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Examen de l’état actuel des problèmes de la lutte contre les organismes nuisibles associés au matériel de multiplication dans l’industrie canadienne de la floriculture de serre

Code de projet : PRR11-040

Chef de projet

Wendy Romero - Université de Guelph

Objectif

Mener un examen exhaustif des problèmes de lutte contre les principaux organismes nuisibles associés au matériel de multiplication dans l’industrie canadienne de la floriculture en serre, afin de déterminer les lacunes existantes sur les plans des connaissances et de la technologie et les options à risque réduit pour lutter contre ces organismes avant qu’ils ne s’établissent dans la serre

Sommaire de résultats

Contexte

Une collaboration antérieure avec des intervenants de l’industrie canadienne de la floriculture a permis de lancer une stratégie de lutte visant à réduire les risques liés à l’emploi des pesticides dans la floriculture en serre. Dans le cadre de cette stratégie, l’industrie a désigné les organismes nuisibles pénétrant dans la serre sur du matériel de multiplication (boutures) comme étant le principal problème menaçant la compétitivité de l’industrie canadienne de la floriculture.

Les producteurs canadiens introduisent régulièrement dans leurs serres du matériel de multiplication (p. ex., boutures, semis) provenant de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale, de l’Europe, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie. Les organismes nuisibles peuvent être introduits dans les serres par ce matériel, et une fois qu’ils sont établis, l’application systématique de pesticides durant tout le cycle de croissance des cultures est nécessaire pour lutter contre ces organismes. Empêcher l’entrée et l’établissement des organismes nuisibles devrait réduire de façon significative la nécessité d’utiliser des pesticides dans les serres. Des études antérieures ont déjà porté sur certaines techniques à risque réduit permettant de combattre deux organismes nuisibles présents sur les boutures des plantes ornementales de serre, soit le thrips, sur les boutures de chrysanthème et l’aleurode, sur les boutures de poinsettia. Afin de poursuivre cette démarche, il faudra obtenir plus d’information sur d’autres organismes nuisibles prioritaires et sur les techniques permettant de les combattre dès l’arrivée du matériel de multiplication. Des consultations menées auprès des intervenants et experts de l’industrie floricole ont permis de retenir certains organismes prioritaires à cibler dans le cadre du présent examen : les thrips, les acariens, les pucerons, les aleurodes, les cochenilles, les poux de serre et les papillons nocturnes. Le projet permettra de choisir les techniques de lutte à risque réduit qu’il convient d’étudier plus à fond en vue de combler les lacunes actuelles de la stratégie de lutte.

Approches

Pour le présent rapport, diverses ressources ont été consultées, notamment : professionnels de l’industrie, fiches d’information, publications de l’industrie et documentation publiée. À partir de ces sources, de l’information sur des techniques de désinsectisation des organismes de quarantaine sur des produits d’après récolte a été trouvée; en revanche, il y avait peu de données publiées sur l’application de méthodes de lutte contre les arthropodes ravageurs qui entrent par du matériel de multiplication. Même s’il y a de multiples voies d’entrée pour les arthropodes ravageurs, le présent projet était principalement axé sur les techniques potentielles pour les organismes nuisibles introduits directement par du matériel végétal de multiplication.

Les techniques étudiées en vue d’une utilisation potentielle pour le traitement des organismes nuisibles sur le matériel de multiplication en serre comprenaient : immersion dans l’eau chaude, irradiation, atmosphère contrôlée, dépression et atmosphère contrôlée, vapeur chauffée, jets d’eau à haute pression et prétraitement à l’eau chaude, et atmosphère contrôlée à température élevée.

Résultats

Un examen de la documentation disponible a permis de découvrir plusieurs pratiques pouvant minimiser la probabilité d’introduction ou de propagation d’organismes nuisibles associés au matériel de multiplication. Le type de traitement à utiliser dépend du matériel végétal, des organismes nuisibles ciblés et de l’abordabilité.

On a déterminé que les traitements thermiques pourraient fonctionner pour une grande variété d’insectes nuisibles. Ils ont l’avantage de présenter une risque de faible exposition pour les employés de serre, de ne pas avoir d’impact résiduel sur les agents de lutte biologique déjà établis dans la serre, et les insectes ont peu de risque de développer une résistance à ces traitements. Lors de l’utilisation de traitements d’immersion en eau chaude, il faut faire particulièrement attention à maintenir une température précise et uniforme, à l’intérieur d’une plage étroite, pendant toute la durée de l’immersion. Il pourrait y avoir des risques de transmission de maladies lorsque le matériel végétal est submergé, mais ce risque devra être davantage étudié.

L’immersion de matériel de multiplication dans des pesticides à risque réduit ou des biopesticides est une technique dont l’efficacité a été démontrée. Le savon insecticide, l’huile horticole et le Beauveria bassiana sont des produits qui présentent un potentiel élevé d’homologation en tant que traitements d’immersion destinés aux serres canadiennes, et d’autres essais visant à déterminer l’efficacité de ces produits sur d’autres insectes nuisibles pourraient être envisagés. De même, d’autres préparations pesticides à risque réduit et biopesticides pourraient être évaluées avec la même technique d’immersion.

La recherche documentaire a permis de conclure que le scénario idéal consisterait à utiliser une partie séparée de la serre uniquement pour le traitement du matériel de propagation, puis de transférer ce matériel à la salle de pulvérisation de la serre.

Le principal facteur qui restreint l’utilisation des techniques examinées pendant le présent projet est le potentiel de phytotoxicité. L’idéal serait de mener des recherches sur la phytotoxicité de ces traitements de lutte sur différentes cultures, mais les floriculteurs canadiens de serre produisent des milliers de variétés et d’espèces de plantes différentes, ce qui rend impossible la conduite d’essais sur chacune d’elles.

Prochaines étapes

Les techniques non chimiques, comme l’immersion en eau chaude, et l’utilisation de pesticides à risque réduit ou de biopesticides en immersion sont des approches ayant un potentiel élevé pour la lutte contre les insectes nuisibles sur le matériel de multiplication. Même si les spécialistes de la lutte contre les organismes nuisibles en serre affirment que les producteurs appliquent diverses méthodes pour désinsectiser le matériel de multiplication, l’efficacité de ces méthodes est rarement mise à l’épreuve scientifiquement et les résultats ne sont pas disponibles.

Il reste des recherches scientifiques à mener, et la participation fédérale/provinciale est nécessaire pour faciliter l’homologation et l’adoption de ces techniques. La conduite d’autres essais sur des méthodes à risque réduit pour davantage d’espèces végétales, suivis par la communication des résultats aux spécialistes de la lutte intégrée, serait utile pour trouver des solutions à ce problème généralisé auquel font face les producteurs de serre.

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