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Développement d'une technologie de lutte synergétique contre le charançon des racines de fraisiers

Code de projet : PRR07-530

Chef de projet

James Coupland - FarmForest Research

Objectif

Le présent projet vise à mettre sur pied un système de gestion du charançon des racines pour les fraisiers, qui améliorera grandement l'efficacité du contrôle biologique par nématodes grâce aux effets synergiques d'une faible dose d'imidaclopride. Cette méthode peut réduire considérablement la quantité de pesticide utilisée et peut être pertinente pour d'autres systèmes où il existe des problèmes semblables de ravageurs au sol.

Sommaire de resultants

Contexte

Il existe un bon nombre d'espèces de charançons des racines qui risquent d'endommager les fraisiers, comme le charançon noir de la vigne [Otiorhyncus sulcatus] et le charançon de la racine du fraisier [O. ovatus]. Ceux-ci sont considérés comme les parasites les plus répandus et destructeurs dans plusieurs régions du Canada. À l'âge adulte, les charançons des racines causent peu de dommages aux fraisiers, abstraction faite de leur légère alimentation en feuilles ou, à l'occasion, en fruits. La plus grande partie des pertes économiques résulte des larves, lesquelles se nourrissent des racines des fraisiers. Lorsque les populations de larves sont élevées, les plans de fraisiers risquent de subir de graves dommages.

Les options de lutte contre les charançons des racines dans les fraisiers sont limitées. Parmi les produits préalablement homologués, il y a les insecticides organophosphatés qui ont été retirés du marché à cause de préoccupations liées à la sécurité des travailleurs. Le Terranem [Heterohabditis bacteriophora] (fabriqué par Koppert Biological Systems) est un produit de contrôle biologique homologué pour la lutte contre le charançon noir de la vigne.

Les nématodes entomopathogènes peuvent constituer un moyen efficace de contrôle biologique des parasites terricoles. Cependant, la période d'épandage, la dose de même que certains facteurs environnementaux et physiques peuvent influer sur le degré de contrôle. Il est prouvé que l'imidaclopride, un insecticide homologué pour la lutte contre les pucerons du fraisier ainsi que les pucerons, les hannetons et les insectes phyllophages qui s'attaquent aux autres cultures, peut agir en synergie afin d'augmenter l'efficacité des nématodes contre les parasites terricoles. Des études en laboratoire ont permis de décrire cette synergie. Il reste à réaliser des travaux pour valider un tel effet au champ. Si cette technologie se révèle efficace, elle pourrait constituer une importante solution dans la lutte contre les charançons, entraîner une diminution de la quantité nécessaire de pesticides et contribuer à atténuer le risque que les pesticides posent à l'environnement et à la santé humaine.

À l'issue de consultations auprès d'intervenants, l'industrie fraisière a établi que la lutte contre les charançons des racines et la nécessité de recourir aux biopesticides ou produits à risque réduit constituent des enjeux prioritaires.

Méthode

De 2007 à 2010, des essais au champ ont été menés sur des fraisiers en pot et sur des plantations. l'objet de ces essais était de mettre à l'essai les effets de l'imidaclopride et des nématodes, épandus séparément et conjointement, sur les larves du charançon noir de la vigne. Les traitements ont consisté en un essai témoin, le recours à l'imidaclopride au taux de 850 ml/hectare (le taux d'épandage minimal, conformément aux directives), le recours aux nématodes [Heterohabditus bacteriophora] au taux de 500 000/m2, et l'utilisation combinée de l'imidaclopride et des nématodes.

d'une part, les chercheurs ont inoculé dans des fraisiers « Annapolis » en pot 20 œufs stérilisés de charançons noirs de la vigne à quatre dates différentes pour établir les pots comportant des larves de 11 semaines, de 8 semaines, de 6 semaines et de 4 semaines. Dès que les larves les plus jeunes ont eu 4 semaines, les fraisiers en pot ont fait l'objet de tous les traitements. Ceux ci ont consisté en un essai témoin, le recours à l'imidaclopride au taux de 850 ml/hectare (le taux d'épandage minimal, conformément aux directives), le recours aux nématodes [Heterohabditus bacteriophora] au taux de 500 000/m2, et l'utilisation combinée de l'imidaclopride et des nématodes. Les plants ont été placés dans une serre. Dès que les larves ont eu 10 semaines, les plants ont été disséqués pour déterminer le taux de survie des charançons.

D'autre part, dans les essais au champ, les quatre mêmes traitements ont été appliqués à des parcelles de 2 m x 10 m, puis reproduits quatre fois dans un bloc aléatoire complet. Dix plants, choisis aléatoirement dans chaque parcelle, ont fait l'objet d'une vérification relativement à la présence de larves et de pupes de charançon noir de la vigne.

Résultats

Les résultats liés aux essais sur les fraisiers en pot semblent indiquer qu'il y a synergie dans l'utilisation combinée de l'imidaclopride et des nématodes, l'effet étant fonction de l'âge des larves du charançon noir de la vigne. Les larves de huit semaines semblent être les plus touchées par l'épandage combiné. Dans les essais au champ, les populations de charançon des racines étaient très faibles, de sorte qu'on n'a pu établir de différences appréciables entre les traitements. Une fois de plus, il faudra approfondir les études afin d'élucider l'effet en fonction de l'âge des larves ainsi que l'incidence synergique potentielle de l'imidaclopride et des nématodes entomopathogènes.

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