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Élaboration d'une stratégie d'instauration de l'emploi des antagonistes bactériens, Blightban C9-1 et Bloomtime, dans la lutte contre le feu bactérien des pommes

Code de projet : PRR07-340

Chef de projet

Bernt Solymár - Earth Tramper Consulting Incorporated

Objectif

Valider l'utilisation de modèles de prévision du feu bactérien pour déterminer le calendrier des épandages d'antagonistes bactériens; former des conseillers, les employés du service de vulgarisation du gouvernement et les producteurs sur l'utilisation de nouveaux antagonistes bactériens par des essais de démonstration, ainsi que sur la réduction de l'utilisation de la streptomycine

Sommaire des résultats

Contexte

La brûlure bactérienne est une maladie dévastatrice des pommiers, des poiriers et d’autres plantes de la famille des Rosacées qui est causée par la bactérie Erwinia amylovora. La bactérie pénètre dans la plante principalement par les fleurs épanouies, mais peut aussi entrer par des blessures ou des ouvertures naturelles. La brûlure des fleurs entraîne une perte de récolte dans l’année en cours. Pour assurer leur compétitivité mondiale, les pomiculteurs canadiens ont adopté de nouveaux cultivars et augmenté la densité de plantation de leurs vergers. Bon nombre des nouveaux cultivars plantés sont sensibles à la brûlure bactérienne.

La lutte contre la maladie a longtemps reposé sur l’utilisation de l’antibiotique streptomycine. En 2006, deux biopesticides à base de Pantoea agglomerans C9-1 (Blightban C9-1) et de Pantoea agglomerans E-325 (Bloomtime), reconnus comme des antagonistes bactériens, ont été homologués au Canada. Ces produits, qui permettent d’intégrer des moyens de lutte biologique aux programmes de lutte contre la brûlure bactérienne, pourraient aider à réduire l’utilisation de la streptomycine et à retarder le développement d’une résistance chez les populations d’agents pathogènes.

Le projet de démonstration à la ferme, d’une durée de deux ans, visait à informer les pomiculteurs de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario des façons d’utiliser les biopesticides Bloomtime et Blightban C9-1 afin qu’ils puissent les intégrer avec confiance dans un programme de lutte intégrée contre la brûlure bactérienne.

Approche

En 2007 et en 2008, on a effectué des essais dans plusieurs vergers de la Nouvelle-­Écosse et du sud de l’Ontario. Les pressions de maladie étaient variables dans ces vergers. Des experts-conseils en lutte antiparasitaire ont suivi les stades phénologiques des pommiers à l’aide de modèles prévisionnels et ont recommandé aux pomiculteurs un calendrier de pulvérisation de biopesticides et de streptomycine.

Les pomiculteurs ont appliqué les produits à l’aide d’un pulvérisateur pneumatique commercial à une dose de 1000 Litres d’eau par hectare. Ils ont fait jusqu’à trois applications. Pour la collecte de données, on a dénombré les cas de brûlure des fleurs et des pousses sur 20 arbres par répétition, de 21 à 28 jours après la chute des pétales et à l’apparition des symptômes visuels. On a choisi ce stade pour évaluer la propagation de la maladie à partir des fleurs infectées afin d’éviter les infections subséquentes qui sont attribuables aux insectes, à la grêle ou à d’autres traumas.

Résultats

Divers facteurs comme les conditions météorologiques, les cultivars et l’âge des pommiers, l’historique de maladies des différents sites, le type de pulvérisateur utilisé et les pratiques agricoles ont influé sur les observations et les résultats des essais de démonstration à la ferme. Sur certains sites, des conditions anormalement chaudes ont accéléré l’ouverture des fleurs et le pourcentage de fleurs épanouies est passé de 20 % à 100 % en l’espace d’environ 24 heures. Dans ces conditions, les pomiculteurs n’ont pu faire qu’une seule application de biopesticides. Par ailleurs, à d’autres sites, des conditions anormalement froides pendant l’un des essais ont retardé la floraison, et l’ouverture des fleurs s’est étirée sur une période de cinq à sept jours. Dans certains sites, on n’a observé aucun symptôme de brûlure bactérienne lors de l’une des années de l’étude; on n’a donc pas pu comparer les vergers pour cette année-là.

On a obtenu des résultats prometteurs en Ontario. En 2007, les biopesticides Bloomtime et Blightban C9-1 se sont révélés aussi efficaces que le traitement commercial standard avec la streptomycine. La même année, à un des sites, le taux de brûlure des fleurs et des pousses dans la parcelle témoin était significativement supérieur à celui de la parcelle traitée au Blightban C9-1. En 2008, on a noté des différences considérables entre les parcelles témoins et les parcelles traitées au Bloomtime à deux sites. Ces résultats semblent attester la grande efficacité des deux biopesticides.

En Nouvelle-Écosse, le nombre d’arbres présentant des symptômes de brûlure bactérienne était comparable dans toutes les parcelles.

Conclusion

Le projet fut positif pour les experts-conseils et les pomiculteurs qui ont participé directement aux essais, car ils ont ainsi pu acquérir une expérience pratique sur la façon d’utiliser les nouveaux produits Bloomtime et Blightban C9-1. À cet égard, la réalisation de démonstrations à la ferme fut une approche efficace. Les résultats des essais ont également été communiqués aux pomiculteurs lors de diverses activités de vulgarisation (présentations lors de réunions et publications). Une fois qu’ils savent comment utiliser les biopesticides, les pomiculteurs sont plus enclins à les intégrer dans leur programme de lutte intégrée.

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