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Réduction de l'utilisation d'insecticides contre les sauterelles dans les lentilles

Code de projet : PRR07-370

Chef de projet

Mark Goodwin - Pulse Canada

Objectif

Mettre au point un modèle de l'éclosion des sauterelles, former les producteurs et les agronomes à l'identification des sauterelles nuisibles et mettre au point une méthode comportant moins de risque pour lutter contre les sauterelles à la fin de la saison

Sommaire de résultats

Contexte

Les sauterelles sont des ravageurs dangereux qui limitent la production de lentilles dans l'Ouest canadien. Toutefois, parmi plus de 80 espèces de sauterelles au Canada, seulement quatre espèces environ causent des pertes économiques pour les cultures agricoles. Les sauterelles ravageuses peuvent causer d'importantes pertes de rendement pour les lentilles, car elles consomment les fleurs, les feuilles et les gousses en développement. Par conséquent, le seuil économique pour les lentilles est plus bas (2 sauterelles/m2) par rapport à d'autres cultures. À l'heure actuelle, les producteurs de lentilles disposent de peu d'options chimiques de lutte, et certaines d'entre elles sont d'anciens produits qui font l'objet d'une réévaluation en vertu de la réglementation.

Des solutions de rechange à faible risque sont nécessaires afin de permettre une gestion durable. Ce projet triennal visait à améliorer la lutte contre les sauterelles grâce à trois outils, notamment : un guide de champs permettant aux producteurs de reconnaître les ravageurs et de les distinguer des espèces de sauterelles non ravageuses, une méthode de contrôle biologique et un système d'aide à la prise de décision pour aider les producteurs dans leurs interventions de gestion. Ce projet était basé sur la collaboration entre l'Université de Lethbridge, Pulse Canada et Saskatchewan Pulse Growers (SPG).

Démarches

Le projet a été mené de 2007 à 2010 en trois volets distincts qui se sont déroulés aux laboratoires de l'Université de Lethbridge en Alberta, aux champs commerciaux de lentilles en Saskatchewan et aux pâturages en Alberta.

Partie 1 : M. Dan Johnson (Ph. D.), de l'Université de Lethbridge, a compilé plus de 60 images originaux de divers espèces et stades de croissance des sauterelles ainsi que des renseignements pertinents de gestion dans un livret guide de champs pratique qui met l'accent sur l'identification des sauterelles. Ce livret visait à fournir un outil aux producteurs pour les aider à reconnaître les différents stades de vie des quatre principales espèces de sauterelles qui attaquent les cultures dans les Prairies et à prendre, en conséquence, des décisions informées en matière de gestion. Plusieurs séances de formation ont été offertes à travers des ateliers, des webinaires et des réunions traditionnelles de producteurs, afin de présenter et promouvoir le livret aux producteurs et aux agronomes. Les participants des séances de formation ont été consultés parmi sondages pour évaluer et comparer leurs connaissances et leurs pratiques de la gestion des sauterelles au début et a la fin du projet.

Partie 2 : L'efficacité de la souche S54 de Metarhizium anisopliae, un champignon indigène découvert dans le sol des Prairies canadiennes (Alberta) et identifié auparavant comme agent microbien potentiel de lutte contre les sauterelles, a été évaluée par rapport au produit commercial standard (Lorsban). Des essais ont été réalisés en 2008 dans les cultures de lentilles à Elrose, en Saskatchewan, ainsi qu’aux pâturages à Pearce et à Cold Lake, en Alberta, 2009. Les spores de Metarhizium ont été produites en faisant pousser le champignon sur des grains d'orge, dans le laboratoire de l'Université de Lethbridge. Les spores fongiques portées dans une suspension de l'eau ou de l'huile était appliqués à l'aide d'un pulvérisateur classique. Le pulvérisateur distribuait 50 litres de solution comportant 25 ou 50 grammes de spores par hectare. Les populations de sauterelles ont fait l'objet d'une surveillance pour vérifier l'incidence de mortalité dans des secteurs-échantillons présélectionnés avant le traitement et 0, 6 et 15 jours après le traitement.

Partie 3 : M. Dan Johnson et les collaborateurs de l'Université de Lethbridge ont utilisés les technologies de l'information et un logiciel de modélisation météorologique pour concevoir un outil en ligne d'alertes saisonnières sur les risques liés aux sauterelles, qui présenterait des prévisions plus exactes que les modèles classiques fondés sur le nombre de ravageurs d'automne. Le modèle a analysé des grands ensembles de données historiques afin de déterminer les relations clés entre le développement des sauterelles et les facteurs météorologiques. Les relations identifiées ont formé la base de l’outil d'alertes.

Résultats

Partie 1 : Le livret Grasshopper Identification and Control Methods (version PDF) (en anglais seulement) a été publié au printemps 2008. Le livret a été imprimé dans un format durable, et des milliers d'exemplaires ont été distribués par diverses organisations de vulgarisation, d'éducation et de producteurs, y compris les SPG, le ministère de l'Agriculture de la Saskatchewan, le Conseil canadien du canola, l'Alberta Association of Agricultural Fieldmen et l'Université de Lethbridge. Le livret a été communiqué à la demande des producteurs avec une augmentation continue de la demande. Selon les commentaires des participants aux séances de formation, une grande majorité des producteurs se sont engagés à adopter des pratiques agricoles qui réduisent les pulvérisations inutiles. Les producteurs interrogés ont indiqué qu'ils comprennent la valeur de pouvoir déterminer les espèces de sauterelles contre lesquelles il faut lutter et celles qui ne nécessites pas des traitements. Le niveau de sensibilisation des producteurs à pulvériser quand des espèces ravageurs des sauterelles sont présentes en champs est passé de 4 à 46 % au cours des 3 ans du projet. Le livret a aidé les producteurs à prendre des décisions éclairées en matière de lutte antiparasitaire, entraînant la réduction de l'utilisation des pesticides et des coûts liés à la lutte antiparasitaire.

Partie 2 : En 2008, trois principales espèces de sauterelles ont été identifiées sur le site d'essai : la sauterelle birayée (environ 59 % de la population), la petite sauterelle voyageuse (26 %) et la sauterelle de Packard (8 %). Le taux de mortalité chez les sauterelles a atteint de 68 à 75 %, et ce, six jours après la pulvérisation de la souche S54 de Metarhizium, d'après une densité moyenne initiale de 5,8 sauterelles/0,25 m2. Après 15 jours, la densité des sauterelles a diminué de 83 %. L'agent de lutte biologique a fourni des niveaux d'efficacité comparables à ceux atteints par le Lorsban couramment employé, et les concentrations plus élevées de spores donnaient de meilleurs résultats. Toutefois, le temps humide et froid record au cours de l’année suivant a entraîné une pauvre population de sauterelles, et par conséquent, les résultats des essais d'efficacité n'étaient pas concluants. À l'heure actuelle, on poursuit la souche S54 de Metarhizium pour le développement et l'homologation commerciaux au Canada.

Partie 3 : Le modèle de prévision comportait une équation qui prévoyait l'émergence et la croissance des sauterelles en fonction des conditions météorologiques. Le modèle a été converti en un outil en ligne qui correspond à des cartes du risque indiquant la dynamique de la période et de l'étendue géographique de l'éclosion au début du printemps et de divers stades de croissance des principales espèces de sauterelles nuisibles dans les provinces des Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba). Une version « bêta » de l'outil a été lancée à titre de projet pilote au cours de l'été 2009 sur le site web de SPG. Les cartes étaient mises à jour deux fois par semaine et associées à des commentaires qui interprétaient les attentes en matière de risque et les mesures recommandées. Bien que la faible pression exercée par les ravageurs ait prévalu, la validation des prévisions par rapport aux données réelles provenant de 83 sites a indiqué que l'outil a le potentiel de fournir des estimations fiables du développement des stades larvaires sur le terrain.

Information sur les nouveaux outils acquis grâce au projet ont été communiqués à des milliers de producteurs de lentilles et d'autres cultures ainsi qu'aux agronomes dans la région des Prairies. L'adoption intégrée de ces outils a le potentiel d'aider les producteurs à planifier efficacement les activités de dépistage et les mesures de lutte antiparasitaire, ce qui améliorera l'efficacité des options actuelles de lutte tout en minimisant les pulvérisations inutiles. Le projet offre également de possibles solutions de rechange (contrôle biologique) pour franchir l'obstacle commercial lié aux limites maximales de résidus relativement faibles établies pour les insecticides sur certains marchés internationaux et aux restrictions concernant l'utilisation des insecticides près de la récolte.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Dan Johnson ou Mark Goodwin.

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