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Démonstration d'une utilisation réduite d'herbicides dans les cultures de carrotte grâce à l'application en bandes des produits chimiques et au sarclage mécanique à l'Île-du-Prince-Édouard

Code de projet : PRR10-080

Chefs de projet

Kevin Sanderson & Aaron Mills - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Promouvoir l’adoption de la technologie d’application en bandes d’herbicides, et la transférer, comme méthode intégrée de gestion des mauvaises herbes qui permet de réduire l’utilisation des herbicides dans les cultures commerciales de carotte à Île-du-Prince-Édouard (ÎPE)

Résumé des résultats

Contexte

La méthode traditionnelle de désherbage dans les cultures de carottes consiste en une application généralisée d’herbicides au moyen de laquelle l’intégralité du champ est traité jusqu’à deux fois pendant la saison de croissance. Des recherches ont démontré que l’application d’une bande étroite d’herbicides le long de la partie supérieure des rangées de carottes, associée à un sarclage entre les rangées peut permettre une réduction allant jusqu’à 66 % de l’utilisation des herbicides par rapport à l’application généralisée, tout en maintenant des niveaux de contrôle des mauvaises herbes et de rendement semblables. Voir le fiche technique intitulé Épandage en bandes des herbicides dans les champs de carottes. Cette technologie, connue sous le nom d’« application en bandes », peut réduire de manière significative l’incidence des pesticides sur l’environnement et le développement de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides, et peut également engendrer des économies pour le producteur en raison de la diminution du coût des intrants.

Le but du présent projet était de vérifier l’efficacité de l’application en bandes des herbicides dans les conditions des champs commerciaux, en vue de démontrer les avantages économiques et environnementaux que présente la technologie de l’application en bandes pour les producteurs, et de montrer à ces derniers comment ils peuvent appliquer cette méthode à leur système de production.

Approches

L’étude a été réalisée par des chercheurs d’AAC au Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux près de Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.). Les démonstrations ont été réalisées sur deux exploitations commerciales dans la région productrice de carottes de l’Î.-P.-É. pendant les saisons de croissance de 2010 et de 2011. Le matériel de pulvérisation commercial a été muni de nouvelles buses à jet plat, positionnées de façon à pulvériser directement chaque rangée de carottes. L’application a été réalisée grâce à la pulvérisation de bandes d’herbicides (LinuronMC) de 30 cm de large sur la partie supérieure des rangées de carottes qui étaient espacées de 90 cm, en pré-levée (1,24 litres par hectare) et en post-levée (2,47 litres par hectare) de la culture. Le sarclage, réalisé au moyen de sarcleurs à dents en forme de S et de couteaux latéraux, a été rajouté à l’application en bandes en vue d’éliminer les dernières mauvaises herbes situées entre les rangées de carottes et sur les côtés de chaque rangée. En tout, quatre passages ont été réalisés pendant la saison de 2010 (deux avec des sarcleurs à dents en forme de S et deux avec des couteaux latéraux). Afin de limiter les intrants à un minimum, seulement deux passages ont été réalisés pendant la saison de 2011 (un avec des sarcleurs à dents en forme de S et un avec des couteaux latéraux). Le moment du désherbage a été choisi en fonction de la pression des mauvaises herbes.

L’application en bandes des herbicides a été comparée au désherbage traditionnel par application généralisée de LinuronMC en pré-levée (1,24 litres par hectare) et en post-levée (2,47 litres par hectare) de la culture. Il faut noter que les taux d’application étaient les mêmes pour les deux traitements. Cependant, les systèmes de pulvérisation en bandes ne couvraient qu’un tiers de la surface couverte par les systèmes d’application généralisée; ils réduisaient ainsi de deux tiers la quantité totale d’herbicides utilisée par unité (c'est-à-dire, de 1,24 à 0,42 litres par hectare en prélevée et de 2,47 à 0,82 litres par hectare en post-levée).

Des échantillons d’herbes ont été prélevés et mesurés deux semaines après le dernier travail du sol afin d’évaluer la pression des mauvaises herbes et l’efficacité des herbicides pour chaque traitement. Les carottes ont été récoltées dans tous les sites sur une portion de 3 metres de chaque parcelle et mesurées. Le rendement total et le rendement commercialisable ont également été mesurés pour chaque traitement.

Résultats

Les résultats globaux de ces démonstrations en champs commerciaux étaient cohérents par rapport à ceux obtenus dans le cadre des expériences précédentes. Malgré le fait que des techniques de sarclage différentes aient été utilisées, les résultats des deux saisons de croissance ne présentaient pas de différence significative et les données ont été réunies pour les analyses subséquentes. Les traitements par application en bandes et généralisée ne présentaient pas de différence quant à leurs rendements biologique total ou commercialisable. Le poids et le nombre des carottes de taille moyenne ayant subi un traitement par application en bandes étaient supérieurs à ceux des carottes qui avaient subi une application généralisée. Le poids moyen des carottes de plus petite taille cultivées au moyen de la technologie d’application en bandes était supérieur au poids de celles pour lesquelles on avait utilisé la méthode d’application généralisée. Dans l’ensemble, il y avait plus de carottes non commercialisables et de petites carottes non commercialisables dans le groupe sur lequel on avait réalisé une application traditionnelle d’herbicides que dans le groupe sur lequel on avait réalisé une application en bandes. La pression des mauvaises herbes était gérable dans tous les sites au moyen de l’application en bandes d’herbicides et du sarclage des rangées.

Les analyses coûts-avantages ont démontré que l’application en bandes des herbicides est suffisamment réalisable sur les plans économique et environnemental pour que le producteur moyen envisage de l’appliquer à son exploitation. Il importe de noter que bien que le sarclage engendre des coûts supplémentaires, le nombre de passages peut être maintenu à un minimum en installant des sarcleurs à dents en forme de S et des couteaux latéraux en tandem, auquel cas, un seul passage suffit à désherber entre les rangées. Ainsi, lorsque l’on compare la quantité d’herbicides utilisée pour l’application généralisée en tenant compte de l’augmentation des coûts de travail du sol associés à l’application en bandes (en utilisant la méthode du passage unique en tandem), les producteurs peuvent économiser jusqu’à 9 dollar par hectare en utilisant l’application en bandes des herbicides. Des frais additionnels sont également associés à l’opération visant à munir la rampe de pulvérisation de nouvelles buses à jet plat (environ 9 dollar par buse) en vue de permettre l’application en bandes.

Une journée champêtre a été organisée à la mi-saison pour chaque année de l’étude afin de démontrer la technologie d’application en bandes et de ses avantages aux producteurs et membres de l’industrie et chercheurs de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse. Ceux-ci ont montré un grand intérêt pour cette technologie et des commentaires positifs ont été émis par les participants de chaque journée.

Alors que la perspective économique de la technologie d’application d’herbicides en bandes et les inquiétudes liées à l’environnement et aux problèmes de résistance des plantes aux herbicides prennent de l’importance, cette méthode constitue un outil de gestion utile pour les producteurs sans compromettre la qualité des cultures et leur potentiel de rendement. Les cultures produites grâce à des méthodes permettant de réduire l’empreinte environnementale pourraient constituer un nouveau marché pour les producteurs. Cette technologie pourrait facilement être adaptée aux champs de carottes traditionnels sur sols plats ou sur buttes, ainsi qu’aux opérations liées à la production de carottes biologiques lorsque les produits de désherbage pour la production biologique seront disponibles au Canada.

Ce projet s’intègre au plan d’action de la Réduction des risques liés aux pesticides visant à mettre en œuvre une stratégie à risque réduit pour la lutte intégrée contre les mauvaises herbes dans la production légumière. Pour obtenir de plus amples renseignements sur cette étude, veuillez communiquer avec Aaron Mills.

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