Québec) avec ses enfants et sa femme, Mylène Bourque.
(Photo fournie par Simon Michaud)

Mylène et Simon se souviennent encore de leur expérience dans le cadre du concours de l'an dernier. Ils font partie des deux lauréats nationaux reconnus pour leur sens des affaires et pour leur faculté d'adaptation dans la gestion de leur ferme laitière dans leur ville natale de Kamouraska. Cette faculté d'adaptation a été mise à l'épreuve en 2020.

Le fait de gagner le concours leur a donné au départ la bouffée de confiance qu'il leur fallait pour diversifier leurs projets. Ils ont notamment ajouté la culture de la pomme de terre à leurs activités, étant donné que Simon était en processus de racheter l'entreprise de production de pommes de terre de son oncle.

Tout fonctionnait comme prévu… lorsque la COVID-19 s'est soudainement ajoutée à l'équation.

« C'est apparu durant une période de récolte intense », se rappelle Simon. « Nous n'avons pas été frappés de plein fouet, explique Mylène. La situation n'était pas idéale, mais je me suis dit : Au moins, nous ne manquons pas de nourriture, même si la variété dans notre assiette changeait parfois. »

Avec quatre enfants inscrits dans deux écoles différentes, la famille a dû faire le point sur la sécurité de tous dans cette nouvelle réalité. Au même moment, Mylène et Simon ont dû revoir leurs opérations, qui fluctuaient au rythme de l'intensité du virus.

Aux points les plus bas, ils ont dû s'ajuster à une baisse de la demande de lait dans leur région.

Lorsque la COVID-19 est apparue dans la région de Kamouraska au printemps, les enfants de Simon se sont mis à passer plus de temps à la maison. Voici une photo de Simon sur sa ferme laitière, en compagnie d'une de ses filles.
(Photo offerte par Simon Michaud)

Leur exploitation agricole est maintenant en voie d'attendre ses objectifs et c'est, aux dires de Simon, grâce au grand intérêt des Québécois pour les produits laitiers, ainsi qu'aux efforts des organismes et des intervenants du secteur laitier.

Personnellement, ils se débrouillent bien également. Ayant traversé des moments difficiles et des moments plus positifs, ces producteurs agricoles du Québec encouragent leurs collègues de tout le pays à ne pas s'arrêter devant un obstacle. « Dans les moments difficiles, souvenez-vous de votre objectif, conseille Mylène. Il n'y a pas que du noir devant vous. Accrochez-vous à tous les moments positifs. » « Nous restons en contact avec notre cercle social, dans les bons comme dans les mauvais moments, ajoute Simon. Cela nous aide à surmonter les difficultés. Si nous avions été plus isolés, nous ne nous en serions peut-être pas sortis aussi bien. »

Will et Jen Bergmann – Glenlea (Manitoba)

Toute la famille Bergmann participe à l'entretien de son jardin cultivé dans le cadre d'un programme d'agriculture soutenue par la communauté.
(Photo fournie par la famille Bergmann)

Contre toute attente, il semble que la pandémie ait eu un effet positif sur les lauréats manitobains de l'année dernière, tant sur leurs exploitations agricoles que sur leurs perspectives du marché.

Avant la COVID-19, Will faisait le trajet de 10 minutes en voiture jusqu'à la ville au moins deux fois par semaine pour livrer les produits de son potager aux restaurants de Winnipeg.

Aujourd'hui, les rôles sont inversés et Will accueille dans sa ferme communautaire des chefs de restaurants de la grande ville. Will n'apprécie rien de plus que de partager ses connaissances en matière d'agriculture et affirme que sa popularité auprès des chefs a triplé malgré la pandémie.

« Quelle que soit l'ampleur de la COVID, les gens auront toujours besoin de manger », souligne Will.

La pandémie n'a pas ralenti les activités agricoles de la famille Bergmann. Will, Jen et leurs enfants Brooklyn, Cole et Emmett sont photographiés dans leur moissonneuse-batteuse.
(Photo fournie par la famille Bergmann)

Déjà actif sur la scène alimentaire de Winnipeg, Will a trouvé encore plus de moyens de développer des liens après l'apparition de la COVID-19.

Will reste en contact avec le public par le biais des médias sociaux, où il prend le temps d'expliquer, d'un point de vue direct, les tenants et aboutissants de l'agriculture canadienne. Il écoute les préoccupations des gens concernant leur nourriture et répond régulièrement à des questions sur la façon dont elle passe de la ferme à la table.

« Si nous pouvons parler des histoires de ces fermes familiales, les gens se rapprochent d'une différente manière, affirme Will. Si nous faisons part de nos émotions ainsi que de nos pensées, le public commence à écouter ce qu'on lui communique. »

« Il y a cette incroyable soif de rapprocher les communautés urbaines et agricoles à chaque extrémité de la chaîne d'approvisionnement, ici au Manitoba, poursuit Will. Les gens veulent savoir d'où vient leur nourriture, qui sont les agriculteurs. »

Cammy et James Lockwood – Cobble Hill (Colombie-Britannique)

Cammy Lockwood se tient devant des boîtes d'œufs prêtes à être livrées. Lockwood Farms a ajusté des aspects clés de ses opérations en raison de la pandémie de COVID-19.
(Photo fournie par Cammy Lockwood)

Cammy a toujours été au sommet de la ferme avicole dont elle est propriétaire avec son mari. Les biens sont assurés contre les feux de forêt, tandis que les fichiers informatiques sont régulièrement sauvegardés.

Mais comme le reste de l'industrie de la restauration de la Colombie-Britannique, Lockwood Farms ne pouvait pas savoir que la COVID-19 viendrait.

Lorsque la pandémie a frappé la Colombie-Britannique, elle a eu un effet important sur l'industrie de la restauration, y compris sur les activités de Lockwood Farms. En l'espace d'une semaine, le dernier client du restaurant a retiré son entreprise des ventes d'œufs de la ferme.

« Nous savions que le changement serait plus important que nous », se rappelle Cammy. Elle a tenté de recommencer à vendre ses produits sur les marchés fermiers, mais très peu de clients se sont présentés.

Peu après, la mère de trois jeunes enfants a réalisé qu'elle devrait faire pivoter son entreprise pour que Lockwood Farms puisse rester en activité.

Alors que les Canadiens affluent vers les achats en ligne, Cammy a rapidement mis à profit ses compétences en matière de développement de logiciels pour créer une plateforme de commande en ligne. Grâce aux textos, aux courriels et aux appels téléphoniques, elle a réuni une clientèle suffisante pour lancer le service en ligne en juillet. En deux semaines, le nombre de commandes livrées à domicile est passé de 30 à 250 par semaine. Toutes les livraisons ont été effectuées par des bénévoles jusqu'à la mi-septembre, date à laquelle les restaurants ont également commencé à passer leurs commandes.

Au sortir de cette période difficile, Cammy a de nouvelles idées sur ce qui est important dans la vie. Aujourd'hui, la science et la sécurité passent avant les revenus de l'entreprise, surtout depuis que l'entreprise est plus stable. Elle apprécie d'autant plus le soutien de sa communauté et reconnaît également que le soutien gouvernemental a aidé les petites entreprises à faire face à la pandémie.

« Même si la COVID-19 a changé notre façon de produire de la nourriture, notre communauté s'est rassemblée pendant nos moments difficiles », affirme Cammy. Si la pandémie a initialement déraciné son modèle d'entreprise existant, les affaires ont rebondi plus fort que jamais avec le soutien de la communauté.

Jony et Jan Roos – Brownsville (Ontario)

Jony Roos devant la maison familiale avec ses quatre enfants.
(Photo fournie par Jony Roos)

La pandémie a poussé les membres de la famille Roos à travailler plus dur sur leur ferme laitière caprine « Roos Dairy Goats ». Jony et son mari Jan élèvent leurs quatre enfants et plus de 2 500 bébés.

Heureusement pour eux, ces « bébés » sont en fait des chevreaux.

« Pandémie ou pas, les animaux ont encore besoin d'être soignés, souligne Jony. Jan et moi sommes des gens terre-à-terre. Nous pensons qu'il n'est pas nécessaire de ressentir de la peur ou de la panique. »

Tout se passe normalement dans la ferme située à un peu plus de 30 minutes à l'est de London. C'est comme à l'habitude : Jan s'occupe des chèvres, tandis que Jony s'occupe de la vente des produits en bordure de route, de la comptabilité et de la période de mise bas des chèvres.

Pour Jony, la pandémie de COVID-19 met en évidence l'importance de l'industrie alimentaire pour les communautés. Elle salue les agriculteurs, les camionneurs, les préposés au traitement et les magasins de la chaîne alimentaire pour leur rôle de première ligne dans l'approvisionnement alimentaire du Canada. « La nourriture ne tombe pas dans votre assiette, juste comme ça », affirme Jony.

Le couple a également été occupé par certains projets parallèles. Avant la COVID-19, Jan était déjà en train de développer un nouveau mélange d'aliments granulés pour les chèvres. Il prévoyait acheter de la machinerie auprès de fournisseurs internationaux, mais certaines livraisons ont été retardées récemment en raison de la pandémie.

Jony et son mari Jan ont mis en place des stations de traite des chèvres.
(Photo fournie par Jony Roos)

De son côté, Jony, qui avait déjà créé une application pour suivre la santé de ses chèvres, a passé un peu plus de temps pendant la pandémie pour en affiner les fonctionnalités. Actuellement, l'application enregistre des données sur l'alimentation, les médicaments et d'autres éléments du quotidien.

Pendant les mois les plus chauds, Jony vend aussi des produits au bord de la route, près de la ferme.

« Beaucoup de clients sont intéressés par l'achat local, affirme Jony. Ils ne veulent pas faire la queue à l'épicerie. »
En se tenant occupés, Jony et Jan ne sont pas attardés sur les effets de la COVID-19 sur leur vie.

« Je considère cela comme une autre maladie, dit Jony. Nous essayons d'utiliser notre bon sens – c'est notre principal objectif. »
En plus de son attitude détendue, deux choses l'aident à tenir le coup pendant ces mois difficiles.

« C'est le café qui me tient en vie. Depuis le début de la pandémie, j'en consomme avec la même intensité, peut-être même plus », confie Jony avant d'ajouter : « Je prends la vie un jour à la fois, en mettant ma confiance dans les mains de Dieu. »

Natasha Pospisil et Dallas Vert – Kirriemuir (Alberta)

Pendant la pandémie, Dallas Vert et Natasha Pospisil sont en mesure de poursuivre leurs activités agricoles. Leurs enfants les aident à accomplir des tâches simples.
(Photo fournie par Natasha Pospisil)

Au nord-est de Calgary et à 20 minutes de la frontière avec la Saskatchewan se trouve le hameau de Kirriemuir, que les lauréats régionaux de l'Alberta de l'année dernière appellent leur chez-soi. Bien que la situation de la COVID-19 soit en pleine évolution, ils s'efforcent de faire de leur mieux pour empêcher le virus de se propager dans leur communauté.

« Le plus grand obstacle à surmonter était de savoir comment guider nos clients pendant cette période », admet Natasha.

Natasha et son mari, Dallas, appliquent des mesures de distanciation physique entre leurs clients et leurs employés. En temps normal, le commerce de détail d'engrais de Dallas accueille jusqu'à 12 personnes dans ses bureaux. Aujourd'hui, les clients attendent le service dans leur véhicule à l'extérieur du bâtiment. Dans son magasin général, Natasha a également installé des barrières en plexiglas pour une protection accrue de tous. Entre eux, le couple gère également une ferme céréalière et un service de conseil en assurance agricole, tout en élevant trois jeunes enfants.

« Notre plus grande préoccupation était de maintenir notre équipe en bonne santé », affirme Natasha. Qu'il s'agisse d'un membre de la famille ou d'un employé, « si nous perdons une personne, c'est comme si nous perdions une jambe : perdez quelques briques ici, et tous les morceaux commencent à s'effondrer ».

Photo aérienne montrant une grande partie de Kirriemuir, y compris les entreprises agricoles de Dallas Vert et Natasha Pospisil.
(Photo fournie par Natasha Pospisil)

L'autre partie de cet équilibre consiste à garder le moral, même si les prévisions concernant le virus sont incertaines.

« Si nous laissons le virus prendre le dessus sur nos vies et que nous sommes inquiets, nous ne pouvons pas utiliser cela comme excuse pour ralentir », affirme Dallas. Que les restrictions proviennent de la pandémie ou d'autre chose, il encourage les gens à ne pas considérer les difficultés comme une condamnation à mort. « Il y a toujours un moyen positif et créatif de surmonter ces circonstances. » Pour continuer à grandir et à se préparer à ce qui arrivera après la pandémie, Natasha et Dallas se tournent vers l'avenir : derrière le comptoir en plexiglas, leurs enfants sont déjà au service des clients du magasin général.

The Partenariat canadien pour l'agriculture est un investissement sur cinq ans des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux qui vise à renforcer le secteur agricole et agroalimentaire. Pour plus d'information sur la prochaine génération de professionnels de l'agriculture, consultez le site du Conseil canadien de la jeunesse agricole.

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