Rapport sur les perspectives du marché
ISSN 1920-200838 | N° AAC 11300F
Volume 2 | Numéro 7 | le 26 novembre 2010
Canada : achats agricoles de carburant et d'engrais : prix et dépenses
En 2009, le coût du carburant et d'engrais représentait environ 15 % des dépenses d'exploitation à la ferme au Canada. Le prix du carburant utilisé pour la machinerie agricole a diminué au Canada en 2009 par rapport aux sommets atteints en 2008, mais on prévoit qu'il augmentera en 2010. Le prix des engrais a également atteint des sommets records en 2008, mais ils ont baissé en 2009 et continueront de baisser en 2010. Le présent numéro du Rapport sur les perspectives du marché examine la situation et les perspectives pour ce qui est du prix du carburant et des engrais agricoles au Canada pour 2009-2010.
La production primaire et la rentabilité du secteur agricole dépendent grandement du coût des carburants et des engrais. La Figure 1 fait état des composantes des dépenses d'exploitation des fermes canadiennes pour 2009.[Note 1] Le coût du carburant et des engrais représentait 15 % des dépenses agricoles totales au Canada, ou 5,1 milliards de dollars (G$). Chaque hausse d'un cent le litre du prix du carburant a entraîné une augmentation d'environ 25 millions de dollars (M$) des achats annuels de carburant destiné à la machinerie des producteurs canadiens. Pour l'engrais, chaque hausse d'un cent le kilogramme entraîne une augmentation de 54 M$ environ au titre des dépenses liées à l'achat d'engrais des producteurs du pays.
La figure 1 montre les composants de 2009 canadiens dépenses d'exploitation agricole. Les coûts du carburant et des engrais ont représenté 15 % du total des dépenses agricoles canadiens, ou 5,1 milliards de dollars.
Source : Statistique Canada; calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada
Après avoir augmenté de 76 % entre 2004 et 2008, le prix du carburant à la ferme a chuté après une réduction rapide et sensible de la demande d'énergie à la suite de la récession économique mondiale en 2009. Toutefois, on s'attend à ce que la reprise économique mondiale provoque une hausse du prix du carburant en 2010.
Le prix de l'engrais au Canada a augmenté régulièrement depuis 2005, mais a grimpé à des sommets historiques en 2008, soit de 64 % par rapport à 2007. Mais leur prix a diminué en 2009 à cause de la baisse du prix des denrées, du crédit limité et de la baisse rapide et importante des prix de l'énergie. En 2010, le prix de l'engrais continuera de baisser en réaction à la faible demande mondiale et à la baisse du prix du gaz naturel.
Carburants de machinerie agricole
L'expression « carburants de machinerie agricole » désigne ici principalement le diesel et l'essence, mais elle englobe également différents lubrifiants. En règle générale, les prix des carburants sont déterminés par les facteurs de l'offre et de la demande sur les marchés mondiaux. Le secteur agricole est un preneur de prix en ce qui concerne le diesel et l'essence.
Prix des carburants
Le secteur agricole canadien dépend lourdement du pétrole pour répondre à une variété de besoins en énergie. Les prix canadiens du carburant suivent de près les prix américains de l'énergie. La Figure 2 présente la tendance réelle et prévue du prix de l'énergie aux États-Unis et au Canada pendant 2009 et 2010. Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a maintenu une moyenne de 62 $US en 2009, soit 38 % de moins qu'en 2008.[Note 2] Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) estime que le prix du carburant de machinerie payé par les agriculteurs canadiens a baissé d'environ 30 % en 2009 par rapport à 2008. Cela se traduit par une baisse d'environ 814 M$ de la facture de carburant de machinerie agricole pour 2009.
La figure 2 montre le modèle d'énergie réelles et prévues des prix aux états-Unis et au Canada en 2009 et 2010. Le West Texas Intermediate prix du pétrole brut en moyenne 62 $ US le baril en 2009, 38 % de moins qu'en 2008.Agriculture et Agroalimentaire Canada a estimé que les prix payés par les agriculteurs canadiens à carburant pour les machines agricoles a baissé d'environ 30 % en 2009 à partir de 2008.
Sources : (1) Alberta Agricultural Input Monitoring System, Alberta Agriculture and Food, Economics and Competitiveness Division, Statistical and Data Development Unit; (2) United States Energy Information Administration, (3) prévisions de l'Energy Information Administration et de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada.
La récession économique mondiale, qui a fait chuter la demande mondiale d'énergie, a contribué à la faiblesse du prix du pétrole en 2009. Néanmoins, la reprise économique mondiale mènera à un redressement de la demande d'énergie et à une hausse du prix du carburant en 2010. L'EIA prévoit que (7 juillet 2010) le prix du pétrole brut WTI s'établira à une moyenne de 79 $ US le baril en 2010, soit une hausse de 28 % par rapport à 2009. On prévoit que le prix du diesel augmentera de 21 % alors que le prix de l'essence augmentera de 18 % en 2010 aux États-Unis. Selon l'information disponible jusqu'à juillet 2010, AAC prévoit que le prix du carburant de machinerie agricole au Canada augmentera d'environ 7 % en 2010 par rapport à 2009. Mais si la reprise économique mondiale est plus rapide que prévu, la demande de carburant pourrait connaître une croissance plus forte et les prix pourraient grimper à la fin de 2010.
Utilisation du carburant
En économie, l'élasticité sert à évaluer la sensibilité de l'offre ou de la demande aux variations du prix d'un produit. Au moyen de 28 années de données historiques de Statistique Canada, on a estimé l'élasticité de la demande pour le prix du carburant au Canada à 0,15. Cela signifie qu'en moyenne, lorsque les prix ont augmenté de 10 %, les agriculteurs canadiens ont réduit leur utilisation de carburant de 1,5 %. La demande de carburant des agriculteurs est relativement insensible aux changements de prix à court terme parce que le carburant est essentiel à l'agriculture et qu'il n'y a pas de substitut pour le carburant. La Figure 3 illustre la relation inverse entre le prix du carburant et l'utilisation du carburant entre 1981 et 2008.
La figure 3 illustre la relation inverse entre le prix du carburant et la consommation de carburant sur 1981-2008. Sources : Statistique Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada; calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada
La Figure 4 indique que l'utilisation de carburant des agriculteurs était en fait assez stable, avec une croissance annuelle moyenne de 0,5 % et le prix du carburant fluctuant à environ 1,6 de l'indice du prix du carburant (année de base = 1980) pendant la période 1981 à 1999. Par conséquent, même si le prix élevé du carburant provoque une réduction de l'utilisation de carburant pendant une année, il faudrait que cette hausse persiste plus longtemps pour faire baisser la tendance de la consommation de carburant. En réaction à la hausse du prix du carburant, les agriculteurs modifient leurs techniques de production, par exemple en optant pour des tracteurs, des moissonneuses-batteuses et d'autres équipements agricoles plus efficients pour réduire le labourage, ou en réduisant le nombre de passes à travers un champ en combinant des opérations pour économiser le carburant.
La figure 4 indique que la consommation de carburant des agriculteurs a été plutôt stable, s'établissant en moyenne un taux de croissance annuel de 0,5 %, avec des prix du carburant fluctuant autour de 1,6 de l'indice des prix du carburant (année de référence = 1980) au cours de la période 1981-1999. Toutefois, le volume de carburant utilisé par les agriculteurs a diminué en moyenne de 2 % par an au cours 2000-2008 suite à une série de hausses continues des prix du carburant après 1999.
Sources : Statistique Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada; calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada
Pour ce qui est de l'élasticité estimée et des autres facteurs comme la superficie ensemencée et récoltée, on estime que l'utilisation canadienne de carburant de machinerie agricole a baissé de 2 % en 2009, surtout à cause.des superficies ensemencées et récoltées plus faibles. AAC prévoit qu'en 2010, l'utilisation canadienne de carburant de machinerie agricole continuera de baisser de 3 % à cause des graves inondations dans les Prairies dues aux pluies excessives de juin qui ont empêché l'ensemencement d'une grande superficie.
Dépenses de carburant de machinerie agricole
Étant donné le changement du prix et de la quantité, on estime que les dépenses de carburant de machinerie agricole devraient atteindre un montant de 1,8 G$ en 2009, soit une baisse de 32 % par rapport à 2008, mais en deçà des dépenses annuelles moyennes de 2,1 G$ de 2004 à 2008. Les dépenses totales de carburant de machinerie agricole devraient augmenter de 3 % à 1,9 G$ en 2010.
Engrais agricoles
Le Canada est l'un des principaux producteurs d'engrais, d'azote et de potasse en particulier. Le Canada exporte environ 95 % de sa production de potasse et le quart de sa production d'azote, surtout aux États-Unis. La production canadienne d'engrais provient surtout de l'Alberta et de la Saskatchewan.
Types d'engrais au canada
Les engrais contiennent trois principaux ingrédients, l'azote, le phosphate et la potasse. Les engrais azotés utilisés en ce moment en agriculture canadienne contiennent surtout de l'ammoniac, de l'urée, une solution d'azote, de nitrate d'ammonium et de sulfate d'ammonium. Les engrais phosphatés sont le phosphate de monoammonium (PMA) et l'hydrogénophosphate de diammonium, tous deux produits à partir de la roche phosphatée. L'autre grand nutriment utilisé dans la production agricole est les engrais potassiques, importants pour la production du soya et du maïs. La plupart des dépôts de potasse en Amérique du Nord sont au Canada, surtout en Saskatchewan.
La Figure 5 montre l'utilisation des principaux types d'engrais en agriculture canadienne en 2007 et 2009. Les engrais azotés sont les éléments nutritifs les plus utilisés dans la production agricole et comptent pour 75 % des engrais utilisés, soit environ 4,1 millions de tonnes en 2009. L'utilisation d'azote a augmenté à un taux annuel de 4 % de 2007 à 2009. L'urée étant la plus utilisée, les engrais phosphatés comptaient pour 22 % des engrais utilisés, soit environ 1,2 million de tonnes. Les engrais potassiques comptaient pour 4 % de l'utilisation totale, soit environ 0,2 million de tonnes en 2009.
La figure 5 montre l'utilisation des principaux types d'engrais dans l'agriculture canadienne en 2007 et 2009. Les engrais azotés ont été les principaux éléments nutritifs utilisés dans la production agricole, représentant 75 % de la consommation totale d'engrais, soit environ 4,1 millions de tonnes en 2009. L'utilisation d'azote a augmenté par un taux de croissance annuel de 4 % de 2007 à 2009, avec de l'urée représentant le plus grand volume utilisé. Les engrais phosphatés ont représenté 22 % de la consommation totale d'engrais, soit environ 1,2 millions de tonnes. d'engrais Potash a représenté 4 % de la consommation totale, soit environ 0,2 million de tonnes en 2009.
Sources : (1) L'Institut canadien des engrais; (2) Statistique Canada; (3) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Détermination du prix de l'engrais
Les intrants traditionnels pour déterminer le prix des engrais sont les coûts de production, la demande du marché et la concurrence. Mais d'autres facteurs comme le taux de change et les politiques gouvernementales influencent également le prix des engrais.
Coût de production
L'ammoniac est le principal élément de presque tous les engrais azotés produits dans le monde. Les ingrédients de la production de l'ammoniac sont l'air, le gaz naturel et la vapeur, le gaz naturel comptant pour 7 090 % du coût de production de l'ammoniac. Par conséquent, il est probable que les prix des engrais azotés seront très sensibles aux prix du gaz naturel. La Figure 6 montre que le pris des engrais azotés suivent en général le prix du gaz naturel et qu'une hausse de prix du gaz naturel influence directement le prix des engrais azotés.
La figure 6 montre que les prix des engrais azotés en général suivre les prix du gaz naturel et que les prix élevés du gaz naturel directement les prix des engrais azotés impact.
Sources : (1) Alberta Agricultural Input Monitoring System, Alberta Agriculture and Food, Economics and Competitiveness Division, Statistical and Data Development Unit; (2) United States Energy Information Administration.
On a estimé que le rapport entre le prix du gaz naturel et le prix des engrais azotés est de 0,74, selon les données mensuelles de 1991 à 2009. Mais ce rapport étroit ne tient pas toujours. À titre d'exemple, au milieu des années 1990, la forte demande d'engrais, combinée à une utilisation quasi pleine de la capacité industrielle, a maintenu le prix élevé des engrais malgré le bas prix du gaz naturel. Une situation semblable s'est produite en 2007 et 2008. Par conséquent, lorsque l'offre ne parvient pas à satisfaire la demande, le prix de l'azote peut réagir indépendamment du prix de sa matière première, le gaz naturel.
Trois matériaux bruts sont nécessaires pour produire les engrais phosphatés, phosphate de monoammonium et hydrogénophosphate de diammonium, soit de la roche phosphatée, du soufre et de l'ammoniac. La Figure 7 décrit comment la hausse du prix de la roche phosphatée et du soufre a eu de profondes conséquences sur le prix des engrais phosphatés pendant les dernières années. Les prix de la roche phosphatée et du soufre sont demeurés relativement stables avant 2007. Cependant, le marché mondial de la roche phosphatée et du soufre a commencé à se resserrer en 2007. Cette tendance s'est poursuivie en 2008 en raison de la forte demande d'engrais phosphatés et de l'augmentation limitée de la capacité. La hausse considérable de leur prix en 2007 et 2008 a fait grimper le prix des engrais phosphatés.
La figure 7 montre comment l'augmentation du phosphate et des prix du soufre eu de profondes répercussions sur les prix des engrais phosphatés, ces dernières années.
Source : (1) Alberta Agricultural Input Monitoring System, Alberta Agriculture and Food, Economics and Competitiveness Division, Statistical and Data Development Unit; (2) United States Geological Survey, (3) US Census Bureau data as adjusted by United States Geological Survey and PentaSul North America Sulphur Service; (4) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
De plus, le prix de détail des engrais est également influencé par le prix de l'essence et du diesel parce que les coûts de transport représentent une partie importante du coût de mise en marché des engrais. Par conséquent, une hausse du prix du carburant fait également monter le prix des engrais parce qu'il augmente l'élément transport de leur prix au détail.
Demande du marché
Comme pour le carburant, les engrais sont une marchandise internationale et leur prix est également influencé par l'offre et la demande mondiale. La demande mondiale des produits agricoles augmente, alimentée par l'augmentation des populations, la hausse de la demande de viande et un puissant appui des gouvernements aux initiatives de biocarburant. La demande croissante a eu d'importantes répercussions sur le prix des produits agricoles. Le prix élevé des produits augmente les marges de profit des agriculteurs, ce qui les pousse à accroître leur utilisation des engrais pour stimuler le rendement et, ainsi, accroître leur production. La hausse de la demande mondiale en engrais ces dernières années, surtout attribuable au prix élevé des produits agricoles, a fait grimper considérablement le prix des engrais. La Figure 8 montre comment les prix des engrais ont réagi aux prix des produits agricoles au Canada.
La figure 8 montre comment les prix des engrais a répondu aux prix des produits agricoles au Canada.
Sources : (1) Statistique Canada; (2) United States Energy Information Administration, (3) prévision du prix des engrais pour 2008 d'Agriculture et Agroalimentaire Canada; (4) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Les prix des engrais au Canada suivent habituellement les prix des produits agricoles dans la plupart des années de 1972 à 2008. À titre d'exemple, une forte demande mondiale d'engrais, soutenue par des prix favorables des cultures, a fait grimper le prix des engrais à des sommets historiques au Canada en 2007 et 2008. Mais ce rapport direct a parfois été plus que compensé par les effets du rapport avec le prix du gaz naturel. En 2003, par exemple, le prix élevé du gaz naturel a fait monter le prix des engrais malgré les bas prix des produits. En 2002, à l'inverse, le bas prix du gaz naturel a permis le bas prix des engrais malgré le prix élevé des produits.
Concurrence
Le Canada est l'un des principaux exportateurs mondiaux d'engrais, mais aussi un important importateur. En 2007, les exportations canadiennes d'engrais représentaient 44 % de la production alors que les importations comptaient pour 28 % de la consommation intérieure d'engrais. La portion de loin la plus importante des exportations canadiennes d'engrais est destinée aux États-Unis alors que la plupart des importations proviennent des États-Unis. Avec la mondialisation et la libéralisation croissantes des marchés, la production canadienne d'engrais visant le marché intérieur fait face à la concurrence des engrais importés. En même temps, les exportations canadiennes d'engrais font face à la concurrence internationale sur les marchés mondiaux. La Figure 9 présente la mesure dans laquelle l'industrie canadienne des engrais a été exposée à la concurrence étrangère de 2002 à 2007.
Figure 9 présente les mesures de l'exposition à la concurrence étrangère pour l'industrie canadienne des engrais sur la période 2002-2007.
Sources : (1) Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, base de données FAOSTAT; (2) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Le taux de pénétration des importations[Note 3] montre l'importance considérable de la concurrence étrangère sur le marché intérieur que connaissent les producteurs canadiens d'engrais phosphatés. Par ailleurs, les producteurs canadiens d'engrais azotés ont connu relativement peu de concurrence étrangère et les producteurs de potasse n'en ont connu presque aucune, le marché intérieur étant approvisionné presque exclusivement par la production intérieure. Considéré ensemble, le taux d'exposition à la concurrence internationale des marchés intérieur et mondiaux[Note 4] montre que ce sont les producteurs canadiens de potasse qui ont été le plus exposés à la concurrence étrangère, suivis par les producteurs d'engrais phosphatés.
Étant donné la concurrence sur les marchés intérieur et mondiaux, les fournisseurs d'engrais canadiens n'auront pas beaucoup le choix et devront adopter le prix du marché ou même un prix inférieur pour prendre sa part de marché. Mais avec la forte concentration de l'industrie des engrais, on pourrait s'attendre à moins de concurrence à cause de l'interdépendance d'un petit nombre de sociétés, ce qui pourrait influencer profondément le prix des engrais. De plus, la puissance des associations d'exportateurs d'engrais, comme la US Phosphate Chemical Export Association et le plus gros exportateur de potasse (CANPOTEX au Canada), a également une forte influence sur l'établissement du prix des engrais sur les marchés mondiaux.[Note 5]
Autres facteurs
Le taux de change du dollar canadien a également une influence sur l'établissement du prix des engrais. En effet, le prix canadien des engrais augmente ou baisse en fonction du prix des importations afin de demeurer concurrentiel. La Figure 10 illustre que le prix canadien des engrais semble s'ajuster aux fluctuations à long terme du taux de change du dollar canadien. Apparemment, la hausse du dollar canadien a eu un effet favorable sur le prix des engrais pour les agriculteurs canadiens. Par exemple, lorsque le dollar canadien a augmenté en moyenne de 6 cents en 2004, le prix américain des engrais a grimpé de 13 % alors que le prix canadien a baissé de 2 %. De plus, le prix américain des engrais a continué d'augmenter de 17 % en 2005, alors que le prix canadien n'a augmenté que de 6 % à cause de la hausse continue du dollar canadien.
Figure 10 montre que les prix des engrais canadiens semblent capture de mouvements à long terme en taux de change du dollar canadien.
Sources : (1) United States Department of Agriculture National Agricultural Statistics Service, et Bureau of Labor Statistics, (2) Statistique Canada, (3) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Outre le taux change, diverses politiques gouvernementales sur le commerce qui influencent les principaux exportateurs et importateurs d'engrais peuvent avoir un effet sur le prix des engrais sur les marchés mondiaux. À titre d'exemple, avec la faible offre mondiale d'engrais, la hausse des taux tarifaires à l'exportation de l'urée, du phosphate de monoammonium et de l'hydrogénophosphate de diammonium imposée par la Chine en 2008 a encore resserré l'offre mondiale d'engrais et sans doute provoqué une hausse des prix supérieure à celle prévue pendant 2008 et 2009.
Prix des engrais
En 2009, la chute du prix des cultures et le crédit limité à cause de la récession économique mondiale ont réduit la demande mondiale d'engrais. Par conséquent, l'équilibre du marché mondial des engrais s'est relâché, ce qui a provoqué une baisse des prix pendant 2009. En même temps, la baisse des prix de l'énergie a contribué à faire baisser le prix des engrais. La Figure 11 montre le prix des différents types d'engrais ainsi que le pourcentage de changement du prix en 2009 par rapport à 2008 en Ontario, au Manitoba et en Alberta. AAC a estimé que le prix moyen des engrais au Canada a baissé d'environ 13 % en 2009. Cette diminution s'est traduite en une baisse de la facture d'engrais de 664 M$ pour les producteurs canadiens en 2009.
La figure 11 montre les prix des principaux types d'engrais, ainsi que les variations en pourcentage des prix en 2009 par rapport à 2008 en Ontario, au Manitoba et en Alberta.
Source: (1) Enquête sur les prix des intrants agricoles d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (2) Alberta Agricultural Input Monitoring System, Alberta Agriculture and Food, Economics and Competitiveness Division, Statistical and Data Development Unit; (3) calculs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
En 2010, le prix de l'engrais continuera de baisser en réaction à la faible demande mondiale due à la lente reprise économique, et à la baisse du prix du gaz naturel. AAC prévoit que le prix moyen des engrais au Canada baissera sans doute de 15 % de plus en 2010. Mais la population mondiale continuera de croître et les gens continueront de consommer davantage d'aliments riches en protéines, dépendants des engrais, en particulier dans les pays d'Asie à forte croissance. De plus, les besoins en biocarburants font grimper la demande de céréales. Par conséquent, le taux élevé d'ensemencement prévu, en Chine, en Inde et au Brésil en particulier, contribuera à maintenir un équilibre serré de l'offre et de la demande mondiale d'engrais, ce qui favorisera les prix élevés à long terme.
Utilisation des engrais agricoles
Selon les données historiques annuelles de 1983 à 2007, on estime l'élasticité pour la demande d'engrais au Canada à 1,3 pour la superficie ensemencée de céréales et d'oléagineux. En d'autres mots, une augmentation de 1 % de la superficie ensemencée se solde en moyenne par une hausse de 1,3 % de l'utilisation d'engrais. Pour ce qui est de l'élasticité estimée et des autres facteurs comme la superficie ensemencée, le coût des engrais et le prix des cultures, on estime que l'utilisation d'engrais a connu une hausse de 3 % en 2009 au Canada. Les agriculteurs qui ont diminué le taux d'engrais pendant les années antérieures à cause de leur prix élevé sont revenus à leur épandage d'engrais normal, ce qui a également contribué à cette hausse. AAC prévoit qu'en 2010, l'utilisation d'engrais baissera probablement de 6 % surtout à cause des graves inondations dans les Prairies qui ont empêché l'ensemencement d'une grande superficie.
Dépenses d'engrais agricoles
Les dépenses d'engrais comprennent tous les coûts relatifs à l'achat d'engrais et de chaux, y compris les frais d'épandage. Au Canada, lorsque l'on tient compte des variations de prix et de l'utilisation ensemble, on estime que les dépenses d'engrais devraient atteindre un montant de 3,3 G$ en 2009, soit une baisse de 15 % par rapport à 2008, et au-delà des dépenses annuelles moyennes de 2,9 G$ de 2004 à 2008. En 2010, les dépenses d'engrais devraient diminuer par rapport à 2009, pour se situer à 2,5 G$, en deçà de la moyenne récente de 2004 à 2008.
- Le loyer inclut le loyer mensuel en argent et le loyer fondé sur la récolte; (2) les services publics incluent l'électricité, le téléphone et le mazout; (3) les autres dépenses incluent les taxes, les réparations faites aux bâtiments et aux clôtures, l'irrigation, la ficelle et le grillage, les primes d'assurance récolte, l'IA et le vétérinaire, l'assurance commerciale, les primes de stabilisation, les frais juridiques et comptables et les dépenses diverses. Retour au contenu
- Estimation de l'US Energy Information Administration (EIA) le 7 juillet 2010. Retour au contenu
- Taux de pénétration des importations = importations/consommation*100. Retour au contenu
- Taux d'exposition à la concurrence internationale = (exportations/production + (1-exportations/production) * (importations/consommation))*100. Retour au contenu
- Wen-yuan Huang, février 2009,
"Factors Contributing to the Recent Increase in U.S. Fertilizer Prices, 2002-08"
, United States Department of Agriculture. Retour au contenu
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