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Étude sur la rotation des cultures pour la gestion des larves de taupin dans les champs agricoles

Code de projet : PRR07-030

Chef de projet

Christine Noronha - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Dans le cadre de la production de la pomme de terre, évaluer l'impact des cultures de rotation sur les populations larvaires du vers fil-de-fer et sur le comportement des taupins adultes dans les champs agricoles

Sommaire des résultats

Contexte

Les taupins à l’état de larve, aussi connus sous le nom de vers fil-de-fer, constituent une menace grave pour de nombreuses cultures agricoles à l’échelle internationale. En raison de leur habitude de s’alimenter sous terre, les larves de taupin peuvent causer des pertes de récoltes catastrophiques par la réduction du peuplement et du rendement, ainsi que des dommages superficiels. Habituellement, le problème est plus aigu dans les champs ayant récemment servi à cultiver des fourrages ou des céréales; lorsque ces cultures sont récoltées, les larves de taupin qui subsistent dans les champs se nourrissent alors de cultures de rotation de valeur supérieure. Les dégâts causés par les larves de taupin peuvent persister pendant plusieurs années à cause de leur long cycle biologique (allant de deux à six ans, selon l’espèce).

Des pratiques culturales, comme la rotation des cultures ou la mise en jachère des champs, peuvent servir de stratégie pour réduire les populations de ravageurs. Les cultures utilisées en rotation jouent un rôle important dans la lutte contre les larves de taupin, essentiellement parce que certaines cultures, comme les céréales à paille et le trèfle qui font souvent partie des cultures de rotation, hébergent très bien les larves de taupin. Il existe toutefois d’autres cultures, comme par exemple la moutarde, qui sont des hôtes inadéquats pour les larves de taupin.

Au Canada, les populations de larves de taupin augmentent en raison de l’élimination progressive et prévue par règlement de certains pesticides de longue date qui, naguère, entravaient ces ravageurs. Afin de lutter contre les populations de ravageurs de façon viable et écologique, il importe de mettre au point des stratégies parallèles de lutte et d’y recourir.

Démarches

L’étude a été réalisée dans deux champs d’une superficie de 20 acres à Canoe Cove et à Hazelbrook (Île du Prince Édouard) de 2007 à 2009. On a planté des pommes de terre dans les deux champs en 2006. Au cours des deux années suivantes (2007 et 2008), chaque champ a été divisé en quatre sections, après quoi on a planté dans chaque section l’une des cultures suivantes : de la luzerne (Medicago sativa), du sarrasin (Fagopyrum esculentum), de la moutarde cultivée (Brassica juncea), ou une rotation classique et répandue d’orge (Hordeum vulgare) en sous semis du trèfle Trifolium pratense). En 2009, toutes les cultures ont été labourées et on a planté des pommes de terre partout dans les champs, un insecticide étant déposé dans la raie de semis à l’étape de la plantation. À la fin de la saison, on a récolté les tubercules de pommes de terre puis examiné ceux-ci pour y déceler les dommages causés par les larves de taupin.

Résultats

Il ressort de l’étude qu’une rotation de moutarde cultivée ou de sarrasin pendant deux années consécutives ont permis de diminuer les dommages causés par les larves de taupin aux tubercules filles de pomme de terre au cours de la troisième année et d’accroître le pourcentage de tubercules commercialisables destinés au marché de la transformation, sans réduire la superficie totale. Bien qu’elle ne soit pas appréciable du point de vue statistique, la diminution des dommages causés était plus marquée à la suite d’une rotation de moutarde cultivée comparativement au sarrasin.

Le fait de planter de la moutarde cultivée ou du sarrasin pendant deux ans dans des champs infestés de larves de taupin pour ensuite planter des pommes de terre avec un insecticide déposé dans la raie de semis la troisième année pourrait donc contribuer à réduire les dommages causés aux tubercules filles.

Les résultats de cette étude mettent en évidence l’importance d’intégrer des solutions parallèles à l’épandage de pesticides, comme la rotation des cultures, dans la lutte contre les larves de taupin. Dans ce contexte, le recours à la rotation des cultures, de même qu’aux autres stratégies de rechange à mesure qu’elles deviennent disponibles, peut contribuer à réduire l’utilisation des produits insecticides dans la culture des pommes de terre, de sorte que la méthode privilégiée pour la lutte contre les larves de taupin comportera des risques moindres.

Les renseignements relatifs à cette étude et à d’autres projets en lien avec la lutte contre les larves de taupin font partie d’une fiche de renseignements produite par le Centre de la lutte antiparasitaire d’AAC et intitulée Gestion à risque réduit des larves de taupin dans la culture de la pomme de terre.

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