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Évaluation du Programme Agri-innovation – Volet A : Recherche accélérant l’innovation

30 mars 2017

Liste des abréviations

AAC
Agriculture et Agroalimentaire Canada
CA2
Cultivons l'avenir 2
CBA
Cultures, bétail et aliments
DGST
Direction générale des sciences et de la technologie
GES
Gaz à effet de serre
PAI
Programme Agri-innovation
PGE
Pratiques de gestion exemplaires
PSTD
Progrès scientifiques et technologiques durables
R et D
Recherche et développement
RDT
Recherche, développement et technologie
SIGS
Solution intégrée de gestion des sciences
TI
Technologies de l'information

Sommaire

Contexte

Le Programme Agri-innovation, échelonné sur cinq ans (de 2013-2014 à 2017-2018), vise à accélérer le rythme de l'innovation en soutenant les activités de recherche et de développement, ainsi qu'en facilitant la démonstration, la commercialisation et l'adoption de produits, de technologies, de procédés, de pratiques et de services novateurs. Le Programme finance des activités dans le cadre de trois volets : volet A : Recherche accélérant l'innovation; volet B : Recherche, développement et transfert des connaissances; volet C : Facilitation de la commercialisation et de l'adoption.

La présente évaluation porte sur le volet A, dans le cadre duquel AAC mène des activités de recherche pour lesquelles l'industrie n'est pas un dirigeant naturel, mais où l'on observe à la fois un lien étroit avec le secteur et un rôle élargi du gouvernement du Canada. Le volet A est constitué de deux composantes :

Le volet A est dirigé par la Direction générale des sciences et de la technologie (DGST), et le financement des projets de recherche est versé dans le cadre d'un processus annuel de demandes de projet. Seuls les scientifiques d'AAC à l'interne peuvent recevoir du financement de projet dans le cadre du volet A, mais d'autres organismes tels que des universités et des particuliers peuvent participer à des activités en tant que collaborateurs. Un montant de 150 millions de dollars a été inscrit au budget pour les activités du volet A, de 2013-2014 à 2017-2018.

Principales constatations et conclusions

Vous trouverez ci-dessous les principales constatations et conclusions de l'évaluation.

Pertinence

L'évaluation a fait ressortir le besoin continu de mener des recherches scientifiques dans le cadre du volet A, afin d'aider le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire à optimiser la productivité, à cerner et à atténuer divers risques liés à la production, à saisir les débouchés sur le marché et à rester au fait des facteurs liés à la durabilité. La recherche scientifique est un moteur clé de l'innovation pour ce qui est des produits et des procédés nécessaires pour relever les défis liés à la compétitivité et à la rentabilité du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Des études suggèrent que la recherche à long terme pourrait générer certains des rendements les plus élevés pour l'investissement public, et des groupes de producteurs reconnaissent que l'investissement dans la recherche et le développement est un élément essentiel à la réussite du secteur.

De plus, la recherche est cruciale si l'on veut comprendre les mécanismes causaux à la base des menaces qui pèsent sur les systèmes de production et de distribution des aliments au Canada. Elle permet aussi d'élaborer des stratégies et des pratiques pour détecter, surveiller et contrôler les dangers dans la chaîne alimentaire, et comprendre les attributs nutritifs et bénéfiques pour la santé des produits agricoles. Il faut parfois plusieurs années (10 ans ou plus) pour mettre au point de nouvelles innovations, telles que des variétés de cultures résistantes aux maladies ou des pratiques de gestion qui optimisent la productivité des sols et minimisent les répercussions négatives sur l'environnement. Les résultats de la recherche fondamentale et de celle menée dans l'intérêt public constituent donc le fondement de pratiques et de procédés agricoles plus durables, ainsi que de projets d'adoption et de commercialisation plus ciblés.

Les objectifs du volet A sont bien harmonisés avec les priorités du gouvernement fédéral et les résultats stratégiques d'AAC, notamment en ce qui concerne l'appui aux sciences et à l'innovation agricoles et l'importance de l'environnement en tant qu'acteur d'une économie canadienne vigoureuse. Les activités du volet A s'harmonisent particulièrement bien avec le résultat stratégique 2 d'AAC : Un secteur innovateur et durable de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels. La lettre de mandat du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire de 2015 souligne la détermination du gouvernement à « investir dans la recherche en agriculture pour stimuler les découvertes scientifiques et l'innovation dans ce secteur »Note de bas de page 1. Le budget de 2016 met aussi en évidence l'importance d'investir dans les sciences et la recherche agricoles publiques, ainsi que de moderniser l'infrastructure des sciences agricoles et environnementalesNote de bas de page 2.

Bien qu'il y ait de nombreux intervenants dans les activités de recherche agricole, AAC a un rôle important à jouer dans la diffusion du type de recherche et de développement financé par l'intermédiaire du volet A, car le Ministère doit veiller au bien public (par exemple améliorer la durabilité des pratiques agricoles). Son rôle est également essentiel lorsque le produit est trop loin du stade de la commercialisation pour que le secteur privé obtienne un rendement des investissements à court terme, mais qu'il constitue une base cruciale pour des projets d'adoption et de commercialisation plus ciblés. D'autres organismes de recherche, comme certaines universités et certains scientifiques, ont tendance à se concentrer sur les découvertes théoriques sans qu'il y ait un objectif évident d'application sur les marchés. Par ailleurs, les organismes du secteur privé sont enclins à se concentrer sur la recherche appliquée pouvant générer des rendements plus rapides.

Même si les programmes de recherche des gouvernements provinciaux ont souvent des incidences similaires aux recherches effectuées par AAC, leurs capacités en matière de recherche agricole varient, car la part des ressources que consacrent les provinces aux services de vulgarisation, aux activités de transfert des connaissances et à la commercialisation est plus ou moins importante. Dans l'ensemble, la capacité des provinces à financer la recherche agricole est inférieure à celle du gouvernement fédéral. La part du gouvernement fédéral dans le total des dépenses publiques en matière de recherche agricole au Canada a toujours été plus importante que celle des gouvernements provinciaux, atteignant en moyenne 69,4 % et 30,6 % respectivement, entre 1985-1986 et 2015-2016. En outre, AAC a l'avantage unique de pouvoir effectuer des recherches dans différentes écozones grâce à son réseau national de centres de recherche.

Le volet A complète d'autres activités de recherche et d'innovation agricoles menées ou financées par AAC et par d'autres organisations gouvernementales et non gouvernementales. Les politiques régissant la sélection de projets dans le cadre du volet A visent à empêcher le chevauchement ou le recoupement d'autres sources de recherche et du soutien à l'innovation. Le Programme complète d'autres activités en faisant progresser les résultats scientifiques jusqu'à un point où les risques pour l'industrie sont plus faibles, afin d'encourager cette dernière à financer davantage de projets appliqués. Le volet A facilite également la collaboration avec d'autres partenaires de recherche fédéraux, provinciaux, industriels et universitaires, ainsi que la mise à profit des compétences, des installations et des ressources.

Rendement (efficacité)

La présente évaluation a pour but d'examiner les projets en cours au 31 mars 2016. L'évaluation a révélé que, trois ans après le lancement du programme quinquennal, le volet A a permis de réaliser des progrès considérables vers l'atteinte des extrants et des résultats escomptés. Au 31 mars 2016, le volet A avait engagé des fonds d'une valeur de 59,3 millions de dollars dans 159 projets de recherche et d'innovation. La plupart des projets de la première phase sont terminés (82 %), la majorité ayant été entreprise en 2013-2014 et ayant pris fin en 2015-2016. Ces projets de recherche portent sur une grande variété de portefeuilles sectoriels, et la plus grande partie des engagements ont été réalisés dans le cadre du sous-programme Cultures, bétail et alimentsNote de bas de page 3 et le portefeuille du secteur de la Résilience agroenvironnementaleNote de bas de page 4.

Des progrès considérables ont été effectués dans le cadre du volet A en ce qui concerne la génération de connaissances et la diffusion des résultats de la recherche. Au 31 mars 2016, le Programme avait déjà dépassé les objectifs établis dans la Stratégie de mesure du rendement (SMR), comme suit :

Des progrès ont également été réalisés dans la mise au point de nouveaux produits, procédés et technologies pour améliorer la productivité agricole et le potentiel du marché, ainsi que dans les innovations liées à la durabilité environnementale. Les résultats obtenus au 31 mars 2016 par rapport aux objectifs de la SMR devant être atteints avant le 31 mars 2018 sont les suivants :

L'évaluation a fait ressortir plusieurs exemples d'innovations et de nouveaux produits, procédés et technologies importants qui ont découlé des projets liés au volet A. Un des exemples de ces innovations est le projet national qui a abouti au développement d'une nouvelle variété de blé à plus haut rendement et plus résistante à la souche Ug99 (un champignon émergent dont les conséquences sont dévastatrices) et à d'autres maladies. Ce projet pourrait générer des avantages économiques pour le secteur, jusqu'à concurrence de 700 millions de dollars par année, en réduisant les pertes et l'utilisation de fongicides si la souche Ug99 devait apparaître au Canada.

En outre, plusieurs projets ont donné lieu à d'autres possibilités de collaboration et de recherche. Selon les rapports des projets, 30 projets se sont traduits par 71 subventions de recherche de suivi, récompenses, distinctions ou prix au moment de la tenue de la présente évaluation. La plupart des projets examinés dans le cadre des études de cas ont abouti (ou aboutiront probablement) à des projets de suivi ou à des investissements, tels que les investissements effectués par AAC et des intervenants clés de l'industrie, ainsi que de nouveaux domaines d'étude ou de collaboration. Par exemple, un projet dont le but était d'élaborer des stratégies visant à réduire les pertes d'azote a généré un intérêt considérable et a mené à l'élaboration d'un projet agroscientifique géré dans le cadre du volet B du PAI et financé par Fertilisants Canada.

Rendement (efficience et économie)

L'évaluation a révélé que plusieurs aspects de la conception du volet A ont facilité la bonne exécution des projets, alors que d'autres l'ont ralentie. Parmi les principaux facteurs qui ont contribué à l'exécution efficace des projets du volet A, notons les suivants :

L'évaluation a révélé que la conception et l'exécution des projets du volet A sont parfois freinées en raison du contexte gouvernemental général dans lequel les projets doivent être réalisés. Parmi ces contraintes, notons les suivantes :

  1. La période de financement actuelle des projets qui est de trois ans. Un délai de financement plus long (par exemple des projets sur 5 ans) permettrait de consacrer plus de temps à l'atteinte des objectifs de recherche à plus long terme, de démontrer les résultats du Programme et d'évaluer la valeur qu'il y a à poursuivre les activités dans les cycles de financement subséquents.
  2. Les limites liées au stockage des données et à la capacité de calcul. L'évaluation a cerné certaines limites concernant le stockage des données et la capacité de calcul mis à disposition, ainsi que les défis liés aux délais d'approvisionnement associés aux processus d'acquisition. En particulier, cela a une incidence négative sur les domaines de recherche liés à la génétique, où est généré un nombre toujours croissant d'ensembles de données vastes et complexes.

L'évaluation a révélé que la DGST a mis au point des mécanismes de mesure du rendement et de collecte des données, tels que la Solution intégrée de gestion des sciences (SIGS) pour suivre la mise en œuvre et les résultats des projets du volet A. Ces outils, qui se sont améliorés avec le temps, sont utiles pour communiquer les résultats des projets. Malgré les progrès réalisés à ce jour, certains problèmes ont été décelés en ce qui a trait aux données de mesure du rendement, comme des renseignements limités et manquants sur certains produits et résultats, les entrées en double dans plusieurs projets et les interprétations différentes des catégories d'extrants et de résultats. En outre, il est difficile de mesurer les résultats intermédiaires et finaux en se fondant sur les indicateurs de rendement existants.

Recommandations et réponse et plan d'action de la direction

Le principal problème cerné et la recommandation découlant de l'évaluation sont les suivants :

Problème no 1

L'évaluation a révélé qu'il faudrait ajouter à la mesure du rendement un plus grand nombre de détails concernant les résultats des projets et l'importance des incidences pour les découvertes, les innovations et les nouveaux produits. De plus, les lignes directrices en matière de formation et les protocoles sur l'assurance de la qualité ne sont pas suffisamment détaillés pour aider les scientifiques à signaler les incidences des projets.

Recommandation no 1

Conformément à la nouvelle Politique sur les résultats et au programme du gouvernement en matière de résultats et d'exécution, AAC devrait continuer à peaufiner les approches de ses programmes en matière de mesure du rendement, afin de s'assurer que les indicateurs utilisés et les données recueillies sur le rendement lui permettent de préparer des rapports précis et cohérents sur les incidences des activités de la recherche scientifique.

Réponse et plan d'action de la direction

Acceptée.

  1. La DGST passe actuellement en revue toutes ses stratégies sectorielles en vue d'y inclure des modèles logiques qui lui permettront de mieux les harmoniser avec le programme du gouvernement en matière de résultats et d'exécution.

    Date cible : 30 juin 2017

    Personne responsable : Directeur général, Direction des partenariats et de la planification, Direction générale des sciences et de la technologie.

  2. La DGST élaborera, pour tous ses programmes, des profils d'information pour les programmes (PIR), conformément au nouveau programme du gouvernement du Canada en matière de résultats et d'exécution.

    Date cible : 1er novembre 2017

    Personne responsable : Directeur général, Direction des partenariats et de la planification, Direction générale des sciences et de la technologie.

1.0 Introduction

1.1 Objet du rapport

Le présent rapport a pour but de présenter les résultats de l'évaluation du volet A du Programme Agri-innovation : Recherche accélérant l'innovation. Le volet A fournit un financement non remboursable pour soutenir les recherches transversales à long terme d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) (à environ 10 ans du stade de la commercialisation) pour lesquelles l'industrie n'est pas un dirigeant naturel, mais où l'on observe à la fois un lien étroit avec le secteur et un rôle élargi du gouvernement du Canada.

L'évaluation a été réalisée dans le cadre du Plan d'évaluation ministériel quinquennal (de 2014-2015 à 2018-2019) d'AAC. Elle a été menée par le Bureau de la vérification et de l'évaluation du Ministère.

2.0 Profil du programme

2.1 Contexte du programme

En avril 2013, le gouvernement du Canada a lancé le cadre stratégique « Cultivons l'Avenir 2 » (CA 2) afin de soutenir le secteur agricole et agroalimentaire au Canada. CA 2 constitue le fondement des programmes et des services gouvernementaux en agriculture, pour la période de cinq ans allant de 2013 à 2018. Axés sur l'innovation, la compétitivité et le développement des marchés, les programmes de CA 2 mettent à la disposition des producteurs et des transformateurs canadiens des outils et des ressources pour les aider à innover et à tirer profit des possibilités offertes sur les marchés émergents.

Le PAI est un programme quinquennal (de 2013-2014 à 2017-2018) qui dispose d'un budget pouvant atteindre 698 millions de dollars; de ce montant, 468 millions de dollars sont destinés au financement de projets, en fonction des demandes présentées par l'industrie. Les fonds restants vont aux activités de recherche et de développement et de transfert des connaissances dirigées par AAC, qui viennent s'ajouter aux initiatives dirigées par l'industrie. Le Programme vise à accélérer le rythme de l'innovation en finançant des activités de recherche et de développement des innovations agricoles, et en facilitant la démonstration, la commercialisation ou l'adoption de produits, technologies, procédés, pratiques et services innovateurs. Le but est de renforcer la croissance économique, la productivité, la compétitivité, l'adaptabilité et la durabilité du secteur canadien de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels, et d'aider le secteur à saisir les possibilités qu'offrent les marchés nationaux et internationaux.

Dans le contexte de l'architecture d'alignement des programmes d'AAC, le PAI se trouve sous le résultat stratégique 2.1, Science, innovation, adoption et durabilité; il comprend les trois volets suivants :

AAC mène également des activités de recherche et de développement à long terme dans le cadre du sous-programme 2.1.1 : Un secteur innovateur et durable appuyé par la science, qui est complémentaire au PAI, ainsi qu'au cadre collaboratif et à d'autres sources de financement.

2.2 Aperçu du volet A : Recherche accélérant l'innovation

Volet A : Le volet Recherche accélérant l'innovation vise à satisfaire aux nouvelles exigences scientifiques du secteur canadien de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels, en générant des connaissances scientifiques et en y donnant accès, afin d'aider l'industrie à cerner et à atténuer les risques liés à l'agriculture et à la production agroalimentaire, à rester au fait des facteurs liés à la durabilité, à accroître la productivité et à saisir des débouchés sur le marché. Les objectifs particuliers de ce volet sont les suivants :

Le volet A est dirigé par la DGST d'AAC. Il est constitué de deux composantes :

  1. La composante Cultures, bétail et aliments (CBA) soutient les premières étapes des activités de recherche sur : les menaces pour les cultures canadiennes liées aux plantes envahissantes, aux insectes et aux agents pathogènes des plantes, les éléments nutritifs que contiennent les produits agricoles et leur rôle dans la prévention des maladies ainsi que dans la manière de répondre à la demande de produits plus nutritifs, la façon dont les contaminants pénètrent dans les produits agricoles, de même que les stratégies de prévention et d'atténuation.
  2. La composante Progrès scientifiques et technologiques durables (PSTD) s'emploie à équiper le secteur des connaissances et des outils nécessaires pour assurer une utilisation plus durable et plus productive des ressources disponibles, à atteindre les buts du secteur en matière de productivité et à répondre aux pressions concernant le fait d'être un bon voisin environnemental. La composante vise également à aider le secteur à accéder à de nouveaux marchés et à conserver les marchés actuels, face à l'augmentation des exigences gouvernementales et non gouvernementales en matière de durabilité.

Le projet de mesure de la durabilité, qui relève de la composante PSTD, respecte l'engagement d'AAC de fournir les renseignements requis pour la préparation des rapports devant être présentés au gouvernement du Canada, conformément à la Stratégie fédérale de développement durable, à l'Organisation de coopération et de développement économiques et à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Le projet s'appuie sur les réalisations antérieures d'AAC dans le cadre du Programme national d'analyse et de rapport en matière de santé agroenvironnementale et du Système national de comptabilisation et de vérification des quantités de carbone et des émissions de gaz à effet de serre. En outre, il soutient les améliorations visant à accroître la précision et l'applicabilité d'une série de mesures prioritaires dans les domaines de la qualité des sols, de la qualité et de la quantité de l'eau, de la qualité de l'air et de la biodiversité, que requièrent généralement divers programmes nationaux et internationaux pour évaluer la durabilité environnementale de l'agriculture.

Seuls les scientifiques d'AAC à l'interne peuvent recevoir du financement de projet dans le cadre du volet A. D'autres organismes, tels que des universités et des particuliers, peuvent participer à des activités en tant que collaborateurs. Le financement de programmes dans le cadre du volet A est distribué au moyen d'un processus de demandes de projet annuel, à l'exception des projets touchant les paramètres de durabilité. Des scientifiques d'AAC ont été invités à participer à la fois au volet A, à la composante de transfert des connaissances et de technologie du volet B et au financement à même les crédits votés. Le processus de demande comporte trois étapes : les priorités sont déterminées durant l'été, des lettres d'intention sont généralement envoyées à l'automne et, à l'hiver, des propositions détaillées sont sollicitées. Les décisions finales de financement sont prises en mars. Seuls les candidats sélectionnés sont invités à préparer une proposition détaillée. Les demandes sont évaluées par divers examinateurs internes et externes (entre autres les directeurs de Recherche, développement et transfert technologique (RDT), de la Direction générale des services à l'industrie et aux marchés, de la Direction générale des politiques stratégiques, de la Direction générale des programmes, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et des examinateurs scientifiques externes).

Les lettres d'intention et les propositions détaillées sont évaluées en fonction de divers critères, comme la mesure dans laquelle les activités du projet permettent à AAC de jouer un rôle approprié, ainsi que la mesure dans laquelle ces activités sont harmonisées avec les priorités du Ministère, s'appuient sur des synergies, sont susceptibles d'avoir des incidences importantes pour le secteur, ouvriront de nouvelles voies de recherche et aboutiront à de nouvelles technologies. Les projets sont normalement financés pour une période d'un à trois ans. Dans des cas exceptionnels, les projets peuvent être financés pour une durée de plus de trois ans.

La DGST a développé un système d'information appelée Solution intégrée de gestion des sciences (SIGS) pour soutenir la gestion des projets scientifiques et améliorer la transparence, la responsabilisation et la visibilité de la science. Lancé en 2013-2014, ce système recueille l'information sur les projets à partir des propositions initiales, des décisions d'approbation des projets et des résultats des projets, une fois par année. Il permet également de saisir les données sur la manière dont chaque projet soutient la réalisation des objectifs stratégiques associés à la stratégie scientifique sectorielle. On y trouve en outre 75 types d'extrants provenant des projets de recherche, tels que les publications scientifiques, les technologies, les licences, les noms des collaborateurs et les pratiques de gestion bénéfiques. L'information recueillie sert à élaborer les rapports annuels des programmes et des secteurs, à suivre les progrès réalisés vers l'atteinte des objectifs et à établir les priorités pour les nouveaux appels de propositions.

2.3 Ressources du programme

Le tableau suivant montre que le budget total pour les activités du volet A est d'environ 150 millions de dollars sur une période de cinq ans, un tiers du budget étant consacré aux salaires et deux tiers, aux fonds de fonctionnement non salariaux. Le projet des paramètres de la durabilité est un projet d'une valeur de 4,4 millions de dollars (880 000 $ par année) au sein de la composante PSTD.

Tableau 1 : Volet A – Recherche accélérant l'innovation Dépenses prévues (en millions $)
Budget 2013-2014 2014-2015 2015-2016 2016-2017 2017-2018 Totaux
Salaires 9,98 $ 9,98 $ 9,98 $ 9,98 $ 9,98 $ 49,90 $
Dépenses non salariales 20,82 $ 20,64 $ 20,74 $ 20,25 $ 17,73 $ 100,19 $
Totaux 30,80 $ 30,62 $ 30,72 $ 30,23 $ 27,71 $ 150,08 $
Source : DGST d'AAC : Direction de la planification intégrée et établissement de rapports, Direction des partenariats et de la planification, exclut les services internes, le Régime d'avantages sociaux des employés (RASE) et les frais d'hébergement.

3.0 Méthode d'évaluation

3.1 Portée de l'évaluation

L'évaluation comprend une évaluation complète de la pertinence et du rendement du volet A, conformément à la Directive sur la fonction d'évaluation (2009) du Conseil du Trésor. L'évaluation porte sur la période s'échelonnant du 1er avril 2013 au 31 mars 2016.

Les éléments de preuve suivants ont été utilisés pour répondre aux questions de l'évaluation :

  1. Examen des documents, des dossiers et des données opérationnelles
    Un examen approfondi des documents internes et externes a été entrepris pour recueillir des renseignements sur la pertinence, la conception et l'exécution du Programme, ainsi que sur les activités, les extrants et les résultats. La méthode utilisée inclut un examen des données et des documents internes, y compris les données administratives des bases de données de la SIGS, des fichiers du Programme tels que les lignes directrices pour les lettres d'intention et les propositions, ainsi que des documents ministériels tels que le Plan de la Direction générale des sciences et de la technologie et les stratégies scientifiques sectorielles. Parmi les documents externes examinés, mentionnons les discours du Trône du gouvernement fédéral et la lettre de mandat du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire.
  2. Analyse comparative
    Une analyse comparative de programmes similaires au Canada (par exemple d'autres programmes gouvernementaux fédéraux et provinciaux) et dans d'autres pays, y compris les États-Unis, l'Europe, le Royaume-Uni, la France, l'Australie, le Brésil et la Chine, a été effectuée. L'analyse visait à examiner l'efficacité et la rentabilité de l'exécution des activités de programme du volet A, ainsi qu'à cerner d'autres mécanismes d'exécution, les pratiques prometteuses et les leçons apprises.
  3. Entrevues
    Dans l'ensemble, 48 entrevues ont été réalisées entre mars et juin 2016 en vue d'obtenir des commentaires sur la pertinence et le rendement des activités de programme du volet A. Parmi les répondants, mentionnons les intervenants suivants : collaborateurs et participants aux projets (organismes du gouvernement fédéral, universités et entreprises privées) (6), promoteurs d'un projet dans le cadre du volet A (chercheurs scientifiques d'AAC et responsables RDT) (37), et cadres supérieurs d'AAC (administrateurs et autres cadres supérieurs) (5).
  4. Études de cas
    Des études de cas de dix projets du volet A ont été réalisées afin d'obtenir des détails sur les incidences et les besoins des projets, les facteurs clés qui ont contribué à la réussite des projets, ou qui ont limité leur portée, et les points de vue sur la conception et l'exécution du Programme. Les projets ont été sélectionnés de manière à représenter un éventail de sous-programmes, de secteurs scientifiques et de principaux emplacements, entre autres facteurs. La collecte des données relatives à ces études de cas a eu lieu entre mars et mai 2016, et comprenait des entrevues avec des responsables de projet et des participants à ces derniers (par téléphone ou en personne lors de visites sur place), et un examen des bases de données et des documents de projet pertinents.
  5. Visites des lieux
    Des visites des lieux ont été effectuées dans six centres de recherche et de développement d'AAC, y compris les centres de Summerland, d'Agassiz, de Harrow, de London, de Saint-Hyacinthe et de Lethbridge, entre mars et mai 2016. Ces centres ont été sélectionnés de manière à représenter une combinaison de régions, de secteurs et de domaines d'expertise scientifique, entre autres critères. Les visites des lieux avaient pour but d'obtenir des renseignements sur les activités de recherche entreprises dans chaque centre de recherche, tout en mettant l'accent sur les activités de recherche liées au volet A. Lors de chaque visite sur place, des discussions avaient lieu avec le personnel de la haute direction, et elles étaient suivies d'entrevues collectives ou individuelles avec des scientifiques. Une visite des installations était aussi organisée. Des entrevues ont été menées avec 44 représentants au cours des visites sur place, dont 30 scientifiques d'AAC dirigeant des projets du volet A, 8 cadres supérieurs d'AAC et 6 étudiants, chercheurs postdoctoraux et techniciens.

3.2 Limites de l'évaluation

La principale limite de cette évaluation est la nature même du Programme et le moment de l'évaluation. Il faut de nombreuses années pour que les projets de recherche qui sont loin du stade de la mise en marché génèrent les répercussions escomptées. Dans le cadre de notre examen des activités scientifiques liées au volet A, nous n'avons étudié que les activités menées au cours des trois dernières années; il ne faut donc pas s'attendre à ce qu'elles aient entraîné d'importantes répercussions durant cette courte période. Pour atténuer ce problème, l'évaluation a porté principalement sur les répercussions immédiates du Programme et a examiné la manière dont les activités scientifiques d'AAC avaient évolué sur une plus grande période.

4.0 Constatations de l'évaluation

4.1 Pertinence

4.1.1 Besoin continu du Programme

L'évaluation a révélé qu'il existe un besoin permanent de poursuivre la recherche fondamentale dont les résultats aident le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire à suivre le rythme des avancées en matière de durabilité, à optimiser la productivité, à cerner et à atténuer divers risques liés à la production, et à saisir les débouchés du marché.

La recherche scientifique à long terme est l'un des principaux moteurs de l'innovation en matière de produits et de procédés nécessaires pour répondre aux besoins de compétitivité et de rentabilité du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Les études suggèrent que la recherche à long terme peut engendrer certains des rendements les plus élevés des investissements publicsNote de bas de page 6, et les groupes de producteurs qui ont participé aux consultations de Cultivons l'avenir 2 ont reconnu que l'investissement dans la recherche et le développement est la clé du succès du secteur.Note de bas de page 7 À long terme, les projets de recherche qui sont loin du stade de la mise en marché sont essentiels pour comprendre les mécanismes causaux qui sous-tendent les menaces qui pèsent sur les systèmes de production et de distribution des aliments au Canada. De plus, cela permet d'élaborer des stratégies et des pratiques pour détecter, surveiller et contrôler les dangers dans la chaîne alimentaire, ainsi que les attributs nutritifs et bénéfiques pour la santé des produits agricoles. Il faut parfois plusieurs années (10 ans ou plus) pour mettre au point de nouvelles innovations, telles que des variétés de cultures résistantes aux maladies ou des pratiques de gestion qui optimisent la productivité des sols et minimisent les répercussions négatives sur l'environnement. Les progrès accomplis dans la recherche fondamentale constituent donc un fondement essentiel pour des projets d'adoption et de commercialisation plus ciblés.

Il existe un besoin permanent de poursuivre la recherche scientifique en vue de s'attaquer aux problèmes de durabilité et de productivité qui influent sur le secteur, si l'on veut exploiter de nouvelles possibilités sur le marché, comme celles engendrées par la demande des consommateurs pour une production durable, et gérer les risques tels que l'augmentation des exigences gouvernementales et non gouvernementales en matière de qualité de l'eauNote de bas de page 8 et d'émissions de gaz à effet de serre (GES)Note de bas de page 9. Le secteur de l'agriculture produit un volume élevé d'émissions par rapport à d'autres secteurs; en 2013, le secteur était responsable de 10 % des émissions nationales de GESNote de bas de page 10. La recherche dans des domaines qui permettent de réduire les déchets environnementaux a également tendance à accroître la productivité, en optimisant l'utilisation d'intrants comme les fertilisants pour les cultures et les aliments pour le bétail. De telles améliorations de la productivité sont nécessaires si l'on veut que les producteurs demeurent compétitifs à l'échelle internationale, étant donné qu'environ 58 % de la valeur de la production agricole primaire au Canada est exportée, et que les producteurs sont confrontés à une augmentation substantielle des prix des intrants, les coûts de production ayant augmenté de plus de 47 % par rapport à la période de 2004 à 2014Note de bas de page 11.

À la troisième année du programme quinquennal, le volet A a dépensé 59,3 millions de dollars pour financer 159 projets de recherche et d'innovationNote de bas de page 12, qui visent à mettre au point des solutions aux menaces émergentes et des stratégies pour améliorer la durabilité des systèmes de production, entre autres domaines. La plupart des projets examinés sont terminés (82 %), la majorité ayant été entrepris en 2013-2014 et ayant pris fin en 2015-2016. En mars 2016, 120 nouveaux projets ont été approuvés, et en sont maintenant dans leur première année de financement et d'activité.

Comme le montre le tableau suivant, 55 % de l'ensemble du financement de projet à ce jour a été consacré à des projets ciblant la composante Cultures, bétail et alimentsNote de bas de page 13, tandis que le reste du financement (45 %) a été consacré à la composante Progrès scientifiques et technologiques durables. La plus grande partie du financement du volet A a été attribuée à des projets du portefeuille Résilience agroenvironnementale.

Tableau 2a : Volet A : Recherche accélérant l'innovation Projets et fonds engagés au 31 mars 2016
Composantes du Programme du volet A Nombre de projets (#) Nombre de projets (%) Budget ($) Budget (%)
Cultures, bétail et aliments 94 59 % 32,572,408 $ 55 %
Progrès scientifiques et technologiques durables 65 41 % 26,766,679 $ 45 %
Totaux 159 100 % 59,339,087 $ 100 %
Source : Renseignements sur les coûts prévus des projets de la DGST, données extraites le 18 avril 2016. Comprend Un projet du volet A qui a reçu un financement additionnel de 320 000 $ de 2011-2012 à 2012-2013
Tableau 2b : Volet A : Recherche accélérant l'innovation Projets et fonds engagés au 31 mars 2016
Portefeuille principal Nombre de projets (#) Nombre de projets (%) Budget ($) Budget (%)
Résilience agroenvironnementale 63 40 % 29,013,222 $ 49 %
Horticulture 17 11 % 6,181,605 $ 10 %
Céréales et légumineuses 17 11 % 6,135,088 $ 10 %
Agroalimentaire 26 16 % 5,358,307 $ 9 %
Produits laitiers, porc, volaille et autre bétail 11 7 % 4,811,061 $ 8 %
Oléagineux 9 6 % 3,272,150 $ 6 %
Bœuf et fourrage 9 6 % 2,932,704 $ 5 %
Bioproduits 3 2 % 852,700 $ 1 %
Biodiversité et bioressources 4 3 % 782,250 $ 1 %
Totaux 159 100 % 59,339,087 $ 100 %
Source : Renseignements sur les coûts prévus des projets de la DGST, données extraites le 18 avril 2016. Comprend un projet du volet A qui a reçu un financement additionnel de 320 000 $ de 2011-2012 à 2012-2013.

La plupart des collaborateurs, des promoteurs de projets et des cadres supérieurs interrogés ont déclaré que les projets du volet A répondaient aux besoins principaux du secteur en matière de recherche et d'innovationNote de bas de page 14. Les personnes interrogées ont expliqué que les besoins les plus urgents auxquels est confronté le secteur en matière de recherche et d'innovation comprennent (dans l'ordre de fréquence mentionné) : la recherche scientifique à long terme, la recherche liée à l'environnement et aux changements climatiques, ainsi que la recherche portant sur les menaces pour la production agricole et agroalimentaire.

4.1.2 Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral et les résultats stratégiques d'Agriculture et Agroalimentaire Canada

Les objectifs du volet A sont bien harmonisés avec les priorités du gouvernement fédéral et les résultats stratégiques d'AAC, notamment en ce qui concerne l'appui aux sciences et à l'innovation agricoles et l'importance de l'environnement en tant qu'acteur d'une économie canadienne vigoureuse. La Lettre de mandat du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire du Canada souligne la détermination du gouvernement à « investir dans la recherche en agriculture pour stimuler les découvertes scientifiques et l'innovation dans ce secteur »Note de bas de page 15,Note de bas de page 16, et le budget de 2016 du gouvernement fédéral consacre plus de 70 millions de dollars en investissements prévus dans les sciences agricoles, y compris la recherche et l'infrastructureNote de bas de page 17. Les objectifs et les activités du volet A sont également bien harmonisés avec le résultat stratégique 2 d'AAC : Un secteur innovateur et durable de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels, en particulier pour ce qui est d'« acquérir de nouvelles connaissances, de favoriser l'innovation et d'accroître l'adoption et la commercialisation des produits, pratiques ou procédés agricoles, agroalimentaires et agro-industrielsNote de bas de page 18. »

4.1.3 Harmonisation avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral

Mandatée par la législation fédérale en vertu de la Loi sur les stations agronomiques (1985)Note de bas de page 19, la DGST joue un rôle fédéral important dans la recherche à long terme, en ayant recours à une approche appliquée, ce qui est peu susceptible d'être entrepris ou financé par d'autres organisations. Le gouvernement fédéral doit jouer un rôle dans la recherche pour le bien public, et a la capacité de mener des activités de recherche et de développement agricoles de base, comme la recherche sur la durabilité environnementale. AAC, en particulier, a l'avantage unique de pouvoir effectuer des analyses dans différentes zones écologiques grâce à son réseau national de centres de recherche.

Le volet A est dirigé par la DGST et semble compléter d'autres activités de recherche et d'innovation agricoles menées ou financées par AAC et d'autres organismes fédéraux et provinciaux, ainsi que par des organismes universitaires, privés et à but non lucratif. Les processus de sélection des projets pour le volet A comprennent une évaluation, dont le but est d'éviter le chevauchement ou le recoupement avec d'autres sources de recherche et de soutien à l'innovation. La haute direction effectue une analyse du cadre des investissements afin d'examiner les activités continues de recherche d'AAC ainsi que le soutien financier d'autres sources, comme le financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada destiné aux scientifiques universitaires. De plus, le Programme prend en considération certains critères, tels que l'excellence scientifique, le fait que le projet offre à AAC un rôle approprié à jouer, et si l'industrie doit y contribuer. La plupart des promoteurs de projets interrogés ont indiqué qu'il était improbable que leur projet ait vu le jour sans l'aide d'AAC.

Les organisations non gouvernementales ont tendance à se concentrer sur la recherche fondamentale pour trouver de nouvelles théories ou sur des travaux qui peuvent être commercialisés. Par exemple, certains scientifiques universitaires ont tendance à se concentrer sur des découvertes théoriques sans qu'il y ait un objectif évident d'application sur les marchés. Par ailleurs, les organismes du secteur privé sont enclins à se concentrer sur la recherche appliquée pouvant générer des rendements plus rapides.

Même si les programmes de recherche des gouvernements provinciaux portent souvent sur des sujets similaires à ceux des recherches d'AAC, leurs capacités en matière de recherche agricole varient, car certaines provinces consacrent une part importante de leurs ressources aux services de vulgarisation et de commercialisation. Dans l'ensemble, les provinces ont une moins grande capacité que le gouvernement fédéral à financer la recherche agricole et une capacité encore moins élevée à la mener, puisque la plupart des fonds sont généralement attribués aux universités. La part du gouvernement fédéral dans le total des dépenses publiques en matière de recherche agricole au Canada a toujours été plus importante que celle des gouvernements provinciaux, atteignant en moyenne 69,4 % (à l'échelle fédérale) et 30,6 % (à l'échelle provinciale), entre 1985-1986 et 2015‑2016Note de bas de page 20. De plus, AAC compte 20 centres de recherche et de développement, des sous-stations et d'autres bureaux répartis dans l'ensemble du Canada, ainsi qu'une vaste expertise développée et maintenue dans le cadre de programmes distincts, comme le cadre scientifique et collaboratif d'AAC. En résumé, bien qu'il soit clair que de nombreux intervenants participent aux activités de recherche agricole, AAC a un rôle important à jouer dans la prestation du type de recherche financé dans le cadre du volet A.

4.2 Rendement – efficacité

La section suivante examine le rendement du volet A en fonction de la mesure dans laquelle le volet A a atteint les extrants et les résultats escomptés.

4.2.1 Résultats escomptés

L'évaluation a révélé qu'au 31 mars 2016, le volet A a généré les résultats prévus. Le Programme a déjà généré près de 151 publications à comité de lecture (soumises et/ou publiées) pour la composante PSTD et 127 pour la composante CBANote de bas de page 21. Cela dépasse l'objectif qui était de 54 publications, d'ici le 31 mars 2018, pour la composante PSTD et de 89 publications, d'ici le 31 mars 2018, pour la composante CBA (tableau 3).

Tableau 3 : Atteinte des résultats du volet A
Sujet du résultat du Programme Indicateur Cible Date limite d'atteinte de la cible Résultats atteints au 31 mars 2016
Relever les défis liés à la durabilité environnementale (PSTD) Nombre de publications à comité de lecture soumises et/ou publiées 54 31 mars 2018 151
Nouveaux produits, procédés et technologies pertinents pour améliorer la productivité et la compétitivité du secteur, minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments (CBA) Nombre de publications à comité de lecture soumises et/ou publiées 89 31 mars 2018 127
Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A et base de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

Le tableau 4 résume les différents types de publications scientifiques découlant des projets du volet A. Outre les articles et les documents de travail à comité de lecture publiés dans les revues scientifiques, les autres types de publications scientifiques générées le plus souvent sont les comptes rendus et les résumés de conférences, les affiches, les documents de présentation et les chapitres de livres.

Tableau 4 : Publications scientifiques découlant des projets du volet ANote de bas de page 22
Découlant des projets du volet A PSTD CBA Totaux
Article et documents de travail 151 127 278
Comptes rendus de conférences 75 68 143
Résumés de conférences 22 21 43
Affiches de conférences 22 23 45
Documents de présentation 17 22 39
Chapitres de livres 16 10 26
Rapports 5 5 10
Totaux 308 276 584
Source : Bases de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

4.2.2 Résultats immédiats

Innovations découlant des projets de la composante Cultures, bétail et aliments

Au 31 mars 2016, les projets du volet A ont donné lieu à environ 37 innovationsNote de bas de page 23 liées au nombre de nouveaux produits, procédés et technologies mis au point en vue de minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et d'optimiser l'efficacité de l'élevage ainsi que la salubrité des aliments. Il s'agit là de près des trois quarts de l'objectif, soit de 51 innovations d'ici le 31 mars 2018.

Tableau 5 : Atteinte des résultats immédiats liés à la composante Cultures, bétail et aliments
Résultat du Programme Indicateur Cible Date limite d'atteinte de la cible Résultats obtenus au 31 mars 2016
De nouveaux produits, procédés et technologies pouvant améliorer la productivité et la compétitivité du secteur, minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments sont prêts à être transférés au secteur. Nombre de nouveaux produits, procédés et technologies. 51 31 mars 2018 37
Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A et base de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

Des exemples d'innovations découlant des projets de la composante Cultures, bétail et aliments sont fournis au tableau 6. Plus d'un tiers des innovations (16 sur 37) sont liées au séquençage génétique et aux variétés des semences.

Tableau 6 : Innovations déclarées découlant des projets de la composante Cultures, bétail et aliments
Type d'innovation # Exemples
Matériel génétique 16
  • 600 nouvelles séquences de nucléotides de bactéries symbiotiques importantes pour l'agriculture ont été ajoutées aux bases de données publiques
  • 2 000 nouvelles lignées haploïdes fondées sur six croisements de triticale d'hiver ciblés
  • 470 séquences du blé et de l'herbe de blé appartenant à des gènes exprimés associés à la floraison dans les graminées vivaces
  • Nouvelle variété de blé résistant à la rouille de la tige du blé
  • Deux séquences génomiques de Fusarium avenaceum déposées dans la base de données GenBank du National Center for Biotechnology Iinformation (Centre américain pour les informations biotechnologiques), soit dans la base de données du séquençage aléatoire du génome complet
Processus, systèmes ou méthodes 11
  • Une nouvelle stratégie pour la détection de la mouche de la pomme a été élaborée en utilisant des systèmes d'information géographique et les connaissances écologiques de l'insecte ciblé; ce résultat a été transféré à l'Agence canadienne d'inspection des aliments
  • De l'ergot en pépinière a été cultivé à Lacombe, la première pépinière de ce genre pour le triticale au Canada
Dessins 3
  • Adaptation de l'approche de génotypage par séquençage pour aider à lutter contre la maladie de Johne, une maladie chronique qui affaiblit les ruminants
Brevets 2
  • Brevet obtenu dans le cadre d'un projet visant à réduire les risques que posent à la sécurité alimentaire les mycotoxines naturelles inévitables au Canada grâce à la mise au point d'additifs alimentaires dans la production de bétail
Outils logiciels 1
  • Suite logicielle Matlab de B. Panneton pour la modélisation du transport de particules dans la couche superficielle de l'atmosphère
Pratiques de gestion bénéfiques (PGB) nouvelles ou adaptées 1
  • Démonstration in vitro (culture de tissu hépatique) pour montrer que l'entérolactone peut protéger les cellules hépatiques contre le stress oxydatif chez les vaches laitières
Autres 3
  • Nouvel appât à base de jus pour surveiller les femelles de la sésie du pommier
  • Système d'encapsulation pour la protection des bactéries probiotiques thermosensibles
Total 37 n/a

Source : Bases de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.
n/a = non applicable

La plupart des collaborateurs, des promoteurs de projets et des cadres supérieurs interrogés ont estimé que les projets du volet A avaient réussi à mettre au point de nouveaux produits, procédés et technologies afin de minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et d'optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments. Cependant, plusieurs représentants ont expliqué qu'il leur fallait plus de temps pour commercialiser les innovations et appliquer les résultats de la recherche de manière à générer des avantages pour le secteur agricole et agroalimentaire.

Les études de cas et les visites des lieux ont permis de prouver que les projets de la composante CBA ont contribué au développement de nouveaux produits, procédés et technologies dans le but de minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et d'optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments. L'encadré suivant met en valeur plusieurs exemples importants.

Encadré 1 Exemples d'études de cas des incidences des projets de la composante Cultures, bétail et aliments
  • Améliorer la productivité et la compétitivité du secteur – Principales découvertes dans le domaine de la génétique des cultures qui pourraient générer des économies significatives dans les coûts des intrants et une amélioration de la performance environnementale de la production agricole
    • Développer le caractère vivace du blé
      • Justification : Les cultures vivaces, telles que l'herbe de blé, présentent des avantages financiers, comme les économies liées aux coûts des intrants (car il ne faut semer que tous les trois ans) et des avantages environnementaux (par exemple l'humidité répartie sur toute l'année, la séquestration du carbone, l'utilisation accrue de nutriments, le contrôle des mauvaises herbes, etc.). Cependant, la plupart des cultures céréalières sont annuelles, et les éleveurs n'ont pas réussi à développer des variétés de céréales vivaces efficaces, même après des décennies d'efforts.
      • Réalisation : Le projet a abouti à plusieurs découvertes, comme les similitudes entre le blé et l'herbe de blé pour ce qui est du séquençage des gènes (similitude de 90 à 99 %), ce qui a entraîné une augmentation des collaborations avec des partenaires américains.
    • Fixer l'azote dans les cultures céréalières
      • Justification : La production agricole commerciale est très dépendante de l'application de fertilisants chimiques; ces fertilisants coûtent cher aux agriculteurs et entraînent des risques importants pour l'environnement. Certaines plantes, telles que les légumineuses, peuvent accéder aux nutriments qui sont produits naturellement dans l'atmosphère grâce à un procédé appelé fixation de l'azote. Toutefois, la plupart des cultures agricoles ne possèdent pas cette capacité.
      • Réalisation : Un projet a été mené pour mieux comprendre les propriétés génétiques des plantes capables de fixer l'azote, afin d'améliorer l'utilisation des éléments nutritifs des cultures dans le but de pouvoir utiliser ce procédé dans les cultures céréalières à long terme. La recherche a abouti à des découvertes majeures, telles qu'une meilleure compréhension des gènes et des bactéries qui régissent les processus de fixation de l'azote.
  • Minimiser les risques de catastrophes pour les cultures
    • Développer une nouvelle variété de blé qui peut résister à un champignon émergent dont les conséquences économiques sont potentiellement dévastatrices pour les agriculteurs canadiens
      • Justification : La souche Ug99 est une souche de rouille de la tige du blé récemment détectée, qui s'est propagée rapidement dans toute l'Afrique de l'Est et jusqu'à l'Iran. Bien que la souche ne soit pas actuellement présente au Canada, elle peut être transportée par le vent; environ 80 % du blé canadien est prédisposé à une infection par la nouvelle souche.
      • Réalisation : Un projet national qui a permis le développement d'une nouvelle variété de blé à plus haut rendement et plus résistante à la souche Ug99 et à d'autres maladies. Le projet pourrait générer des avantages économiques pour le secteur, jusqu'à concurrence de 700 millions de dollars par année, grâce à la réduction des pertes et à l'utilisation réduite de fongicides, si la souche Ug99 devait apparaître au Canada.
    • Identification d'un virus de la fraise qui n'avait jamais été détecté auparavant dans le monde
      • Justification : Les producteurs de fraises de la Nouvelle-Écosse sont des fournisseurs majeurs de plants de pépinières pour les producteurs commerciaux au Canada et aux États-Unis. Les producteurs ont récemment été touchés par une maladie émergente qui a entraîné la destruction de centaines d'acres de fraisiers dans la région et dans certaines régions des États-Unis.
      • Réalisation : Un projet national a été lancé pour enquêter sur les causes et les effets de la maladie. Le projet a permis d'identifier un nouveau virus de la fraise et a généré des conclusions qui contribueront probablement à l'amélioration des protocoles de surveillance et d'atténuation.
  • Validation des bienfaits des aliments pour la santé
    • Améliorer la fonctionnalité d'une plateforme de digestion in vitro qui aide les transformateurs agroalimentaires et les scientifiques à valider les nutriments et les bienfaits des aliments pour la santé
      • Justification : Les producteurs agroalimentaires et les scientifiques ont besoin de mécanismes pour valider les produits alimentaires quant à leurs bienfaits pour la santé et leurs attributs fonctionnels (par exemple constater la manière dont les protéines et les probiotiques sont digérés).
      • Réalisation : Un projet a permis d'améliorer la fonctionnalité d'une plateforme de digestion in vitro, ce qui a aidé six entreprises à mettre à l'essai et à valider les attributs bénéfiques de leurs produits alimentaires pour la santé, et de soutenir les scientifiques d'AAC dans le cadre de 30 autres projets, par exemple liés à l'encapsulation.
  • Optimiser l'efficacité de la production du bétail et accroître la sécurité alimentaire – Mettre sur pied des stratégies qui minimisent les contaminants dangereux dans les systèmes de production alimentaire
    • Atténuer les risques pour la santé humaine en développant des solutions sans antibiotiques pour la production animale
      • Justification : La production de bétail s'est largement appuyée sur l'utilisation d'antibiotiques comme facteurs de croissance, ce qui a contribué à une augmentation des maladies résistantes aux antibiotiques (comme E. coli), qui peuvent avoir une incidence sur la santé humaine.
      • Réalisation : Un projet a été entrepris pour étudier des solutions de rechange biologiques aux antibiotiques. Le projet a permis de faire plusieurs découvertes, comme le fait que les antibiotiques utilisés en tant que facteurs de croissance dans l'alimentation animale fonctionnent en influant sur le système immunitaire des animaux.
    • Fournir aux organismes de réglementation et aux agriculteurs des stratégies pour minimiser les risques pour la santé humaine et réduire la prévalence des antibiotiques, des produits pharmaceutiques et des agents microbiens dans les systèmes alimentaires
      • Justification : Les contaminants tels que les produits pharmaceutiques, les agents pathogènes et les bactéries résistantes aux antibiotiques dans la production agricole posent de graves menaces pour la santé humaine, menaces liées à des maladies d'origine hydrique ou alimentaire.
      • Réalisation : Un projet national ayant pour but d'examiner ces questions a abouti à divers résultats, comme la validation de la sécurité de la gestion provinciale des boues d'épuration en Ontario et la détermination de PGB liées au drainage contrôlé, adoptées par les autorités de conservation de l'Ontario. L'équipe de recherche a reçu un prestigieux prix de la Water Environment Association of Ontario pour la gestion exemplaire des biosolides dans la catégorie des recherches importantesNote de bas de page 24.
Innovations liées à des projets de la composante Progrès scientifiques et technologiques durables

Au 31 mars 2016, les projets du volet A ont abouti à 15 innovations ou à environ 25 % du nombre ciblé d'innovations, soit 65 d'ici le 31 mars 2018, pour ce qui est des nouveaux outils de mesure de la durabilité, des pratiques de gestion bénéfiques et des outils liés à la composante Progrès scientifiques et technologiques durables du volet A (tableau 7)Note de bas de page 25.

Tableau 7 : Atteinte des résultats immédiats liés à la composante Progrès scientifiques et technologiques durables
Résultat du Programme Indicateur Cible Date limite d'atteinte de la cible Résultats obtenus au 31 mars 2016
De nouveaux outils de mesure de la durabilité sont mis à la disposition du secteur. Nombre de nouveaux outils de mesure de la durabilité (par exemple méthodes, modèles, algorithmes, coefficients) 30 31 mars 2018 5
De nouvelles pratiques de gestion bénéfiques et des outils de soutien à la prise de décision liés à la durabilité environnementale sont prêts à être transférés au secteur. Nombre de pratiques de gestion bénéfiques nouvelles ou adaptées 15 31 mars 2018 5
De nouvelles pratiques de gestion bénéfiques et des outils de soutien à la prise de décision liés à la durabilité environnementale sont prêts à être transférés au secteur. Nombre d'outils de soutien à la prise de décision nouveaux ou améliorés 20 31 mars 2018 4
De nouvelles pratiques de gestion bénéfiques et des outils de soutien à la prise de décision liés à la durabilité environnementale sont prêts à être transférés au secteur. Autres n/a 31 mars 2018 1

Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A et base de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.
n/a = non applicable

À l'instar des projets de la composante CBA, le nombre et les catégories des innovations dans la composante PSTD déclarés dans la base de données des programmes d'AAC sont dictés par la manière dont les promoteurs de projets interprètent et signalent les innovations résultant de leurs projets. L'évaluation a révélé qu'il existe des écarts dans la façon dont les promoteurs de projets classent leurs innovations. En outre, certains indicateurs, tels que le nombre de pratiques de gestion bénéfiques ou les outils d'aide à la prise de décision, ont été récemment ajoutés aux systèmes d'établissement de rapports. Le nombre d'innovations mentionné au tableau 7 pour chaque indicateur a été mis à jour en se fondant sur un examen des descriptions des résultats du projet afin de s'assurer qu'ils s'harmonisaient bien avec les résultats ciblés.

Comme l'indique le tableau 8, les types d'innovations résultant des projets PSTD comprennent de nouveaux outils de mesure de la durabilité, comme les méthodes de mesure des émissions de GES provenant de la production animale, des pratiques de gestion bénéfiques nouvelles ou adaptées qui optimisent l'utilisation des nutriments dans les cultures et des outils pour soutenir la prise de décision durable.

Tableau 8 : Innovations déclarées résultant des projets de la composante Progrès scientifiques et technologiques durables
Type d'innovation Nombre Exemples
Nouveaux outils de mesure de la durabilité 5
  • Méthode pour estimer les émissions de NH3 produites par les animaux domestiques applicables aux inventaires des émissions de GES et des polluants atmosphériques
  • Tableaux sur l'utilisation de fertilisants et le travail du sol, tirés de l'Enquête sur la gestion agroenvironnementale
  • Diverses bases de données sur les types de fermes, les sols et les systèmes (par exemple des cartes nationales à haute précision et à haute résolution sur l'utilisation des terres pour 1990, 2000 et 2010)
Des PGB nouvelles ou adaptées liées à la durabilité environne-mentale 5
  • L'éclaircissage des grappes en tant qu'outil pour hâter la maturation des grappes de raisins
  • L'interaction de l'irrigation et de la gestion des sols sur la productivité des cerises douces et la qualité des fruits à différentes charges de la récolte
  • Identification de porte-greffes des pommes Honeycrisp présentant des aptitudes supérieures et inférieures de translocation de nutriments clés vers les feuilles
  • Stratégies appropriées de gestion du sol du verger dans les vergers de pommes biologiques qui permettent d'augmenter la matière organique du sol et de maintenir le rendement des arbres
  • Méthode pour augmenter l'azote assimilable par levure de baies dans les grappes de raisins au moyen d'applications foliaires en fin de saison
Outils de soutien à la prise de décision concernant la durabilité environne-mentale 4
Autres 1
  • Genetic material: small subunit ribosomal RNA sequences (impact of land use on arbuscular mycorrhizal fungal communities)
Nombre total d'innovations 15 n/a

Source : Bases de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.
n/a = non applicable

La plupart des collaborateurs, des promoteurs de projets et des cadres supérieurs interrogés ont perçu que les projets du volet A avaient réussi à développer de nouvelles pratiques de gestion qui seraient bénéfiques pour la durabilité environnementale. Plusieurs représentants ont déclaré que des progrès considérables ont été accomplis dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la détermination des pratiques de gestion bénéfiques et des outils d'aide à la prise de décision, qui favorisent à la fois la durabilité environnementale et l'amélioration de la productivité agricole.

Les études de cas et les visites des lieux ont fourni des preuves supplémentaires selon lesquelles les projets de la composante PSTD ont contribué à la mise au point de nouveaux outils de mesure de la durabilité, de pratiques de gestion bénéfiques et d'outils d'aide à la prise de décision qui favorisent la durabilité environnementale. L'encadré suivant met en valeur plusieurs exemples importants.

Encadré 2 Exemples d'études de cas des incidences des projets de la composante Progrès scientifiques et technologiques durables
  • Outils de mesure de la durabilité nouveaux ou améliorés
    • Des mesures plus précises des incidences environnementales de la production agricole pour aider les agriculteurs et les organismes de réglementation à cerner les pratiques durables et à réduire les incidences néfastes
      • Justification : Les organismes de réglementation et les producteurs ont besoin d'indicateurs rigoureux pour mesurer les pertes de nutriments provenant de la production agricole, afin d'établir des pratiques qui optimisent l'utilisation des intrants et minimisent les déchets dans l'environnement.
      • Réalisation : Deux projets nationaux visaient à résoudre ce problème. L'un avait pour but d'améliorer, d'étalonner et de valider des outils pour évaluer le risque de pertes de phosphore, et l'autre visait à élaborer un indicateur complet de la libération d'azote réactif provenant de l'agriculture canadienne. Les projets ont permis d'améliorer les indicateurs des incidences environnementales de la production agricole pour les agriculteurs et les organismes de réglementation, afin d'élaborer des pratiques de gestion durable.
  • Pratiques de gestion bénéfiques nouvelles ou adaptées qui favorisent la durabilité environnementale
    • Élaborer des pratiques de gestion bénéfiques qui génèrent des gains économiques substantiels et réduisent les contaminants de l'environnement.
      • Justification : L'azote est un élément nutritif essentiel pour tous les systèmes intensifs de culture au Canada. Cependant, les pertes d'ammoniac par volatilisation et les émissions d'oxyde nitreux représentent d'importantes pertes économiques et contribuent à la contamination de l'environnement.
      • Réalisation : Un projet national a été entrepris pour développer des moyens de mesurer les pertes et les incidences de diverses stratégies de gestion sur les pertes d'azote et la productivité. Le projet a abouti à de nouvelles technologies de mesure des pertes d'azote, et a cerné des pratiques de gestion bénéfiques (PGB) qui amélioreront les rendements et la performance environnementale. Selon les résultats préliminaires des deux premières années, les PGB ont entraîné des gains économiques allant de 900 $ à 5 400 $ pour 100 acres, par rapport au traitement témoin, une réduction de 57 % à 97 % des pertes d'ammoniac et une réduction de 21 % des émissions d'oxyde nitreux.
    • Pratiques de travail du sol et d'épandage des fumiers qui maximisent la productivité et minimisent les incidences environnementales
      • Justification : Prévenir les pertes de nutriments provenant de la production agricole est une question qui revêt de plus en plus d'importance pour les organismes de réglementation.
      • Réalisation : Un projet national a été entrepris pour évaluer la vulnérabilité des terres à la perte de phosphore dans divers échantillons de sol et de fumier recueillis un peu partout au Canada. La recherche a abouti à des résultats clés concernant des pratiques de travail du sol et d'épandage des fumiers qui maximisent la productivité et minimisent les incidences environnementales dans différentes régions du Canada. Les résultats concernant les PGB efficaces qui permettent d'optimiser l'utilisation de nutriments dans des engrais frais et compostés ont été communiqués lors de plus de 50 événements différents en Amérique du Nord et à l'étranger, et publiés dans diverses publications de l'industrie.
    • Aider les agriculteurs à comprendre les coûts économiques et environnementaux à long terme et les avantages que l'on peut tirer des pratiques de gestion existantes
      • Justification : Des recherches ont été réalisées pour examiner la manière dont les pratiques agricoles actuelles, telles que la rotation des cultures, la gestion de la fertilité, l'élimination des résidus et le travail du sol, ont une incidence sur la durabilité et la productivité (par exemple la qualité du sol, la productivité, les coûts et avantages économiques, les maladies des plantes, les insectes et les GES).
      • Réalisation : Le projet a abouti à des résultats clés qui fourniront aux agriculteurs des preuves des incidences financières et environnementales, afin de les aider à déterminer les pratiques agricoles à adopter.
Diffusion des connaissances aux principaux intervenants

Le volet A a bien dépassé les objectifs fixés en matière de diffusion des connaissances. Au 31 mars 2016, les participants aux projets ont diffusé leurs connaissances en présentant 419 exposés lors de conférences ou d'autres événements, ce qui est considérablement plus élevé que l'objectif qui était de participer à 150 conférences, événements et réunions annuelles avant le 31 mars 2017. De même, au 31 mars 2016, le nombre de publications sur les transferts scientifiques et technologiques atteignait 771, ce qui est supérieur à l'objectif de 100 publications avant le 31 mars 2018Note de bas de page 26.

Tableau 9 : Atteinte des résultats immédiats liés à la diffusion des connaissances
Résultat du Programme Indicateur Cible Date limite d'atteinte de la cible Résultats obtenus au 31 mars 2016
Les connaissances relatives aux programmes sont diffusées aux intervenants Nombre de conférences, d'événements et de réunions annuelles auxquels on a participé 150 31 mars 2018 419 présentations de la CCSN lors de conférences ou d'activités
Les connaissances relatives aux programmes sont diffusées aux intervenants Nombre de transferts au personnel de la DGST chargé de la sensibilisation, à la collectivité scientifique ou à d'autres intervenants 100 31 mars 2018 53 publications sur le transfert de technologiesNote de bas de page 27 et 278 publications scientifiques à comité de lecture

Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A et base de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

L'information et l'expertise liées aux projets du volet A ont été diffusées au moyen de diverses activités de contribution en matière de connaissances et d'expertise, ce qui signifie le plus souvent des conférences, des événements et des réunions annuelles, comme l'illustre la figure 1.

Figure 1 : Types de contributions liées aux connaissances et à l'expertise découlant des projets du volet A
La description de cette image suit.
Source : Bases de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

Description de l'image ci-dessus

Le tableau suivant décrit la figure 1 comme suit :

Type Pourcentage
Conférencier/présentateur 41
Formation du personnel, des étudiants et des experts 9
Lecteur critique/examinateur de manuscrits 8
Agissant à titre d'autorité technique/d'expert 7
Évaluation de propositions de subvention 5
Professeur adjoint/enseignant 5
Entrevues avec les médias 5
Membre/dirigeant d'un ordre professionnel 5
Président de conférence/expert 3
Autre 12

La plupart des collaborateurs, des promoteurs de projets et des cadres supérieurs étaient d'avis que les projets du volet A avaient réussi à diffuser aux représentants du secteur et à d'autres intervenants l'information et les connaissances développées ou obtenues grâce aux projets, ainsi qu'à faire progresser les connaissances dans la communauté scientifique. Certains projets ont obtenu une reconnaissance importante. Par exemple, un projet visant à étudier la résistance du soja au pourridié des racines au niveau de son matériel génétique a fait la manchette d'une publication scientifique majeure, soit The Plant Journal. Quelques cadres supérieurs d'AAC ont indiqué qu'on pourrait faire davantage pour diffuser l'information à un public plus vaste en utilisant des plateformes sur le Web.

4.2.3 Résultats intermédiaires et finaux

Comme l'indique le tableau 10, l'indicateur de mesure du rendement Augmentation de la valeur ajoutée nette de l'agriculture a été utilisé dans le cadre du résultat intermédiaire du volet A, soit « Un secteur agricole et agroalimentaire qui utilise les sciences pour améliorer ou transformer des produits de base en de nouveaux produits à valeur ajoutée ». Les données sur le rendement indiquent que le volet A semble avoir atteint le résultat intermédiaire puisque la valeur ajoutée netteNote de bas de page 28 en agriculture était de 14,9 milliards de dollars en 2014, soit 2,6 milliards de dollars de plus que l'objectif de 12,3 milliards de dollars avant le 31 mars 2018. Cependant, ce changement n'est probablement pas attribuable aux activités de recherche menées dans le cadre du volet A, car, au moment où les données ont été recueillies, ces activités n'avaient été entreprises qu'un an plus tôt. De plus, il existe d'autres facteurs qui contribuent à l'augmentation de la valeur ajoutée nette en agriculture, outre les projets du volet A, tels que d'autres activités menées par AAC, les gouvernements provinciaux, les organisations à but non lucratif et le secteur privé, ainsi que les événements hors du contrôle du Programme (par exemple l'établissement des prix des produits de base et les coûts des intrants). Il est difficile de déterminer dans quelle mesure l'augmentation de la valeur ajoutée nette en agriculture découle des projets liés au volet A.

Tableau 10 : Atteinte des résultats intermédiaire et final dans le cadre du volet A
Résultats du Programme Indicateur Cible Date limite d'atteinte de la cible Données de Statistique Canada, 2014
Résultat intermédiaire Un secteur agricole et agroalimentaire qui utilise les sciences pour améliorer ou transformer des produits de base en de nouvelles possibilités à valeur ajoutée Augmentation de la valeur ajoutée nette en agriculture 12,3 milliards de dollars 31 mars 2018 14,9 milliards de dollars (2014)
Résultat final Un secteur innovateur de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels Dépenses totales en R-D engagées par les entreprises de transformation des aliments 172,7 millions de dollars 31 mars 2018 125,9 millions de dollars (2014)

Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A et Statistique Canada.

Comme l'indique le tableau 10, l'indicateur de mesure du rendement pour le total des « dépenses en R et D des entreprises du secteur de la transformation des aliments » a été utilisé pour établir le résultat final du volet A, soit Un secteur innovateur de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels. Bien que les dépenses totales en R et D des entreprises du secteur de la transformation des aliments aient permis d'atteindre 125,9 milliards de dollars en 2014 par rapport à l'objectif de 172,7 milliards de dollars d'ici le 31 mars 2018, il est difficile d'attribuer ces modifications au Programme. Tout comme dans le cas de l'indicateur de mesure du rendement pour le résultat intermédiaire, il y a des limites à cet indicateur, car il existe de nombreux autres facteurs qui contribuent à une augmentation des dépenses totales en R et D des entreprises du secteur de la transformation des aliments. Ces facteurs englobent d'autres activités menées par AAC, et par des organismes distincts, ainsi que des événements hors du contrôle du Programme (par exemple les marchés mondiaux, la rentabilité des fabricants de produits alimentaires et le climat d'investissement).

4.2.4 Avantages supplémentaires et débouchés

Les projets menés dans le cadre du volet A ont généré un certain nombre d'avantages supplémentaires positifs, tels que les retombées des projets de recherche subséquents et la capacité scientifique accrue des étudiants et des nouveaux scientifiques.

Plusieurs projets ont donné lieu à d'autres possibilités de collaboration et à d'autres recherches. Selon les rapports des projets, 30 projets se sont traduits par 71 subventions de recherche de suivi, récompenses, distinctions ou prix au moment de la conduite de la présente évaluation. La plupart des projets examinés dans le cadre des études de cas ont abouti (ou aboutiront probablement) à des projets de suivi ou à des investissements, tels que les investissements effectués par AAC et des intervenants clés de l'industrie, ainsi que de nouveaux domaines d'étude ou de collaboration. Par exemple, un projet dont le but était d'élaborer des stratégies visant à réduire les pertes d'azote a généré un intérêt considérable et a mené à l'élaboration d'un projet agroscientifique géré dans le cadre du volet B du PAI et financé par Fertilisants Canada.

Les projets du volet A, grâce aux projets et aux budgets de recherche, ont également contribué à renforcer les capacités scientifiques existantes et futures et à former du personnel hautement qualifié. Les projets du volet A permettent d'embaucher et de soutenir des boursiers postdoctoraux et des étudiants dans les stages qui ont lieu dans les centres de recherche d'AAC. Ce soutien et ce développement permettent à AAC de maintenir en poste ses employés et de renforcer sa capacité de recrutement de futurs employés. Les domaines d'intérêt de ces étudiants peuvent varier, allant des sciences de l'environnement et de la géographie à l'ingénierie. Les boursiers postdoctoraux et les étudiants acquerront des compétences, comme sur la façon d'effectuer des recherches scientifiques (par exemple la conception d'un projet et le contrôle de la qualité, la patience et la créativité), de même que de l'expérience de travail dans un laboratoire professionnel.

4.3 Rendement – efficience et économie

4.3.1 Efficacité de la conception et de l'exécution du volet A

L'évaluation a révélé que de nombreux aspects de la conception du volet A ont facilité la bonne exécution des projets, alors que certains facteurs l'ont ralentie.

Facteurs qui ont contribué à la conception et à l'exécution efficaces des programmes

Plusieurs éléments de preuve montrent que les principaux facteurs qui ont contribué à l'exécution efficace des projets du volet A comprennent les activités scientifiques complémentaires, le processus de sélection des projets, les équipes de recherche concertée possédant de multiples domaines d'expertise, l'infrastructure, l'équipement et l'assistance technique soutenus par d'autres programmes de la DGST, de même que des activités facilitant le transfert des connaissances et l'adoption d'innovations.

Activités et infrastructures scientifiques complémentaires

Les projets du volet A ont tiré avantage d'activités scientifiques complémentaires et des infrastructures soutenues par d'autres investissements de la DGST. Par exemple, plusieurs projets du volet A ont misé sur les résultats de projets antérieurs. Les projets ont tiré profit du personnel scientifique et des infrastructures d'AAC, dont près de 400 scientifiques possédant une expertise dans 19 disciplines des sciences agricolesNote de bas de page 29 et 20 centres de recherche dans de multiples écozones d'un bout à l'autre du Canada. C'est grâce à cette infrastructure que les scientifiques ont accès à des installations et à des équipements de qualité supérieure, comme le laboratoire de pathologie végétale de niveau 3, de l'équipement pour le séquençage génétique à la fine pointe de la technologie et des parcelles cultivées à long terme affichant les données sur les incidences des divers traitements et nutriments au fil du temps. La disponibilité des techniciens chevronnés et hautement qualifiés d'AAC a contribué à la réussite des projets du volet A, et constitue un avantage unique par rapport au niveau de soutien offert aux scientifiques universitaires.

Processus de sélection de projets

La conception et l'exécution du programme du volet A favorisent la responsabilisation et orientent les ressources vers les domaines où les besoins sont les plus grands et où les projets sont les plus susceptibles de générer des incidences importantes. Par exemple, le processus de demandes de projet évalue si les projets répondent aux priorités énoncées dans l'appel de propositions et les incidences potentielles des projets au cours des trois étapes du processus d'examen (c.-à-d., l'examen par la direction des lettres d'intérêt et des propositions détaillées et l'examen externe par les pairs des propositions). L'excellence scientifique est également évaluée dans le cadre d'un processus exhaustif d'examen par les pairs, ce qui garantit que seuls les projets présentant un mérite scientifique sont financés. L'évaluation a révélé que le processus a été passé en revue et amélioré depuis la création du Programme, pour ce qui est de sa rapidité et de son efficacité. Certains informateurs clés ont suggéré que le processus pourrait être affiné davantage en augmentant les communications, sur les priorités et le processus de sélection des projets, entre les scientifiques, les cadres supérieurs et les intervenants externes (par exemple avec les représentants des gouvernements provinciaux chargés des priorités en matière de durabilité).

Le processus de sélection de projets du volet A est également harmonisé avec la façon dont d'autres programmes semblables attribuent des fonds de recherche. Par exemple, le Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture du ministère des Pêches et des Océans effectue la sélection de projets selon un mode concurrentiel, une fois par année. Les demandes sont examinées par rapport à tous les critères d'admissibilité, et elles font l'objet d'un processus d'examen par les pairs en deux parties : un examen technique effectué par des scientifiques internes et/ou, le cas échéant, des scientifiques externes, suivi d'un examen détaillé par le comité d'examen technique, composé de représentants du ministère des Pêches et des Océans, des provinces, de l'industrie et autres. Les organismes de recherche agricole d'autres pays, comme l'Institut national de la recherche agronomique de France et l'Entreprise de recherche agricole (Embrapa) du Brésil, versent également du financement dans le contexte d'un appel de propositions concurrentiel, ouvert uniquement à leur personnel scientifique interne. L'Institut national de la recherche agronomique de France et l'Embrapa brésilienne ont également organisé leurs activités de recherche et de développement en fonction de programmes stratégiques, chacun ayant son propre processus de sélection selon les activités à financer, et exigeant habituellement une première manifestation d'intérêt ou une lettre de demande de renseignements, suivie d'une proposition détaillée.

Projets de recherche en collaboration

L'expertise scientifique d'AAC et externe est mise à profit par l'intermédiaire des équipes de recherche concertée formées pour exécuter les projets du volet A. Par exemple, les projets du volet A ont bénéficié de l'expertise des scientifiques d'AAC dans différents domaines (comme la modélisation agronomique, la pathologie végétale et la science des sols), ainsi que dans le contexte des systèmes de production et des régions géographiques. En moyenne, neuf scientifiques et trois membres du personnel technique d'AAC et d'autres membres de son personnel de soutien ont participé aux projets du volet A. Le volet A offre également l'occasion aux scientifiques d'AAC de travailler avec des scientifiques des universités et d'autres intervenants des organisations, de tirer parti de l'expertise et de faciliter la diffusion et l'échange des connaissances. Sur les 159 projets du volet A examinés, des collaborateurs externes ont participé à 55 projets. Chacun de ces projets comptait en moyenne quatre collaborateurs individuels. Parmi les types de collaborateurs, il y avait le plus souvent des représentants d'universités ou d'instituts de recherche (en particulier les universités de Guelph, du Manitoba et de l'Alberta), des gouvernements provinciaux (en particulier l'Alberta et l'Ontario) et d'autres ministères ou organismes fédéraux (en particulier Environnement Canada), comme l'illustre le graphique ci-dessous. Les collaborateurs internationaux provenaient le plus souvent des États-Unis, de la France et de la Chine.

Figure 2 : Caractéristiques des collaborateurs externes aux projets du volet A
La description de cette image suit.
Source : Bases de données d'AAC, données extraites le 18 avril 2016.

Description de l'image ci-dessus

Le tableau suivant décrit la figure 2 comme suit :

Type Pourcentage
Universités canadiennes 40
Universités, gouvernements, instituts étrangers 20
Gouvernements provinciaux et autres 15
Autres ministères et organismes fédéraux 12
Association ou institut sectoriel 5
Entreprises canadiennes 4
Organisation sans but lucratif ou gouvernement local 4

Selon un examen de la documentation liée au réseautage dans les sciences, la collaboration est un facteur important de la diffusion des connaissances auprès des principaux intervenants. Des études ont montré que la taille des équipes de recherche et la mesure dans laquelle les scientifiques participent à des conférences contribuent à la quantitéNote de bas de page 30 et à la qualitéNote de bas de page 31 des publications que produisent les scientifiques. La documentation suggère que le fait d'être dans un réseau ouvert est un indicateur clé de la réussite professionnelleNote de bas de page 32, et que les réseaux interpersonnels sont importants pour déterminer les modes de diffusion des connaissancesNote de bas de page 33. Une étude récente sur la production scientifique et les modèles de collaboration de 13 entités du gouvernement fédéral a démontré que les scientifiques d'AAC ont souvent participé à des collaborations. Selon cette étude, plus de 75 % des publications scientifiques d'AAC ont été corédigées par des chercheurs d'une autre organisation, et le Ministère a plus que doublé son taux de collaboration internationale entre 2000 et 2014Note de bas de page 34.

L'analyse comparative a révélé que des programmes similaires dans d'autres régions favorisent également la collaboration et les partenariats qui visent à améliorer la qualité et la portée des projets de recherche. Outre les collaborations régionales et nationales, l'Institut national de la recherche agronomique de France, l'Embrapa et l'Académie chinoise des sciences agricoles, en tant qu'institutions nationales de recherche agricole, investissent dans l'établissement officiel de collaborations internationales et ont mis en place des programmes conçus expressément pour l'édification de ces types de partenariats.

D'autres mécanismes dont le but est de favoriser une plus grande collaboration entre les scientifiques d'AAC et ceux des organisations externes pourraient faire l'objet d'une étude. Des tribunes (par exemple des webinaires trimestriels) pourraient être mises sur pied pour accroître la communication entre la Division de l'engagement international et les scientifiques en ce qui concerne les possibilités de collaboration internationale. Les politiques qui régissent la collaboration en matière de voyages et de recherche pourraient être examinées pour faciliter davantage l'établissement de partenariats efficaces, à la fois avec AAC et avec des organisations externes et des intervenants.

Activités facilitant le transfert des connaissances et l'adoption

Les activités de sensibilisation sont d'importants mécanismes pour la diffusion des résultats des projets du volet A. Parmi les exemples d'activités de sensibilisation, citons les courriels bihebdomadaires envoyés par les scientifiques d'AAC qui transmettent des données de recherche clés aux intervenants de l'industrie, la publication de données sur les sites Web de l'industrie; la participation des intervenants de l'industrie aux activités scientifiques (par exemple l'utilisation de parcelles de terre des producteurs pour mener des recherches), la tenue de journées portes ouvertes et de rencontres régionales d'utilisateurs de la recherche dont le but est d'informer les intervenants des récentes activités scientifiques, de déterminer les lacunes dans la recherche et de coordonner les activités avec les principaux collaborateurs, l'organisation d'événements dans les centres de recherche et l'élaboration de documents décrivant les principales réalisations de la recherche.

Limites de la conception et de l'exécution

L'évaluation a révélé que la conception et l'exécution des projets du volet A sont parfois freinées en raison du contexte gouvernemental général dans lequel les projets doivent être réalisés. Il s'agit notamment des défis en matière de ressources humaines, des calendriers limités des projets, ainsi que des programmes et des contraintes administratives et en matière de stockage des données.

Favoriser davantage la science multidisciplinaire

Certains scientifiques interrogés ont suggéré de mettre en œuvre des modèles de rechange de prestation scientifique pour répondre aux limites liées aux capacités. Par exemple, ils ont indiqué qu'AAC pourrait réduire le chevauchement des efforts en adoptant une approche axée sur les systèmes de production plutôt que sur les produits, et en mettant sur pied des centres d'excellence plus spécialisés (par exemple en microbiologie) au sein de centres de recherche particuliers. Plus récemment, la DGST a commencé à organiser des ateliers sur la transformation, qui rassemblent des groupes de scientifiques multidisciplinaires et multigénérationnels, ainsi que plusieurs groupes d'intervenants, afin de générer des idées pour relever les principaux défis en matière d'agriculture et de soutenir les politiques et les décisions d'investissement.

Calendriers actuels de financement

L'évaluation a révélé que certains projets du volet A pouvaient être limités en raison des délais actuels de financement. D'autres modèles susceptibles d'accroître la probabilité que les projets se traduisent par des innovations devraient être pris en considération. Bien que de nombreux répondants clés interrogés aient reconnu le caractère complémentaire des projets du volet A et l'utilité de réévaluer les résultats des projets à différents stades, ces derniers ont indiqué que si les délais étaient plus courts, cela pourrait inciter les scientifiques à limiter la portée de leurs objectifs de recherche et la créativité requise pour l'innovation. Bien qu'il n'existe pas de calendrier type pour un projet de recherche, le Programme ne soutient que des projets d'une durée maximale de trois ans; après ce temps, les responsables doivent soumettre une nouvelle proposition de projet. Ce processus permet au Programme de s'assurer que le projet est toujours pertinent et financé au bon niveau. Les personnes interrogées suggèrent que les projets individuels soient financés selon des délais plus longs (jusqu'à cinq ans), ce qui encouragerait les équipes de recherche à étudier des problèmes scientifiques plus fondamentaux, à faire des expériences à plus long terme et à conserver l'expertise du personnel technique.

Les programmes examinés dans le cadre de l'analyse comparative étaient financés selon divers modèles de financement, et certains prévoyaient des délais plus longs pour les activités scientifiques (jusqu'à 5 ans). Par exemple, le Australian Research Council gère le programme national de subventions octroyées par voie de concours, qui fournit un financement échelonné sur cinq ansNote de bas de page 35. Le service de recherche agricole du département de l'Agriculture des États-Unis finance également la recherche dans le cadre d'un programme national échelonné sur cinq ans. Les scientifiques du service de recherche agricole sont financés au moyen d'un processus non concurrentiel d'évaluation par les pairs. Cet engagement de financement à long terme aide les scientifiques à mener des recherches à long terme sans interruption de financement ni changement dans les priorités nationales de rechercheNote de bas de page 36.

Limites liées au stockage des données et autres limites informatiques

L'évaluation a permis de cerner certaines limites concernant la capacité de stockage des données disponible et la capacité de calcul, ainsi que les défis liés aux délais en matière d'approvisionnement associé aux processus d'acquisition. En particulier, cela a une incidence négative sur les domaines de recherche en génétique qui génèrent un nombre toujours croissant d'ensembles de données complexes.

4.3.3 Système de mesure du rendement et de production de rapports

L'évaluation a révélé que la DGST a mis au point des mécanismes complets pour suivre les progrès et les incidences associés aux projets du volet A.

Les scientifiques sont tenus de préparer des rapports d'avancement annuels pour chacun des projets du volet A auxquels ils participent. Le système de rapports de la SIGS compile tous les renseignements obtenus à partir des plans et des rapports des projets, tels que les objectifs, les coûts, les collaborateurs, les progrès réalisés par rapport aux jalons, les leçons apprises et les résultats.

L'évaluation a permis de relever certains problèmes liés à l'utilisation des données de la SIGS dans le cadre de la présente évaluation. Par exemple, il était difficile de classer les innovations en catégories selon les résultats escomptés des programmes (par exemple de savoir si l'innovation constituait une méthode, un processus ou un système nouveau ou encore une pratique de gestion bénéfique), ce qui a compliqué la détermination de l'atteinte des types d'innovations ciblés décrits dans la stratégie de mesure du rendement. De plus, la base de données de la SIGS ne comprend que des renseignements limités sur l'importance des incidences ou des découvertes. Bien que les mécanismes soient relativement nouveaux et toujours à la phase des essais, les systèmes sont des outils utiles pour communiquer les résultats des projets.

5.0 Constatations, recommandation, réponse et plan d'action de la direction

Constatations

Pertinence

L'évaluation a fait ressortir le besoin continu de mener des recherches scientifiques dans le cadre du volet A, afin d'aider le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire à optimiser la productivité, à cerner et à atténuer divers risques liés à la production, à saisir les débouchés sur le marché et à rester au fait des facteurs liés à la durabilité. La recherche scientifique est un moteur clé de l'innovation quant aux produits et aux procédés nécessaires pour relever les défis liés à la compétitivité et à la rentabilité du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire. De plus, la recherche est cruciale si l'on veut comprendre les mécanismes causaux à la base des menaces qui pèsent sur les systèmes de production et de distribution des aliments au Canada. Elle permet aussi d'élaborer des stratégies et des pratiques pour détecter, surveiller et contrôler les dangers dans la chaîne alimentaire, et comprendre les attributs nutritifs et bénéfiques pour la santé des produits agricoles.

Les objectifs du volet A sont bien harmonisés avec les priorités du gouvernement fédéral et les résultats stratégiques d'AAC, notamment en ce qui concerne l'appui aux sciences et à l'innovation agricoles, et l'importance de l'environnement en tant que facteurs d'une économie canadienne vigoureuse.

De plus, AAC est mandaté en vertu de la Loi sur les stations agronomiques (1985)Note de bas de page 37 pour mener des recherches dans le secteur agricole, et le Ministère joue un rôle important dans la conduite d'activités de recherche à long terme, en mettant l'accent sur une approche appliquée, ce qui est peu susceptible d'être entrepris ou financé par d'autres organisations. Cela est particulièrement vrai pour le type de recherche financé par l'intermédiaire du volet A, car le Ministère doit veiller au bien public (par exemple améliorer la durabilité des pratiques agricoles) ou lorsque le produit est trop loin du stade de la commercialisation pour que le secteur privé obtienne un rendement des investissements à court terme, mais qu'il constitue une base essentielle pour des projets d'adoption et de commercialisation plus ciblés. D'autres organismes de recherche, comme certaines universités et certains scientifiques, ont tendance à se concentrer sur les découvertes théoriques sans qu'il y ait un objectif évident d'application sur les marchés. Par ailleurs, les organismes du secteur privé sont enclins à se concentrer sur la recherche appliquée qui peut générer des rendements plus rapides.

Le volet A complète d'autres activités de recherche et d'innovation agricoles menées ou financées par AAC et d'autres organismes fédéraux et provinciaux, ainsi que par des organismes universitaires, privés et à but non lucratif. Les politiques régissant la sélection de projets dans le cadre du volet A visent à empêcher le chevauchement ou le recoupement d'autres sources de recherche et du soutien à l'innovation. Le Programme complète d'autres activités en faisant progresser les résultats scientifiques jusqu'à un point où les risques pour l'industrie sont plus faibles, afin d'encourager cette dernière à financer davantage de projets appliqués. Le volet A facilite également la collaboration avec d'autres partenaires de recherche fédéraux, provinciaux, industriels et universitaires, ainsi que la mise à profit des compétences, des installations et des ressources.

Rendement (efficacité)

L'évaluation a révélé que, trois ans après le lancement du programme quinquennal, le volet A a réalisé des progrès considérables vers l'atteinte des extrants et des résultats escomptés. En particulier, le volet A avait atteint ou dépassé ses objectifs en matière de rendement en ce qui concerne la génération de connaissances et la diffusion des résultats de la recherche. Des progrès ont également été réalisés dans la mise au point de nouveaux produits, procédés et technologies pour améliorer la productivité agricole et le potentiel du marché, ainsi que dans les innovations liées à la durabilité environnementale. L'évaluation a fait ressortir plusieurs exemples d'innovations et de nouveaux produits, procédés et technologies importants qui ont découlé des projets liés au volet A.

Rendement (efficience et économie)

L'évaluation a révélé que de nombreux aspects de la conception du volet A ont facilité la bonne exécution des projets, alors que certains l'ont ralentie. Parmi les principaux facteurs qui ont contribué à l'exécution efficace des projets du volet A, notons les suivants :

L'évaluation a révélé que la conception et l'exécution des projets du volet A sont parfois freinées en raison du contexte gouvernemental général dans lequel les projets doivent être réalisés. Parmi ces limites, notons les suivantes :

L'évaluation a révélé que la DGST a mis au point des mécanismes de mesure du rendement et de collecte des données tels que la Solution intégrée de gestion des sciences (SIGS) pour suivre la mise en œuvre et les résultats des projets du volet A. Ces outils, qui se sont améliorés avec le temps, sont bien utiles pour communiquer les résultats du projet. Malgré les progrès réalisés à ce jour, certains problèmes ont été décelés en ce qui a trait aux données de mesure du rendement, comme les limites de certains renseignements et les renseignements manquants concernant certains produits et résultats, ainsi que les interprétations différentes de catégories d'extrants et de résultats. Par ailleurs, il est difficile de mesurer les résultats intermédiaires et finaux en se fondant sur les indicateurs de rendement existants.

5.2 Recommandation, réponse et plan d'action de la direction

Le principal problème cerné et la recommandation découlant de l'évaluation sont les suivants :

Problème no 1

L'évaluation a révélé qu'un plus grand nombre de détails concernant les résultats des projets et l'importance des incidences pour les découvertes, les innovations et les nouveaux produits devaient être ajoutés à la mesure du rendement. Les lignes directrices en matière de formation et les protocoles sur l'assurance de la qualité ne sont pas suffisamment détaillés pour aider les scientifiques à signaler les incidences des projets.

Recommandation no 1

Conformément à la nouvelle Politique sur les résultats et au programme du gouvernement en matière de résultats et d'exécution, AAC devrait continuer à peaufiner les approches de ses programmes en matière de mesure du rendement, afin de s'assurer que les indicateurs utilisés et les données sur le rendement recueillies lui permettent de préparer des rapports précis et cohérents sur les incidences des activités de la recherche scientifique.

Réponse et plan d'action de la direction

Acceptée.

  1. La DGST révise actuellement toutes ses stratégies sectorielles en vue d'y inclure des modèles logiques qui lui permettront de mieux les harmoniser avec le programme du gouvernement en matière de résultats et d'exécution.

    Date cible : 30 juin 2017

    Personne responsable : Directeur général, Direction des partenariats et de la planification, Direction générale des sciences et de la technologie.

  2. La DGST élaborera, pour tous les programmes, des profils d'information pour les programmes (PIR), conformément au nouveau programme du gouvernement du Canada en matière de résultats et d'exécution.

    Date cible : 1er novembre 2017

    Personne responsable : Directeur général, Direction des partenariats et de la planification, Direction générale des sciences et de la technologie.

Annexe A : modèle logique du programme

Le modèle logique suivant décrit les liens entre : les activités, les extrants et les résultats escomptés du volet A du Programme Agri-innovation, Recherche accélérant l'innovation. Il montre également une contribution partielle à l'activité de programme et au résultat stratégique énoncés dans l'architecture d'alignement des programmes du Ministère. Il convient de noter que les résultats escomptés du Programme prennent fin au niveau des résultats immédiats.

Figure 3 : Modèle logique pour le volet A : Recherche accélérant l'innovation
Activités Extrants Résultats immédiats – résultats escomptés du Programme Résultat intermédiaire Résultat final Activités du Programme Résultat stratégique
Activités de recherche liées aux technologies, aux procédés, aux produits et aux services nécessaires à la fabrication de produits agroalimentaires et agro-industriels durables et sûrs.

Rapports touchant les sujets suivants :

  • Répondre aux défis en matière de durabilité environnementale
  • De nouveaux produits, procédés et technologies pouvant améliorer la productivité et la compétitivité du secteur, minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments sont prêts à être transférés au secteur

De nouveaux produits, processus et technologies visant à minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et à optimiser l'efficacité de l'élevage et la salubrité des aliments sont prêts à être transférés au secteur

De nouvelles pratiques de gestion bénéfiques ayant trait à la durabilité environnementale sont prêtes à être transférées au secteur

Les connaissances relatives aux programmes sont diffusées aux intervenants

Un secteur agricole et agroalimentaire qui utilise les sciences pour améliorer ou transformer des produits de base en de nouveaux produits à valeur ajoutée. Un secteur innovateur et durable de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels.

2013-2014
3.1 Sciences, innovation et adoption

2014-2018
2.1 Sciences, innovation, adoption et durabilité

Un secteur innovateur et durable de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels

Source : Stratégie liée à la mesure du rendement et à la gestion des risques du volet A.

Activités et extrants

Les activités de recherche réalisées dans le cadre de cette initiative sont liées à la mise au point de technologies, de procédés et de produits, y compris la recherche visant à comprendre l'interaction entre l'agriculture et l'environnement. Parmi les autres activités de recherche, notons celles sur l'atténuation des menaces qui pèsent sur la production agricole canadienne ainsi que sur les solutions aux défis et les possibilités qui se présentent pour le secteur.

Il existe cinq domaines distincts d'extrants. Des rapports sur les résultats des projets devraient être préparés pour ces cinq domaines. Ces rapports devraient aboutir à des publications à comité de lecture sur les sujets suivants :

Résultats escomptés

Les connaissances générées par ces extrants ont pour but de créer des technologies, des procédés et des produits devant être prêts à être transférés aux intervenants. Il y a deux résultats immédiats liés à ce transfert :

L'initiative en est aux premières étapes du continuum scientifique pour ce qui est de la mesure du mouvement horizontal de l'information qui part des scientifiques de la recherche fondamentale et se dirige vers les experts d'AAC en matière de vulgarisation et d'autres membres de la communauté scientifique. Il existe un résultat immédiat lié à la mesure de ce mouvement horizontal :

Résultats d'ordre supérieur

La composante Recherche accélérant l'innovation s'harmonise parfaitement à l'architecture d'alignement des programmes d'AAC, aux niveaux du résultat intermédiaire et du résultat final. Les résultats escomptés pour la composante Recherche accélérant l'innovation font partie d'un ensemble de résultats escomptés qui contribuent à l'activité de programme 3.1 Sciences, innovation et adoption, et au résultat stratégique no 3 Un secteur innovateur de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels.

Annexe B : méthode d'évaluation détaillée

L'évaluation consistait en une évaluation exhaustive du volet A du Programme Agri-innovation : Recherche accélérant l'innovation, conformément à la Directive sur la fonction d'évaluation (2009) du Conseil du Trésor. L'évaluation portait sur la période s'échelonnant du 1er avril 2013 au 31 mars 2016. L'évaluation a été conçue pour répondre aux deux questions d'évaluation suivantes : la pertinence et le rendement. La pertinence du Programme a été examinée afin de déterminer si ce dernier répond à un besoin continu, s'il s'harmonise avec les priorités gouvernementales et s'il est compatible avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral. Le rendement a été évalué afin de déterminer dans quelle mesure le Programme a permis d'atteindre les résultats escomptés et à quel point il a été exécuté de manière efficace et économique. Pour chaque élément, des questions précises d'évaluation ont été élaborées, questions que vous trouverez énoncées dans le tableau suivant.

Éléments et questions de l'évaluation
Catégories Éléments et questions d'évaluation
Pertinence : Nécessité continue du Programme
  1. Est-ce que les programmes mis en œuvre dans le cadre du volet A : Recherche accélérant l'innovation répondent aux besoins du secteur agricole et agroalimentaire en matière de recherche et d'innovation?
    • 1.1 Quels sont les besoins du secteur en matière de recherche et d'innovation?
    • 1.2 De quelle manière et dans quelle mesure les programmes mis en œuvre dans le cadre du volet A répondent-ils aux besoins?
  2. De quelle manière et dans quelle mesure le volet A complète-t-il, recoupe-t-il ou chevauche-t-il d'autres initiatives d'AAC et d'autres programmes conçus pour promouvoir l'innovation dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire?
Pertinence : Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral
  1. Dans quelle mesure les objectifs du Programme s'harmonisent-ils avec les priorités du gouvernement fédéral en matière d'innovation et avec les résultats stratégiques d'AAC?
Pertinence : Harmonisation avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral
  1. Dans quelle mesure le sous-programme s'harmonise-t-il avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral?
Rendement : Atteinte des résultats escomptés
  1. De quelle manière et dans quelle mesure le volet A a-t-il contribué à l'atteinte des résultats immédiats ciblés :
    • De nouveaux produits, procédés et technologies visant à minimiser les risques de catastrophes pour les cultures et à optimiser l'efficacité de l'élevage et à accroître la salubrité des aliments ont-ils été mis au point?
    • De nouvelles pratiques de gestion bénéfiques concernant la durabilité environnementale ont-elles été élaborées?
    • L'information et les connaissances obtenues par l'intermédiaire du programme auprès des représentants du secteur et d'autres intervenants ont-elles été diffusées?
  2. De quelle manière et dans quelle mesure le volet A a-t-il contribué à l'atteinte des résultats intermédiaires ciblés :
    • Un secteur agricole et agroalimentaire qui utilise les sciences pour améliorer ou transformer des produits de base en de nouvelles possibilités à valeur ajoutée a-t-il été soutenu?
    • Le projet a-t-il permis à la communauté scientifique de bénéficier de nouvelles connaissances dans les domaines de la salubrité et de la sécurité alimentaires, des ressources biologiques et des systèmes de production intégrés efficaces?
    • Le projet a-t-il contribué à renforcer la capacité du secteur à produire, à adopter et à commercialiser des produits, des procédés, des pratiques, des services et des technologies innovants?
  3. De quelle manière et dans quelle mesure le volet A a-t-il contribué à l'atteinte des résultats finaux ciblés :
    • Le projet a-t-il favorisé un secteur innovateur et durable de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agro-industriels?
    • Le projet a-t-il permis d'augmenter la salubrité des systèmes alimentaires?
  4. Existe-t-il des résultats non prévus, qu'ils soient positifs ou négatifs, pouvant être attribués aux activités mises en œuvre dans le cadre du volet A?
  5. Quels sont les facteurs, internes et externes au programme, qui ont contribué à l'atteinte des résultats escomptés?
Rendement : Efficience et économie
  1. Dans quelle mesure l'exécution du programme est-elle efficiente et rentable?
  2. Quelles sont les possibilités d'amélioration du programme? Existe-t-il d'autres mécanismes d'exécution qui peuvent générer les résultats escomptés plus efficacement ou plus économiquement?
  3. À quel point les mesures du rendement et les structures de préparation de rapports sont-elles efficaces pour déclarer l'atteinte des résultats? Comment et dans quelle mesure l'information relative au rendement est-elle utilisée?

Les données recueillies pour l'évaluation ont été extraites et triangulées pour répondre à chacune de ces questions. Les données ont été analysées de manière à élaborer un résumé de la réponse à chacune des questions de l'évaluation. À cette étape, les points forts et les limites de chaque élément d'enquête ont été pris en compte en vue de formuler des constatations valides, fiables et crédibles. Diverses techniques d'analyse de données ont été utilisées pour exclure d'autres explications des résultats et améliorer la généralisation des liens causaux précis entre les composantes du Programme. Différents tests et méthodes statistiques ont été utilisés pour analyser les données, tels que des tableaux de la fréquence, des tableaux transversaux et une analyse de corrélation.

L'évaluation a utilisé de multiples éléments de preuve provenant de sources de données primaires, y compris des entrevues avec des collaborateurs, des promoteurs de projets (scientifiques d'AAC) et des cadres supérieurs, des études de cas approfondies de projets particuliers et des visites sur place dans des centres de recherche et de développement d'AAC, ainsi que des sources de données secondaires, y compris des documents, des dossiers et des examens des données opérationnelles, et une analyse comparative.

La recherche et les données recueillies à partir des différents éléments de preuve ont été utilisées pour élaborer des rapports techniques à l'appui, afin de contribuer à l'évaluation du volet A du Programme Agri-innovation d'AAC. Chaque source de données est décrite en détail dans les paragraphes suivants.

1. Examen des documents, des dossiers et des données opérationnelles

Un examen approfondi des documents internes et externes a été entrepris pour recueillir des renseignements sur la pertinence, la conception et l'exécution du Programme, ainsi que sur les activités, les extrants et les résultats. La méthode utilisée comprenait un examen des données et des documents internes, y compris les données administratives des bases de données de la SIGS, des fichiers de programme tels que les stratégies liées à la mesure du rendement et à la gestion des risques, les lignes directrices régissant les lettres d'intention et les propositions, ainsi que des documents ministériels comme le Plan de la Direction générale des sciences et de la technologie et la stratégie du secteur des Sciences, les rapports sur le rendement et les rapports sur les plans et les priorités du Ministère. Parmi les documents externes examinés, mentionnons les discours du Trône du gouvernement fédéral, la lettre de mandat du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et les résultats de la recherche sur la pertinence et la nécessité des programmes d'innovation, entre autres documents.

2. Analyse comparative

Une analyse comparative de programmes similaires au Canada (par exemple d'autres programmes gouvernementaux fédéraux et provinciaux) et dans d'autres pays, y compris les États-Unis, l'Europe, le Royaume-Uni, la France, l'Australie, le Brésil et la Chine, a été effectuée. L'analyse visait à fournir des preuves de l'efficacité et de la rentabilité de l'exécution des activités de programme, ainsi qu'à cerner d'autres mécanismes d'exécution, des pratiques prometteuses et des leçons apprises. Des programmes similaires, reflétant les principaux domaines d'intérêt de chaque volet du Programme Agri-innovation, ont été examinés : Volet A : Recherche accélérant l'innovation; Volet B : Recherche, développement et transfert des connaissances; Volet C : Facilitation de la commercialisation et de l'adoption.

Un examen de la documentation et d'Internet a été effectué pour déterminer les programmes et les organismes pertinents et obtenir les renseignements accessibles. Le cas échéant, des renseignements étaient recueillis sur les coûts de programme et d'administration, les sources de financement extérieures, les experts techniques auxquels on a recours pour l'exécution du Programme, les extrants, les résultats et d'autres détails sur le mécanisme de conception et d'exécution des programmes. En outre, un certain nombre de mécanismes d'exécution de rechange et de pratiques prometteuses ont été cernés. Les programmes ont été classés par domaine d'intérêt et par rapport au volet pertinent du PAI.

3. Entrevues

Au total, 48 entrevues ont été réalisées entre mars et juin 2016 en vue d'obtenir des commentaires sur la pertinence et le rendement des activités de programme. Le nombre d'entrevues réalisées a dépassé l'objectif de 40 entrevues. Parmi les répondants, notons des promoteurs des projets du volet A (chercheurs scientifiques d'AAC et directeurs RDT), des collaborateurs des projets et des cadres supérieurs d'AAC. Des entrevues ont été menées avec des représentants de chacune des provinces du Canada. Le tableau suivant présente le nombre d'entrevues réalisées par groupe de répondants, ainsi qu'une brève description des répondants.

Description des principaux répondants interrogés
Groupe cible Nombre d'entrevues terminées Description du groupe cible
Volet A
Promoteurs des projets
37 Le groupe cible des promoteurs des projets est composé de chercheurs scientifiques d'AAC. Les représentants interrogés étaient des chefs de projet ou des chercheurs principaux liés à un projet de recherche. Les scientifiques interrogés possédaient toute une gamme d'expertise, et les sujets des projets étaient variés. La plupart des projets étaient achevés. Les projets représentaient une combinaison des sous-programmes et des secteurs du volet A.
Volet A
Collaborateurs des projets
6 Le groupe cible des collaborateurs est composé de personnes qui travaillent aux projets de recherche d'Agri-Innovation de l'AAC, ou qui en sont touchées. Parmi les représentants interrogés, notons des scientifiques d'organismes du gouvernement fédéral, un professeur d'université et un président directeur général d'une entreprise privée.
Cadres supérieurs d'AAC 5 Les directeurs de la DGST et d'autres membres du personnel d'AAC.
Totaux 48 n/a
n/a = non applicable

Les étapes suivantes ont été suivies dans la conduite des entrevues avec les répondants :

4. Études de cas

Des études de cas de dix projets du volet A ont été réalisées afin d'obtenir des détails sur les incidences et les besoins des projets, les facteurs clés qui ont contribué à la réussite des projets, ou qui ont limité leur portée, et les points de vue sur la conception et l'exécution du programme. Les projets ont été sélectionnés en se fondant sur les critères suivants :

Pour mener les études de cas, un guide et un modèle pour les entrevues et les études ont été élaborés. La collecte de données pour ces études a eu lieu entre mars et mai 2016, et comprenait des entrevues avec des responsables de projets et des participants (par téléphone ou en personne pendant les visites sur place), ainsi qu'un examen des bases de données et des documents pertinents (par exemple les communiqués de presse).

Des 10 projets examinés, 6 projets faisaient partie du sous-programme Cultures, élevage et aliments (dont 3 axés sur la salubrité alimentaire) et 4 projets faisaient partie du sous-programme Progrès scientifiques et technologiques durables. Les projets sélectionnés pour les études de cas représentaient également une combinaison de secteurs scientifiques, soit cinq projets touchant la résilience agroenvironnementale, deux projets, l'agroalimentaire, un projet, les céréales et les légumineuses, un projet, l'horticulture et l'autre projet, les oléagineux. Sept projets étaient achevés, et trois étaient en cours au moment de l'étude de cas. Les budgets des projets totalisaient environ 6,1 millions de dollars en financement, soit un budget moyen de 613 980 dollars. En moyenne, 11 scientifiques d'AAC participaient à la mise en œuvre des activités des projets, ainsi que plusieurs techniciens, étudiants, chercheurs postdoctoraux et collaborateurs externes. Les principaux emplacements étaient : Guelph (3), Brandon (2), London (2), Harrow (1), Kentville (1) et Ottawa (1); cependant, 8 des 10 projets touchaient également des activités scientifiques menées dans d'autres centres de recherche d'AAC d'un bout à l'autre du Canada. Dans l'ensemble, des entrevues ont été menées auprès de 13 représentants, dont 10 responsables de projet et 3 collaborateurs et participants au projet.

5. Visites des lieux

Des visites des lieux ont été effectuées dans six centres de recherche et de développement d'AAC, y compris les centres de Summerland, d'Agassiz, de Harrow, de London, de Saint-Hyacinthe et de Lethbridge, entre mars et mai 2016. Ces centres ont été sélectionnés de manière à représenter une combinaison d'écozones, de secteurs et de domaines d'expertise scientifique. Les centres qui hébergeaient un nombre plus élevé de projets du volet A, et qui représentaient une plus grande valeur, ont été priorisés, et les centres qui avaient déjà accueilli des visiteurs dans le cadre d'une évaluation récente ou d'un autre programme de la DGST ont été exclus. On a tenu compte, dans une certaine mesure, de la proximité de certains centres les uns par rapport aux autres (par exemple London et Harrow). Les visites des lieux avaient pour but d'obtenir des renseignements sur les activités de recherche entreprises dans chaque centre de recherche, tout en mettant l'accent sur les activités de recherche liées au volet A, la recherche accélérant l'innovation, les facteurs contribuant à la réussite ou l'entravant, les incidences majeures et les résultats attendus résultant des activités.

Lors de chaque visite sur place, des discussions avaient lieu avec le personnel de la haute direction, et elles étaient suivies d'entrevues collectives ou individuelles avec des scientifiques. Une visite des installations était aussi organisée. Les renseignements ont été recueillis à partir d'observations, de documents et d'entrevues menées auprès des scientifiques et des membres de leurs équipes. Les directeurs associés RDT ont facilité les rencontres avec les scientifiques, de même que les visites guidées. Les responsables des projets du volet A ont été invités à participer aux entrevues réalisées lors des visites des lieux, et ont reçu un guide de discussion expliquant le but de l'évaluation et les sujets pouvant être abordés. Des étudiants, des chercheurs postdoctoraux et des techniciens ont également été interrogés lors des visites guidées. Des entrevues ont été menées avec 44 représentants au cours de ces visites, dont 8 gestionnaires d'AAC et d'autres membres du personnel (par exemple les directeurs RDT, les directeurs associés RDT et le personnel chargé du transfert des connaissances et des technologies), 30 scientifiques d'AAC spécialisés dans divers domaines et secteurs d'expertise scientifique et 6 étudiants, chercheurs postdoctoraux et techniciens. Les entrevues et les données recueillies lors des visites sur place auprès de six scientifiques ont fourni des renseignements qui ont été utilisés dans l'élaboration des études de cas détaillées portant sur certains projets du volet A.

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