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Lutte durable contre le puceron du soja à l'aide d'agents de lutte biologique ainsi que de pesticides à risque réduit et de biopesticides

Code de projet : PRR07-490

Chef de projet

Art Schaafsma / Rebecca Hallett - Université de Guelph

Objectif

Évaluer les effets des ennemis naturels du puceron du soya, recommander des seuils d'action en fonction du nombre d'ennemis naturels, évaluer l'efficacité des produits comportant moins de risque et sensibiliser les producteurs et les conseillers culturaux aux outils et aux produits recommandés

Sommaire des Résultats

Contexte

Le puceron du soya, Aphis glycines, est indigène à l'Asie. Depuis sa découverte en Amérique du Nord en 2000, il est devenu l'un des principaux organismes nuisibles du soya. Pour le contrôler, les producteurs de soya conventionnels disposent de deux produits seulement, le lambda-cyhalothrine et le diméthoate. Il s'agit de composés chimiques assez anciens aux effets indésirables sur les ennemis naturels. Avant d'exécuter le présent projet, les recommandations concernant les seuils d'intervention de pulvérisation pour le puceron du soya ne comprenaient pas de données sur les nombres d'ennemis naturels, même si les ennemis naturels de ce puceron sont répandus en Ontario dans les systèmes de production conventionnels et biologiques, jouant un rôle important dans le but de contrôler et supprimer les populations de pucerons du soya. Les principaux ennemis naturels de ce puceron, qui se trouvent dans les champs de soya en Ontario, sont la coccinelle asiatique, la coccinelle à sept points, l'Aphelinus certus, l'Orius insidiosus, les aphidolètes, la chrysope et le syrphe. Aphelinus certus, parasite du puceron du soya indigène de l'Asie, a aussi été trouvé dans les champs de soya commerciaux de l'Ontario, la première occurrence de cette espèce en Amérique du Nord. Les principaux objectifs de ce projet étaient de formuler des recommandations visant à intégrer un certain nombre d'ennemis naturels dans les seuils d'intervention contre le puceron du soya et d'évaluer l'efficacité et la compatibilité avec les ennemis naturels des produits de contrôle à risque réduit, y compris les biopesticides, pour la lutte contre ce puceron.

Méthode

On a mené des études sur la dynamique des populations de pucerons du soya et des ennemis naturels dans des champs en Ontario pendant les saisons de culture de 2007 et de 2008. Les taux de prédation et de parasitisme des principaux ennemis naturels contre le puceron du soya ont été calculés en laboratoire, et ont donné lieu à l'élaboration d'une nouvelle mesure, l'Unité d’ennemi naturel (UEN). L'UEN équivaut au nombre d'ennemis naturels qui peut détruire 100 pucerons en une journée et a été mise au point en 2008 afin d'uniformiser l'effet des ennemis naturels sur le puceron du soya. Une méthode de calcul du seuil d'intervention dynamique (SID), comprenant un nombre d'ennemis naturels, a été élaboré afin d’aider à prendre des décisions concernant la lutte contre le puceron du soya. La méthode du SID fait appel au nombre de parasites et d’ennemis naturels, et au taux de croissance prévu des populations, pour que l'on pulvérise des insecticides uniquement si le nombre d'ennemis naturels ne suffit pas à contrôler les populations de parasites.

En 2008 2009, on a mené des essais d'efficacité et des essais biologiques en laboratoire sur quatre insecticides à risque réduit : le spirotetramate, la flonicamide, la Beauveria bassiana et l'huile minérale.

Résultats

Un disque calculateur à main a été conçu afin d'aider les producteurs à établir facilement le SID et décider s'il fallait ou non pulvériser de l'insecticide. En plus des expériences de validation du SID, on a procédé à la mise en œuvre à la ferme du SID de concert avec les producteurs de quatre exploitations commerciales de soya, deux dans l'est de l'Ontario et deux au sud-ouest de l'Ontario en 2009. Ces évaluations à la ferme ont démontré qu'il était possible d'obtenir des rendements équivalents à ceux de systèmes de production conventionnels, même en l'absence d’une pulvérisation d'insecticide, ce qui permettait aux producteurs d'économiser de 20 $ à 30 $ l'acre pour des insecticides et de réduire la charge de pesticide dans l'environnement. Les producteurs coopérant dans le fermes de l'est et au sud-ouest de l'Ontario ont indiqué que grâce à l'accès et à l'utilisation du disque de calcul du SID, ils ne pulvérisaient pas d'insecticides dans leurs champs ou dans ceux dont ils étaient responsables. Sans disque calculateur, ils ont indiqué qu'ils auraient sans doute dû pulvériser des insecticides dans ces champs. Ainsi, ils ont réalisé une réduction de 100 p. 100 de l'utilisation des insecticides au cours de l'étude. Le calculateur du SID fait actuellement l'objet d'une mise au point pour en faire une application sur téléphone intelligent qui sera disponible à la mi juillet 2011 avec l'appui du programme de l'application et le transfert des connaissances (ATC) du partenariat entre le ministère de l'Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et l'Université de Guelph.

Les insecticides spirotetramate et flonicamide semblent prometteurs comme produits à risque réduit pour la lutte aux pucerons du soya, alors que Beauveria bassiana et l'huile minérale présentent une efficacité plutôt limitée et une faible sélectivité des parasites comparé aux ennemis naturels. Le diméthoate s'est révélé très nocif pour tous les ennemis naturels ayant fait l'objet d'essais en laboratoire. La lambda-cyhalothrine s'est révélée très nocive pour Orius, mais seulement modérément nocive pour Harmonia et Aphelinus. Les autres pesticides n'avaient pas d'effet sur Harmonia ou Aphelinus, mais le spirotetramate et le flonicamide étaient modérément nocifs, et l'huile minérale et la Beauveria bassiana étaient nocifs pour Orius.

Les connaissances acquises au cours de ces études ont été présentées et transférées aux producteurs et aux experts-conseils en Ontario pendant les journées de démonstration et pendant les journées de diagnostic du sud-ouest, à la conférence agricole du sud-ouest, à la foire agricole extérieure du Canada et au moyen de bulletins. Ces renseignements ont aussi été fournis aux producteurs de soya du Québec en collaboration avec les spécialistes provinciaux des cultures. Les résultats du projet ont également été publiés dans un certain nombre de revues scientifiques examinées par des pairs.

Grâce à la mise en œuvre des résultats du projet, les producteurs seront en mesure d'économiser et de réduire l'utilisation des pesticides reliés à la lutte contre le puceron du soya, tout en protégeant leurs cultures. De plus, les produits qui sont efficaces contre le puceron du soya, et qui ne nuisent pas aux ennemis naturels du puceron ont été désignés aux fins d'homologation éventuelle au Canada. L'homologation de produits de rechange (comme l'homologation récente du spirotetramate) profitera aux efforts de gestion de la résistance aux pesticides et permettra aux producteurs de soya de choisir parmi un plus grand nombre de produits de lutte contre le puceron du soya.

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