Comme le montre la figure 11, la consommation de dindon par habitant est demeurée assez stable au cours des 20 dernières années, passant de 4,12 kg en 1986 à 4,3 kg en 2006, ce qui représente une augmentation de 4,3 p. 100. En comparaison, la consommation de bœuf et de porc par habitant a diminué de 17 et de 16 p. 100, respectivement, durant la même période.
Figure 11 – Consommation de dindon par habitant au Canada – 1986‑2006
(poids éviscéré)

Source : Statistique Canada
Entre 1986 et 2006, la consommation moyenne de viande par habitant au Canada a varié entre 93,7 et 95,11 kg par année1. La quantité totale de viande consommée est demeurée très stable, les hausses de la consommation d’un type de viande étant compensées, en règle générale, par des réductions de la consommation de certains autres types. En conséquence, il est bon de souligner que l’augmentation de la consommation de volaille, en général au Canada, a concordé avec un fléchissement de la consommation de bœuf et de porc.
La consommation de bœuf a atteint son plus haut niveau au milieu des années 1970, mais elle est en baisse constante depuis (entre 1986 et 2006, la consommation de bœuf par habitant a chuté de 17 p. 100). La consommation de porc, de son côté, est restée relativement stable depuis le milieu des années 1970, bien qu’elle ait connu certaines fluctuations. Comme nous l’avons signalé, par contre, la consommation de volaille par habitant a progressé de façon appréciable durant ces années.
En 2006, le classement des différentes viandes en fonction de la consommation par habitant se lisait comme suit : poulet, 33,3 kg; bœuf, 31,74 kg; porc, 23,3 kg; dindon, 4,4 kg; poulet adulte, 1,5 kg; veau, 1,1 kg; mouton et agneau, 1,2 kg. Les données sur la consommation utilisées pour ces comparaisons sont exprimées en poids éviscéré dans le cas de la volaille et en poids de la carcasse dans celui du bœuf, du porc, du veau et de l’agneau.
La figure 12 montre la consommation de dindon par habitant comparativement à celle des autres viandes principales.
Figure 12 – Consommation de dindon et d’autres viandes
(par habitant – Canada)

Source : Statistique Canada, nos 23-015 et 23-010 au catalogue
La comparaison avec d’autres viandes de volaille révèle que la consommation de dindon par habitant s’est maintenue dans la fourchette 3,9‑4,5 kg entre 1985 et 2005, la consommation annuelle par habitant se situant en moyenne à 4,4 kg. De la même façon, la consommation de poulet adulte est restée stable et a même diminué légèrement ces dernières années. Entre 1986 et 2006, la consommation de poulet adulte par habitant est demeurée dans l’intervalle 1,0‑2,0 kg, la consommation moyenne annuelle s’établissant à 1,7 kg. La figure 13 montre la progression de la consommation de volaille au cours des 20 dernières années.
Figure 13 – Consommation de dindon et d’autres viandes de volaille
(par habitant – Canada)

Source : Statistique Canada, no 21-020 au catalogue
La consommation de dindon (par habitant) a été relativement stable au cours des 20 dernières années. D’après l’ÉDC, la consommation intérieure totale de dindon et des produits du dindon s’est chiffrée à 105,6 millions de kilogrammes en 1986 comparativement à 138,5 millions de kilogrammes en 2006, en hausse de 31 p. 100. Cette hausse est attribuable en partie à la croissance démographique du pays ainsi qu’à la prévalence grandissante du dindon dans l’industrie de la restauration commerciale (c.‑à‑d. des sandwiches et sous‑marins) ainsi qu’à la progression du segment des mets préparés du marché (c.‑à‑d. des dîners congelés).
Dans l’ensemble, les Canadiens se sont tournés vers des viandes plus maigres comme le poulet et le dindon principalement en raison d’un plus grand souci pour leur santé et des bienfaits généraux de la consommation de ces viandes. Comparativement aux viandes rouges, le dindon est perçu comme plus maigre et donc plus sain. Les produits à base de dindon (c.‑à‑d. des burgers ou des sous‑marins au dindon) sont aussi plus répandus et considérés comme des substituts plus sains des produits à base de viande rouge. La hausse de la consommation de produits à base de dindon est également fortement liée à la réorientation des choix des consommateurs canadiens vers des produits plus sains.
Le commerce interprovincial du dindon au Canada s’inscrit dans la dynamique de l’offre et de la demande dans les diverses régions. En 2006, le mouvement interprovincial total du dindon s’établissait à environ 9,2 millions de kg, ce qui représente 5,7 p. 100 de la quantité totale de dindon produite au Canada en 2006.
Sources : ÉDC, ACIA, données rassemblées par AAC
En 2006, l’Ouest canadien a fourni la plus grande quantité de dindon au commerce interprovincial, avec 5 246 926 kilos destinés principalement aux autres provinces de l’Ouest.
Figure 14 – Expéditions interprovinciales de dindons vivants destinés à l’abattage (2006)

Sources : ACIA, données rassemblées par AAC
Les entreprises qui souhaitent exporter du dindon et des produits du dindon vers le Canada sont régies principalement par deux accords commerciaux : l’Accord de libre‑échange nord‑américain (ALENA) et l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Compte tenu des volumes actuels de la production canadienne de dindon, les niveaux d’accès des importations établis par l’OMC sont supérieurs à ceux qui sont prévus par l’ALENA, de sorte que c’est le premier qui a préséance sur le deuxième. D’après les engagements pris à l’OMC, la quantité d’importations de dindon permise est établie à 5 588 000 kilogrammes (poids éviscéré).
Les importations de dindon sont réparties en produits inscrits sur la Liste des marchandises d’importation contrôlée (LMIC) et en produits non inscrits : le premier groupe est assujetti à des contingents tarifaires (CT), alors que l’autre ne l’est pas. Le dindon a été inscrit pour la première fois sur la LMIC en mai 1974. (Pour une liste complète des produits du dindon inscrits sur la LMIC ainsi que des produits n’y figurant pas, veuillez vous reporter à l’annexe A.)
Un contingent tarifaire compte trois éléments principaux : un taux de droit de douane réduit, un niveau d’accès minimal pouvant être admis (ou une quantité pouvant être importée) à ce taux et un taux de droit de douane élevé.
Le niveau d’accès aux importations auquel le taux réduit est applicable, c’est‑à‑dire la quantité pouvant être importée « dans les limites de l’engagement d’accès », est alloué à des entreprises situées au Canada. Les entreprises autorisées à importer peuvent faire une demande de licence d’importation qui est habituellement délivrée sur demande aux détenteurs de contingent jusqu’à concurrence de leur contingent d’importation.
Il existe deux groupes, ou bassins, d’importateurs qui possèdent des permis d’importation (titulaires de contingent). Le premier de ces groupes bénéficie de la répartition traditionnelle du bassin (c.‑à‑d. des sociétés qui importaient du dindon avant l’imposition des contrôles des importations en 1974) qui possède un contingent de produits de la LMIC. L’autre groupe (produits non inscrits sur la LMIC – portion ALE) détient un contingent de produits non inscrits sur la LMIC (c.‑à‑d. les repas congelés). En 2006, on dénombrait 13 titulaires de permis dans le bassin traditionnel et 22 dans le bassin des produits non inscrits sur la LMIC et de la portion ALE. En 2006, les importations de dindon par le Canada ont totalisé 3 796 772 kilos ou 9 211 258 kilos si l’on tient compte des produits de la surtransformation2. Les tableaux suivants présentent les types de produits du dindon exportés durant la période de 2001 à 2006.
Sources : ACIA, données rassemblées par AAC
Sources : ACIA, données rassemblées par AAC
Les exportations canadiennes de dindon et de produits du dindon ont augmenté considérablement au cours des 20 dernières années. En 1986, les exportations totales s’établissaient à 2 169 000 kilos, alors qu’en 2006, elles atteignaient 27 468 000 kilos ce qui représente une augmentation de 1 166 p. 100. Ce bond pourrait en partie s’expliquer par l’entrée en vigueur de l’Accord de l’OMC sur l’agriculture, le 1er janvier 1995, qui a mené à l’ouverture de plusieurs marchés auparavant fermés.
La figure 15 montre l’évolution des exportations de dindon et de produits du dindon sur une période de 20 ans. La figure est divisée en trois catégories d’exportations : carcasses (c.‑à‑d. les volailles entières), morceaux et viande cuite et autres (c.‑à‑d. mets préparés et soupes). Depuis 1986, les exportations de morceaux de dindon ont été les principaux produits du marché d’exportation du dindon. En 2006, les morceaux de dindon représentaient 56,4 p. 100 des exportations totales, suivis par les viandes cuites et autres à 32,9 p. 100 et par les exportations de carcasses qui représentaient le reste de 10,7 p. 100.
Bien que l’éclosion de la grippe aviaire ait eu une incidence négative sur les exportations globales de dindon et de produits du dindon par le Canada en 2004, la figure révèle un revirement de la tendance négative et un retour à la croissance globale des exportations en 2005 et 2006.
Figure 15 – Évolution des exportations canadiennes de dindon

Sources : ÉDC et données rassemblées par AAC
Sources : ACIA et données rassemblées par la Section de la volaille d’AAC
Le tableau 19 et la figure 16 qui suivent indiquent la valeur globale des importations, des exportations et de la balance commerciale de dindon et de produits du dindon au cours de la période de 2001 à 20063. En 2006, les importations de dindon et de produits du dindon s’établissaient à 37,7 millions de dollars, en baisse de 26,8 p. 100 par rapport aux chiffres de 2005.
Les valeurs des importations ont fluctué entre 2001 et 2006. Les effets de l’éclosion de la grippe aviaire en Colombie‑Britannique conjugués aux effets sur l’offre des éclosions de grippe aviaire à l’échelle mondiale ont provoqué une brusque augmentation globale de la valeur des importations en 2004 et 2005. Mises à part ces deux années, la valeur des importations de dindon et de produits du dindon est demeurée assez stable, oscillant entre 30 millions et 37 millions de dollars chaque année.
Les importations et les exportations de dindon et de produits du dindon sont demeurées stables pendant la majeure partie de la période de 2001 à 2006. Dans l’ensemble, la balance commerciale du dindon et des produits du dindon est demeurée positive sauf en 2005. Cette tendance générale a diminué avant 2005 et l’éclosion de grippe aviaire en Colombie‑Britannique en 2004.
Sources : Statistique Canada et données rassemblées par AAC
Figure 16 – Balance commerciale du Canada : Dindon et produits du dindon (2001-2006)
($)

Sources : Statistique Canada et données rassemblées par AAC
1 Données fondées sur le poids de la carcasse dans le cas des viandes rouges et sur le poids éviscéré dans celui de la volaille. Exclut le poisson.
2 Remarque : Les chiffres comprennent les quantités importées aux termes du Programme de réexportation. Les données des catégories « Cuit » et « Surtransformé » tiennent compte du poids net réel du produit et non de sa teneur en chair de dindon.
3 Les chiffres sur les importations comprennent les produits visés par le programme de réexportation. Ils ne comprennent pas les œufs d’incubation.