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Sélection de fongicides pour le traitement de la rouge des conifères

Code de projet : SCR08-050

Chef de projet

Jim Jotcham - Marbicon Incorporated

Objectif

Évaluer l'efficacité des fongicides sélectionnés dans la lutte contre la rouge des conifères sur deux espèces de conifères : l'épinette du Colorado (Picea pungens) et le sapin baumier (Abies balsamea) et recommander l'enregistrement des fongicides candidats au Canada. De plus, des méthodes de détection de la présence des agents pathogènes dans les rouges asymptomatiques sont élaborées.

Sommaire des résultats

Contexte

Au Canada, le rouge fait partie des maladies qui présentent les plus grands défis aux producteurs commerciaux de conifères. Il s’agit d’un problème important pour les conifères qui font partie du paysage et ceux qui sont plantés comme brise-vent. Deux formes répandues sont le rouge du sapin baumier causé par Lirula nervata et le rouge, ou brûlure des aiguilles, de l’épinette qu’occasionne Rhizosphaera kalkhoffii. Le rouge du sapin baumier peut obliger les arboriculteurs à couper les branches basses pour pouvoir vendre leurs arbres de Noël, ce qui en diminue considérablement la valeur au gros. Le rouge de l’épinette est une source de préoccupation en Ontario, parce qu’il menace la santé des arbres et que les aiguilles infectées ont un piètre aspect. Au moment où nous avons entrepris le projet, il était recommandé, pour lutter contre le rouge, d’appliquer des fongicides aux pousses de l’année, du débourrement à l’aoûtement, qui se produit à la fin de l’été. Les quelques fongicides dont on disposait pour enrayer le rouge n’étaient souvent pas assez efficaces. Les essais de sélection suivis d’essais d’efficacité devaient déboucher sur l’homologation de nouveaux fongicides contre le rouge des conifères et armer les arboriculteurs et les aménagistes de produits de rotation efficaces.

Approches

Nous avons éprouvé l’efficacité contre le rouge de sept nouveaux ingrédients actifs, choisis pour leur efficacité contre des champignons apparentés et pour leur disponibilité.

Les essais ont été réalisés en 2008 et en 2009 à deux emplacements, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Au site ontarien, les principaux agents pathogènes ciblés étaient R. kalkhoffi et Stigmina lautii sur l’épinette du Colorado. Au site néo-écossais, la principale cible était L. nervata sur le sapin baumier. Nous avons évalué aux deux emplacements un certain nombre d’ingrédients fongicides – azoxystrobine, myclobutanil, propiconazole, pyraclostrobine et boscalide, trifloxystrobine, soufre, mancozèbe avec myclobutanil (en Nouvelle-Écosse seulement), par comparaison au produit standard de l’industrie, le chlorothalonil. En 2008, nous avons procédé à trois pulvérisations de fongicide sur chacune des branches d’essai, à intervalles prévus de 10 jours, en commençant au moment de l’apparition des pousses.

Nous avons suivi la production de spores des champignons à l’origine du rouge aux deux emplacements, en prélevant chaque semaine des rameaux sur au moins trois arbres à chaque emplacement. Les aiguilles d’âges divers ont été examinées dans un laboratoire de l’Université de Guelph pour y relever des symptômes de maladie ou des signes de la présence des agents pathogènes. Pour bien identifier les agents présents, nous les avons isolés et en avons séquencé l’ADN.

Comme les symptômes du rouge mettent du temps à se manifester, parfois jusqu’à deux ans, nous avons aussi envoyé des échantillons d’aiguille et de rameau à l’Institut de recherche forestière de l’Ontario, pour qu’il mette au point des méthodes diagnostiques qui permettent de reconnaître plus rapidement la maladie. Dans le cas des agents pathogènes pour lesquels des méthodes de détection moléculaire ont été mises au point, nous avons cherché à en déterminer les quantités présentes dans le feuillage traité aux fongicides.

Résultats

Au site néo-écossais, les symptômes causés par L. nervata ont mis un an à apparaître sur le sapin baumier. La sporulation de Lirula (production des ascospores) s’est produite surtout au mois de juin, au cours de la période du traitement fongicide. Nous avons relevé des différences dans l’effet des traitements lorsque nous avons évalué à l’automne de 2009 le feuillage de 2008, mais aucun des traitements ne s’est révélé d’une grande efficacité. Nous n’avons pas réussi à élaborer une sonde ADN pour le dépistage précoce des espèces du genre Lirula.

Au site ontarien, la sporulation de S. lautii s’est produite tout l’été, et celle de R. kalkhoffii a culminé dans les aiguilles de 2007 en octobre 2008. Il a fallu deux saisons de croissance pour qu’apparaissent des symptômes visibles causés par S. lautiiet R. kalkhoffii sur l’épinette du Colorado, et nous n’avons pu évaluer sur le terrain qu’à l’automne de 2009 l’efficacité des produits à l’essai appliqués en 2008. Cette évaluation a révélé que les traitements n’avaient eu aucun effet sur le feuillage de 2009. Cependant, cinq des traitements fongicides ont considérablement réduit la maladie dans le feuillage de 2008.

Pour déceler des infections à Rhizosphaera dans des aiguilles asymptomatiques de l’épinette du Colorado, nous avons procédé à l’analyse par PCR (réaction en chaîne par polymérase) de l’ADN extrait des aiguilles de 2008 que nous avions recueillies à l’automne de 2008. La quantification en laboratoire des agents pathogènes présents dans les tissus donne à penser que le boscalide et la pyraclostrobine ont été les fongicides les plus efficaces.

Dans l’ensemble, notre étude de sélection n’a pas donné de résultats sans équivoque; le traitement le plus efficace à un emplacement ne l’a pas toujours été à l’autre, et les évaluations en laboratoire n’ont pas corroboré les données de terrain. Malgré leur ambiguïté, les résultats font croire qu’il serait utile de poursuivre l’étude du propiconazole, de la pyraclostrobine avec le boscalide et de la trifloxystrobine pour trouver de nouvelles solutions pour lutter contre le rouge des conifères.

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