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Greener Village : la banque alimentaire de Fredericton poursuit sa croissance

Les premiers mois de la pandémie de COVID-19 ont ajouté de nouvelles difficultés à celles auxquelles font déjà face toutes les banques alimentaires canadiennes. D'après Alex Boyd, directeur de la banque alimentaire de Fredericton, Greener Village (en anglais seulement), c'était comme s'engouffrer dans une autre dimension temporelle en ayant un pied dans le siècle dernier et l'autre directement dans la pandémie.

« La plupart des banques alimentaires ont vu le jour dans les années 1980 sous la forme d'un plan sur cinq ans. Et jusqu'à cette année, peu de choses ont changé en ce qui concerne leur démarche, » explique Alex.

Les écoles, les lieux de travail et les commerces ont fermé, les hôpitaux se sont préparés au pire et les Canadiennes et Canadiens se sont tournés vers leurs gouvernements pour obtenir des renseignements et des solutions. Les banques alimentaires sont alors entrées dans une ère nouvelle. N'étant plus reléguées dans les sombres recoins de notre conscience depuis leur création, les banques alimentaires ont été reconnues comme des structures essentielles à l'échelle nationale.

Un homme remplit un panier de fruits et légumes frais.
Alex Boyd, directeur de la banque alimentaire Greener Village de Fredericton.

Un temps de reconnaissance

« Honnêtement, les banques alimentaires existent depuis longtemps et étaient tenues pour acquises. Alors, quand le premier ministre et les représentants élus ont parlé de nous, les résultats ont été manifestes avec une hausse significative des dons, » indique Alex en faisant allusion à la reconnaissance des banques alimentaires par le premier ministre Justin Trudeau dans ses annonces quotidiennes sur la pandémie en avril 2020.

Alex est issu d'une famille de bénévoles et de bâtisseurs communautaires engagés. Alors bénévole depuis déjà dix ans auprès de Greener Village, il a endossé le rôle de directeur de la banque alimentaire il y a trois ans. Il n'a toutefois jamais oublié son premier jour là-bas, lorsqu'il a lui-même pris conscience de leur importance.

« Je suis venu avec un ami qui faisait du bénévolat ici à l'époque. Je n'avais pas réalisé la gravité de la situation. Quand je dis que cette expérience a été révélatrice, c'est qu'elle l'a vraiment été. J'avais déjà constaté le problème de la faim auparavant lorsque j'apportais mon aide à des orphelinats internationaux, mais jamais dans mon propre milieu. »

Soutenir une communauté

Tirant son nom de l'exploitation serricole qui s'y trouvait autrefois, Greener Village sert davantage de clients de manières diverses depuis mars 2020.

Serre remplie de plants.
Greener Village se situe à l'emplacement d'une ancienne exploitation serricole, et la plupart des produits fournis par la banque alimentaire sont cultivés dans la serre qui se trouve sur place.

« Nous aidions soudainement des centaines d'étudiants de l'étranger qui étaient bloqués à Fredericton au début de la pandémie et qui se trouvaient dans une situation précaire, » explique Alex. Ce nouveau besoin a multiplié leur moyenne de 45 à 50 livraisons mensuelles avant la COVID-19. « Nous avons effectué 500 livraisons en avril, du jamais vu. Nous en faisons désormais entre 300 et 400 par mois. »

À Greener Village, Alex et ses bénévoles travaillent sans relâche pour trouver des moyens d'aider leurs clients, tout en assurant la sécurité des bénévoles dans le contexte de la pandémie. Ils ont créé un système de ramassage pour remplacer le parcours habituel que suivaient les clients à l'intérieur du bâtiment, où ils étaient accueillis par un bénévole avant de choisir des articles dans les rayons et de prendre un panier contenant du lait, des œufs et des produits surgelés.

« Notre objectif est de conserver le côté agréable de cette expérience. Nous sommes là pour aider et nous devons tous travailler ensemble. Grâce à notre nouveau système de ramassage, nos clients arrivent et sont reçus par Chris, notre préposé à l'accueil, pendant qu'un plus grand nombre de bénévoles vont chercher les produits demandés. Les paniers remplis sont apportés à une table extérieure où les clients peuvent venir les récupérer. »

Alex révèle que le soutien financier obtenu par l'intermédiaire du Fonds d'urgence pour la sécurité alimentaire a joué un rôle important lors de la saison estivale de Greener Village, car ils n'auraient jamais pu accomplir tout cela sans ce financement. « Ces fonds nous ont permis d'augmenter notre fréquence de livraison, passant de deux jours par mois à cinq jours par semaine. Nous avons pu acheter des pommes, des carottes et d'autres fruits et légumes frais. » Le programme d'Agriculture et Agroalimentaire Canada a versé 200 millions de dollars aux banques alimentaires et à d'autres organismes nationaux de récupération des aliments pour améliorer l'accès à la nourriture aux Canadiennes et Canadiens qui font face à des situations d'insécurité alimentaire en raison de la pandémie de COVID-19.

Surtout, grâce aux fonds supplémentaires, ils ont pu rassurer les clients. « Beaucoup de personnes avaient peur de sortir de chez elles, explique ce père de trois jeunes enfants. Nous avons doublé les portions de lait et d'œufs dans chaque panier et augmenté le volume des paniers. Moins souvent elles ont besoin de quitter leur domicile, mieux c'est. »

Voir plus loin que la pandémie

La pandémie sera un jour terminée, mais les leçons qu'Alex en a tirées iront bien au-delà, tandis qu'il poursuit l'amélioration des services de Greener Village. « Nous allons moderniser notre formation d'apprentissage en cuisine, afin qu'elle soit plus approfondie et plus pratique! Cette solution conviendra à tous, car les clients utiliseront l'espace pour transformer, préparer et conserver des aliments récupérés tout en acquérant des compétences professionnelles dans le cadre de cette initiative. Ainsi, le gaspillage alimentaire sera moindre dans notre communauté. »

Puis, notons ses efforts pour déployer un programme de perfectionnement en matière de gestion par l'entremise du College of Extended Learning de l'Université du Nouveau-Brunswick, afin de favoriser le développement du leadership à Greener Village. « Je ne rentre jamais à la maison en me demandant si j'ai apporté chaque jour quelque chose à la société. M'endormir le soir est la partie la plus facile de mon travail. »

Alex voit grand pour un directeur de banque alimentaire qui a fait ses débuts dans un placard au sous-sol d'une église de Fredericton. « D'ordinaire, je m'applique à la réalisation de mes tâches et je travaille dur. C'est émouvant pour moi de parler de cela. Nous pouvons accomplir bien plus en travaillant ensemble. »

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