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Adaptation des stratégies de lutte antiparasitaire à risque réduit pour l'industrie des pépinières ornementales au Canada

Code de projet : PRR06-430

Chef de projet

Peter Isaacson - Association Canadienne des Pépiniéristes et des Paysagistes

Objectif

Évaluer l’efficacité de trois biofongicides (Gliocladium catenulatum, Trichoderma harzianum, Bacillus subtilis) et d’un insecticide microbien (Metarhizium anisopliae) sur du matériel ornemental de pépinière et des plantes de serre; intégrer ces produits aux pratiques de production en pépinière; transmettre efficacement ces technologies aux producteurs

Sommaire de résultats

Contexte

Avant le lancement de ce projet, les pépiniéristes avaient cerné le besoin de biopesticides et de renseignements sur leurs emplois pour faciliter l’adoption durable d’approches de lutte antiparasitaire. Les quelques rares produits microbiens disponibles sur le marché canadien à l’époque, dont Bacillus thuringiensis var kurstaki, B. thuringiensis var. israelensis et Agrobacterium radiobacter, comptaient pour moins de 5 % de l’ensemble des matières actives utilisées dans l’industrie. La lutte antiparasitaire se faisait encore principalement au moyen de pratiques culturales et de produits chimiques.

Des maladies comme le botrytis, le rhizoctone et le blanc sont des problèmes qui touchent le matériel de pépinière cultivé à l’extérieur et les plantes de serre. Parmi les insectes ravageurs, les charançons sont l’un des insectes les plus nuisibles et difficiles à maîtriser dans les productions en pots, et ils s’attaquent à plus de 140 espèces de plantes ornementales. Ces principaux problèmes de ravageurs se classent sans cesse parmi les grandes priorités de ravageurs à s’attaquer pour l’industrie des pépinières.

Le présent projet vise à accroître la disponibilité d’agents microbiens en lutte biologique par l’obtention de données qui serviront à étayer des demandes d’homologations ou d’extensions de profil d’emploi, à élaborer des approches pour l’intégration de ces produits à une stratégie de lutte intégrée pour les pépinières et à transmettre efficacement les nouvelles technologies aux producteurs.

Approche

On a évalué l’efficacité des fongicides biologiques Trichoderma harzianum (Rootshield®, Plantshield®), Bacillus subtilis QST 713 (Rhapsody® ASOTM, Serenade® MAXTM) et Gliocladium catenulatum (Prestop®) contre le blanc sur des rosiers hybrides cultivés à l’extérieur, contre le botrytis sur des géraniums et contre le rhizoctone sur des fougères adiante du Canada par rapport à des fongicides courants. On a aussi évalué la tolérance des cultures traitées aux produits étudiés.

Les essais sur des géraniums et des fougères ont été effectués dans des serres commerciales et les essais sur les rosiers, à l’extérieur. Tous les essais ont été aménagés en blocs aléatoires complets et maintenus sous des conditions propices aux maladies étudiées. Au besoin, les plantes hôtes ont été inoculées pour s’assurer du développement de la maladie. Les traitements ont été appliqués sous forme de pulvérisation foliaire à 14 jours d’intervalle. L’incidence et la gravité des maladies ont été évaluées et les données obtenues ont fait l’objet d’analyses statistiques.

Aux fins d’identification des espèces de charançon qui infestent le matériel de pépinière en contenants, on a recueilli des plants ligneux soupçonnés d’être infestés dans des pépinières des vallées du bas Fraser et du Fraser en Colombie-Britannique (C.-B.) (102 plants en tout). Après deux mois, on a identifié et compté les charançons présents dans chaque pot.

On a effectué des essais sur divers plants infestés artificiellement avec des charançons afin de déterminer l’efficacité de l’insecticide microbien Metarhizium anisopliae par rapport à la lutte biologique au moyen du nématode parasite Steinernema kraussi qui est utilisé dans l’industrie. L’insecticide Metarhizium a été incorporé au sol à différentes doses en utilisant un système de prégermination. On a évalué les traitements en notant la vigueur racinaire et en comptant les larves de charançons contenues dans chaque pot.

Aux fins de l’évaluation de l’efficacité à long terme de M. anisopliae, on a inoculé des pots de pervenche qui avaient été préalablement traités avec M. anisopliae la saison précédente, avec des larves de charançon. Puis on a évalué la survie des larves un mois plus tard.

Les producteurs ont été informés des emplois des biopesticides au moyen de présentations lors de réunions de producteurs, et par des communications écrites.

Résultats

Sur les rosiers, les pulvérisations préventives de chacun des trois fongicides biologiques aux 7­14 jours, ont réduit les symptômes du blanc comparativement aux témoins non traités, sous des conditions de pressions de maladie modérées. Le contrôle de la maladie offert par les produits Serenade® MAXTM et Prestop® a été comparable à celui offert par NOVA 40W (myclobutanil).

La suppression du botrytis sur le géranium par Prestop® était meilleure pour les traitements appliqués de manière préventive et aux 14 jours. Prestop® a réduit le nombre lésions de botrytis et le nombre de feuilles malades et a offert un niveau de contrôle de la maladie comparable à celui du Captan. Plantshield® a été le seul biopesticide étudié à réduire significativement le rhizoctone sur l’adiante du Canada et son contrôle a été équivalent à celui offert par Senator 70WP. Aucun de ces produits n’a affiché de symptômes de phytotoxicité sur les plantes évaluées.

L’espèce de charançon prédominante qui a été récoltée dans le cadre de l’étude sur du matériel de pépinière infesté était le charançon noir de la vigne (Otiorhyncus sulcatus). Dans les essais sur des plants d’impatientes, on a récolté un nombre significativement inférieur de larves de charançon dans les pots traités au M. anisopliae et aux nématodes que dans les pots témoins. Les niveaux de contrôle offerts par les traitements au Metarhizium et aux nématodes étaient comparables. Dans une autre étude, on a récupéré un plus grand nombre de charançons en santé dans les pots non traités que dans les pots traités au Metarhizium la saison précédente.

Afin de donner des informations aux producteurs des pépinières et des industries connexes des principales régions productrices du Canada sur les emplois des biopesticides, on a donné dix présentations dans le cadre du projet, ainsi qu’un atelier d’une journée à Kelowna, C.-B. Deux mises à jour sur les recherches ont été publiées dans des revues spécialisées et les résultats des essais de produits contre le rhizoctone sur la fougère ont été publiés dans les Rapports de recherche sur la lutte antiparasitaire (PDF) (en anglais seulement) pour 2008 (Rapports nos 60 et 61). Les données recueillies ont servi à étayer une demande d’homologation du Metarhizium anisopliae contre le charançon noir de la vigne sur du matériel de pépinière, et cet emploi a été homologué par l’Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire en février 2009.

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