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Élaboration d'une solide stratégie de lutte axée sur les phéromones et visant plusieurs espèces, pour appuyer les systèmes de production biologique de pommes et de poires

Code de projet : PRR03-260

Chef de projet

Gary Judd - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Étendre l'efficacité des outils de confusion sexuelle par les phéromones en développant un contrôle de plusieurs espèces à l'aide d'un nouveau mécanisme de distribution

Sommaire des résultats

Le projet de recherche visait à accroître l'efficacité des outils de confusion sexuelle à base de phéromones en mettant au point une méthode plurispécifique axée sur un mécanisme d'application nouveau. L'équipe de chercheurs a déjà démontré qu'il est possible de combattre la pyrale de la pomme et les tordeuses d'importance économique, à l'aide d'un mélange générique complexe de phéromones. L'incorporation de ce mélange générique à un mécanisme d'application rendrait son utilisation plus économique pour les exploitations commerciales. Pour ce faire, les chercheurs ont étudié l'utilisation de diverses préparations pulvérisables qui pourraient être intégrées à d'autres pratiques phytosanitaires.

Ce projet a permis de confirmer la validité de procéder à une surveillance des larves de la pyrale de la pomme au moyen d'une nouvelle phéromone, de manière à évaluer les risques dans les vergers de fruits à pépins, avant d'appliquer des phéromones de confusion sexuelle pour combattre ce ravageur. Cette méthode de piégeage accentue aussi les possibilités de lutte contre la pyrale de la pomme par confusion sexuelle, en réduisant les populations hivernantes avant l'application des phéromones. Le projet a abouti à la mise au point d'un nouvel appât amélioré pour la surveillance des pyrales adultes. Ce nouvel appât à base d'un mélange d'acide acétique (attractif alimentaire) et d'ester de poire (kairomone produite par la plante hôte) est de loin l'appât sans phéromone le plus attractif développé jusqu'ici pour ce ravageur. Il attire particulièrement les femelles accouplées de la pyrale et s'avère la technologie la plus robuste jamais perfectionnée pour la surveillance des pyrales adultes dans les vergers traités à la phéromone. Quand ce produit sera commercialisé à grande échelle, les producteurs pourront surveiller sélectivement l'état reproducteur des femelles (accouplées c. non accouplées) dans un verger pour : a) déterminer si les traitements aux phéromones ont été efficaces durant la saison; b) évaluer l'immigration possible des femelles déjà accouplées dans les vergers traités à la phéromone. Il s'agit-là, en effet, des deux facteurs susceptibles d'influer sur l'emploi d'outils de lutte sélectifs, comme les phéromones. Pour la première fois, les producteurs posséderont les données requises pour intervenir et appliquer d'autres techniques phytosanitaires au besoin avant l'apparition de dommages découlant d'un échec des outils de confusion sexuelle pour l'une ou l'autre des deux raisons susmentionnées. Le projet valide aussi le concept voulant que l'on puisse provoquer une confusion sexuelle simultanément chez plusieurs espèces avec des phéromones microencapsulées (MEC). Les essais en laboratoire et au champ ont démontré l'efficacité, d'une part, du 3M-MEC-LR® pendant 21 jours contre l'enrouleuse trilignée (Pandemis limitata) et la tordeuse à bandes obliques (Choristoneura rosaceana) et, d'autre part, du Suterra CM-FL pendant 10 jours contre la pyrale de la pomme, quand ces produits sont mélangés et appliqués simultanément comme outil de lutte plurispécifique à base de phéromones. L'étude a aussi démontré qu'il est possible de corriger les lacunes inhérentes aux phéromones MEC, c'est-à-dire la chute rapide du haut taux initial d'application en quelques jours seulement, d'une part, et la piètre rétention des microcapsules sur le feuillage sous l'action de divers stresseurs environnementaux, comme la pluie et les rayons UV, d'autre part. Il suffit en effet de mélanger les phéromones MEC à de l'huile horticole Purespray Green®. La formulation de l'huile et le mélange en cuve de l'huile et des phéromones ont permis d'améliorer le taux de diffusion des phéromones et la rétention des microcapsules sur les feuilles. Les essais en laboratoire ont démontré que l'ajout d'huile à 2 p. 100 aux phéromones MEC a modérément accentué la perturbation des communications chez les deux espèces de tordeuses, mais pas chez la pyrale de la pomme. Lors des essais sur petites parcelles, les formules MEC-huile ont beaucoup nui aux communications pendant plus de 42 jours, alors que les formules MEC-eau n'ont agi que pendant 21 jours. De plus, les résidus foliaires du mélange MEC-huile à 2 p. 100 ont considérablement atténué l'efficacité de reproduction des femelles. Les applications topiques d'huile sur les masses d'œufs ont aussi provoqué un taux de mortalité des œufs de 99 p. 100, alors que les formules MEC-eau n'ont pas eu un tel effet. À ce taux d'application, les chercheurs n'ont observé aucune phytotoxicité sur les feuilles de pommier. Les résultats démontrent la compatibilité entre les phéromones MEC et l'huile horticole et laissent croire que cette stratégie pourrait bien se prêter à un programme de lutte intégrée contre les tortricidés dans les agroécosystèmes pomicoles. Pour tirer parti de ces résultats, il faut mettre au point une méthode d'application commerciale des appâts efficaces contre les larves et les adultes de la pyrale de la pomme. Il faut donc rendre ces appâts disponibles pour des essais nationaux. Pour pouvoir utiliser les phéromones MEC et les huiles horticoles contre les tordeuses et la pyrale de la pomme en été, il faut que des entreprises acceptent de commercialiser ces produits au Canada, avant qu'on ne procède aux essais nationaux.

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