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Évaluation de CLO1 (Clonostachys rosea ACM941) pour la lutte contre contre la moisissure grise (Botrytis cinerea) sur la tomate (serre)

Code de projet BPR11-020

Chef de projet

Gary Coukell - Integrated Crop Management Service (ICMS)

Objectif

Obtenir des données d’efficacité et des données sur la tolérance des cultures en vue d’une demande réglementaire concernant l’emploi du CLO1 (Clonostachys rosea) contre la pourriture grise (Botrytis cinerea) des tomates de serre

Sommaire de résultats

Contexte

La pourriture grise causée par le Botrytis cinerea est une maladie importante qui touche les tomates (Lycopersicon esculentum) cultivées en serre. Le pathogène cause de graves symptômes sur les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits, et, par conséquent, des pertes de rendement. Les fongicides, appliqués sur les tiges sous forme de pulvérisations ou de pâtes, continuent d’être un moyen de lutte important contre le pathogène. La réduction des apports de fongicides chimiques constitue toutefois un but général de la protection des cultures de légumes en serre. L’utilisation de biopesticides pourrait être une solution de rechange souhaitable pour réprimer le B. cinerea dans les cultures commerciales de tomates de serre au Canada. Dans le cadre de l’Atelier sur l’établissement des priorités en matière de biopesticides tenu en 2010, les producteurs ont retenu la pourriture grise dans les cultures de tomates de serre comme problème prioritaire, et le Clonostachys rosea ACM941, développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, a été retenu comme solution prioritaire à cette maladie.

Le biopesticide Clonostachys rosea CLO1 s’est avéré efficace contre le B. cinerea dans les cultures de tomates de serre au Canada. Des études sur le mode d’action ont démontré que la souche ACM941 a réprimé B. cinerea en lui faisant compétition pour les nutriments et en parasitant ses hyphes, spores et sclérotes. Ce projet a été entrepris dans le but de déterminer l’efficacité de la souche ACM941 comme agent de lutte contre la pourriture grise dans les cultures de tomates de serre, d’établir les doses d’application et de vérifier la tolérance des plants de tomate à ce biopesticide.

Méthode

Nous avons réalisé les essais d’établissement du taux d’application et d’évaluation de l’efficacité en 2011 et 2012, à Abbotsford, en Colombie-Britannique, sur des tomates de serre transplantées. Une ruche de bourdons a été installée au milieu de la serre de recherche afin de favoriser la pollinisation et d’évaluer tout effet négatif du produit.

Les essais de dosage ont porté sur quatre taux d’application (0,025 grammes par litre (g/L), 0,25 g/L, 2,5 g/L et 12,5 g/L) de la souche ACM941 en 2011, et deux des taux (2,5 g/L et 12,5 g/L) ont été retenus pour les essais d’évaluation de l’efficacité du biopesticide menés en 2012. Tous les essais comportaient l’application de Decree (0,75 kilogrammes par hectare (kg/ha)) à titre de produit commercial de comparaison. Avant la première application du biopesticide, l’agent de la pourriture grise (B. cinerea) a été inoculé dans les plants soumis aux essais. Six applications ont été faites pour chacun des traitements avec la souche ACM941 à intervalles d’une semaine.

Nous avons évalué la fréquence et la gravité de la maladie sur les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits à intervalles d’une semaine jusqu’à la récolte. Nous avons alors évalué les rendements commercialisable et non commercialisable pour chaque parcelle, exprimés en kilogrammes par mètres carré (kg/m2). En utilisant une échelle de cotation visuelle allant de 0 à 100 %, nous avons aussi évalué la tolérance des cultures au biopesticide, ou la phytotoxicité de ce dernier, au même moment que l’ont été la fréquence et la gravité de la maladie.

Résultats

Nous avons mené deux essais en serre en 2011 dans le but d’établir la dose appropriée du produit pour lutter contre la pourriture grise causée par le B. cinerea dans les cultures de tomates de serre. La pression de maladie s’est manifestée lentement sur toutes les parties des plants après l’inoculation, et les traitements effectués dans les deux essais n’ont pas entraîné de différences significatives par rapport aux plants non traités jusqu’à 34 jours après l’application lors de l’essai 1 et 21 jours lors de l’essai 2.

Des quatre doses essayées, les doses de 2,5 g/L et 12,5 g/L se sont avérées nettement plus efficaces. Ces traitements ont tous deux réduit la fréquence de la maladie de plus de 96 % et sa gravité d’environ 89 % sur les feuilles 43 jours après la première application, lors des deux essais d’évaluation de dosage. À la fin des essais, au jour 82 après la première application, ces deux traitements ont continué d’être efficaces pour ce qui est d’atténuer les symptômes de la maladie sur les feuilles. Les résultats de ces deux essais révèlent que, aux deux doses indiquées, le produit est plus efficace que le traitement commercial de comparaison (Decree, à 0,75 kg/ha). De plus, son efficacité a été observée sur les fleurs, les tiges et les fruits, bien qu’à un niveau moins élevé que sur les feuilles.

Nous avons mené deux essais d’évaluation de l’efficacité du produit en 2012 en utilisant les meilleures doses, soit 2,5 g/L et 12,5 g/L, déterminées en 2011. Malgré l’inoculation des plants de serre avec l’agent pathogène, la pression de maladie était trop faible pour évaluer l’efficacité du produit lors des essais. Nous avons observé une efficacité significative sur les feuilles seulement au jour 66 après la première application. Les deux taux ont réduit la gravité de la maladie de 35 % et 32 %, respectivement, et sa fréquence de 43 % et 68 %, respectivement, sur les feuilles. Les autres traitements n’ont pas entraîné de différence comparativement aux plants non traités lors des essais d’efficacité.

Nous avons évalué les rendements obtenus lors de tous les essais réalisés au cours de ces deux années, mais nous n’avons observé aucune différence entre les traitements.

Au cours des deux années des essais, nous n’avons pas observé de signes de phytotoxicité du biopesticide pour les cultures ni d’effets négatifs sur les bourdons.

Conclusions

Quatre essais ont été réalisés aux fins d’évaluation de la souche ACM941 comme agent de lutte contre la pourriture grise causée par le B. cinerea dans les cultures de tomates de serre. En général, ces essais ont révélé que la souche ACM941 (Clonostachys rosea) réduisait significativement la fréquence et la gravité de la maladie sur les feuilles et les fleurs des plants de tomate et offrait une efficacité comparable ou meilleure à celle de Decree, le traitement commercial de comparaison. Ces données expérimentales peuvent servir à étayer une demande d’homologation du biopesticide pour la lutte contre la pourriture grise (B. cinerea) dans les cultures de tomates de serre.

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