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Mise au point de stratégies à risque réduit grâce à des systèmes coordonnés de surveillance, de prévision et d'alerte visant les insectes ravageurs des grandes cultures du Canada

Code de projet : PRR07-060

Chef de projet

Owen Olfert - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Créer et implanter un programme de surveillance à l'échelle régionale conçu pour 1) informer l'industrie des risques économiques que représentent les insectes nuisibles pour les cultures de grande production et 2) fournir des recommandations de gestion basées sur les risques liés aux insectes nuisibles et sur la présence de leurs prédateurs naturels

Sommaire des résultats

Contexte

Au Canada, les cultures de grande production totalisent environ 29 millions d'hectares, les principales cultures étant le canola (environ 5 millions d'hectares) et les céréales (environ 12 millions d'hectares). Les grandes cultures sont les hôtes de nombreux insectes ravageurs pouvant causer des pertes de rendement atteignant les 35 % et, chaque année, on applique de nombreuses pulvérisations d'insecticides pour lutter contre ces ravageurs. Cependant, étant donné que les pullulations de ravageurs peuvent être cycliques, il se peut que ces pulvérisations ne soient pas justifiées si le nombre d'insectes ne risque pas de causer des pertes économiques inacceptables. De plus, des prédateurs naturels peuvent être présents en nombre suffisant pour offrir un certain degré de suppression des ravageurs. Il était donc nécessaire de mettre en place un programme de surveillance et de diffusion de l'information à l'échelle régionale pour tenir le secteur de production agricole informée des risques réels que représentent les insectes nuisibles.

Le projet visait à élaborer et à établir un réseau coordonné de sites de surveillance dans les provinces des Prairies afin de permettre un suivi constant des principaux insectes ravageurs du canola et des cultures céréalières et de leurs prédateurs naturels. Cette approche permet ainsi de formuler des recommandations de lutte contre les insectes nuisibles fondées sur les risques en tenant compte de la présence bénéfique de prédateurs naturels de ces ravageurs.

La présente étude, échelonnée sur trois ans, était basée sur un partenariat multi- organisationnel regroupant l'ensemble des provinces des Prairies. Elle s’inscrivait dans un projet quinquennal plus vaste soutenu conjointement par Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Conseil canadien du canola (CCC), la Fondation de recherches sur le grain de l’Ouest (WGRF), les associations provinciales de canola de l'Alberta (Alb.), du Manitoba (Man.) et de la Saskatchewan (Sask.), les ministères provinciaux de l'agriculture et Bayer CropSciences.

Approches

De 2007 à 2009, on a établi chaque année un réseau d'environ 5 000 unités de surveillance des insectes nuisibles dans les champs de canola et de céréales de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Parmi ces unités, on comptait divers types de pièges (par exemple, des pièges à phéromone ou des pièges collants) propres aux 7 espèces de ravageurs ciblés. Des équipes de surveillance des insectes ont été établies dans les trois provinces pour coordonner l'aménagement des sites de surveillances, la formation, la collecte des données et la livraison des outils. Des protocoles de surveillance des insectes ont été établis pour veiller à ce que l’on adopte des pratiques de surveillance exemplaires pour exécuter le programme. Chaque semaine, Environnement Canada fournissait des données météorologiques en temps quasi réel, et les degrés-jours pour les ravageurs ciblés ont été cumulés chaque jour. Ces données ont été intégrées dans les mises à jour Les trajectoires du vent ont été analysées dans le but d'aider à prédire la migration de la fausse-teigne des crucifères des États-Unis et du Mexique vers le Canada ainsi que la menace qu’elle représente. De plus, de nouvelles espèces envahissantes possibles et leurs prédateurs naturels ont été surveillés et on a quantifié leurs risques ou avantages.

Les données recueillies dans l'ensemble des sites ont été compilées, résumées et diffusées chaque semaine à l'industrie sous forme de compte rendu électronique sur les ravageurs et les cultures. Dans ces comptes rendus, on présentait l'incidence actuelle ainsi que les prévisions de risque et les alertes connexes pour un ravageur particulier ciblé. Ces comptes rendus étaient affichés sur les sites Web des organismes collaborateurs selon les cultures qui les intéressaient. Des alertes de risque ont été fournies pour chaque ravageur ciblé sous forme de carte géographique (pour l'ensemble des Prairies, par province et par région) accompagnée d'un texte d'interprétation et des seuils de nuisibilité économique. Cet outil avait pour but d'aider les producteurs, les vulgarisateurs, les professionnels de l'épandage de pesticides et les fabricants de pesticides à prendre des décisions de lutte éclairées ou à formuler des recommandations à cet égard.

Un sondage a été mené pour évaluer l'adoption par les producteurs des outils fournis dans le cadre du projet. On a également conduit des nombreuses activités dans le cadre de transfert de la technologie pour communiquer les résultats du projet.

Résultats

Les sept espèces de ravageurs surveillées annuellement tout au long de la saison pour chaque culture ciblée aux sites de la région visée par l'étude étaient les suivantes (la liste indique également le nombre connexe d'arrêts pour inventaire ou échantillonnage pour chacune des espèces par année) :

D'autres espèces étudiées afin de déterminer leur incidence, leur distribution et la menace possible qu’elles représentent aux cultures des Prairies, étaient le ver gris et d’espèces envahissantes comme le criocère des céréales et la cécidomyie du chou-fleur.

Les données recueillies au cours de la surveillance ont été utilisées pour créer des cartes d'interprétation illustrant avec exactitude la répartition et la densité en temps quasi réel de chaque population de ravageur ciblé. Des cartes d'alerte ont été dressées en fonction des données annuelles sur les insectes combinées aux données sur les tendances relativement aux populations d'insectes et aux analyses spatiales intégrant des données météorologiques dans les modèles dynamiques des populations d'insectes. Aussi, les répercussions des prédateurs naturels ont été pondérées, autant que possible, dans les recommandations axées sur les risques. Par exemple, les cocons des larves de la cécidomyie du blé (Sitodiplosis mosellana) ont été disséqués afin de quantifier le degré de parasitisme par Macroglenes penetrans. En conséquence, deux cartes d'alerte au risque ont été produites : l'une indiquait la densité totale et la répartition des cocons de cécidomyie du blé et l'autre indiquait uniquement les cécidomyie du blé viable, montrant les régions où les prédateurs naturels avaient contribué à réduire la population de ravageurs à un niveau inférieur au seuil de nuisibilité économique.

Des cartes géographiques illustrant l'incidence et les risques, ainsi que les seuils de nuisibilité économique, et des recommandations fondées sur les risque pour chacun des ravageurs ciblés ont été diffusées chaque semaine et ont été mises à la disposition des intervenants de mai jusqu'à la fin d'août par le truchement des sites Web du Conseil canadien du canola, de la Fondation de recherches sur le grain de l’Ouest, de la Commission canadienne du blé et des gouvernements provinciaux. Des résumés des résultats découlant de la surveillance régionale et du projet ont été diffusés régulièrement aux intervenants par l'intermédiaire du bulletin technique d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, de diverses publications, des médias et d'un certain nombre d'exposés présentés dans le cadre de réunions de producteurs. Dans le sondage menée par le Conseil canadien du canola en 2008, on indiquait que, des 130 producteurs répondants, environ 90 % utilisaientdes prévisions relativement aux ravageurs ou des cartes, 50 % convenaient que ces prévisions contribuaient à atténuer les risques pour l'environnement et 90 % s'entendaient pour dire que les prévisions permettaient de mieux connaître le statut du ravageur. De tous les outils de prévisions et d'alertes produits dans le cadre du projet, ceux qui ont été utilisés le plus souvent étaient ceux sur la sauterelle (85 %), la fausse-teigne des crucifères (77 %) et le légionnaire bertha (76 %).

Bien que la majorité des producteurs des Prairies utilisent ces outils de soutien améliorés, fondés sur les connaissances, en appui au processus décisionnel, on s'attend à ce que les décisions relatives à la pulvérisation améliorée et à l'élimination de l'épandage inutile de pesticides contribuent à réduire le coût des intrants pour les producteurs et à assurer une meilleure protection des espèces bénéfiques comme les prédateurs naturels qui se trouvent au champ.

Le programme de surveillance des insectes, dont la coordination est assurée par une équipe de spécialistes de chaque province des Prairies participante, se poursuit et continue d'offrir des services portant sur les ravageurs et les cultures énoncés. Vous trouverez des exemples de comptes rendus pour la saison 2012 dans les site web du Ministry of Agriculture for Saskatchewan et Ministry of Agriculture and Rural Development for Alberta.

Pour de plus amples renseignements sur ce projet, veuillez communiquer avec Dr. Owen Olfert : owen.olfert@agr.gc.ca.

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