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Plan directeur du lieu historique national de la Ferme expérimentale centrale (4 de 20)

Contexte

Aperçu historique de la Ferme expérimentale centrale

La Ferme expérimentale centrale (FEC) a été créée en 1886, à titre de station centrale de recherches de la Direction des fermes expérimentales nouvellement formée au sein du ministère fédéral de l'Agriculture. Plus de cent ans plus tard, les terrains, les laboratoires, les bureaux, les étables, les dépendances, les serres, les jardins, les collections scientifiques et les dossiers de recherche continuent de témoigner des forces politiques, économiques, agricoles et scientifiques qui ont créé, modelé et maintenu la Ferme Note de bas de page 1.

Phase I, 1886-1936

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Vue de la FEC en direction sud, vers la résidence du directeur (1890)

L'évolution du paysage de la FEC, de 1886 jusqu'aux années 1930, se divise essentiellement en trois périodes distinctes. De 1886 à 1889, la Direction des fermes expérimentales a fait l'acquisition des terrains, puis a procédé au tracé des emplacements, à l'amélioration du terrain, à l'érection de plusieurs bâtiments, à la plantation de l'Arboretum et des ceintures forestières, ainsi qu'à l'établissement de l'Herbier des plantes vasculaires. Le plan général du site et les plantations respectaient non seulement les concepts généraux de l'aménagement paysager britannique, mais aussi les notions générales concernant l'aménagement et l'ornementation des bâtiments de ferme. Puis, de 1890 à 1911, le site s'est transformé en établissement de recherche officiel et complet, guidé par les principes du XIXe siècle quant à l'importance de la recherche agricole pour l'amélioration du milieu rural. Vers la fin de cette période, le paysage de ferme modèle est devenu moins apparent, avec l'apparition d'éléments du paysage urbain comme les allées bordées d'arbres et les massifs aménagés à des endroits clés du site. De 1912 à 1936, quelques uns des bâtiments d'origine ont été démolis, dont la résidence du directeur qui avait été l'élément central de ce paysage pittoresque, ainsi que l'immeuble à bureaux qui avait jusque là assuré une proximité physique entre le centre des activités administratives et les champs.

Les réalisations de Sir William Saunders, le premier directeur de la Direction générale de la recherche, bénéficiaient de l'appui d'un groupe de ministres de l'Agriculture dont le plus important était Sir-John-Carling. Pendant neuf ans, Carling et Saunders ont fait pression en faveur de la création de la Ferme, puis en ont supervisé l'aménagement et la réalisation durant les premières années critiques. Toux deux partageaient une philosophie commune quant à la valeur de la recherche scientifique pour l'amélioration agricole et à l'importance de l'agriculture « intellectuelle » pour la prospérité de chaque agriculteur. Leur philosophie liait le progrès de l'agriculture et du milieu rural au développement d'organismes intellectuels comme les collèges agricoles, les programmes de recherche pratique et des sociétés agricoles efficaces.

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Sir Charles Saunders (v. 1911)
[Source : Site Web d'AAC]

Carling et Saunders estimaient en outre que l'administration publique avait un rôle important à jouer, en apportant le soutien nécessaire à l'avancement des projets car bon nombre exigeaient des solutions qui dépassaient les capacités des particuliers. En 1886, le Parlement chargeait William Saunders d'étudier comment la recherche agricole pourrait s'appliquer à la recherche de solutions aux problèmes de colonisation et de culture dans le nord-ouest du Canada, et de faire rapport à ce sujet. William Saunders estimait que des fermes expérimentales agricoles bien gérées deviendraient bientôt des centres d'information pour tous ceux qui s'intéressaient à l'agriculture ou à l'horticulture, des lieux que les agriculteurs et les fruiticulteurs voudraient visiter afin d'examiner les travaux qui y étaient menés et où ils se sentiraient à l'aise d'exposer les problèmes qu'ils éprouvaient dans le cadre de leurs activités afin d'obtenir des informations des agents responsables Note de bas de page 2.

Sir John Carling a tenu compte des recommandations de William Saunders au sujet de l'emplacement, de l'administration et des objectifs généraux des stations expérimentales, au moment de l'élaboration de la Loi sur les stations agronomiques de 1886 qui demeure en vigueur, malgré quelques modifications. Cette loi définit en ces termes les principaux domaines de la recherche : faire des essais sur les races d'animaux d'élevage; étudier les questions scientifiques et économiques reliées à l'industrie laitière; analyser la valeur des céréales, des grandes cultures, des graminées, des plantes fourragères, des fruits, des légumes, des plantes et des arbres; faire des essais et des analyses sur les engrais et les provendes; étudier les maladies des végétaux et les traitements appropriés; analyser des semences agricoles et « faire, avec l'accord du ministre, toutes autres expériences portant sur l'agricuture canadienne » Note de bas de page 3. En utilisant l'expression « ferme expérimentale » pour décrire l'institution, Carling et Saunders espéraient se rallier ceux qui doutaient des mérites de l'agriculture « scientifique » mais qui étaient prêts à admettre que la conduite d'essais et d'expériences sur une ferme de travail pourrait être utile aux agriculteurs canadiens. Un horticulteur, un expert forestier, un entomologiste, un botaniste, un chimiste et un vétérinaire seraient affectés à la station centrale de recherche à Ottawa Note de bas de page 4.

En 1886, le gouvernement fédéral faisait l'acquisition d'un emplacement regroupant quinze propriétés d'une superficie de 465 acres (188 hectares), qui est devenue la Ferme expérimentale centrale. La proximité de cet emplacement avec la Colline du Parlement a incité William Saunders et les autres à fermer les yeux sur certains problèmes liés au terrain. Selon le rapport annuel de 1886 du ministère de l'Agriculture, un « éminent architecte paysager » avait dessiné un plan de situation général pour la Ferme, mais aucun plan n'a été retenu Note de bas de page 5. William Saunders proposait que la Ferme soit divisée en trois zones générales, soit le complexe principal, les champs expérimentaux et l'Arboretum. Ce plan devait assurer que les expériences soient menées selon les pratiques agricoles utilisées à l'époque et faire la démonstration des techniques agricoles les plus récentes.

Si vous désirez d’obtenir une version électronique du plan de situation de la FEC de l’année 1897, veuillez nous envoyer un courriel à : cef-fec@agr.gc.ca

Le complexe principal, qui regroupait les résidences, les bureaux et les structures agricoles, servait de centre des opérations. Le paysage bucolique de l'aire centrale, librement inspiré de la tradition des jardins anglais auxquels se greffaient des parcs publics et de vastes domaines, se distinguait par ses routes curvilignes, ses petits jardins attenant aux structures résidentielles et ses magnifiques pelouses. Cependant, la vocation expérimentale de la Ferme demeurait toujours bien présente, les champs de grandes cultures et les parcelles d'essai de fleurs venant agrémenter les résidences et les bâtiments de ferme. La zone centrale servait également de ferme modèle, où les bâtiments et autres installations servaient à faire la démonstration de la valeur d'une bonne conception des bâtiments et des bonnes techniques agricoles.

Les travaux de recherche menés à la FEC ont connu des débuts modestes, la Ferme ne comptant à l'époque que trois secteurs (entomologie et botanique, chimie et horticulture) où travaillaient des scientifiques amateurs. Les premiers projets de recherche qui ont retenu le plus l'attention sont ceux qui ont porté sur l'hybridation des cérérales. Ces travaux ont débuté en 1887 dans les serres d'analyse des semences de la FEC, puis ils ont été transférés en 1911 dans le bâtiment des céréales qui se trouve toujours à côté des jardins botaniques. La distribution à grande échelle du blé Marquis a commencé en 1909 et a été suivie, en 1925, de la mise au point du blé Garnet, puis du blé Renown, en 1926. À elle seule, la première variété a eu une incidence marquée sur l'agriculture dans les Prairies et a contribué à faire du Canada un des premiers exportateurs de blé au monde. En 1889, des bovins ont été introduits sur la Ferme, à la suite de l'acquisition de taureaux et de vaches de troupeaux canadiens et américains auxquels se sont ajoutés, par la suite, des moutons, des porcs et des volailles. Ce modèle était fidèle à l'objectif initial de la Ferme, soit de promouvoir une agriculture mixte, et il reconnaissait qu'un pays aussi diversifié que le nôtre sur le plan géographique avait besoin de différentes pratiques agricoles.

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Scène de l'Arboretum (v. 1911)

La proximité de la Ferme avec la ville et ses idéaux d'embellissement ont favorisé l'établissement d'un lien étroit entre l'institution et les résidants de la ville. Pour les citadins, la FEC était un modèle de vie rurale idyllique et une « bouffée d'air frais », deux aspects que les artisans de la réforme urbaine jugeaient essentiels pour l'amélioration de la société. Désireux de faire de la capitale nationale une ville attrayante, le gouvernement fédéral a mis sur pied, en 1899, la Commission d'amélioration d'Ottawa. Redoublant d'efforts pour supprimer les signes manifestes de la présence de l'industrie du bois d'œuvre et mettre en valeur la beauté naturelle d'Ottawa, la Commission a décidé d'intégrer la FEC dans son plan d'aménagement. Au début du XXe siècle, la ville d'Ottawa a connu une expansion vers l'ouest dans le canton de Nepean, et le tramway a été prolongé jusqu'à la FEC.

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Visite des installations de la FEC (1921)

La retraite de William Saunders, en 1911, et la nomination de J.H. Grisdale au poste de directeur, ont marqué un tournant dans l'orientation de la Ferme, coïncidant avec la restructuration du Service des fermes expérimentales. Bien que l'application pratique des sciences agricoles demeurait la vocation première de la Ferme, sa restructuration a eu pour effet d'étendre la portée de la recherche et de la répartir en des secteurs plus définis. À la suite de ces changements administratifs et fonctionnels, l'aménagement a été modifié et le nombre de bâtiments sur la Ferme a augmenté considérablement, passant de 34 en 1912 à 95 durant les années 1920. Exposés depuis plus de 35 ans aux résultats des recherches menées par la Ferme expérimentale, les agriculteurs commençaient à croire que les hommes les plus pratiques n'étaient pas nécessairement ceux qui avaient le plus de « fumier » sur leurs bottes Note de bas de page 6 et, en 1926 seulement, le personnel de la Ferme a reçu près de 250 000 demandes provenant d'agriculteurs canadiens.

Même à ses débuts, lorsque la Ferme expérimentale centrale était située au cœur d'une région rurale, son identité était intrinsèquement liée à la capitale nationale car, dès le départ, William Saunders avait voulu créer des liens entre la FEC et la Colline du Parlement.

Phase II, 1936-1986

Au milieu des années 1930, la FEC était bien implantée à l'intérieur de la ville. Durant cette période, deux des quatre résidences du personnel ont été supprimées, car elles n'étaient plus jugées nécessaires. Un jardin clos en contrebas a été aménagé près de la résidence de l'horticulteur, à la mémoire de l'éminent horticulteur de la FEC, W.T. Macoun. Ce jardin respectait le style officiel de l'époque et bon nombre des végétaux qu'on y trouve aujourd'hui datent des débuts de la Ferme. Grâce aux travaux de recherche et aux publications savantes d'Isabella Preston, spécialiste en horticulture ornementale arrivée à la FEC en 1920, la Ferme a continué d'influencer les programmes de sélection végétale publics et privés jusque durant les années 1960. Cependant, la plupart des collections qui datent de cette époque ont été dispersées, et les Amis de la Feme tentent actuellement de localiser et de réintroduire certains de ces végétaux.

Si vous désirez d’obtenir une version électronique de la carte de la FEC en 1946, veuillez nous envoyer un courriel à : cef-fec@agr.gc.ca

En 1936, la Commission du district fédéral intégrait la Ferme à son plan qui prévoyait l'aménagement d'un réseau de promenades pittoresques dont la mise en oeuvre a été complétée vers le milieu des années 1940. Ce réseau ainsi que le nouvel édifice administratif ont modifié le caractère de la FEC en le mettant « au goût du jour », tout en préservant ses nombreux rôles. Or, l'aménagement de ce réseau de promenades a nécessité l'élargissement de certaines routes et donc la suppression de la majeure partie de la ceinture forestière qui bordait alors les limites nord et ouest de la propriété ainsi que la destruction des grilles de l'entrée principale. À la Ferme, durant la même période, une maladie a emporté un grand nombre d'ormes à maturité.

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Kiosque d'information mobile à la FEC (1938)

En 1937, une autre restructuration des secteurs de recherche est venue consolider les travaux du réseau des fermes expérimentales en des services élargis qui ont contribué à la centralisation de la recherche entre des structures moins nombreuses et plus larges. L'année précédente, l'inauguration de l'édifice Saunders, devant abriter les services administratifs nécessaires à la coordination des travaux des services de recherche, avait ouvert la voie à ce changement. Le rôle de la FEC, en tant que coordonnateur de l'ensemble du programme de recherche du Ministère, a été aboli en 1958, alors qu'une nouvelle politique de décentralisation conférait à chaque station plus de responsabilités en matière de coordination de la recherche. En 1958, la Ferme a mis un terme à ses travaux de recherche sur le tabac, et les recherches en foresterie ont pris fin deux ans plus tard, soit en 1960. Quant au programme de recherches zootechniques, il a été transféré dans une installation distincte située à l'intérieur de la Ceinture de verdure entourant Ottawa. Toutes ces modifications ont entraîné la démolition de plusieurs bâtiments qui ont cédé la place à des structures modernes; elles ont aussi eu pour effet d'accentuer la distinction entre les aires de parc et les aires de recherche sur la Ferme.

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Jardin commémoratif Macoun

Durant les années 1960, la Ferme était clairement divisée en deux aires distinctes, la première formée par le complexe d'immeubles à bureaux aménagés selon un axe et regroupant l'édifice Neatby, le campus de l'Observatoire et l'édifice Sir-John-Carling, et l'autre qui regroupait le complexe de recherche. C'est également durant cette période qu'on a observé la disparition de l'entrée initiale de la FEC, qui a été réaménagée au rond point, et l'élimination de ce qui restait de la ceinture forestière le long de l'avenue Carling. De plus, conformément à l'importance qu'accordait alors la Commission de la capitale nationale (CCN) à l'aménagement de parcs, la voie ferrée du Canadien Pacifique, qui traversait une extrémité de l'Arboretum, a été éliminée et réaménagée sous terre, ce qui a permis de dégager plus d'espaces verts le long du lac Dow. Durant les années 1970, la vocation de ferme modèle s'est vue éliminée et un certain nombre de bâtiments qui n'étaient plus nécessaires pour la recherche ont été détruits. Malgré les bouleversements de cette période « moderne », le cadre du paysage de la Ferme a été préservé et a dicté, en partie, l'érection des nouveaux bâtiments.

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