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Évaluation des pratiques de gestion bénéfiques à l’échelle des bassins hydrographiques

Le programme Évaluation des pratiques de gestion bénéfiques à l'échelle des bassins hydrographiques (EPBH), un projet de recherche à long terme lancé par Agriculture et Agroalimentaire Canada en 2004, est une initiative fructueuse de neuf ans du gouvernement du Canada visant à déterminer les répercussions économiques et sur la qualité de l'eau de certaines pratiques de gestion bénéfiques agricoles (PGB) dans neuf bassins hydrographiques au Canada.

Pour avoir une perspective régionale, les résultats ont été mis à l'échelle afin de refléter de plus grandes superficies de bassins hydrographiques à l'aide de logiciels informatiques ou de modèles hydrologiques qui simulent les réactions des eaux de surface et des eaux souterraines d'un bassin hydrographique aux précipitations et aux stress humains.

Les résultats de l'EPBH permettront aux chercheurs ainsi qu'aux experts des politiques agroenvironnementales et de la programmation de comprendre le fonctionnement des PGB et leur interaction avec les terres et l'eau. Les renseignements précieux fournis par l'EPBH sur le rendement des PGB dans le paysage permettront aux producteurs de déterminer quelles PGB conviennent le mieux à leurs activités et à leurs régions.

Des études de l'EPBH ont été menées dans neuf bassins hydrographiques au Canada. Ces laboratoires vivants en milieu naturel ont permis de réunir un vaste éventail d'experts provenant de divers groupes gouvernementaux, universitaires, de gestion des bassins hydrographiques et de producteurs.

Consultez le rapport final de l'Évaluation des pratiques de gestion bénéfiques à l'échelle des bassins hydrographiques pour plus d'information sur le programme.

Principales conclusions sur l'Évaluation des pratiques de gestion bénéfiques à l'échelle des bassins hydrographiques

Les producteurs agricoles et les décideurs doivent savoir à quel point ces PGB sont efficaces. Également, ils doivent connaître leur coût de mise en œuvre et d'entretien, et savoir si l'emploi de ces pratiques pour régler un problème risque d'en entraîner d'autres. L'EPBH a permis de relever certaines données scientifiques et d'observer de nombreux résultats pertinents et intéressants.

Facteurs influant sur l'adoption de pratiques de gestion des avantages agricoles

Certaines PGB peuvent contribuer à protéger la qualité de l'eau en limitant le lessivage et l'écoulement des minéraux, des produits agrochimiques et des sédiments dans les cours d'eau. Or bien que les producteurs utilisent déjà bon nombre de ces mesures, il est possible d'améliorer le taux d'adoption des PGB. Pour que les gouvernements et les autres organismes de financement élaborent des politiques et mettent au point des programmes qui favoriseront l'adoption des PGB, il convient de mieux comprendre ce qui incite les producteurs à les adopter.

Dans la région de la Chaudière au sud du Québec, des économistes ont interrogé 269 producteurs agricoles afin de cerner l'influence de certaines variables sur la probabilité que les producteurs adoptent des PGB visant à régler les problèmes liés à la qualité de l'eau. Cette région a été choisie parce qu'elle est comparable à bon nombre de bassins hydrographiques exploités de façon intensive en Ontario et au Québec. Les résultats de cette étude permettraient d'adapter les efforts de promotion et les mesures incitatives visant à atteindre les objectifs d'adoption des PGB dans toutes les régions du Canada.

Les facteurs ayant une incidence sur l'adoption des PGB dans l'EPBH sont les suivants : éducation, âge, sexe, résidence sur la ferme, taille de la ferme, certification biologique, appartenance à un groupe de conservation par bassin hydrographique et coûts de la main-d'œuvre.

Scolarité

On a constaté qu'un niveau de scolarité plus élevé augmente considérablement la probabilité que les producteurs adoptent la plupart des PGB, probablement parce qu'un niveau de scolarité plus élevé peut entraîner une amélioration des compétences en matière de gestion et de prise de décisions pour obtenir les meilleurs résultats possible pour ce qui est des PGB.

Âge

Plus les producteurs sont âgés, plus ils sont susceptibles de mettre en œuvre les PGB de la rotation des cultures et des bandes tampons riveraines. Le taux de probabilité d'adoption augmente de 1,3 % par année d'âge.

Sexe et résidence sur la ferme

Les femmes et les producteurs vivant à la ferme, soit 4 % et 88 % des répondants à l'enquête respectivement, sont plus susceptibles d'adopter des pratiques de gestion du fumier solide et du lisier liquide. Ces deux groupes ont tendance à être plus sensibles à la qualité de l'eau locale et aux problèmes d'odeur parce qu'ils se préoccupent de la santé de leur famille et de leur voisinage.

Taille de la ferme

Les grandes fermes, définies en fonction du nombre d'acres et de la valeur de la machinerie et de la production animale et végétale, sont plus susceptibles d'adopter les PGB. Cela est probablement attribuable aux économies d'échelle, à une plus grande souplesse financière, aux défis associés à une plus grande diversité des sols et des paysages et à un examen public plus attentif de leur comportement. Les fermes qui font l'élevage à grande échelle ont tendance à pratiquer la rotation des cultures, les bandes riveraines tampons et la gestion du fumier solide et du lisier liquide.

D'autre part, les plus petites fermes ont moins de chances d'adopter les PGB que les plus grandes. Bon nombre de plus petites fermes nécessitent un revenu d'appoint pour soutenir les dépenses du ménage, et sont habituellement bien outillées financièrement pour acquitter la dépense accrue que représente la mise en œuvre des PGB. Par ailleurs, bon nombre de ces producteurs n'ont pas le temps requis pour gérer les PGB. Or, la plupart des petites fermes du Québec et de l'Ontario sont situées dans des régions à forte densité d'exploitation d'élevage et d'agriculture intensive où la qualité de l'eau peut être exposée à des risques plus importants.

Certification de production biologique

La certification biologique augmente la probabilité d'adopter la gestion du fumier solide et du lisier liquide. Les producteurs qui ont obtenu la certification biologique n'appliquent pas d'herbicides sur les cultures.

Appartenance à des groupes de conservation des bassins hydrographiques

La participation à un groupe de conservation de bassin hydrographique accroît la probabilité que les producteurs adoptent la plupart des PGB étudiées même si cet effet varie selon la PGB.

Coûts de la main-d'œuvre

Le coût de la main-d'œuvre ne semble pas avoir une incidence importante sur l'adaptation de la plupart des PGB, et a une incidence variable sur la probabilité d'adopter les pratiques de rotation des cultures et de gestion du fumier solide.

Autres composantes étudiées dans le cadre du programme Évaluation des pratiques de gestion bénéfiques dans les bassins hydrographiques

On a beaucoup appris sur les divers éléments paysagers (par exemple : texture du sol) et les processus (par exemple : effets du gel discontinu) qui peuvent affecter le rendement des PGB. Par exemple, en comprenant mieux les effets du type de sol sur les PGB au bassin hydrographique du Bras d'Henri, au Québec, les chercheurs ont pu interpréter de façon plus juste les résultats relatifs à la qualité de l'eau ainsi que d'autres données biophysiques. Ces connaissances profiteront aux évaluations futures des PGB à l'intérieur et à l'extérieur de ce bassin hydrographique.

Deux micro-bassins hydrographiques couplés ont été étudiés dans le bassin hydrographique du Bras d'Henri. Ces bassins ont été choisis à la suite d'une comparaison des données disponibles sur l'hydrologie, les sols et l'utilisation du sol. Une étude très détaillée du sol réalisée dans le cadre de l'EPBH a ensuite révélé que les sols de ces bassins « jumeaux » étaient en fait très différents.

La prédominance des podzols (sols à texture grossière) dans le bassin hydrographique (modification au moyen de PGB) faisait en sorte que ce bassin était plus susceptible de dissoudre l'azote que le bassin témoin. Toutefois, comme ces types de podzols ont également une grande capacité d'absorption du phosphore, on a noté des concentrations de phosphore beaucoup plus faibles à la décharge par rapport au bassin témoin. Ces deux facteurs ont contribué à expliquer le rendement inattendu des PGB.

Ces résultats ont permis aux chercheurs de mieux interpréter les données sur la qualité de l'eau et de produire de nouvelles données scientifiques sur la relation entre la variété des sols et le rendement des PGB.

L'équipe de l'EPBH a aussi réalisé des études détaillées pour déterminer les répercussions financières des PGB sur les producteurs. Connaître les avantages et les coûts des différentes pratiques peut aider à déterminer si les producteurs sont susceptibles d'avoir besoin d'incitatifs financiers, comme le partage des coûts, avant de mettre en application les PGB.

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