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Plan directeur du lieu historique national de la Ferme expérimentale centrale (11 de 20)

III.3 - Scénarios de planification envisagés

Le but d'un plan directeur est de comprendre et de consolider la relation entre le paysage culturel et l'identité culturelle. Dans le cas de la Ferme expérimentale centrale, il s'agit de déterminer s'il faut consolider une identité unique ou s'il faut, au contraire, développer un ensemble d'identités qui s'harmoniseront au lieu de se faire concurrence. Il apparaît donc clairement que la première étape, dans l'établissement des assises d'un plan directeur, doit viser à régler cette question d'identité.

Avant de procéder à l'élaboration de certains scénarios, on a défini une série de principes directeurs pour guider le processus et en mesurer les résultats.

L'objectif global du processus, pour AAC, a été établi comme suit :

Cet énoncé de vision visait à respecter les trois valeurs fondamentales de la Ferme énoncées dans le projet d'élaboration des critères par le Conseil consultatif de la FEC, et selon lesquelles la Ferme était un paysage culturel d'importance national; un centre de recherches agricoles continues et un lieu offrant la possibilité de faire la démonstration de la dynamique résultant de la continuité et de la modification du paysage.

Les principes plus spécifiques suivants ont aussi été définis :



Scénarios

À la lumière des résultats obtenus, quatre orientations possibles pour un plan directeur de la Ferme expérimentale centrale ont été examinées durant le processus de planification. Ces quatre options sont définies ci après.

Scénario 1 : identités multiples

La première option prévoyait l'établissement d'identités multiples, reconnaissant ainsi que la Ferme a été fragmentée, qu'elle compte de multiples occupants dont les activités sont justifiées par des objectifs valables et que ces différents occupants poursuivront leurs activités assez indépendamment les uns des autres.

En vertu de cette option, la FEC conserverait sa forme actuelle, c'est à dire un lieu où divers organismes et ONG poursuivraient de nombreux intérêts différents. Le Plan directeur aurait alors pour but de préciser les limites de ces divers organismes et de définir les objectifs du Plan directeur propres à chacun. Il définirait également une structure de gestion globale pour la coordination des activities, y compris une convention ou une entente prévoyant le respect de l'intégrité physique et fonctionnelle globale des lieux. Le Plan directeur recommanderait également des stratégies d'aménagement appropriées pour les parcelles urbaines adjacentes. De toutes les options envisagées, l'option « identités multiples » est celle qui exigerait la structure de régie la plus complexe mais qui, bien conçue, pourrait offrir la souplesse nécessaire pour favoriser l'établissement de partenariats novateurs. Au fil des ans, toutefois, les chevauchements entre les différents contrats de location et protocoles d'entente feraient en sorte qu'AAC exercerait un contrôle direct de moins en moins grand sur le développement de la Ferme.



Les accès et les voies de circulation resteraient fragmentés, comme ils le sont actuellement. Cependant, le Plan directeur déterminerait des lignes directrices communes relativement au traitement des édifices, des zones de verdure et des éléments inertes du paysage, ainsi que des espaces communs, afin de rétablir une partie de la clarté des plans d'origine et de mieux faire valoir les éléments historiques. Toute identité commune n'existerait toutefois que sur le plan physique et, sur le plan fonctionnel, la Ferme serait exploitée comme un ensemble d'entités qui se chevauchent. En d'autres mots, les qualités statiques des ressources patrimoniales seraient protégées et maintenues, mais les qualités plus dynamiques de ces ressources, en tant que parties intégrantes d'un paysage culturel plus vaste, seraient menacées.

Enfin, le plan examinerait les responsabilités de l'ensemble des parties quant au financement du développement de l'ensemble de la FEC, y compris les dépenses d'immobilisations et les frais d'exploitation et d'entretien. À l'heure actuelle, ces responsabilités sont mal définies et AAC a tendance, implicitement, à assumer la majeure partie du fardeau financier, sans nécessairement contrôler le modèle de développement.

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Scénario 1 : identités multiples

Scénario 2 : musée sans murs

Cette option prévoit le rétablissement d'une certaine unité et l'adoption d'une vision centralisée pour la Ferme, par l'élargissement du rôle du Musée et une redéfinition de ses fonctions.

Cette option reconnaît que l'importance culturelle de la FEC amène le public à prendre davantage conscience de son histoire et à s'intéresser autant à son passé qu'à son avenir. L'option « musée sans murs » vise à consolider l'image d'un paysage culturel unifié en présentant la Ferme au public d'une manière coordonnée. Le Musée de l'agriculture serait redéfini pour devenir un centre d'interprétation plus grand, chargé de témoigner non seulement de l'histoire de la FEC, mais aussi des projets de recherche et des initiatives stratégiques actuellement menés par la Ferme et AAC. Les musées sont des entreprises de communication qui ont la possibilité de faire, d'un lieu à valeur culturelle, une interprétation qui lui est propre. Ce sont également des institutions qui évoluent et la FEC offre un cadre parfait pour y établir un musée s'inspirant davantage d'un écomusée ou autre type de musée novateur sans murs.

Cette option nécessiterait la modification des tracés de circulation pour la création d'un point central d'accès, à l'intention du public et des visiteurs des centres de recherche comme le CRECO. Un centre d'accueil, exploité par le Musée, dirigerait les visiteurs sur la Ferme et vers les nombreux centres d'activité. Le musée offrirait des services d'interprétation, non seulement du passé, mais aussi du présent et de l'avenir de la FEC ainsi que du secteur agricole et agroalimentaire en général. Le musée élaborerait une stratégie de gestion concertée avec les autres partenaires de la Ferme, cette stratégie devant être suffisamment souple pour permettre l'entrée en scène de nouveaux partenaires, l'adoption de nouvelles initiatives stratégiques et la mise en œuvre de nouveaux programmes de recherche.



D'après le modèle proposé, le musée assumerait également la responsabilité des jardins d'ornement et de l'Arboretum, lesquels seraient revitalisés pour servir de lieux principaux d'orientation, de mise en valeur et d'interprétation. Comme l'a expliqué un directeur de l'Arboretum, un musée est un partenaire naturel des arboretums - tous deux exigent un personnel qui a le souci de la conservation et qui comprend l'importance des collections pour la recherche et la sensibilisation. En général, les collections des musées sont statiques plutôt que dynamiques mais, dans les deux cas, les principes sous jacents sont similaires. Le musée assumerait aussi la responsabilité des activités d'interprétation liées à l'Observatoire.

Selon cette approche, le musée aurait des responsabilités hiérarchiques à l'intérieur du réseau fédéral des musées; cependant, ses responsabilités fonctionnelles, en matière de production de rapports, se limiteraient à AAC et aux autres organismes responsables de la Ferme. Les questions liées à l'attribution des ressources feraient l'objet de négociations. Un musée serait habilité à comprendre et à gérer les préoccupations de Parcs Canada, ainsi que les exigences liées à la désignation de paysage culturel.

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Scénario 2 : musée sans murs

Scénario 3 : recherche

En vertu de l'option « recherche », le rétablissement de l'unité et l'adoption d'une vision centralisée se feraient par l'introduction d'un programme de recherche mieux intégré sur l'ensemble de la FEC et dans les régions urbaines adjacentes.

Le mandat global d'AAC, en regard de la Ferme, serait maintenu et même élargi et il serait directement lié aux objectifs de recherche et développement du Ministère. AAC mettrait à profit l'histoire de la FEC, pour en faire un centre de recherches intégré et très public, un modèle devant guider le développement futur. Il insisterait notamment sur l'importance d'établir des liens entre les politiques stratégiques plus générales et les activités menées sur la Ferme et élaborerait une stratégie de communications à l'appui de ses activités de recherche, en exploitant la valeur symbolique de la FEC pour les Canadiens de l'ensemble du pays.

Là encore, on mettrait l'accent sur le réaménagement de la zone centrale, mais en insistant sur la recherche comme élément unificateur et intégrateur. L'activité de recherche serait coordonnée par AAC, en collaboration avec d'autres partenaires de recherche, comme Santé Canada, Ressources naturelles Canada, Pêches et Océans Canada et Environnement Canada. De plus, un centre d'excellence consacré à la recherche sur les politiques agricoles serait mis sur pied dans la zone centrale. Les parcelles adjacentes, comme le site no 8, pourraient être aménagées en parcs scientifiques compatibles, où seraient menées des recherches non seulement dans les domaines de l'agriculture et de l'agroalimentaire, mais aussi sur les sciences de la vie, la santé et d'autres domaines connexes. De plus, on établirait des liens à la fois physiques et fonctionnels avec l'Université Carleton afin de faire ressortir le rôle intégrateur de la recherche. À l'intérieur de la Ferme, le rôle du musée serait élargi de manière à appuyer les programmes d'éducation et les activités internes, dans la poursuite des objectifs de recherche plus larges.



Le lieu chercherait à exploiter cette masse unique de terrains libres, situés à l'intérieur d'une zone urbaine dense, en vue d'étudier les problèmes liés à l'alimentation, à la santé et à la durabilité qui se situent à la croisée entre les cultures rurales et urbaines. Les intentions du plan d'origine seraient respectées, non seulement en ce qui a trait aux aspects purement physiques, mais aussi à ses notions plus abstraites, y compris l'engagement en faveur de l'expérimentation et l'intérêt à communiquer les principaux enjeux à un large public.

L'idée générale de cette approche est de faire de ce lieu une « ferme », qui soit plus « centrale » et plus « expérimentale », dans le contexte canadien général.

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Scénario 3 : recherche

Scénario 4 : parc public

Selon cette dernière option, la création d'une nouvelle identité globale pour la Ferme viserait à encourager le public à utiliser les lieux comme parc public. Les activités connexes seraient progressivement étendues vers l'ouest, depuis le lac Dow jusqu'à la zone centrale de la Ferme.

On remarque un intérêt de plus en plus vif, chez le public, en faveur de l'utilisation de la Ferme comme lieu de détente et parc pour la pratique de loisirs actifs et passifs. On chercherait à profiter de cet engouement pour créer un ensemble dynamique d'activités publiques qui s'étendraient sur une superficie de plus en plus grande du site. Ces activités recouperaient les activités en cours relativement à la recherche, aux services de l'administration centrale et aux opérations du musée.

Un centre de dialogue pourrait aussi être aménagé au cœur de la Ferme, pour servir de lieu public où AAC et d'autres organismes pourraient expliquer leurs rôles à un vaste auditoire. Un tel centre, à vocation manifestement publique, pourrait élaborer ses propres programmes d'information en accord avec l'histoire et les valeurs du lieu.



Enfin, la FEC s'intégrerait de plus en plus au vaste réseau de parcs urbains dans la région de la capitale nationale, ainsi qu'au paysage culturel du canal Rideau. L'histoire qui lui est propre lui conférerait une identité toute particulière au sein de ce réseau d'espaces libres, avec lequel elle aurait cependant à partager des ressources, des stratégies de gestion et des liens physiques.

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Scénario 4 : parc public

Sommaire des scénarios

Les quatre options ont en commun certaines exigences propres au site, notamment quant au maintien des limites actuelles, à l'établissement de rapports plus clairs avec les zones urbaines adjacentes et au réaménagement des approches par la promenade Prince of Wales et des autres approches, aux fins du renforcement de l'identité fédérale de la Ferme et l'importance du plan d'origine multidimensionnel.

Cependant, elles proposent également des perspectives d'avenir fondamentalement différentes pour la Ferme, chacune s'accompagnant de différents modèles de régie, différents processus de prise de décisions et différentes hypothèses relativement aux valeurs. Au fil des ans, ces différences feraient surface dans le caractère physique et fonctionnel de la Ferme.



Évaluation des options

Chaque scénario a été évalué en regard de critères d'évaluation précis. Le processus d'évaluation qui suit propose d'examiner chaque option séparément, en fonction de ses mérites particuliers et en comparaison l'une à l'autre.

Étant donné les caractères tangible et intangible des ressources qui forment le paysage culturel, l'évaluation des scénarios repose autant sur des critères qualitatifs que quantitatifs. L'évaluation comparative fournit toutefois quelques observations importantes.

L'option « identités multiples » permettrait très difficilement de rétablir et de maintenir une forte identité à la Ferme. Cette option pourrait être conçue de manière à protéger les ressources naturelles, mais les ressources culturelles, notamment les ressources dynamiques, seraient constamment menacées. Elle exige également les modèles de régie et de partenariat les plus complexes. De plus, il serait difficile de rationaliser les accès et les tracés de circulation avec des utilisateurs multiples, et les services aux visiteurs seraient fragmentés. Mais l'élément sans doute le plus important serait l'absence d'identité globale forte qui pourrait guider la prise de décisions dans un esprit de continuité. Les liens avec les milieux urbains environnants se feraient sur une base ponctuelle par les divers intervenants collaborant à la gestion des lieux.

L'option du « musée sans murs » propose une amorce d'identité globale pour le lieu, qui est cependant quelque peu nouvelle pour la Ferme. Cette option définit un cadre dont le modèle de régie demeure complexe, quoique plus logique et plus facile à réaliser. Les intérêts communs entre AAC et un nouveau conseil du musée seraient clairement définis et des partenariats pourraient se greffer à ce cadre global. De plus, un musée sans murs pourrait assurer une excellente solution pour la protection et la récupération des éléments architecturaux et paysagers plus statiques du paysage culturel, processus dans lequel l'énoncé d'intégrité commémorative jouerait un rôle déterminant. En revanche, les aspects plus dynamiques de la recherche pourraient être menacés. Enfin, un nouveau type de rapports avec le milieu urbain serait nécessaire - ce qui pourrait s'avérer un moyen efficace de rejondre d'autres établissements fédéraux offrant des services de mise en valeur et d'interprétation.



L'option « recherche » est la plus directe, car elle s'appuie sur une identité qui fait partie de la Ferme depuis sa création. De plus, son modèle de régie fonctionne bien, car il confère à AAC un rôle d'encadrement simple. Qui plus est, le renouvellement de l'identité de recherche serait très favorable au développement des qualités dynamiques du paysage culturel. Par contre, les ressources culturelles plus statiques pourraient être menacées par un modèle de développement évolutif, bien qu'une évaluation et un examen prudents des modifications proposées pourraient en assurer la protection, s'il y a lieu. Le traitement des ressources naturelles dépendrait du programme de recherche global. Cette option nécessiterait une adaptation prudente, mais créative, de la FEC en fonction des demandes continues, mais pourrait avoir l'avantage de bénéficier de modèles de financement relativement stables en raison du mandat général de recherche qui est confié à AAC. Une telle option pourrait également favoriser des liens plus durables avec le milieu urbain, au fil des ans.

Enfin, l'option « parc » vient consolider une identité qui a déjà commencé à prendre forme. Elle redéfinit le paysage culturel de manière à pouvoir préserver la continuité visuelle, même si les profils d'utilisation et la continuité fonctionnelle sont sensiblement modifiés. Cependant, le lieu perdrait son identité fédérale, au profit d'une identité municipale. Ainsi, plutôt que d'être un lieu de recherche où le public est invité, la Ferme deviendrait un paysage public où la recherche serait permise. Cette revendication des lieux par le public aurait un effet déterminant sur son développement futur. Le caractère pittoresque du paysage, en particulier dans l'entrée et certaines sections de la zone centrale, serait propice à l'aménagement d'un parc, et les sections plus ordonnées pourraient graduellement être adaptées pour favoriser la pratique de loisirs.

Enfin, toutes les options prévoient le maintien d'autres identités cohabitant avec une identité dominante générale. Une telle identité a pour avantages de définir une structure d'encadrement à l'appui de la prise de décisions et de favoriser l'établissement de relations à long terme entre le lieu et la population.

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