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Plan directeur du lieu historique national de la Ferme expérimentale centrale (17 de 20)

V. 3 - Lignes directrices du plan directeur

Intégrité du paysage culturel

L'objectif global de l'aménagement consiste à préserver l'intégrité du paysage culturel, ce qui ne comporte pas simplement le maintien du site dans son état actuel. Tel qu'indiqué dans la désignation de la FEC comme lieu historique national, les valeurs de la Ferme résident non seulement dans ses ressources tangibles, mais aussi dans ses biens plus incorporels et dans la qualité évolutive de ses activités de recherche. La gestion du paysage culturel suppose qu'il faut continuellement ajuster l'équilibre entre les ressources physiques du site et les exigences fonctionnelles du programme de recherche. Les activités récentes entreprises sur la Ferme et les autres qui sont proposées rendent la situation plus complexe, notamment à cause de la présence d'autres organismes et de la poursuite de programmes différents qui font intervenir le public à différents niveaux. La FEC a dû prendre davantage conscience de son histoire, ainsi que de sa valeur symbolique pour Ottawa et l'ensemble du Canada.

Heureusement, la Ferme a été conçue à une époque où la participation du public était souhaitée, voire encouragée. On voulait alors favoriser les interactions entre le public qui se déplaçait sur le site, de l'est vers l'ouest, et l'activité scientifique qui se déroulait de l'ouest vers l'est, le public et la communauté scientifique devant se rencontrer dans la zone centrale. Depuis quelques années, toutefois, on observe un éloignement entre ces deux communautés ainsi qu'une fragmentation du site. Cependant, les éléments fondamentaux du paysage culturel sont toujours en place, et l'option préconisée offre aujourd'hui la possibilité d'exploiter les qualités extraordinaires du site au profit d'une série d'utilisations programmées tout aussi exceptionnelles. L'option « recherche », qui a été retenue pour guider la planification de gestion, définit les fondements du développement futur du site.

Tel qu'indiqué précédemment, l'aménagement initial de la Ferme incluait une vaste zone d'approche le long de la promenade Prince of Wales, à travers le paysage pittoresque de l'Arboretum. De là, le public pouvait accéder aux diverses installations de la zone centrale dont les principaux éléments sont toujours présents. Il importe de préserver ce type d'approche et de l'améliorer, par un meilleur entretien, une restauration judicieuse et des ajouts modernes qui sauront s'adapter à l'ensemble. Ainsi, plutôt que de considérer le « parc » à l'est de la promenade Prince of Wales comme une installation publique distincte, sans lien avec le programme de recherche de la FEC, il faut à nouveau le considérer comme « l'entrée en scène » sur la Ferme, qui s'étend des deux côtés de cette promenade jusqu'à la zone centrale. Il est particulièrement important de faire de cette promenade un élément d'intégration, plutôt que de scission, en rétablissant la continuité du paysage des deux côtés du couloir.

Les riches traditions architecturales de la Ferme sont toujours visibles dans la zone centrale, sises au milieu d'un paysage bien établi qui a conservé la majeure partie de ses détails d'origine. La qualité de ces ressources confère une qualité spéciale à la zone centrale. Les variations discrètes des styles architecturaux et des aménagements paysagers revèlent les différentes utilisations à travers l'histoire. Le problème qui se pose, dans la zone centrale, ne vient pas de la perte d'éléments physiques mais plutôt d'une perte d'identité, la zone étant devenue fragmentée sur le plan fonctionnel. Des modifications aux programmes et une meilleure coordination de l'utilisation des installations et des profils d'accès permettraient de rétablir et de consolider les rapports entre les divers complexes formés par les installations de recherche, les bureaux administratifs, les résidences et les étables. Quelques nouvelles installations pourraient aussi y être ajoutées, à la condition que leur conception et leur emplacement respectent les tendances historiques.

Les activités de recherche sont concentrées dans l'édifice Neatby et d'autres installations de recherche disséminées dans la portion ouest de la zone centrale. L'architecture de ces bâtiments est plus fonctionnelle, mais tout aussi adaptée aux lieux. À mesure qu'on se déplaçait de l'est vers l'ouest, en passant par la zone centrale, l'aménagement paysager devenait plus ordonné, passant du paysage pittoresque de l'Arboretum aux rangées de haies et aux vergers plus ordonnés de la portion nord de la zone centrale jusqu'aux champs rectilignes. Une transition similaire se reflétait dans l'architecture, qui passait elle aussi d'un style pittoresque à un style plus fonctionnel. Certaines de ces qualités demeurent encore présentes et il serait possible de les consolider, tant par l'aménagement paysager que par la conception des nouvelles installations de recherche. Les installations à l'ouest de la zone centrale, dans les champs, pourraient offrir une réinterprétation moderne d'une conception fonctionnelle de haute qualité. Enfin, le tracé des champs continuera d'évoluer au gré des besoins de la recherche, mais ses caractéristiques essentielles, c'est-à-dire le caractère rural des champs ouverts et le caractère ordonné de l'agriculture, seront maintenues et serviront de base au reste du paysage de la Ferme.

Le déménagement des services de l'administration centrale, de l'édifice Sir-John-Carling au nouveau complexe Skyline, renforcera l'aménagement initial du paysage. Le complexe fournira en effet un point d'ancrage à la Ferme, à l'ouest, tout en créant une séparation visuelle et fonctionnelle entre AAC, un organisme national, et la Ferme expérimentale centrale, comme centre d'activité localisé. L'édifice Sir-John-Carling devient alors un lieu de rencontre tout indiqué entre le public et la communauté scientifique de la Ferme; il pourrait servir, d'une façon plus générale, de centre d'information sur les activités de recherche d'AAC et créer un lien entre les activités locales et nationales, par exemple en abritant les collections nationales. La présence de l'ICRSA dans la zone centrale viendra renforcer cette optique.

Tel qu'indiqué dans les notes documentaires du présent rapport, un paysage culturel fait appel à une cartographie à la fois physique et mentale. L'intégrité du paysage culturel est assurée lorsque ces représentations se complètent l'une l'autre et qu'elles respectent l'histoire et les ressources culturelles des lieux. Dans l'état actuel, le lien entre les cartes physiques et mentales de la FEC est confus. La situation pourrait toutefois être grandement améliorée, et l'intégrité du paysage culturel serait ainsi assurée, par l'utilisation de l'option « recherche » comme nouveau cadre de référence, une gestion adéquate et un réaménagement de certaines portions du site.

Ressources architecturales

Analyse : Malgré la grande diversité de bâtiments et de styles architecturaux sur la Ferme, on y remarque une cohésion étonnante ainsi qu'une continuité entre l'architecture et le paysage. Dans l'esprit du public, une poignée de bâtiments clés confère à la FEC son caractère particulier; les bâtiments incluent l'étable principale des bovins laitiers, le bâtiment des céréales, l'édifice Saunders, ainsi que quelques bâtiments de styles Tudor et Domestic Revival américain, au nord de la promenade de la CCN. La plupart de ces bâtiments se trouvent dans la portion est de la zone centrale, près du rond point. Malgré leurs différences, ils peuvent tous être considérés comme s'inscrivant dans la tradition « Arts and Crafts » qui s'est poursuivie de la fin du XIXe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Cette tradition favorisait les matériaux naturels, les silhouettes imposantes, les variations dans les revêtements de surface ainsi que les petits détails comme les fenêtres à carreaux et les consoles décoratives. L'Observatoire fédéral rappelle ce style, en créant un deuxième élément d'intérêt à l'extrémité nord de la zone centrale. Les bâtiments plus à l'ouest de la zone centrale ont tendance à présenter un style plus fonctionnel et plus simple. L'édifice Sir-John-Carling se détache quelque peu de ce paysage, à cause de sa construction plus tardive, de ses grandes dimensions, de son emplacement isolé et de ses proportions quelque peu sévères. Cependant, le ministre de l'Agriculture de l'époque avait insisté pour que le revêtement de verre et d'acier soit modifié afin de pouvoir intégrer des éléments offrant de plus petits détails et faisant référence aux matériaux traditionnels.

Lignes directrices : La plupart des principaux bâtiments qui contribuent au caractère de la Ferme ont été désignés édifices reconnus ou édifices classés, en vertu du Programme des édifices fédéraux du patrimoine. Ces bâtiments devraient être protégés et améliorés conformément au Code de pratique du BEEFP.

Lorsque l'utilisation ou les occupants d'un bâtiment changent, on ne devrait épargner aucun effort pour trouver de nouvelles utilisations qui soient compatibles avec les dimensions générales, la configuration et les voies de circulation des bâtiments existants.

Si des adjonctions sont nécessaires, celles ci devraient être suffisamment petites pour être complémentaires au bâtiment principal.

Lorsque des réparations majeures ou des investissements importants s'imposent, les caractéristiques principales d'origine devraient être préservées et les éléments manquants importants devraient être restaurés d'après les dossiers historiques. Les nouvelles réalisations devraient être modernes, tout en respectant la forme, les matériaux et les détails des bâtiments d'origine.

Par ailleurs, il faudrait chercher à mettre en valeur les similarités entre les bâtiments qui forment des complexes traditionnels sur la Ferme, quant à leurs matériaux, leur couleur, leurs détails et leur orientation.

Les liens traditionnels entre les bâtiments et le paysage devraient être maintenus et toute modification inadéquate qui a été apportée devrait être restaurée. Selon la tradition « Arts and Crafts », il est important de créer un rapport étroit avec les zones de verdure et d'éviter d'isoler les bâtiments au moyen de structures inertes comme des clôtures et des aires de stationnement.

Les bâtiments non désignés peuvent néanmoins faire partie des éléments du paysage culturel et être maintenus, en particulier ceux situés à l'ouest de la zone centrale et dans les champs. Une plus grande latitude est alors permise quant aux altérations pouvant être apportées à ces installations, à la condition que l'échelle des bâtiments demeure appropriée.

Les dimensions et les détails des nouveaux bâtiments doivent s'harmoniser au reste et ceux ci doivent bien s'intégrer au paysage et renforcer à la fois les caractéristiques physiques et fonctionnelles du paysage culturel. Dans la zone d'entrée, les nouveaux bâtiments devraient se limiter à de petits pavillons. Dans la portion est de la zone centrale, les bâtiments devraient avoir un usage plus public et refléter le style « Arts and Crafts » dans leur forme, leurs matériaux et leurs détails. Enfin, dans la partie ouest de la zone centrale, ainsi que dans la zone d'appui, les bâtiments pourraient refléter leurs usages à des fins de recherche et être de conception plus fonctionnelle en plus de renforcer les noyaux existants.

L'édifice Sir-John-Carling est un bâtiment moderne qui, comme bon nombre de ce genre, a été construit en fonction d'une durée de vie limitée. Or cet édifice s'approche de la fin de sa durée de vie normale. Il a également été construit à une échelle différente, selon son utilisation comme siège de l'administration centrale. Le réaménagement de ce lieu offre la possibilité de conserver l'esprit du bâtiment d'origine tout en l'adaptant en vue d'en faire un usage plus intégré, ce qui signifierait la construction d'un nouvel édifice qui s'harmoniserait mieux à ses environs et qui servirait à lier la présence du public et les activités de recherche sur la Ferme.

Ressources du paysage

Arboretum et collections de végétaux

Analyse : Les collections d'arbres, d'arbustes et de plantes ornementales définissent le contenu et les points d'intérêt du paysage culturel dans l'entrée et la zone principale. Cependant, la valeur de ces collections comme outils de recherche et à des fins scientifiques a été négligée au cours des dernières années et risque d'être perdue à jamais. Les travaux d'entretien, de culture, de tenue de dossiers et d'interprétation, qui font partie du mandat d'un arboretum ou d'une collection de recherche, exigent des compétences et du personnel qu'il a été impossible d'obtenir. Le personnel et des bénévoles ont redoublé d'efforts en vue de préserver ces collections mais ne disposaient d'aucune vision globale, ni de méthodologie rigoureuse, pour guider leurs travaux.

Lignes directrices : L'Arboretum et les autres collections de végétaux devraient faire l'objet d'une étude de planification stratégique, ce qui déterminerait le rôle au cours des cinquante prochaines années de la Ferme expérimentale centrale. L'utilisation des collections à des fins de recherche s'inscrirait parfaitement dans la reconduction de la vocation de recherche pour l'ensemble de la Ferme. Les collections ont en outre une valeur sur le plan de l'éducation et de la recherche, et les projets futurs pourraient porter sur des sujets tels que la foresterie urbaine durable; la mise au point de cultivars d'érables, d'ormes et autres essences importantes au Canada qui soient résistants aux maladies ainsi que d'arbres tolérant la sécheresse pour les parcs publics et les espaces libres qui ne sont pas irrigués.

La planification stratégique des collections devrait inclure un volet axé sur la recherche de partenaires de financement et de recherche. Ces partenaires pourraient notamment être issus des départements de l'Université Carleton ou d'autres universités; des administrations municipales ou régionales ou encore de pépinières privées. Guidés par des orientations bien définies et des techniques de recherche établies, les Amis de la Ferme expérimentale centrale, d'autres groupes d'intérêt et des bénévoles continueront d'avoir un rôle important à jouer, dans le maintien de ces ressources paysagères très importantes et la communication au public des connaissances acquises, en accord avec la vocation de sensibilisation qui s'inscrivait dans le mandat de la Ferme expérimentale centrale. L'Arboretum, en plus de présenter des valeurs sur le plan historique et de la recherche, devrait être géré de manière à en accroître la valeur comme un important espace ouvert public pour la Ville d'Ottawa et une zone importante sur le plan environnemental avec ses prairies, ses forêts et ses terres humides. (Pour plus d'information sur les lignes directrices précises en matière d'aménagement, consulter les sections sur les arbres, les arbustes et le gazon de la rubrique Lignes direcrices en matière d'aménagement.)

Champs de recherche

Analyse : La mosaïque délicate des champs de recherche, avec son réseau de routes principales et secondaires et ses bâtiments de soutien dispersés, forme la ressource paysagère la plus vaste et la plus cohérente de la Ferme expérimentale centrale. La forme historique de la zone d'appui est résistante, celle ci permettant la modification constante des espèces de recherche, sans pour autant perdre son caractère global.

Lignes directrices : La vocation de recherche établie par le Plan directeur devrait assurer l'utilisation continue des champs de la zone d'appui à des fins scientifiques. La FEC est unique, en ce qu'elle offre la possibilité de mener des recherches sur des grandes cultures à proximité de milieux urbains, un domaine de recherche d'une grande importance en soi, du fait que les villes canadiennes ne cessent d'empiéter sur l'arrière-pays agricole. Le principal facteur qui menace la préservation du paysage culturel historique de la zone d'appui est l'étalement urbain qui crée des pressions en faveur de l'élargissement des routes et de la modification des paysages par un traitement de plus en plus urbain, sur la Ferme et dans les secteurs y attenant. De façon générale, toute modification envisagée aux routes, qui aurait une incidence sur le paysage culturel de la Ferme, devrait être conçue de manière à améliorer, plutôt qu'à endommager, l'intégrité du paysage (voir les lignes directrices précises énoncées pour chaque route, dans la section sur les paysages de rue).

Ressources agricoles

Analyse : À l'origine, le but premier des fermes expérimentales était d'offrir des modèles représentant tous les aspects d'une exploitation agricole bien aménagée, depuis les champs de culture et les bâtiments des animaux jusqu'aux jardins d'ornement et aux plantations brise-vent. On peut donc considérer que la majeure partie du paysage culturel inclut des ressources agricoles. Un certain nombre de bâtiments agricoles importants sur la Ferme, dont l'étable des bovins laitiers, sont gérés par le Musée de l'agriculture du Canada qui offre également des services d'interprétation au public. La zone d'appui est la principale ressource agricole de la Ferme et on s'attend à ce que sa gestion dans un avenir prévisible soit basée sur la production de grandes cultures, avec le maintien de quelques bâtiments de soutien.

Lignes directrices : Le Musée s'est vu confier le mandat de préserver les ressources agricoles de la zone centrale qui ne sont pas utilisées pour la recherche, ces ressources incluant les bâtiments et le bétail. Même si certaines ressources sont présentées aujourd'hui au public en raison de leur valeur historique, davantage que pour aider les agriculteurs à aménager et à gérer leurs propres exploitations comme c'était le cas par le passé, elles continuent d'attirer des visiteurs à la Ferme et elles préservent ainsi l'étroite proximité entre la vocation agricole et la recherche un élément déterminant du caractère de ce paysage culturel.

Le Musée a préparé un Plan directeur devant guider ses plans d'aménagement. Même si la préservation des ressources agricoles dans la zone centrale a permis de maintenir l'intégrité culturelle de la Ferme, le Musée a dû modifier les tracés de circulation pour les véhicules et les piétons et aménager des clôtures, des aires de stationnement et des panneaux de signalisation qui ne cadrent pas avec l'environnement naturel. Il faudrait encourager le Musée à élargir ses activités de vulgarisation et ses expositions et à raconter l'histoire de l'ensemble de la Ferme expérimentale centrale, dans le cadre de son mandat d'interprétation. Le Plan directeur du Musée devrait donc être revu à la lumière du présent Plan directeur de la FEC, notamment en regard des points suivants  :

Ressources environnementales

L'évaluation environnementale stratégique de la Ferme expérimentale centrale est présentée en annexe au Plan directeur. Cette évaluation décrit en détail les ressources environnementales actuelles du site, en s'appuyant sur l'étude sur les espaces naturels et ouverts (NOSS), réalisée par la Ville d'Ottawa, et sur le Plan officiel de cette ville. La majeure partie de la Ferme y est décrite comme un « Espace libre » comptant plusieurs sous zones d'importance environnementale dans la portion située à l'ouest de la promenade Prince of Wales, en plus de la plantation brise-vent historique et le fossé à l'ouest de l'avenue Fisher. Voici les zones qui incluent des ressources environnementales désignées  :

Champs de la Ferme expérimentale centrale

La majorité des terrains situés dans la zone à l'étude sont des champs d'une superficie de 350 hectares consacrés à des cultures agricoles commerciales ou des terres en jachère. Cette zone est également ponctuée de petites bandes boisées de conifères et de feuillus, dont une, désignée boisé de la FEC, est décrite ci après. Les champs de la Ferme se caractérisent par sept unités générales de végétation regroupant environ 160 espèces végétales et agricoles. La plus grande de ces unités de végétation est constituée du réseau de champs expérimentaux contenant diverses cultures, dont le maïs, le blé et l'orge. Cette section compte également une variété d'espèces ligneuses, dont le cerisier de Virginie (Prunus virginiana), l'alisier (Viburnum lentago), le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica) et le tilleul (Tilia americana). Les champs regroupent un grand nombre d'espèces florales, incluant des verges d'or (Solidago canandensis, Euthamia graminifolia), des asters (Aster novae-angliae, Aster cordifolius), le brome (Bromus inermis), la fléole (Phleum pratense), la benoîte d'Alep (Geum aleppicum var. strictum), l'aigremoine (Agrimony gryposepala) et la renoncule âcre (Ranunculus acris). On y retrouve également de nombreuses espèces fauniques, dont quatre espèces de mammifères, 27 espèces d'oiseaux et cinq espèces d'herpétofaune. Enfin, parmi les espèces de bétail dont l'entretien est confié au Musée de l'agriculture du Canada, mentionnons les chevaux, les bovins laitiers et de boucherie, ainsi que les petits animaux de ferme. On n'y retrouve aucun élément ou espèce d'importance significative.

Un « fossé » dans les champs situés à l'ouest de l'avenue Fisher a été qualifié de cours d'eau de valeur modérée dans l'étude NOSS.

Boisé de la Ferme expérimentale centrale

Le boisé de la FEC est une aire boisée naturelle située à l'est de l'avenue Fisher, où l'on retrouve principalement les espèces suivantes : pin blanc (Pinus strobus), pin rouge (Pinus resinosa) et pin sylvestre (Pinus sylvestris). Parmi les autres espèces ligneuses présentes, mentionnons l'érable à sucre (Acer saccharum), l'orme d'Amérique (Ulmus americana) et le frêne blanc (Fraxinus americana). La végétation au sol inclut diverses mauvaises herbes et graminées communes, fréquentées par des mammifères dont la marmotte, le renard roux, l'hermine et le campagnol. Le boisé de la FEC abrite également plus de cent espèces d'oiseaux et cette zone est considérée comme ayant une grande valeur. On n‘y retrouve aucune caractéristique ou espèce d'importance significative.

Selon l'étude NOSS, le boisé de la FEC est un boisé de valeur modérée, présentant une faible valeur environnementale, une valeur sociale modérée, une faible valeur récréative et une faisabilité modérée.

L'Arboretum

L'Arboretum situé près du lac Dow couvre une superficie d'environ 14,3 hectares. Cette zone fait partie du couloir de verdure et comprend plusieurs aires boisées, deux cours d'eau qualifiés d'affluents du canal Rideau, une terre humide située près du canal, ainsi que plusieurs jardins, dont le Jardin écologique Fletcher. L'Arboretum offre également des vues de la Ferme expérimentale centrale, du Jardin écologique Fletcher et du canal Rideau. De plus, il comporte un éventail varié d'arbres et d'arbustes à maturité, dont certains datent de 1889 et figurent parmi les plus gros spécimens de leur espèce au Canada. Un grand nombre de ces arbres ont été importés d'Europe, d'Asie et des États Unis (www.agr.gc.ca). et ils procurent de grandes quantités de fruits et de semences pour les oiseaux, en plus de leur servir de nids et d'abris. L'Arboretum est défini comme une plantation ornementale mixte (pins, érables et frênes) de haute terre. Parmi les essences qu'on y retrouve, mentionnons le pin blanc (Pinus strobes), l'épinette blanche (Picea glauca), l'épinette de Norvège (Picea abies), l'érable à sucre (Acer saccharum), le frêne blanc (Fraxinus Americana), ainsi qu'une variété d'arbres et d'arbustes indigènes et horticoles.

L'Arboretum et les jardins d'ornement se distinguent également par leurs nombreux espaces gazonnés ouverts et leur variété de jardins, dont le populaire jardin Macoun, près du rond point. Ces jardins abritent 100 types d'iris, 125 variétés différentes de lilas, la série de roses Explorer et bien d'autres espèces végétales. Les unités de végétation dans la terre humide ouverte qui borde le canal Rideau incluent des quenouilles (Typha angustifolia, Typha latifolia), le sparganium (Sparganium spp.), le calamagrostide du Canada (Calamagrostis canadensis), la sagittaire latifoliée (Sagittaria latifolia), le potamot (Potamogeton spp.), l'élodée (Anacharis canadensis), des algues (Cladophora spp.) et l'impatiente du cap (Impatiens capensis). La terre humide et le canal Rideau sont reliés directement par les eaux de surface. Cette aire abrite plusieurs espèces de poissons dont une variété de cyprinidés (ménés), des crapets et quelques poissons de pêche sportive. Le marécage en eaux libres situé près du canal Rideau est considéré comme une rareté dans la région.

Les mammifères suivants ont aussi été observés dans l'Arboretum : l'écureuil gris (Sciurus carolinensis) - sous ses deux formes colorées, le lapin à queue blanche (Sylvilagus floridanus) et le tamia rayé (Tamias striatus). L'Arboretum abrite également plusieurs espèces de reptiles et d'amphibiens, dont le crapaud d'Amérique (Bufo americanus), la rainette crucifère (Hyla crucifer), la grenouille léopard (Rana pipiens) et la grenouille verte (Rana clamitans). Enfin, parmi les espèces d'oiseaux habituellement observées dans la région, mentionnons le merle d'Amérique (Turdus migratorius), la mésange à tête noire (Parus atricapillus), la corneille d'Amérique (Corvus brachyrhynchus) et le chardonneret jaune (Carduelis tristis).

Dans l'étude sur les espèces libres et naturels (NOSS), l'Arboretum est classé comme suit : boisé de valeur modérée, offrant une faible valeur environnementale, une grande valeur sociale, une grande valeur récréative et une grande faisabilité. Quant à la terre humide située dans la zone de l'Arboretum et du canal, elle est classée terre humide à valeur modérée. Les deux affluents du canal Rideau dans cette zone sont classés cours d'eau d'une valeur modérée et faible.

Avenue Carling

L'aire de l'avenue Carling, située au sud de l'avenue Carling, occupe une superficie d'environ 5,26 hectares. Dans l'étude NOSS, cette aire estclassée comme un « espace libre » offrant des points de vue sur des éléments importants. Cette zone consiste en une pelouse bien entretenue parsemée d'arbres à maturité le long de sa limite ouest et d'arbres plus jeunes dispersés sur son ensemble. On n'y retrouve aucune espèce faunique, aucun habitat du poisson, ni aucune caractéristique ou espèce d'importance significative. Cette zone était occupée par une décharge à une certaine époque.

Selon l'étude NOSS, les ressources environnementales de la zone de l'avenue Carling offrent une valeur sociale modérée, une valeur récréative modérée et une faisabilité modérée.

Les recommandations visant à protéger l'Arboretum, la terre humide en bordure du canal, les affluents du canal Rideau et le boisé de la FEC trouvent également écho dans le projet de Plan officiel de la Ville d'Ottawa (janvier 2003) où l'on utilise les désignations suivantes : Principaux espaces libres, Caractéristiques naturelles urbaines ainsi qu'une rubrique particulière consacrée à la Ferme expérimentale centrale.

Lignes directrices : La gestion des ressources environnementales de la FEC devrait se faire en accord avec l'étude sur les espaces naturels et ouverts (NOSS) et le Plan officiel de la Ville d'Ottawa. Au nombre des stratégies précises visant à améliorer et à protéger les valeurs environnementales de la Ferme expérimentale centrale, mentionnons les suivantes :

(Pour plus de détails sur l'aménagement de la végétation, voir les Lignes directrices en matière d'aménagement.)

Circulation et transport

Analyse : La Ferme expérimentale centrale est bien desservie par des routes et des services de transport en commun. Une évaluation du niveau de service des routes indique que certaines sont près d'atteindre la limite du niveau de service souhaité pour des rues urbaines. La Ville d'Ottawa a choisi de privilégier l'amélioration du transport en commun plutôt que d'accroître la capacité routière.

D'importantes pistes cyclables régionales traversent le site, le long de la promenade de la CCN et de la voie Cow. De plus, toutes les routes et les principaux sentiers sont fréquentés par des cyclistes.

Lignes directrices : Il faudrait éviter d'élargir les routes, et plus particulièrement les sentiers, qui traversent la Ferme expérimentale centrale. Il faut aussi éviter de remplacer le paysage de rue rural par des bordures et des trottroirs en béton, dans les zones attenant aux champs. (Consulter à cet effet les Lignes directrices relatives à l'aménagement du paysage de rue pour chaque route, dans le Plan directeur.)

Il faudrait également encourager l'utilisation de la bicyclette sur la Ferme expérimentale centrale par une signalisation appropriée, le ralentissement de la circulation automobile et l'installation de supports à bicyclettes. Par ailleurs, on devrait concevoir l'aménagement d'un rond point à l'intersection de la promenade Prince of Wales et de la route menant à l'écluse Hartwell de manière à y faciliter la traversée des bicyclettes sur la piste cyclable. Les patins à roues alignées devraient être autorisés sur les sentiers déjà asphaltés, mais il n'est pas recommandé de remplacer le revêtement de gravier par de l'asphalte pour permettre la pratique de ce loisir, en raison des répercussions que cela aurait sur le caractère du paysage.

Accès et sécurité du public

Analyse : Il arrive que les utilisations faites le public fréquentant la Ferme expérimentale centrale pour des activités récréatives comme la marche, le jogging, la bicyclette et la promenade de chiens entrent en conflit avec la vocation de recherche sur les grandes cultures. Or comme la croissance urbaine ne fait que s'intensifier autour de la Ferme, la fréquence de ces conflits ne peut qu'augmenter.

Lignes directrices : L'utilisation croissante par le public des routes traversant la Ferme expérimentale centrale, pour les promenades à pied, le jogging, le vélo ou la promenade de chiens, met en péril la recherche dans les champs. Là où de tels conflits surviennent, il faudrait envisager d'ajouter des sections de clôture (voir les Lignes directrices relatives aux clôtures). De plus, la stratégie de signalisation devrait définir clairement les limites de toutes utilisations publiques, tout en informant le public sur les raisons justifiant les mesures prises par AAC.

La gestion de la sécurité devrait se faire séparément pour chaque bâtiment, là où les programmes de recherche et les collections exigent un environnement sécurisé. Une surveillance générale devrait aussi être exercée par des gardes de sécurité patrouillant en voiture et à bicyclette. Si le type de clôtures proposé ne suffit pas à assurer le niveau de sécurité souhaité, des caméras de surveillance ou de fossés munis de capteurs électroniques devraient être utilisés, de préférence à des clôtures hautes ou autres types de barrières visuellement peu esthétiques.

Mise en valeur de l'environnement et de la science

La FEC offre aux visiteurs des possibilités exceptionnelles de mieux comprendre et connaître la science, la vie rurale et l'histoire du Canada. Ces possibilités pourraient être offertes par AAC, seul ou en collaboration avec d'autres institutions fédérales comme RNCan, le Musée de l'agriculture du Canada, la Commission de la capitale nationale et Parcs Canada, ou des organismes privés comme les Amis de la Ferme expérimentale centrale et l'Ottawa Field-Naturalists Club (Jardin écologique Fletcher).

De nombreux organismes scientifiques, culturels et publics exercent des pressions auprès de tous les ordres de gouvernement, afin d'améliorer les connaissances scientifiques au Canada par une meilleure information et des programmes spéciaux. Note de bas de page 9 La Ferme expérimentale centrale est un des endroits les mieux indiqués au Canada pour offrir ce type de programmes. La Ferme est en effet le lieu d'un programme scientifique dynamique et évolutif, dirigé par quelques uns des scientifiques les mieux qualifiés du Canada. De plus, ce programme est accessible à un grand nombre de participants - touristes, congressistes, groupes scolaires locaux et nationaux, population étudiante de deux universités et d'un programme en horticulture de niveau collégial, scientifiques invités et spécialistes du gouvernement. Enfin, elle possède les infrastructures physiques nécessaires pour soutenir divers programmes de vulgarisation et offrir des expériences mémorables. Un programme de mise en valeur efficace saura faire ressortir les liens entre les travaux menés par les diverses institutions présentes sur la Ferme.

Orientations des programmes

Les programmes dans les domaines environnemental, scientifique et horticole pourraient tirer profit des avantages suivants offerts par la Ferme expérimentale centrale :

Mise en valeur du patrimoine

La valeur patrimoniale de la Ferme expérimentale centrale réside dans son histoire et ses contributions à la science et à l'agriculture au Canada, dans sa conception globale, ses édifices du patrimoine et les éléments historique de son paysage. À l'heure actuelle, le Musée de l'agriculture du Canada offre le principal programme sur le patrimoine, ce programme étant axé sur le mandat principal du Musée, qui est de présenter l'histoire de l'agriculture au Canada, ainsi que des bâtiments et des terrains qu'il occupe. Les Amis de la Ferme expérimentale centrale s'intéressent quant à eux à l'horticulture et offrent, à l'occasion, des programmes liés à l'histoire de la Ferme.

L'Énoncé d'intégrité commémorative du lieu historique national de la Ferme expérimentale centrale contient des messages « d'importance nationale » qui devraient être diffusés à la Ferme. En voici un résumé :

On pourrait aussi y ajouter un message sur le rôle de l'astronomie dans l'établissement de la cartographie et de la topographie du Canada, au XIXe siècle. Tout comme pour la mise en valeur de l'environnement et de la science, il faudrait là aussi insister sur les liens entre les domaines de recherche, ainsi qu'entre l'histoire et la science.

Orientations des programmes

Les programmes à valeur patrimoniale pourraient tirer profit des points forts de la Ferme expérimentale centrale, à savoir :

La structure de régie de la Ferme expérimentale centrale déterminera les rôles et les responsabilités concernant les programmes sur les ressources patrimoniales, et ceux-ci détermineront en retour le type d'études qui devront être réalisées.

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