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Mise en place d'un agent de lutte biologique comme outil de lutte raisonnée contre la brûlure de la feuille de l'oignon

Code de projet : BPI06-020

Chef de projet

Odile Carisse - Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Objectif

Élaborer et mettre en oeuvre un protocole d'application de l'agent de lutte biologique Microsphaeropsis ochracea pour lutter contre la brûlure des feuilles de l'oignon causée par Botrytis squamosa.

Sommaire de résultats

La production annuelle d'oignon au Canada correspond à 180 360 t. À eux seuls, le Québec et l'Ontario se séparent 70 % du marché, cultivé sur 4 087 hectares. Au Québec, la culture de l'oignon se fait dans un bassin de terre organique situé au Sud-ouest de Montréal. Cet agro-écosystème riche, profitable et fragile fait face annuellement à un problème important : l'usage intensif de pesticides dont ceux utilisés pour lutter contre la brûlure de la feuille de l'oignon. Cette maladie qui se propage rapidement dans l'air est si importante qu'elle nécessite de 7 à 14 applications de fongicides annuellement. Cet usage intensif des produits chimiques pose des risques aux organismes non visés et l’environnement, alors les approches à atténuer ces risques sont désirables. Malheureusement, il n'y a toujours pas d'alternatives pour gérer la maladie et réduire l'utilisation des fongicides chimiques.

L'équipe de recherche du Dr Carisse a développé dans les dernières années un agent antiparasitaire microbien (AAM), Microsphaeropsis ochracea. Les études en laboratoire et en champ ont démontré que cet AAM est très efficace pour réduire l'inoculum primaire de champignons pathogènes. Il parasite les structures de survie de certains types de champignons mélanisés, dont Botrytis squamosa, le pathogène responsable de la brûlure de la feuille de l'oignon.

Ce projet a pour but de développer et de mettre en place un protocole d'application de M. ochracea comme outil de lutte raisonnée contre la brûlure de la feuille de l'oignon. L'approche consiste à utiliser M. ochracea pour réduire l'inoculum primaire, ce qui permettra de retarder et par conséquent réduire les applications de fongicides chimiques. L'utilisation de M. ochracea sera intégrée à une régie de fongicide basée sur les risques réels de maladie en utilisant les mesures d'inoculum aérien et le dépistage des lésions foliaires.

Des essais en parcelles expérimentales on permis de mettre en évidence 2 éléments importants quant à l'utilisation de M. ochracea. Premièrement, l'efficacité de ce microorganisme varie d'une année à l'autre. En effet, on a observé une réduction du nombre de taches par feuille de 83 % pour une année et de 45 % pour l'autre. Cependant, les essais en petites parcelles sont difficiles à interpréter à cause de l'interférence entre les parcelles. En effet, les spores de B. squamosa sont dispersées dans l'air et en conséquence elles se déplacent d'une parcelle à l'autre et contaminent toutes les parcelles camouflant ainsi l'effet des traitements d'automne.

Des essais en parcelles commerciales ont été établies chez 2 producteurs d'oignons membre du réseau de dépistage PRISME de la région des terres organiques du sud-ouest de Montréal. Les parcelles ont été traitées à la fin septembre avec la formulation commerciale de M. ochracea à raison de 1x1011 spores par hectare. Durant l'été 2007, la concentration aérienne de spores et le nombre de taches par feuilles ont été comptabilisé durant toute la saison de croissance.

Chez le premier producteur, en début de saison, l'inoculum aérien était plus faible dans la parcelle traitée avec l'agent de lutte biologique. Du 1er juin au 18 juin, le seuil de traitement a été atteint ou dépassé 3 fois dans la parcelle non traitée alors qu'il n'a été atteint dans la parcelles traitée qu'au 17 juillet soit plus de un mois plus tard. Chez ce producteur, l'application de M. ochracea a retardé les épidémies de brûlure de la feuille ce qui s'est traduit par une réduction de 50 % des applications de fongicides. Par contre, chez le deuxième producteur, la brûlure de la feuille était beaucoup plus sévère et l'application de M. ochracea n'a pas permis de réduire l'usage des fongicides.

Les résultats de l'étude nous porte à croire que l'agent de lutte biologique M. ochracea a détruit une partie de la population des sclérotes de B. squamosa diminuant ainsi la quantité d'inoculum en début de saison. Par contre, lorsque l'épidémie est démarrée, il n'y a pas de différence significative dans la progression de la maladie entre les champs traités et non traités.

La possibilité de combiner M. ochracea avec le biofongicide Contans® (Conithirium minitans), qui agit contre la pourriture blanche de la carotte, augmenterait beaucoup l'intérêt des producteurs. En effet, selon un sondage effectué auprès des producteurs, l'intérêt de ceux-ci passerait de 26 % pour l'utilisation d'un produit composé de M. ochracea seul à 53 % pour un produit qui agirait également contre la pourriture blanche de la carotte. Ce résultat vient probablement du fait que plusieurs producteurs d'oignons, sont aussi producteurs de carottes ou intègre les carottes dans leur rotation de culture. Il faudra recueillir plus de données pour convaincre les producteurs des bénéfices à court et à long terme d'intégrer un produit de lutte biologique dans leur régie de culture.

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