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Démonstration d'une utilisation réduite d'herbicides pour la lutte contre les dicotylédones dans les cultures de carrotte grâce à l'application en bandes des produits chimiques et au sarclage mécanique en Nouvelle-Écosse

Code de projet : PRR10-090

Chef de projet

Donna Crawford - Horticulture la Nouvelle-Écosse

Objectif

Promouvoir l'adoption de la technologie d'application en bandes d'herbicides, et la transférer, comme méthode intégrée de gestion des mauvaises herbes qui permet de réduire l'utilisation des herbicides dans les cultures commerciales de carotte à Nouvelle-Écosse

Sommaire de résultats

Contexte

En Nouvelle-Écosse, les producteurs de carotte appliquent généralement à la volée des herbicides à large spectre pour lutter contre les mauvaises herbes. Toutefois, l’utilisation fréquente des principaux herbicides, qui sont peu nombreux, risque d’entraîner le développement d’une résistance chez les mauvaises herbes. L’application en bandes des herbicides constitue une pratique de lutte intégrée qui consiste à vaporiser l’herbicide seulement sur le rang de carotte, avant ou après la levée, pour y éliminer les mauvaises herbes. Cette technique est combinée à un sarclage mécanique entre les rangs. Selon une étude antérieure réalisée à l’Île-du-Prince-Édouard, l’application en bandes des herbicides est efficace contre les mauvaises herbes et ne nuit pas à la qualité des carottes et au rendement de la culture. En outre, elle permet de réduire d’environ 66 % la quantité d’herbicides utilisée. L’approche permet donc de réduire les charges de pesticides et les risques d’apparition d’une résistance dans les populations de mauvaises herbes.

Le présent projet consistait en des démonstrations au champ visant à évaluer de façon plus poussée la viabilité commerciale de la technique d’application en bandes des herbicides dans les cultures de carotte, par rapport à la méthode classique d’application à la volée. Le projet visait à évaluer l’efficacité de la technique contre les mauvaises herbes et à en déterminer les effets sur le rendement ainsi que sur le plan économique.

Approches

Des parcelles de démonstrations ont été établies en 2011, mais elles ont dû être abandonnées, car il a été impossible de réaliser les applications aux moments appropriés, en raison des conditions constamment humides. En 2012, des parcelles ont été établies dans trois exploitations de carotte situées en Nouvelle-Écosse. Un essai de démonstration a été réalisé dans chacune des exploitations, appartenant respectivement aux sociétés Oxford Frozen Foods, Bragg Lumber Company et Ueffing Farms. Les herbicides ont été appliqués en bandes de 30 centimètre (cm) de largeur, sur le rang de carottes, puis un sarclage mécanique a été effectué entre les rangs. Les herbicides ont été appliqués à la volée dans les parties restantes des champs. Dans la parcelle d’application en bandes, 3 ou 4 applications ont été réalisées à 3 ou 4 jours d’intervalle de la fin juin au début août, dont un traitement en prélevée de Gesagard (4 Litres par hectare (L/ha)) ou de Lorox (0,75 L/ha) et des traitements en post-levée de Lorox (1,5 L/ha), de Venture (1 L/ha), puis de Lorox (2 L/ha). Le sol entre les rangs a été sarclé 3 ou 4 fois durant la saison de culture, à intervalles de 7 à 10 jours. Pour évaluer l’efficacité de la technique d’application en bandes des herbicides et la comparer à celle de la technique d’application à la volée, on a mesuré le poids sec des mauvaises herbes, la densité de peuplement de la carotte, exprimée en pourcentage, le rendement en carottes commercialisables et la longueur des carottes. L’équipe du projet a fait visiter le champ à des producteurs, pour leur présenter l’approche et les problèmes qu’ils ont rencontrés durant l’essai.

Résultats

Selon les résultats combinés obtenus dans les 3 exploitations, il n’y avait pas de différences significatives entre les deux techniques quant au poids sec des mauvaises herbes, au rendement en carottes commercialisables et à la qualité des carottes. Le rendement en carottes allait de 28,8 à 51,5 tonnes/ha (hectare) avec la technique d’application en bandes, alors qu’il allait de 38,2 à 49,8 tonnes/ha avec la technique d’application à la volée. Ainsi, le rendement en carottes commercialisables le plus élevé a été obtenu dans une des parcelles ayant reçu des applications en bandes.

Toutefois, des différences significatives ont été observées entre les traitements quant à la densité de peuplement de la carotte et à la longueur des carottes. En effet, la densité de peuplement était plus élevée et les carottes étaient plus courtes dans le cas de l’application à la volée (densité d’environ 50 % et longueur moyenne de 23,4 cm) que dans le cas de l’application en bandes (densité de 42 % et longueur moyenne de 24,1 cm). Ces résultats semblent indiquer que l’application en bandes des herbicides entraîne une diminution de la densité de peuplement et une augmentation de la grosseur des carottes.

En outre, la démonstration a montré que la quantité d’herbicides utilisée avec le traitement en bandes était d’environ 50 % moins élevée qu’avec l’application à la volée. Toutefois, une analyse de rentabilité a révélé que, dans le cadre de la démonstration, les coûts étaient plus élevés avec l’application en bandes qu’avec l’application à la volée. En effet, l’application en bandes revenait à 59 dollars par hectare ($/ha) (37 $/ha pour la pulvérisation et 22 $/ha pour le sarclage entre les rangs), alors que l’application à la volée revenait à 21 $/ha.

Analyse des résultats

En réduisant de moitié les quantités d’herbicides appliquées, le traitement en bandes peut ralentir l’apparition d’une résistance aux herbicides chez les mauvaises herbes. L’apparition d’une résistance au linuron est particulièrement préoccupante, car l’industrie dépend grandement de ce produit; la diminution des quantités de linuron utilisées pourrait donc favoriser la prolongation de l’efficacité de ce produit. Toutefois, les coûts associés à l’application en bandes étaient plus élevés que ceux associés à l’application à la volée dans le cadre de la présente démonstration, car l’efficacité du pulvérisateur était moindre dans le cas de la première technique, et un sarclage devait être réalisé à de multiples reprises. Dans le cas de l’application en bandes, le pulvérisateur était très petit et ne couvrait qu’une petite superficie à chaque passage, de sorte qu’un grand nombre de passages était requis, ce qui a entraîné une hausse des coûts associés à l’équipement et à la main-d’œuvre. En outre, le sarclage mécanique, réalisé 3 ou 4 fois durant la saison de culture, entraînait une hausse des coûts associés à la lutte contre les mauvaises herbes. Les rendements, similaires dans le cas des deux traitements, ne compensaient pas la hausse des coûts associés à la technique d’application en bandes. De plus, dans le cadre des essais de démonstration, on a observé deux problèmes liés au sarclage mécanique : le sarclage entre les rangs a semblé entraîner une diminution de la densité de peuplement et risque de ramener à la surface les graines de mauvaises herbes. Ce dernier problème pourrait rendre nécessaire l’application d’herbicides entre les rangs, ce qui viendrait éliminer l’avantage de la technique en ce qui a trait à la diminution du risque d’apparition d’une résistance aux herbicides chez les mauvaises herbes.

Pour de plus amples renseignements sur le projet, communiquer avec Marlene Huntley, d’Horticulture Nova Scotia.

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