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Évaluation de Met52 pour la lutte contre les thrips de Chrystanthemum

Code de projet BPR11-060

Chef de projet

Les Shipp - Agriculture et Agroalimentaire Canada
Michael Brownbridge - Vineland Research and Innovation Centre

Objectif

Produire des données sur l’efficacité et la tolérance des cultures à l’appui d’une demande d’homologation relative à Met52 (souche F52 de Metarhizium anisopliae) pour la lutte contre les thrips dans les cultures de plantes ornementales (Chrysanthemum spp.) en serre

Sommaire de résultats

Contexte

Dans le cadre de l’Atelier sur l’établissement des priorités en matière de biopesticides tenu en 2010, on a choisi Met52 comme produit prioritaire pour la lutte contre les thrips dans les cultures de plantes ornementales en serre.

Les thrips sont considérés comme les insectes les plus destructeurs dans les cultures de plantes ornementales et de légumes en serre en raison des dommages directs qu’ils infligent en s’alimentant sur le feuillage et les fleurs. Chez les plantes ornementales, ils provoquent l’apparition des symptômes suivants : assèchement des feuilles, formation de mouchetures ou de taches sur les feuilles et déformation des fleurs et autres symptômes compromettant la commercialité des plantes. Divers facteurs contribuent à rendre la lutte contre les thrips difficile, dont l’étendue de la gamme d’hôtes, le potentiel de reproduction élevé, la rapidité du cycle vital et la résistance des thrips à diverses classes d’insecticides chimiques.

Le bioinsecticide granulaire Met52 est un biopesticide qui contient la souche F52 du champignon entomopathogène Metarhizium anisopliae (Novozymes Biologicals). Ce produit a un mode d’action pathogène : au contact du ravageur ciblé, les conidies germent, traversent sa cuticule et l’infectent. Contrairement aux produits de lutte couramment utilisés, les biopesticides renfermant un champignon entomopathogène prennent quelques jours à provoquer l’effet recherché, mais ils demeurent efficaces pendant une longue période.

Le présent projet visait à évaluer l’efficacité de Met52 contre les thrips dans les cultures de Chrysanthemum spp. en vue d’utiliser les données recueillies à l’appui d’une demande d’extension du profil d’emploi pour faire ajouter la lutte contre les thrips dans les cultures de plantes ornementales sur l’étiquette du bioinsecticide granulaire Met52.

Approches

Trois essais ont été effectués au Centre de recherche et d’innovation Vineland et au Centre de recherches sur les cultures abritées et industrielles d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Harrow, en Ontario. Le produit a été appliqué une seule fois sous forme de granulés mélangés avec le terreau d’empotage ou déposé sur celui-ci au moment de la plantation. Les résultats obtenus avec le biopesticide Met52 ont été comparés à ceux d’un traitement témoin et d’un traitement commercial courant (spinosad). Chaque traitement a été évalué en fonction de son impact sur la population de thrips et sur l’ampleur des dommages infligés à la culture.

Résultat

Lors des trois essais, une réduction du nombre de thrips a été notée à la suite de l’application de Met52, le traitement par incorporation au sol étant plus efficace que le traitement par application à la surface du sol. Des réductions d’effectifs oscillant entre 28 et 55 % ont été enregistrées dans les pots traités avec le biopesticide Met52. L’analyse d’échantillons de sol prélevés durant l’essai a confirmé que les conidies de Metarhizium sont demeurées actives dans le sol durant toute la durée de l’essai et ont donc offert une protection continue durant cette période.

Lors de l’essai BRP11-061, une dose de 1 500 grammes par mètre cube (g/m3), du biopesticide Met52 G a été mélangée aux trois premiers centimètres de terreau d’empotage ou appliquée à la surface de ce terreau au moment de la plantation. Les résultats de ces traitements ont été comparés à ceux d’un traitement témoin et d’un traitement commercial courant (Success). Appliqués à la surface du sol, les granulés de Met52 n’ont pas causé une réduction significative des effectifs des thrips, mais intégrés aux trois premiers centimètres de sol, ils ont réduit les effectifs du ravageur dans une proportion pouvant atteindre 28 %.

Lors de l’essai BPR11-062, l’incorporation d’une dose du biopesticide Met52 G équivalant à 1 500 g/m3 (ajustée en fonction de la viabilité) aux trois premiers centimètres de terreau n’a pas causé une réduction significative des populations de thrips. L’incorporation du biopesticide à la totalité du terreau d’empotage a provoqué une réduction du nombre de thrips de 31 %, mais cette réduction n’était pas statistiquement significative à cause de la variabilité relativement élevée des résultats.

Les essais BPR11-061 et BPR11-062 ont tous deux été effectués en cage et, de ce fait, pourraient ne pas être représentatifs de la façon dont le produit se comportera en contexte commercial.

Lors de l’essai BPR11-063, réalisé sur banquette et reflétant par conséquent davantage les conditions d’un environnement commercial, on a utilisé des barrières plutôt que des cages pour restreindre les déplacements des thrips. Des différences significatives ont été observées dans tous les traitements effectués à la dose de 1 500 g/m3, les réductions causées par les traitements par incorporation au terreau ou par application à la surface du terreau s’établissant à 45 et à 55 %, respectivement.

Le traitement du terreau d’empotage avec le biopesticide granulaire Met52 a réduit les populations de thrips dans des proportions pouvant atteindre 50 %. Bien que ce niveau ne soit pas suffisant pour protéger adéquatement les cultures contre les dommages causés par les thrips, ce produit à risque réduit constitue un ajout précieux à la trousse d’outils de lutte intégrée disponibles pour lutter contre ce ravageur à la fois destructeur et difficile à combattre.

Des recherches publiées semblent indiquer que le champignon Metarhizium peut agir en synergie avec les insecticides classiques, ce qui accroît encore davantage sa valeur dans un contexte de lutte intégrée. L’ajout d’un nouveau mode d’action contribuera également à accroître l’efficacité de la gestion de la résistance, source de préoccupation majeure dans le cas des thrips.

Dans le cadre de la Réduction des risques liés aux pesticides, on a jumelé les résultats de ce projet à des données amassées au Royaume-Uni dans le cadre d’autres essais du produit et l’on a préparé et soumis une demande d’extension du profil d’emploi auprès de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada en vue de faire ajouter la lutte contre les thrips dans les cultures de plantes ornementales sur l’étiquette de l’insecticide granulaire Met52.

L’ARLA a terminé l’évaluation de la présente demande et l’emploi du produit a été ajouté à l’étiquette. L’homologation de ce nouveau mode d’emploi aidera les producteurs à réduire les risques associés à l’utilisation de pesticides et procurera une nouvelle option de lutte contre ce ravageur présentant une incidence économique considérable.

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