Mises en garde au sujet des plantes médicinales

Les usages traditionnels et médicinaux ainsi que les vertus médicinales que l'on reconnaît aujourd'hui aux plantes décrites dans cette section sont présentés à titre d'information uniquement. L'usage à des fins médicinales des plantes qui y sont mentionnées doit être fait uniquement sous la supervision d'un médecin qualifié et bien informé. Le lecteur est prié de noter que certaines des plantes incluses dans cet ouvrage sont toxiques et que d'autres peuvent causer des réactions indésirables chez des personnes sensibles.

La composition chimique particulière des plantes utilisées en phytothérapie est associée à une capacité de modifier le métabolisme humain. Paracelse (1493-1541), le célèbre alchimiste et médecin suisse, affirmait que la seule différence entre un médicament et un poison était la dose. Toutes les substances qui ont des propriétés médicinales peuvent également être toxiques, de sorte que les questions de sécurité et d'usage médicinal sont étroitement liées.

En Amérique du Nord et ailleurs, les gens utilisent de plus en plus les plantes médicinales sans demander conseil à un médecin. Cette tendance est alimentée par la multiplication des magasins d'aliments dits « naturels » ou « biologiques » et des guides d'auto-médication. Comme l'a souligné Tyler (1984), la majorité des ouvrages d'herboristerie populaires sont des outils de promotion dans lesquels presque toutes les plantes sont considérées comme des panacées.

Les problèmes soulevés par l'auto-médication sont multiples.

Il y a d'abord la question de la compétence médicale : le maintien de la santé et la guérison de la maladie sont des objectifs si importants qu'on souhaite obtenir l'aide des meilleurs professionnels de la santé guidés par des connaissances scientifiques rigoureuses. « La personne qui se soigne elle-même a un imbécile pour médecin. » (Duke, 1985) (traduction).

Ensuite, ce qui fonctionne pour la majorité des gens n'est pas nécessairement efficace pour vous, car les humains ont des réponses très différentes aux constituants des plantes, et les produits qui sont inoffensifs ou même bénéfiques pour la plupart des gens peuvent se révéler néfastes pour d'autres.

Troisièmement, il ne faut pas négliger la question de la dose. Les matières végétales naturelles (non raffinées) et les extraits bruts de plantes peuvent contenir des concentrations très différentes de principes actifs, et il peut être extrêmement difficile de prévoir les interactions de ceux-ci.

En faisant ressortir les dangers potentiels de l'usage des plantes médicinales, nous ne voulons absolument pas laisser entendre qu'il faut déplorer l'expansion que connaît l'industrie des aliments naturels et des plantes médicinales. Nous souhaitons simplement insister sur le fait que les consommateurs et les détaillants doivent être informés et prudents.

Ce chapitre présente des lignes directrices pour l'usage et la commercialisation des plantes médicinales (voir également le document de 1996 de l'OMS pour obtenir d'autres conseils sur le développement et la réglementation, bien que ceux-ci ne s'appliquent pas nécessairement au Canada).

Énoncé de position du National Council Against Health Fraud concernant les plantes médicinales en vente libre

Le National Council Against Health Fraud (NCAHF) est une agence américaine sans but lucratif oeuvrant dans le domaine de la santé qui s'intéresse à la question des allégations mensongères, des informations trompeuses et du charlatanisme en tant que problèmes de santé publique. Le site Web du NCAHF se trouve à l'adresse suivante : Les paragraphes qui suivent sont tirés du NCAHF Newsletter, Volume 18, Numéro 4 (juillet-août 1995), et constituent d'excellentes lignes directrices pour toutes les personnes qui s'intéressent à la question des plantes médicinales (il ne faut pas oublier que ce bulletin s'adresse à un public américain).

L'article peut être reproduit à condition que le NCAHF soit mentionné comme source. Les personnes qui souhaitent obtenir une version intégrale de l'énoncé de position du NCAHF sur les plantes médicinales en vente libre n'ont qu'à écrire à la NCAHF : P.O. Box 1276, Loma Linda, CA, 92354-1276, États-Unis.

Les ventes de l'industrie des plantes médicinales dépasseraient largement 1,5 milliard de dollars par année, et le taux de croissance annuelle serait de l'ordre de 15 %. En 1994, sur le chiffre d'affaires total de 4,8 milliards de dollars des magasins d'aliments naturels, environ 800 millions de dollars (17 %) provenaient de la vente de plantes médicinales.

Les vendeurs de produits d'herboristerie profitent de la vision romantique selon laquelle ce qui est « naturel » est nécessairement « sans danger ». Malheureusement, cette notion est tout à fait fausse. C'est précisément parce que les plantes sont une source de médicaments puissants que des personnes responsables s'inquiètent des techniques de commercialisation des remèdes à base de plantes.

Aussi, les consommateurs sont-ils privés d'informations fondamentales et n'ont aucune garantie quant à la qualité des produits. En vertu de la loi, les étiquettes des médicaments doivent fournir des renseignements essentiels, mais les produits à base d'herbes médicinales sont présentés comme des « suppléments alimentaires » et ne fournissent pas les informations dont les gens ont besoin pour en faire un usage correct.

L'industrie blâme la politique de réglementation pour certains de ces problèmes. En effet, ses représentants affirment que les règlements de la FDA (Food and drug Administration) les empêchent de fournir de l'information sur les propriétés médicinales de leurs produits parce que ceux-ci sont vendus comme des suppléments alimentaires. Selon eux, l'industrie ne peut être lucrative si elle est pleinement assujettie aux exigences d'homologation des produits.

Les partisans d'une réforme dans ce domaine soutiennent que les médicaments à base de plantes devraient faire l'objet d'une réglementation particulière. La FDA est tenue légalement de réglementer les produits qui sont présentés comme des médicaments. Le NCAHF estime que la situation actuelle est indéfendable, mais croit qu'il pourrait y avoir certains accommodements réglementaires sans pour autant que les principes de la protection des consommateurs soient sacrifiés. Les recommandations s'adressent aux législateurs et aux organes de réglementation, aux fabricants et aux commerçants, aux médecins et aux consommateurs.


Recommandations aux législateurs et aux organes de réglementation

Que soit établie une catégorie spéciale de médicaments en vente libre appelée « Remèdes traditionnels à base de plantes médicinales » (RTPM) qui seraient réglementés de la façon suivante :

  1. Les étiquettes doivent indiquer aux consommateurs que les médicaments à base de plantes médicinales sont assujettis à des normes inférieures à celles qui sont appliquées aux médicaments standard. Voici la formulation proposée : Ce produit est réglementé comme remède traditionnel à base de plantes médicinales, catégorie spéciale de médicaments qui ne sont pas tenus de satisfaire à toutes les dispositions de la US Food, drug and Cosmetic Act appliquées aux médicaments standard.
  2. Il est recommandé de limiter les RTPM à ceux dont les propriétés ont été suffisamment documentées dans la littérature en pharmacognosie pour garantir une mesure acceptable de sécurité et d'efficacité.
  3. Il est recommandé de limiter les RTPM à ceux dont on sait qu'ils n'ont pas d'effets secondaires potentiellement mortels ou néfastes en cas de surdosage ou de prise prolongée.
  4. Il est recommandé de limiter les RTPM au traitement de maladies bénignes spontanément résolutives.
  5. Il est recommandé d'exiger que les RTPM satisfassent aux mêmes normes d'étiquetage que celles qui s'appliquent à tous les médicaments.
  6. Il est recommandé d'exiger que les plantes soient identifiées par leur nom scientifique.
  7. Il est recommandé d'exiger que tous les principes actifs (agents qui produisent un effet) soient indiqués sur l'étiquette (quantité et qualité).
  8. Il est recommandé d'exiger que les médicaments à base de plantes médicinales contiennent des quantités suffisantes de substance actives pour que le produit produise les effets recherchés. Seules les allégations qui peuvent être étayées par des données scientifiques devraient être autorisées sur l'étiquette. La FDA devrait élaborer un ensemble d'allégations acceptables tout comme elle l'a fait pour les allégations nutritionnelles relatives aux aliments.
  9. Il est recommandé d'exiger que les étiquettes informent les consommateurs des effets auxquels ils peuvent s'attendre. Voici la formulation proposée (p. ex. dans le cas de la valériane). L'ingrédient actif contenu dans ce produit est la valériane. Cette plante est fonctionnellement utilisée pour ses propriétés sédatives et relaxantes. La valériane exerce un effet dépresseur sur le système nerveux central aux doses indiquées.
  10. Il est recommandé d'exiger qu'on établisse un système facilement accessible et hautement visible de surveillance post-commercialisation afin d'obtenir de l'information sur les effets indésirables imprévus. Le système doit permettre aux consommateurs et aux professionnels de la santé de signaler des informations sur les effets indésirables et aux organismes de réglementation de recueillir et de diffuser ces informations. Un système qui pourrait remplir cette fonction serait la US Pharmacopeia Practitioner Reporting System qui transmet les rapports à la FDA et aux centres anti-poison. Voici la formulation proposée : Les réactions indésirables survenant avec l'usage de ce produit doivent être signalées au 1-800-638-6725.
  11. Il est recommandé d'exiger que les fabricants inscrivent des numéros de lots sur les produits à des fins d'identification, de contrôle et de suivi.
  12. Il est recommandé d'exiger qu'on inscrive des mises en garde au sujet des dangers de l'auto-médication sur l'étiquette ou sur la notice placée dans l'emballage. Voici la formulation proposée : Attention, l'auto-médication peut retarder l'obtention de soins appropriés. Consulter un médecin si le problème persiste.
  13. Il est recommandé d'exiger la participation de représentants de l'extérieur de l'industrie pour assurer qu'il y ait suffisamment de scepticisme dans la réglementation des remèdes à base de plantes.
  14. Il est recommandé d'imposer des pénalités sévères lorsque des produits ont été adultérés avec des substances potentiellement dangereuses.

Recommandations aux fabricants de remèdes à base de plantes médicinales et aux commerçants

Le NCAHF est d'avis que les producteurs de plantes médicinales devraient adopter une approche à long terme de la commercialisation. Tout comme l'observance de la réglementation sur les aliments et drogues a permis à l'industrie pharmaceutique américaine de devenir la référence en matière de qualité, en adoptant des normes rigoureuses, l'industrie des médicaments à base de plantes médicinales sera assurée d'avoir une position concurrentielle avantageuse et une longévité supérieure.

  1. Adopter les normes les plus scientifiques possible dans la fabrication et la promotion, et prévoyant le rejet de produits à base de plantes dont l'usage repose sur des données pseudo-scientifiques, comme les préparations homéopathiques.
  2. Assurer l'éducation continue du public en avisant les consommateurs que les informations contenues dans les ouvrages d'herboristerie traditionnels ne sont pas nécessairement fiables et ne devraient pas servir de référence en vue de l'auto-médication.

Les désignations « herbologiste », « naturopathe » et « phytothérapeute » et les autres termes semblables n'ont aucune signification scientifique ou juridique et peuvent être synonymes de charlatan. En outre, les institutions qui donnent des accréditations en herboristerie et en naturopathie sont habituellement des usines à diplômes.



Recommandations aux médecins

  1. Interrogez systématiquement vos patients au sujet de leur usage de plantes médicinales.
  2. Signalez les effets indésirables au moyen du système de déclaration US Pharmacopeia Practitioner Reporting System ou de la formule MedWatch 3500 de la FDA ou par télécopieur au 1-800-FDA-0178.
  3. Rédigez des comptes rendus des incidents dans lesquels les patients ont eu des effets indésirables après avoir utilisé des produits à base de plantes et soumettez ces comptes rendus pour publication. Fournissez des informations sur la façon dont les patients ont pris connaissance de l'existence et du mode d'emploi du produit.

Les médecins peuvent obtenir des renseignements sur les remèdes à base de plantes ainsi que sur les interactions médicamenteuses auprès de pharmaciens d'hôpitaux ou de centres anti-poison. Les informations sur certaines plantes médicinales, leurs interactions et leurs effets synergiques peuvent être obscures ou impossibles à obtenir. C'est là un autre risque auquel doivent faire face les personnes qui choisissent d'utiliser des remèdes à base de plantes.

Recommandations aux consommateurs

  1. Il ne faut pas supposer que les remèdes à base de plantes sont sûrs simplement parce qu'ils sont naturels. Ils contiennent des substances qui peuvent avoir des effets puissants sur le psychisme et (ou) sur le corps. Il faut donc être même plus vigilant que lorsqu'on prend des médicaments standard.
  2. Il faut être prudent avant de prendre des remèdes à base de plantes si vous êtes enceinte ou envisagez de le devenir.
  3. Il faut être prudent avant de prendre des remèdes à base de plantes si vous allaitez car les principes actifs qu'ils contiennent peuvent passer dans le lait maternel.
  4. Il ne faut pas donner des remèdes à base de plantes aux nourrissons ni aux enfants.
  5. Il ne faut pas prendre de grandes quantités de préparations à base de plantes médicinales.
  6. Il ne faut pas prendre de plantes médicinales quotidiennement pendant une période prolongée.
  7. Il faut acheter uniquement les préparations qui identifient les noms des plantes sur l'étiquette de même que les contre-indications.
  8. Familiarisez-vous avec les noms des plantes potentiellement dangereuses et soyez prudent concernant leur usage.
  9. Si vous prenez des médicaments, il ne faut pas prendre de plantes médicinales sans consulter votre médecin.
  10. Ne confiez pas votre santé à des praticiens non qualifiés qui portent des titres non réglementés comme « herboriste » ou « naturopathe », « phytothérapeute », etc.
  11. Méfiez-vous des allégations exagérées au sujet des vertus des plantes médicinales.
  12. Insistez pour que les entreprises qui commercialisent des remèdes à base de plantes satisfassent à des normes fondamentales de protection des consommateurs en matière d'étiquetage, de sécurité et d'efficacité.

Réactions indésirables

Il existe sur Internet un site très complet où sont présentés les effets indésirables des plantes médicinales, voir Adverse Effects of Herbs (en anglais seulement). Pour replacer les choses dans leur juste perspective, il importe de noter que les réactions indésirables aux médicaments seulement représentent un problème de santé très important, qui dépasse largement le danger posé par les plantes médicinales (bien que les produits pharmaceutiques soient généralement utilisés pour traiter des affections plus graves).

Selon certaines estimations, aux États-Unis, plus de 1 % des patients ont des effets secondaires indésirables associées aux médicaments, qui coûtent en moyenne des milliers de dollars et entraînent peut-être plus de 100 000 décès par année; voir le Journal of the American Medical Association (JAMA), qui publie régulièrement des articles et des lettres portant sur ce sujet.

Le guide sur la sécurité des plantes de la American Herbal Products Association (McGuffin et al., 1997) fournit des données relatives à la sécurité et des recommandations concernant l'étiquetage pour plus de 600 produits d'herboristerie courants (pour les États-Unis). Des lignes directrices faisant autorité sur les plantes médicinales ont été élaborées par la Commission E de l'agence sanitaire fédérale de l'Allemagne, qui a produit plus de 300 monographies détaillées sur des plantes médicinales (pour obtenir des renseignements sur la traduction en langue anglaise, veillez consulter Blumenthal et al., 1996.


Les remèdes à base de plantes médicinales et la loi canadienne

Toute personne qui envisage de cultiver, de fabriquer ou de vendre des plantes médicinales au Canada doit être au courant de la réglementation de Santé Canada. Celle-ci a été modifiée au cours des dernières années et, devant les préoccupations exprimées par les secteurs public et privé, pourrait subir de nouveaux changements et raffinements.

La Loi sur les aliments et drogues assure que les aliments et les médicaments sont salubres, interdit la vente d'aliments et de médicaments dangereux et veille à ce que les étiquettes et la publicité de ces produits soit exacte.

Des produits peuvent être classés parmi les aliments ou les médicaments selon l'usage qui en est fait. L'ail, par exemple, est surtout vendu comme condiment (c'est-à-dire comme aliment), mais il est le plus souvent annoncé comme médicament qui abaisse le taux de cholestérol et a d'autres vertus thérapeutiques. Les remèdes à base de plantes peuvent donc, en théorie au moins, être commercialisés comme aliments ou comme médicaments. Mais les médicaments à base de plantes peuvent aussi être considérés comme une catégorie spéciale, comme nous l'expliquerons ci-dessous.

Les remèdes traditionnels à base de plantes médicinales (RTPM) sont définis comme « des médicaments finis destinés à l'auto-médication qui contiennent comme ingrédients actifs des plantes qui ont reçu très peu d'attention dans la littérature scientifique mondiale, mais dont les usages traditionnels ou folkloriques sont bien documentés dans des traités d'herboristerie ».

Des médicaments commerciaux ne peuvent être présents dans les RTPM. Les RTPM peuvent être commercialisés au Canada comme médicaments en vente libre pour le traitement d'affections particulières, à condition que certaines exigences soient réunies, comme la preuve scientifique de l'efficacité, la standardisation de la posologie, la déclaration des effets secondaires et la preuve de l'adhésion à des normes de fabrication et de qualité acceptables.

Des exemples de remèdes à base de plantes abordés dans le présent document sont : le pissenlit utilisé comme diurétique, le nerprun cascara comme laxatif et le houblon comme sédatif.

Pour être reconnu comme RTPM, le médicament doit être destiné à traiter uniquement un trouble mineur (qui, s'il n'était pas traité, n'aurait habituellement pas de conséquences sérieuses), et les symptômes de même que les effets bénéfiques du traitement doivent être facilement reconnaissables par l'usager. On trouve dans la Loi sur les aliments et drogues un certain nombre d'affections qui sont considérées comme trop graves pour être traitées avec des RTPM (comme l'alcoolisme, l'appendicite, l'arthrite, l'asthme, le cancer, le diabète, l'épilepsie, le glaucome, les troubles menstruels et les troubles de la prostate).

Certains RTPM sont approuvés moyennant certaines restrictions : par exemple, l'arnica ne peut être employée que pour usage externe. Il existe un certain nombre de restrictions générales (par exemple, les RTPM ne peuvent être administrés qu'aux personnes âgées de plus de 11 ans) ainsi que des restrictions sur les circonstances dans lesquelles des doses spécifiques peuvent être recommandées aux femmes enceintes ou qui allaitent.

L'usage homéopathique des plantes est régi par une réglementation distincte (au sens strict, l'homéopathie traite la maladie en appliquant des doses hautement diluées de soi-disant médicaments qui, à de plus fortes concentrations, produisent les symptômes de la maladie traitée; voir le terme Homéopathie.

Les plantes médicinales dont la sûreté et l'efficacité sont bien reconnues scientifiquement ne sont pas considérées comme des RTPM. Certaines peuvent déjà être acceptées et enregistrées comme médicaments (comme la mandragore), mais, si elles ne le sont pas, elles peuvent être enregistrées en vertu des procédures de Présentation de drogue nouvelle.

L'enregistrement consiste à émettre une identification numérique de drogue (DIN) ou un numéro de produit général (GP) au moment de l'approbation, pour un remède traditionnel à base de plantes médicinales ou une présentation de drogue nouvelle; l'approbation des remèdes traditionnels à base de plantes médicinales coûte moins de mille dollars, alors que l'approbation des drogues nouvelles coûte plus de cent mille dollars (les coûts inhérents à l'évaluation des données justificatives).

Les informations relatives à la production et à l'enregistrement des RTPM peuvent être obtenues auprès de la Direction des médicaments de Santé Canada, Indice de l'adresse #0702A, Ottawa (ON) K1A 0L2.

Le lecteur trouvera une discussion intéressante de cette information dans Marles (1997).

Une autre discussion utile (bien qu'elle ne soit pas favorable à l'usage de plantes comme remèdes) est celle de Kozyrskyj (1997). L'annexe H dans Holmes et MacGregor (1998) comporte des tirés à part des documents très utiles suivants:

  1. Ébauche du cadre de réglementation des produits de santé naturels (Rapport intérimaire du Comité consultatif sur les produits de santé naturels, présenté au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes le 3 février 1998);
  2. Bonnes pratiques de fabrication (Lignes directrices supplémentaires relatives à la fabrication de médicaments à base de plantes médicinales, version finale, octobre 1996, Santé Canada);
  3. Bonnes pratiques de fabrication (Lignes directrices supplémentaires relatives aux préparations homéopathiques, version finale, octobre 1996, Santé Canada);
  4. Directives de la Direction des médicaments sur les herbes médicinales traditionnelles, version révisée, octobre 1995).

De nombreux produits naturels sont assujettis aux règlements sur les aliments parce qu'ils ne contiennent pas d'allégations médicinales, bien qu'ils puissent en réalité être vendus ou achetés à des fins thérapeutiques. La réglementation de ces produits demeure une question litigieuse, et certains représentants de l'industrie s'inquiètent de la possibilité qu'on adopte une réglementation excessivement restrictive qui limite les choix des consommateurs; d'autre part, il y a ceux qui craignent que le consommateur soit induit en erreur ou exposé à des substances dangereuses en raison d'une réglementation trop libérale.

La plupart des produits à base de plantes qui sont présentés comme des aliments sont vendus dans des magasins d'aliments naturels ou des pharmacies et sont souvent annoncés comme « aides diététiques » ou portent une étiquette qui laisse entendre qu'ils sont généralement bénéfiques pour la santé. Il arrive que des personnes non qualifiées (qui n'ont pas la formation requise et ne sont assujetties à aucune réglementation professionnelle) fassent la promotion de certains produits à base de plantes pour traiter certaines maladies, bien qu'une telle promotion soit illégale au Canada.

De plus, il est clair que certains consommateurs ont recours à l'auto-médication pour soigner des maladies qui nécessitent la consultation de professionnels de la santé. Le débat s'étend même à des produits qui sont actuellement restreints, car certaines personnes estiment qu'il faudrait avoir un contexte beaucoup moins restrictif comme celui observé en Europe.

Le Groupe consultatif sur les produits de santé naturels de Santé Canada se penche actuellement sur ces questions. Le lecteur trouvera une excellente analyse de la situation dans : Audiences sur la réglementation des produits naturels : déterminer le cadre réglementaire approprié pour les remèdes à base de plantes médicinales. Il s'agit d'un mémoire présenté au Comité permanent de la santé le 12 mars 1998 par A.R. McCutcheon et D. Awang, pour le compte de la Canadian Herbal Society.

Certains produits de phytothérapie sont vendus sans l'autorisation de Santé Canada et pourraient être dangereux. On sait que certaines maladies hépatiques et rénales graves ainsi que certains types de cancers ont été causés par l'usage de plantes. On a découvert que certains médicaments importés illégalement d'Asie contiennent des concentrations dangereuses de métaux lourds comme l'arsenic et le mercure. En outre, certaines préparations illégales à base d'herbes sont adultérées avec des médicaments de prescription comme des benzodiazépines, des stéroïdes, des hormones, des diurétiques et des anti-inflammatoires.

Une Identification numérique de drogue (DIN) de huit chiffres et un Numéro général de produit indiquent que la vente du produit est autorisée au Canada. Les réactions indésirables doivent être signalées (à votre médecin, votre pharmacien et (ou) directement à Santé Canada) afin de permettre la promotion d'un usage plus sûr des plantes médicinales.


Les plantes médicinales et la loi américaine

Il est important pour nous au Canada de comprendre la cadre juridique et réglementaire des plantes médicinales aux États-Unis pour plusieurs raisons :

  1. il s'agit de notre principal marché d'exportation
  2. les États-Unis exercent une grande influence sur l'opinion publique au Canada et, partant, sur la réglementation de ces produits.

La Dietary Supplement Health and Education Act (en anglais seulement), promulguée en 1994, est la principale loi qui régit les produits à base de plantes Cette loi permet la commercialisation de nombreux produits à base de plantes comme ingrédients de suppléments alimentaires sans l'approbation de la FDA, à condition que le fabricant déclare que les ingrédients ont été utilisés dans le passé comme suppléments alimentaires et qu'ils n'ont pas été vendus aux États-Unis comme médicaments.

La catégorie « suppléments alimentaires » a été créée pour distinguer ces substances des aliments (consommés pour soutenir la structure et les fonctions de l'organisme) et des « médicaments » (destinés à traiter la maladie). Les suppléments alimentaires englobent les vitamines, les minéraux et les acides aminés en plus des plantes. Les étiquettes des suppléments alimentaires peuvent énumérer la partie du corps ou la fonction de l'organisme sur laquelle agit le produit, mais ne peuvent contenir d'allégations quant à ses vertus thérapeutiques (à moins que les déclarations ne soient étayées par des recherches cliniques ou « si ces allégations sont fondées sur des déclarations courantes, publiées et faisant autorité de certains organismes scientifiques fédéraux ainsi que de la National Academy of Sciences ».

Internet comme source d'informations médicales fausses

« Il peut être très difficile de reconnaître les poudres des charlatans sur Internet. » (Traduction) Silberg et al. (cité plus bas)

L'article The Internet as a source for current patient information (en anglais seulement) offre une mise en garde particulièrement importante aux personnes qui utilisent l'Internet pour obtenir de l'information médicale et donc à celles qui s'inquiètent de l'information sur les plantes médicinales qu'on trouve actuellement sur Internet : [Juhling McClung, H., Murray, R.D., and Heitlinger, L.A. 1998. The Internet as a source for current patient information. Pediatrics 101(6) : p.e2].

En se fondant sur le traitement de la diarrhée infantile, ces auteurs ont passé en revue les articles publiés sur Internet et ont trouvé qu'il y avait peu de concordance avec le traitement recommandé. Ils ont conclu que les patients doivent être avertis de la grande quantité d'informations fausses publiées sur Internet sur des sujets médicaux. De plus, ils estiment que les médecins doivent recommander à leurs patients d'être très critiques de toute information trouvée sur Internet, même lorsque celle-ci semble provenir de sources dites « fiables » .

Un autre excellent article de synthèse (qui comporte des liens vers des articles connexes) est : Silberg, W.M., Lundberg, G.D., and Musacchio, R.A. 1997. Assessing, controlling, and assuring the quality of medical information on the internet. Journal of the American Medical Association 277 :1244-1245.