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Améliorer la prise de décision pour la surveillance et la gestion du charançon dans les cultures de luzerne des Prairies

Code de projet : PRR13-010

Chef du projet

Julie Soroka - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Rendre disponible aux producteurs de luzerne de la région des Prairies l’outil de prévision du charançon et l’information sur le parasitisme

Sommaire des résultats

Contexte

Le charançon est très nuisible à la production de luzerne dans les Prairies. Les pulvérisations d’insecticides et la récolte hâtive sont les principales méthodes de lutte contre ce ravageur. Toutefois, pour obtenir un résultat optimal, ces mesures de lutte doivent être mises en œuvre à certains stades de la croissance du charançon. Des modèles de degrés-jours de croissance (DJC) accumulés portant sur la prévision du développement du charançon en Ontario et aux États-Unis ont été élaborés dans le passé et utilisés efficacement pendant des années pour gérer avec succès ce ravageur dans ces régions. Cependant, aucun modèle fiable adapté au charançon de la luzerne n’avait encore été validé pour les régions des Prairies.

L’objectif du projet consistait à évaluer la performance des modèles utilisés en Ontario et aux États-Unis et à les valider dans les conditions de culture des principales régions productrices de luzerne des Prairies canadiennes. Il s’agissait de déterminer et recommander le modèle le mieux adapté à une utilisation par les producteurs de luzerne des Prairies. Le projet visait également à étudier le profil de lutte biologique contre le charançon de la luzerne dans ces régions. Arrivée en Alberta depuis plusieurs années de l’Ouest américain et établie dans l’est de l’Amérique du Nord à la suite d’introductions délibérées dans ces régions, la guêpe parasitoïde Bathyplectes curculionis s’est révélée un agent de lutte biologique efficace contre le charançon de la luzerne. Cependant, il y avait jusqu’ici peu d’informations sur la présence ou la prévalence de cette espèce dans les Prairies.

Le but finale était de livrer l’information généré par ce projet dans un forme d’outil adaptés permettant d’aider les producteurs de luzerne des Prairies à prendre des décisions éclairées quant à la nécessité et moment propice de mesures de lutte afin d’assurer une meilleure protection des insectes pollinisateurs, des parasitoïdes et des autres organismes bénéfiques présents dans leurs cultures.

Approches

Treize champs de luzerne, cinq en Alberta, cinq en Saskatchewan et trois au Manitoba, ont été surveillés, en 2013 et en 2014, quant à la présence de charançons de la luzerne. Cette surveillance a été effectuée par prélèvement de tiges et par filet fauchoir à intervalles d’environ une semaine à partir du moment de la repousse de la luzerne au printemps jusqu’au milieu ou à la fin de l’été. Pour chaque échantillonnage, on a noté la date et l’emplacement, le nombre de charançons, leur stade de croissance ainsi que la hauteur et le stade de croissance de la luzerne.

Trois modèles de développement du charançon (Guppy-Mukerji, Harcourt et North Dakota) ont été testés ainsi que des données de température provenant des trois sources pour la détermination de la combinaison correspondant le mieux aux observations de l’émergence du charançon de la luzerne sur le terrain. L’objectif consistait à établir une prédiction précise du pic du deuxième stade larvaire, qui constitue le meilleur moment pour prendre des décisions en matière de lutte contre le charançon.

Les échantillons recueillis avec les filets fauchoirs ont également été examinés pour la présence des adultes de B. curculionis, le parasitoïde le plus commun du charançon de la luzerne en Amérique du Nord, et d’autres ennemis naturels de ce ravageur.

Résultats

Prédiction. Les deux modèles de Harcourt et du Dakota du Nord ont permis d’obtenir une meilleure prédiction des pics de population de charançons que le modèle Gupta-Mukerji. La source des données de température a influé sur la précision du modèle prédictif, la meilleure prévisibilité ayant été obtenue avec les températures mesurées au champ ainsi qu’avec les données générées par le modèle modifié d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). D’habitude, les populations de charançons ont culminé lorsque la luzerne était haute d’environ 53 centimètres.

Ce projet a déterminé que l’utilisation conjointe d’un seuil d’environ 230 DJC et du modèle de température modifié d’AAC (base de 9 degrés Celsius) permettra d’obtenir la meilleure prévision de la survenue du pic de population du deuxième stade larvaire qui constitue également le stade auquel un seuil économique peut être appliqué. Par conséquence, un nouveau système d’alerte, accessible sur le Prairie Pest Monitoring Network (Réseau de surveillance des ravageurs dans les Prairies) sous la forme de cartes de degrés-jours mises à jour chaque semaine, a été mis à la disposition des producteurs de luzerne lors de la saison de pousse 2015. Ces cartes fournissent aux producteurs les données relatives aux degrés-jours de croissance accumulés, afin qu’ils puissent estimer le stade de développement du charançon dans leur région et déterminer quand envisager des mesures de lutte si le nombre de charançons le justifie.

Lutte biologique. Des adultes de la guêpe parasitoïde B. curculionis ont été capturés sur dix des sites échantillonnés, notamment dans les trois sites du Manitoba. Alors que par le passé on ne trouvait ce parasitoïde que dans le sud-est de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan, il est aujourd’hui bien réparti dans toute la Saskatchewan; toutefois, parmi ce projet, ce parasitoïde a été détecte aussi au Manitoba. Dans certains champs, de grands nombres de B. curculionis ont parfois été recueillis, par exemple 74 insectes dans 100 prélèvements par filet fauchoir près de Swift Current en Saskatchewan le 11 juin 2014. Le plus grand nombre de guêpes a été obtenu à la mi-juin, environ deux à trois semaines avant le pic de la population de larves de charançon de la luzerne. Il semble donc que le moment le plus opportun pour une coupe ou une pulvérisation serait lors du pic du deuxième stade larvaire du charançon ou un peu après, mais pas avant, afin de laisser le temps à l’insecte parasitoïde de mener à bien la ponte.

La présence du parasitoïde B. curculionis et d’autres agents de lutte biologique trouvés dans le cadre de ce projet s’avère prometteuse dans la perspective d’une suppression naturelle des populations de charançons de la luzerne. Une lutte optimale contre les charançons protégeant simultanément les insectes bénéfiques contribuera à une production durable de luzerne.

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