La production commerciale des plantes médicinales

« Le plus grand service pouvant être rendu à un pays, c'est d'ajouter à sa culture une plante utile. » - Thomas Jefferson (1743-1826, troisième président des États-Unis)

Cette section s'adresse particulièrement aux producteurs de plantes médicinales et aux entreprises connexes.

Le magnat américain de l'industrie pétrolière J. Paul Getty (1892-1976), un des hommes les plus riches que la Terre ait connu, décrivait ainsi la clé du succès : « Se lever tôt, travailler fort, découvrir un gisement de pétrole ». Cherchant toujours de nouveaux moyens de faire de l'argent, M. Getty avait même fait installer des téléphones payants dans son manoir champêtre de style anglais.

L'équivalent agricole de la découverte d'un gisement de pétrole est celle d'une plante dont la culture se révèle très payante : c'est ce qu'on pourrait appeler « l'or vert ». Dans cette section, vous trouverez d'abord des conseils sur le choix difficile d'une nouvelle culture pouvant s'avérer profitable. Ensuite, les bonnes pratiques commerciales étant toujours indispensables, nous présentons une longue série de conseils de base sur la manière de mener une entreprise. Finalement, nous proposons un guide qui vous aidera à repérer les sources de renseignements utiles.

Bien connaître l'évolution du marché, première étape sur la voie de la rentabilité

Évolution de la rentabilité de nombreux nouveaux produits non brevetés, dans une économie de libre marché. La description de cette image suit.

La figure ci-dessus illustre, de manière schématique, comment évolue dans le temps la rentabilité de nombreux nouveaux produits non brevetés, dans une économie de libre marché (c'est le schéma qui s'applique à la plupart des plantes médicinales).

La phase 1 est la période d'investissement en recherche et développement, nécessaire pour amener le nouveau produit au seuil de la rentabilité (en fait, la plupart des nouveaux produits ne survivent pas à cette étape fondamentale).

Pendant la phase 2, le marché s'étend, et le produit devient de plus en plus rentable.

La phase 3 est une période de rentabilité stable, tandis que la phase 4 est une période de déclin.

La cause la plus commune de ce déclin est le fait que les compétiteurs ont remarqué la rentabilité du produit et commencent à l'imiter. Plus un produit donné est rentable et populaire, plus la compétition se développe rapidement. Les conséquences fréquentes d'une telle compétition sont la sursaturation du marché, la production de surplus et la faillite des entreprises qui dépendent toujours de la vente du produit, autrefois rentable.

Il est extrêmement important que ceux qui envisagent de se lancer dans la production de plantes médicinales comprennent cette séquence, parce qu'elle s'applique tout particulièrement à ce type de produits, dont la popularité et la rentabilité sont souvent très courtes.

Investir soi-même dans le développement d'une nouvelle culture (phase 1), lorsque personne d'autre ne le fait, est extrêmement risqué mais offre les plus grandes possibilités de bénéfices : l'avance énorme du producteur peut lui permettre de s'emparer d'une grande part du marché et de la conserver longtemps.

Se lancer dans une nouvelle culture durant la phase 2, lorsque d'autres ont déjà commencé la production et que celle-ci commence à être rentable, est la stratégie la plus sûre. En effet, même s'il se fait un peu tard pour entrer dans la course, on évite ainsi l'étape la plus risquée, puisque la plupart des nouveaux produits n'atteignent jamais le seuil de rentabilité.

L'erreur la plus fréquente en ce qui a trait aux nouvelles cultures médicinales est d'attendre que la rentabilité du produit soit établie avant d'entrer dans la partie, alors que les autres producteurs inondent déjà le marché. Souvent, lorsqu'une plante médicinale est très bien connue, il est trop tard pour en tirer un grand profit.

Quelques facteurs déterminant la valeur commerciale d'une plante médicinale

Comme pour toute autre produit agricole destiné à la vente, la valeur commerciale d'une plante médicinale dépend d'une foule de facteurs. La demande du marché par rapport à l'offre est le facteur le plus évident, mais la stabilité relative de l'offre et de la demande est également importante, parce que les fluctuations trop prononcées peuvent coûter cher aux producteurs et aux distributeurs. Bien sûr, chaque culture ne convient pas à toutes les régions et à tous les climats, ni même à tous les marchés. Les deux espèces médicinales de ginseng illustrent particulièrement bien le fait que deux plantes pourtant très semblables peuvent varier énormément quant à leurs possibilités de production, d'importation, d'exportation et d'utilisation dans le pays de production.

Le ginseng à cinq folioles, espèce nord-américaine, est la plante médicinale la plus cultivée au Canada, mais la plus grande partie de la récolte est exportée. Inversement, très peu de ginseng asiatique est cultivé au Canada, mais une quantité importante est importée dans ce pays. L'exemple du ginseng à cinq folioles montre aussi que le degré d'utilisation d'une plante peut changer, puisque la consommation canadienne de ce produit a augmenté au cours des dernières années, même si le marché actuel est stagnant.

Un autre facteur à considérer est la quantité de matériel végétal de départ requise pour produire une quantité commerciale des constituants recherchés. Par exemple, comme il est mentionné dans le chapitre sur l'if de l'Ouest, une quantité énorme de cette plante doit être récoltée pour qu'on puisse en extraire une infime quantité de taxol.

Le ginkgo (Ginkgo biloba), une des plantes médicinales les plus populaires, est un très grand arbre dont la culture ornementale est facile et répandue, et on pourrait penser qu'il est facile d'extraire une quantité appréciable de matière médicinale d'un petit nombre de plantes. Or, de grandes plantations commerciales ont dû être établies (dont 400 ha en Caroline du Sud), et d'autres devront être créées, pour qu'on puisse obtenir la grande quantité de feuillage nécessaire.

Bien des plantes médicinales ont une valeur plutôt limitée en termes de fabrication de produits médicinaux, mais demeurent intéressantes à cultiver en raison de leur valeur alimentaire ou industrielle plus élevée que leur valeur médicinale. C'est le cas de la luzerne (Medicago sativa L.), considérée comme une des plus importantes plantes médicinales : comme d'énormes quantités sont cultivées comme fourrage et comme source de graines pour la production de germes, la culture de cette plante uniquement à des fins médicinales n'est pas rentable.

Un autre exemple est le trèfle rouge (Trifolium pratense L.), qui, comme la luzerne, est surtout cultivé comme fourrage mais est aussi considéré comme une plante à puissantes propriétés médicinales. Par ailleurs, l'extraction d'arômes, d'huiles, de colorants et de produits chimiques industriels est le principal attrait économique de bien des plantes qui ont une valeur médicinale, parfois considérable. Il n'est donc généralement pas rentable de cultiver ces végétaux uniquement à des fins médicinales.

Cependant, dans certains cas, il existe des cultivars qui conviennent davantage à une utilisation médicinale que le type le plus couramment cultivé. Ainsi, de grandes quantités de cataire (Nepeta cataria L.) sont cultivées comme produit pour les chats, mais la variété à saveur de citron de cette plante est un ingrédient de certaines tisanes populaires. L'idée générale est la suivante : le fait qu'une espèce ou une variété soit disponible en abondance tend à réduire énormément le profit qui peut en être tiré comme plante médicinale, et vice versa.

Les deux principaux facteurs à considérer sont le prix et le volume : il faut savoir si une bonne récolte peut être obtenue uniquement à des fins médicinales et engendrer des profits. Par ailleurs, la valeur des substances nutraceutiques extraites d'une culture peut être en grande partie liées aux procédés d'extraction et de préparation pour la vente, et ceux qui se lancent dans ces aspects de l'industrie ne sont pas limités par le fait que leurs matières premières sont faciles à obtenir en abondance et à bas prix.

Les plantes médicinales ne sont pas les seules cultures chimiques dont la production peut être rentable

Plusieurs raisons peuvent inciter un producteur à cultiver une plante donnée, et ces raisons varient selon le type de plante. Ainsi, celui ou celle qui envisage la culture de plantes médicinales doit savoir qu'elle est très semblable, à bien des égards, à d'autres types de culture visant à obtenir des produits chimiques de valeur. Celles-ci tendent également à avoir une grande valeur potentielle, à exiger beaucoup de main-d'oeuvre ou d'expertise, à être produites sur de petites superficies, à être vendues en petites quantités et à être destinées à un marché spécialisé. Il se peut donc que ces autres types de culture conviennent tout autant, sinon davantage, à certains producteurs. C'est pourquoi, avant de choisir les plantes médicinales, il importe d'envisager également ces autres cultures.

Le producteur doit comparer les avantages de chacune, en tenant compte de ses préférences personnelles ou des préférences de son entreprise ainsi que des divers facteurs économiques et commerciaux : cela l'aidera à établir s'il est vraiment intéressant de produire des plantes médicinales.

Pour vous aider à choisir le type de nouvelle culture qui vous convient, nous vous proposons une liste d'ouvrages généraux et de sites web. Parmi ces divers types de culture, il y a :

  • les plantes aromatiques (dont les extraits servent à l'industrie des arômes et des parfums),
  • les épices et fines herbes (plantes consommées en petites quantités pour leur saveur),
  • les plantes à tisanes (comme la cataire, l'églantier, la mélisse et la camomille, qui sont aussi des fines herbes et des plantes médicinales),
  • les cultures « bioactives » (destinées entre autres à la production de pesticides ou d'hormones) et
  • les cultures nutraceutiques (ou aliments fonctionnels), qui, comme nous l'avons expliqué dans l'introduction, comprennent diverses plantes à potentiel médical offertes dans des formes extrêmement variées.

Les cultures industrielles constituent une catégorie moins définie, qui pourrait comprendre les plantes mentionnées ci-dessus, mais qui d'ordinaire se limite aux grandes cultures servant à la production d'huiles et autres produits chimiques ayant une valeur industrielle. Voici donc une liste de quelques végétaux qui peuvent être cultivés en lieu et place des plantes médicinales traitées dans le présent livre.

Examples de plantes à grand potentiel commercial et à marché spécialisé qui peuvent être cultivées au Canada pour leurs composantes chimiques.

Plantes aromatiques (huiles essentielles)

(Toutes ces plantes sont utilisées à des fins médicinales, mais il s'agit avant tout de plantes alimentaires, aromatisantes ou ornementales.)

  • Agastache fenouil (Agastache foeniculum (Pursh) O. Kuntze)
  • Aneth (Anethum graveolens L.)
  • Carvi (Carum carvi L.)
  • Cataire (Nepeta cataria L.)
  • Coriandre (Coriandrum sativum L.)
  • Menthe, noble (Mentha gracilis Sole)
  • Menthe poivrée (Mentha x piperita L.)
  • Monarde écarlate (Monarda didyma L.)

Plantes Insecticides

  • Pyrèthre (Tanacetum cineriifolium (Trev.) Schultz-Bip.)

Plantes nutraceutiques (aliments fonctionnels)

Nom françaisNom scientifiqueProduits courants non médicinauxProduits médicinale
BléTrititicum aestivum L.céréaleextrait de son
AvoineAvena sativa L.céréale, fourrageextrait de son
TournesolHelianthus annuus L.huile alimentaire, nourriture pour oiseauxhuile alimentaire à teneur élevée en acide oléique (huile riche en acides gras monoinsaturées et faible en acides gras saturés et polyinsaturés)
Colza (canola)Brassica napus L.huile alimentairephytostérol (hydratant pour la peau et agent de transport transdermique)
FenugrecTrigonella foenumgraecum L.fourrage, épiceprécurseurs d'hormones sexuelles (pour la fabrication de contraceptifs oraux)
LinLinum usitatissimum L.huile, fibrel'huile, extraite des graines, est une source d'acides gras oméga 3, notamment d'un acide gras essentiel, l'acide alpha-linolénique; elle est aussi riche de lignanes, typre de phytoestrogènes à action anticancéreuse présumée
ChanvreCannabis sativa L.fibrehuile comestible riche en AGL (acide gras essentiel)
BourracheBorago officinalis L.ornamenthuile comestible riche en AGL (acide gras essentiel)
AilAllium sativum L.condimentextrait d'ail en comprimés (pour améliorer la santé)
RaifortArmoracia rusticana P. Gaertn., B. Mey. & Scherb.condimentperoxidase, enzyme utilisée pour diagnostiquer le VIH (le raifort est cultivé au Canada à cette fin.)
PsylliumPlantago psyllium L.; P. ovata Forsk. (blond psyllium)aucune utilisation non médicinalelaxatif très utilisé, extrait des graines

Exemples de plantes médicinales non indigènes qui pourraient être cultivées de façon rentable au Canada

(Voir aussi la liste de plantes nutraceutiques ci-dessus; toutes sont exotiques, mais la plupart peuvent être cultivées de façon rentable au Canada.)

Nom françaisNom scientifiquePrincipal usage médicinal
BardaneArctium lappa L.Plante médicinale traditionnelle, en vente libre, utilisée contre divers troubles
SouciCalendula officialis L.Utilisé contre les problèmes de peau mineurs
Camomille romaineChamaemelum nobile (L.) All.Anti-inflammatoire et anti-infectieux général
Camomille allemandeMatricaria recutita L.Anti-inflammatoire et anti-infectieux général
Chrysanthème matricaireTanacetum parthenium (L.) Schultz-Bip.Utilisé contre la fièvre
Chardon MarieSilybum marianum (L.) Gaertn.Utilisé contre les problèmes de foie
OrtieUrtica dioica L.Utilisée contre diverses maladies, y compris les problèmes de prostate et l'inflammation des muqueuses du nez
PivoinePaeonia speciesUsed in Chinese herbal medicine, and seems to be arousing interest in Western medicine
MillepertuisHypericum perforatum L.Antidépressif
ValérianeValeriana officinalis L.Sédatif

Importance économique des plantes indigènes du Canada

Si nous mettons l'accent sur les plantes médicinales indigènes, c'est parce que ce sont à notre avis celles qui présentent le plus grand potentiel de culture et de développement au Canada. Il est vrai que nombre de plantes médicinales exotiques peuvent aussi être cultivées au pays, et ces plantes feront éventuellement l'objet d'un autre livre.

Il n'en demeure pas moins que trois des six plantes médicinales les plus vendues aux États-Unis sont indigènes du Canada et traitées dans le présent livre. Elle sont indiquées par un astérisque dans la liste qui suit.

La petite entreprise de culture de plantes médicinales

Les six plantes médicinales les plus populaires aux États-Unis (ventes en 1995) - Tiré de P. Brevoort (1996), HerbalGram 36 (Spring) : 54. (Les astérisques indiquent les trois plantes médicinales les plus vendues aux États-Unis qui sont indigènes du Canada.)

  • Échinacée*
  • Ail
  • Hydraste*
  • Ginseng*
  • Ginko
  • Chou palmiste nain

Les baies du chou palmiste nain (Serenoa serrulata (Michx.) Hook. f.), médicament en vente libre populaire contre les problèmes de prostate, sont surtout récoltées en milieu naturel en Floride, mais la plante est un peu cultivée. L'hydraste est également surtout récolté à l'état sauvage, mais il est de plus en plus cultivé. Dans le cas des autres espèces, l'approvisionnement à des fins médicinales est assuré principalement ou entièrement par la culture.

La plupart des principales plantes médicinales sont mises en marché par de grandes entreprises, mais elles sont en grande partie produites par de petites entreprises. Les grandes entreprises de transformation peuvent conclure des contrats de mise en culture et de récolte avec des producteurs privés, ou simplement acheter le produit sur le marché.

Les plantes médicinales populaires, comme l'échinacée, la valériane et le millepertuis, peuvent être cultivées sur de grandes superficies (sur 10 ha et plus). Les plantes cultivées pour l'acide gamma-linolénique (acide gras essentiel mais sans doute manquant chez 15 % des humains), comme la bourrache, l'onagre et le chanvre, peuvent aussi être considérées comme de grandes cultures.

La plupart des huiles essentielles employées en aromathérapie (application externe d'huiles essentielles à des fins curatives, pour le plaisir, ou contre le stress) proviennent aussi de grandes cultures, généralement tropicales. Cependant, nombre de plantes médicinales peuvent être cultivées sur de très petites superficies.

Malgré l'importance économique des grandes entreprises, les petites entreprises ont un rôle important à jouer dans le développement futur de l'industrie des plantes médicinales en Amérique du Nord. Il y a des occasions d'affaires pour les petites entreprises privées, notamment pour les exploitants agricoles qui veulent cultiver les plantes médicinales en plus d'autres plantes. Bien des plantes médicinales se prêtent idéalement à la production à petite échelle, en raison du volume relativement faible de la récolte et du caractère particulier des conditions de culture. La valeur assez élevée des récoltes contribue aussi à la rentabilité de ces cultures, qui peuvent être pratiquées sur de petites superficies, avec des machines non spécialisées ou simplement modifiées. Certaines plantes médicinales ont des traits communs avec les mauvaises herbes et peuvent être cultivées sur des terres peu productives, mais la plupart exigent un sol fertile, comme les autres cultures.

La préparation d'extraits et le séchage des produits sont des procédés spécialisés qui sont soumis à une concurrence intense et exigent souvent des investissements importants. Le séchage, la transformation et l'extraction exigent en outre des connaissances et une expérience considérables, en plus de beaucoup de machinerie et autre équipement. Le séchage et l'extraction sont normalement effectués immédiatement après la récolte, tout près de la zone de culture.

Les grandes firmes, qui ont fixé les normes de haute qualité et de transformation, tendent à dominer le marché. Cependant, il existe des entreprises qui se spécialisent dans la transformation de plantes médicinales en produits vendables (teintures, élixirs, capsules, etc.) pour le compte des producteurs qui veulent en assurer eux-mêmes la mise en marché, en gros ou au détail. Cette situation peut être très avantageuse pour le producteur, puisque le prix payé au producteur peut être très faible, alors que les profits du distributeur peuvent être très élevés.

Par ailleurs, il est parfois impossible d'obtenir une assurance-responsabilité pour la vente de préparations médicinales, à moins de pouvoir démontrer une expertise en pharmacologie. Pour quelques plantes médicinales, les producteurs peuvent retenir les profits qui iraient autrement à des intermédiaires en acquérant les compétences nécessaires à l'extraction, à la transformation et à la commercialisation du produit. Plusieurs produits de soins corporels (comme les savons et les pommades) peuvent être fabriqués assez facilement par le petit producteur, qui peut ensuite les vendre directement par la poste ou dans des foires.

Risques et problèmes pour le producteur

La production des plantes médicinales présente des risques particulièrement élevés. Le degré de risque associé à une plante médicinale donnée diminue à mesure que les infrastructures industrielles et commerciales reliées à cette culture se développent. Au même moment, à mesure que la culture devient moins risquée, il arrive souvent que la compétition devienne plus intense, et la marge bénéficiaire peut diminuer.

La production commerciale de certaines plantes médicinales (comme le ginseng) peut exiger une mise de fonds relativement élevée (pour le matériel végétal de départ, la machinerie, l'équipement de séchage, etc.). Dans le cas de bien des espèces, peu d'information est disponible sur les pratiques de production et les normes de qualité. Le marché peut être incertain, les fournisseurs de semences peuvent fournir du matériel qui ne convient pas pour diverses raisons, et il est possible que la réglementation sur les pesticides, les herbicides et les fongicides ne soit pas encore établie. Par ailleurs, une surproduction ou une pénurie peuvent survenir, et les prix peuvent grimper ou chuter en conséquence, du jour au lendemain. Le marché d'une plante médicinale peut même s'effondrer en un rien de temps, si la consommation de celle-ci est jugée dangereuse.

La synthèse artificielle d'un composé qui était extrait d'une plante médicinale, ou la découverte d'espèces encore plus rentables permettant l'extraction de ce composé, sont d'autres situations que doit redouter le producteur, puisque, en pareil cas, il devient soudainement inutile de cultiver l'espèce dans laquelle il s'était spécialisé (voir le chapitre sur la sanguinaire).

Nombre d'espèces végétales ne se cultivent essentiellement que dans les zones tropicales, mais il existe des centaines de plantes médicinales qui peuvent ou pourraient se cultiver au Canada. Dans la majorité des cas sans doute, l'expertise traditionnelle de production s'est développée dans d'autres pays.

Ainsi, l'Europe approvisionne depuis longtemps les marchés du monde entier en plantes médicinales, et il est difficile de concurrencer une industrie si bien établie. De tous les facteurs réduisant la rentabilité des cultures médicinales, la compétition étrangère est le plus important. Elle peut rendre l'accès au marché extrêmement difficile, même pour une petite entreprise dynamique.

Les pays méditerranéens, l'est de l'Europe, l'Amérique latine et l'Inde sont les plus gros fournisseurs de plantes médicinales au monde. Plusieurs de ces pays disposent d'une main-d'oeuvre très bon marché qui leur permet de vendre les plantes à bas prix.

Cependant, les producteurs canadiens disposent quand même d'un très grand avantage, parce que le matériel importé renferme souvent des impuretés et parce que certains pays ne sont pas en mesure de certifier que leur produit est « biologique » ou qu'il n'a pas été traité aux pesticides. De plus, les entreprises pharmaceutiques cherchent souvent à conclure des contrats avec des producteurs du pays, afin d'avoir accès à une récolte biologique certifiée.

Une autre problème caractérisant l'industrie des plantes médicinales est l'irrégularité de la demande. Les fluctuations du marché obligent le petit entrepreneur à se créer de bonnes relations d'affaires avec le client ou l'entreprise disposés à acheter son produit.

La production de semences de plantes médicinales est un autre volet très problématique de l'industrie. La présence de semences importées et la production en vrac de semences des principales espèces par les grands fournisseurs nord-américains ont tendance, encore une fois, à rendre cette facette de l'industrie difficile d'accès pour la petite entreprise. Le taux de germination des semences est plutôt faible chez bien des espèces courantes de plantes médicinales, tandis que de nombreuses espèces produisent peu de graines, ce qui nuit grandement à la rentabilité de la production de semences.

Malheureusement, pour bien des plantes médicinales, il y a justement un urgent besoin de semences de haute qualité, qui soient fiables et identifiables, et les fournisseurs ne réussissent habituellement pas à satisfaire ce besoin. Les graines importées peuvent renfermer plusieurs cultivars, ou être contaminées par des graines de mauvaises herbes. Or, les producteurs doivent être particulièrement attentifs à la qualité, à la pureté et à l'identité de leurs semences, puisque le succès de leurs cultures en dépend. Il peut s'avérer nécessaire de produire ses propres semences.

Recherches et information nécessaires

Pour la plupart des plantes médicinales, plusieurs types de recherches doivent être effectuées avant même que débute la production :

  • cueillette de matériel génétique, caractérisation de ses variations et protection en milieu naturel ou en installation de stockage;
  • évaluation phytochimique;
  • essais pharmacologiques visant à établir l'efficacité et la sûreté du produit;
  • tri et sélection des variétés les plus productives dans les conditions locales de culture;
  • recherches sur les exigences de la croissance et de traitement post-récolte, dont la lutte contre les mauvaises herbes et les ravageurs, la fertilisation du sol, la densité optimale de plantation, l'emballage et les températures critiques d'entreposage;
  • serriculture.

Au Canada, la serriculture mérite une attention toute particulière pour certaines plantes médicinales de grande valeur, puisque les basses températures et la courte saison de végétation en limitent la productivité. Évidemment, le maintien d'une serre coûte cher, mais il se peut que ces dépenses soient compensées par les économies réalisées en évitant l'importation du produit.

La serre permet de régler de façon précise la température et le taux d'humidité et d'obtenir des conditions qui empêchant la propagation de maladies et de ravageurs. Elle peut faire obstacle aux insectes, aux mauvaises herbes, aux oiseaux, à la poussière et à la pollution atmosphérique. Le plus important problème reste de savoir s'il est possible de faire pousser une plante médicinale donnée dans ces conditions artificielles de croissance et d'obtenir ainsi les substances chimiques recherchées.

On sait en effet que les conditions du milieu et les conditions de culture peuvent influer sur la concentration de constituants d'importance économique chez bien des plantes. Le Centre de recherches sur les cultures abritées et industrielles d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Harrow (Ontario), est le plus grand centre de recherche serricole au Canada, et la culture des plantes médicinales est une de ses priorités actuelles.

Conseils diffusés au Canada il y plus de cinquante ans sur la culture des plantes médicinales

La série de recommandations qui suit (révisée pour la dernière fois en 1947 par W.J. Cody et H.A. Senn) a été polycopiée et distribuée pendant de nombreuses années en réponse aux demandes de renseignements concernant les plantes médicinales. Elle a été rédigée par l'Unité de botanique et de pathologie végétale de la Ferme expérimentale centrale à Ottawa (laquelle unité est devenue beaucoup plus tard notre organisation actuelle, le Centre de recherches de l'Est sur les céréales et oléagineux).

Même si ces recommandations remontent à plus d'un demi-siècle, elles sont encore aujourd'hui assez pertinentes pour qu'on en prenne bonne note. Elles constituent aussi une occasion intéressante d'analyser les changements survenus à ce titre au cours des dernières années.

  1. Pour être rentable, la culture de plantes médicinales requiert des soins considérables. L'équipement nécessaire à la récolte du matériel et à sa préparation pour la commercialisation est très spécialisé. Par conséquent, le producteur potentiel doit autant que possible acquérir de l'expérience dans la production de plantes médicinales avant de se lancer lui-même dans l'aventure.
  2. Certaines espèces et certaines variétés doivent demeurer au champ au moins deux ans avant de produire une récolte vendable. De plus, elles ont souvent besoin d'une attention spéciale durant cette période.
  3. Dans certaines régions, une rumeur veut que les plantes médicinales se vendent à des prix élevés. Il est vrai que le prix de certains types de plantes médicinales a augmenté considérablement pendant la guerre, mais il est rare qu'un profit plus que raisonnable soit réalisé avec ces cultures. Très souvent, le profit est peu élevé, et il arrive que le producteur subisse des pertes.
  4. Le marché des produits à base de plantes médicinales est très instable. Le producteur sera bien avisé de signer un contrat avec un acheteur potentiel, afin d'être certain de vendre sa récolte quoi qu'il arrive. Les grossistes de produits pharmaceutiques ne sont pas intéressés à acheter d'un petit cueilleur ou producteur qui ne peut garantir la continuité de l'approvisionnement ni l'identité et l'uniformité du produit.
  5. En règle générale, la demande globale de produits à base de plantes médicinales est très faible. Une petite superficie devrait donc suffire à approvisionner le marché. Si une plante donnée devient susceptible d'être vendue à un prix élevé, il y a fort à parier que bien des gens commenceront à la cultiver : le marché sera inondé, une chute des prix s'ensuivra, et seuls les producteurs les mieux établis feront un profit.
  6. De nos jours, au Canada, le coût élevé de la main-d'oeuvre rend toute forme d'activité économique fondée sur le jardinage beaucoup plus coûteuse qu'autrefois. Presque partout, il est très difficile de trouver la main-d'oeuvre voulue. De plus, maintenant que la guerre est finie, les entreprises canadiennes auront certainement du mal à concurrencer les pays qui produisaient habituellement ces plantes, à cause de la main d'oeuvre beaucoup moins chère qu'on y retrouve et de l'expertise dont ils disposent sur la culture de ces plantes.

Ces recommandations, bien que toujours pertinentes, doivent être lues à la lumière de l'évolution récente du marché.

Ainsi, les remèdes à base de plantes sont devenus extrêmement populaires dans les magasins d'aliments naturels, les pharmacies et les supermarchés : cet aspect a donc considérablement changé depuis 50 ans. Par conséquent, la plupart des affirmations des points 3 et 5, sur l'ouverture du marché et la rentabilité, ne s'appliquent plus.

Même si le prix payé au producteur demeure bas pour de nombreuses cultures, le producteur peut maintenant donner une valeur ajoutée à sa récolte et s'approprier la marge bénéficiaire beaucoup plus élevée réservée au vendeur.

Le point 6, sur le faible coût de la main-d'oeuvre à l'étranger, n'est plus aussi important qu'avant, puisque le contrôle de la qualité et la culture biologique donnent une longueur d'avance aux producteurs canadiens.

La tendance démographique actuelle permet aussi d'envisager un avenir prometteur pour les plantes médicinales : la population vieillissante s'intéresse de plus en plus aux questions de santé et se tourne vers les produits médicinaux en vente libre pour compléter les traitements médicaux classiques.

Conseils concernant la culture des plantes médicinales dans le Canada d'aujourd'hui

Le meilleur conseil à donner à celui ou celle qui veut entreprendre la production de plantes médicinales est probablement de passer environ un an à faire des recherches sur le sujet. Les bibliothèques peuvent être de bonnes sources d'information. Les voyages sont coûteux, mais les conférences portant sur le marché des plantes médicinales peuvent fournir des idées et des contacts fort utiles. Les publications de marketing, les ministères de l'agriculture, les départements d'agriculture des universités et les producteurs établis peuvent aussi fournir de précieux renseignements et faire éviter certaines erreurs.

Il est utile de rédiger son propre plan d'entreprise (voir à cet égard les publications de Dove (1990), Dove (1994) et Hankins (1994), entre autres), après avoir consulté le plus d'experts possible. La devise du producteur doit être « Ne sème pas avant d'avoir trouvé ton marché ». Les points suivants pourront être utiles à ceux et celles qui désirent se lancer dans la production des plantes médicinales.

Conseils et questions à l'intention du producteur potentiel de plantes médicinales

  • Il faut d'abord un enthousiasme débordant, et même une passion pour la culture des herbes, des plantes général et surtout des plantes médicinales. Avez-vous ce genre de motivation?
  • Même si la production de plantes médicinales peut être satisfaisante comme passe-temps ou comme occupation secondaire, elle exige généralement du producteur beaucoup de temps, d'énergie et de ressources. De plus, celui-ci doit accepter les risques associés à ce type de culture et avoir le sens des affaires. Ces exigences s'appliquent aux entreprises agricoles en général, mais elles sont encore plus vraies en ce qui concerne les plantes médicinales à cause des risques plus élevés que leur culture comporte. Votre situation personnelle et vos compétences vous permettent-elles un tel engagement?
  • En pratique, comme les agriculteurs sont déjà propriétaires d'une ferme équipée et possèdent de l'expérience en production végétale, ils sont les mieux placés pour entreprendre la culture de plantes médicinales. Les agriculteurs établis, surtout s'ils pratiquent la culture biologique et sont appuyés par de bonnes recommandations, ont le plus de chances de conclure des contrats de production pour certaines cultures. Cette situation est-elle la vôtre?
  • Étudiez vos préférences et votre expérience et comparez-les à celles de vos concurrents. Serait-il plus avantageux d'établir un partenariat avec un producteur plus expérimenté?
  • Songez sérieusement à retenir les services d'un transformateur ou fabricant professionnel pour la transformation de votre récolte en biens commercialisables, que vous pourrez cependant vendre vous-même. Pour la plupart des plantes médicinales, la production elle-même est souvent peu rentable, tandis que la vente peut être très profitable.
  • Prenez en considération les avantages de la production organique et informez-vous sur les conditions de certification (pour des renseignements sur la culture organique au Canada. En ce qui concerne les mauvaises herbes et les ravageurs, envisagez des stratégies de lutte qui conviennent à la production biologique. Il est important d'éviter les lieux contaminés par des résidus chimiques, infestés de mauvaises herbes difficiles à éliminer, ou soumis périodiquement à des brouillards de pulvérisation transportés par le vent.
  • Rappelez-vous de « ne pas mettre tous vos oeufs dans le même panier ». Toute nouvelle culture est risquée, et le marché des plantes médicinales est reconnu pour sa grande instabilité : il est donc sage de cultiver plusieurs espèces de plantes médicinales ayant un potentiel prometteur, plutôt qu'une seule.
  • Informez-vous le plus possible sur les plantes que vous déciderez de cultiver. Consultez d'autres producteurs ainsi que les experts des universités et des gouvernements provinciaux et fédéral. Si des ravageurs ou des maladies que vous ne connaissez pas menacent vos cultures, qui pourra les identifier et vous donner les conseils voulus?
  • Dans votre région, des spécialistes des productions végétales du gouvernement (provincial ou fédéral) et des universités font régulièrement des études sur divers aspects de la culture, comme la physiologie végétale, les sols, la génétique et l'amélioration des machines de récolte, des trieuses, des séchoirs et des autres instruments. Informez-vous sur les recherches en cours et demandez-vous si certains aspects de ces recherches pourraient profiter à votre future entreprise.
  • Les élus municipaux, provinciaux et fédéraux de la région peuvent être des alliés particulièrement précieux en ce qui concerne le démarrage de nouvelles entreprises. Pour que vos revendications soient prises au sérieux, effectuez beaucoup de recherches avant de les contacter, et essayez d'être précis dans vos demandes, qu'il s'agisse des noms et adresses de contacts, d'une lettre de recommandation ou encore d'une aide au démarrage pour votre entreprise). Insistez : les politiciens sont là pour vous servir.
  • Les producteurs qui obtiennent du succès avec de nouvelles cultures passent souvent plus de temps à planifier la mise en marché de leurs produits qu'à les produire. Comme il faut consacrer beaucoup de temps à la production et à la transformation durant l'été, il vaut sans doute mieux se préoccuper d'exploration des marchés durant la saison morte. Établissez des relations d'affaires, notamment avec les praticiens de médecine douce qui emploient des plantes médicinales ainsi qu'avec les entreprises de transformation, les distributeurs, les entreprises manufacturières et les magasins d'aliments naturels de la région. Rappelez-vous que les contacts personnels bien ciblés sont plus efficaces que la publicité auprès de la clientèle et les envois postaux.
  • Prenez en considération les possibilités de vos terres, notamment en termes de proximité (par rapport aux installations de transformation et au marché), de climat, de sol (y compris le drainage), de rotation avec d'autres cultures, de topographie (limites de la machinerie), de brise-vent (pour les grandes plantes herbacées qui peuvent être endommagées par le vent), d'accumulation de neige en hiver (qui peut être essentielle à la survie des plantes vivaces) et de disponibilité des eaux d'irrigation et de surface.
  • Faites des essais pilotes à petite échelle sur les méthodes de culture et de récolte. Essayez plusieurs sources de semences. S'il y a lieu, faites des plantations expérimentales pour préciser les conditions optimales. Par ailleurs, on sait que chez bien des plantes l'apport d'engrais fait diminuer la concentration des composés chimiques recherchés. Faites donc analyser des échantillons issus de vos essais, pour savoir s'ils répondent aux besoins du marché.
  • Suivez un cours sur la gestion d'une petite entreprise.
  • L'élaboration d'un plan d'entreprise est une sage décision, puisqu'un tel plan peut s'avérer indispensable, surtout si vous cherchez du financement. Les prêteurs ordinaires, comme les banques, savent que les entreprises axées sur de nouvelles cultures sont très risquées. Donc, avant de tenter d'emprunter, c'est une bonne idée de commencer à produire et de faire vos preuves sur le marché. Une étude de marché récente peut aussi être souhaitable. S'il y a lieu, consultez un conseiller financier.
  • Prévoyez le coût de l'équipement requis ou la possibilité d'adapter l'équipement dont vous disposez déjà. Pensez à un séchoir, à un abri pour le séchage, à l'équipement de tri ou de transformation et aux installations de stockage.
  • Préparez un calendrier des activités, y compris la préparation du lit de semences, l'ensemencement, la fertilisation, la lutte contre les mauvaises herbes, la récolte, l'entreposage et la transformation.
  • Évaluez la demande du marché, la fréquence de l'approvisionnement, le volume requis, les prix, les coûts de main-d'oeuvre et la disponibilité de la main-d'oeuvre. Les associations professionnelles et les bulletins destinés aux gens d'affaires peuvent fournir des renseignements précieux à cet égard (consultez la bibliographie du présent chapitre).
  • Déterminez les exigences du marché. Si une analyse chimique ou d'autres types d'analyses doivent être faites par des professionnels, qui s'en chargera?
  • Même s'il n'existe aucun budget de production pour la plupart des plantes médicinales de deuxième importance, il faut essayer d'estimer les coûts. Les facteurs à considérer sont le coût des intrants, la main-d'oeuvre, le rendement prévu, le nombre d'années avant la récolte, les prix probables et les coûts d'opportunité (montant investi dans l'entreprise, utilisation des terres, travail effectué par l'entrepreneur lui-même, etc.). Il faut avoir une idée générale de la rentabilité du projet.
  • Souvenez-vous que la qualité du matériel végétal de départ est essentielle à la réussite. Nombre de plantes médicinales sont entièrement sauvages (non cultivées), et leurs graines peuvent exiger des traitements spéciaux pour pourvoir être utilisées commercialement. Si les graines ne sont pas fiables ou sont difficiles à obtenir en quantité suffisante, la multiplication végétative peut être nécessaire.
  • Concentrez-vous sur des objectifs à long terme. Cela peut prendre plusieurs années avant que les cultures deviennent uniformes, fiables et rentables.
  • Envisagez de produire uniquement des plantes exigeant à peu près les mêmes techniques spécialisées de culture et de transformation. Nombre de plantes médicinales indigènes aiment l'ombre et poussent lentement, et elles peuvent toutes être cultivées sous le même type d'ombrière. La culture en boisé naturel, méthode traditionnelle pour bien des espèces d'ombre, est à envisager si on dispose d'une superficie considérable de terre forestière. Pour certaines plantes, la culture en serre est une autre possibilité, mais il faut effectuer des recherches sur le sujet. La culture des plantes à tisanes peut aussi être envisagée, si on dispose des installations de séchage voulues.
  • Investissez dans l'acquisition d'un ordinateur et de logiciels adaptés à vos besoins. Les programmes de comptabilité de base vous permettront de garder à l'oeil vos dépenses et vos ventes. Un autre logiciel vous permettra de produire économiquement un bulletin et des feuillets publicitaires ainsi que des étiquettes pour vos produits. Puisque la couleur favorise la vente, l'acquisition d'une imprimante couleurs peut s'avérer un investissement judicieux.
  • Ayez accès à Internet. « Un nouveau site web est créé toutes les 4 secondes », disait Steven Calcote. Le volume d'information est énorme, et il y a des sites sur tous les aspects de la culture de plantes médicinales, sur les autres types de culture et sur projets d'affaires. Vous y trouverez certainement bien des renseignements utiles.
  • Devenez membre d'organisations vouées à la défense de vos intérêts. L'union fait la force, surtout lorsqu'on tente d'influer sur les politiques gouvernementales imposant des contraintes réglementaires à la fabrication et à la vente de médicaments à base de plantes.
  • Traitez vos employés de façon juste et honnête : ils vous rendront la pareille.
  • Efforcez-vous de vous bâtir une bonne réputation. Les acheteurs auront tendance à être loyaux envers les producteurs qui leur fournissent des produits constants, propres, disponibles au bon moment, au bon endroit et au bon prix, conformes aux normes de l'industrie et aux exigences de la qualité.
  • Essayez d'ouvrir de nouveaux marchés. Vous pouvez profiter de l'instabilité politique, des mauvaises récoltes et des problèmes de contamination qui sévissent dans certains pays pour attirer de nouveaux clients.

Renseignements supplémentaires

Potentiel économique de la production de plantes médicinales, notamment au Québec