Vaccinium macrocarpon Ait. (Canneberge à gros fruit)

Synonyme : Oxycoccus macrocarpus (Ait.) Pers.

Noms français

Canneberge à gros fruit, airelle à gros fruits, ataca, atoca, gros atoca. Aux Îles-de-la-Madeleine et à Saint-Pierre-et-Miquelon, les fruits de la plante sont appelés « pommes de pré » ou « graines », ce deuxième terme pouvant désigner d'autres espèces de Vaccinium à fruits rouges.

Le mot « canneberge » est d'origine inconnue selon les dictionnaires, mais on ne peut s'empêcher d'y voir une parenté avec les noms anglais (cranberry) et néerlandais (Krannbeere) de la plante. Le nom « atoca » est d'origine amérindienne.

Noms anglais

Cranberry, large cranberry, American cranberry. En Amérique du Nord, on appelle généralement « cranberry » toutes les espèces de Vaccinium à fruits rouges, de même que certaines espèces des genres non apparentés Viburnum et Hibiscus, dont les fruits rouges peuvent être apprêtés de manière semblable.

Le nom anglais « cranberry » vient de « crane-berry », ancien nom américain de la plante, qui signifie « baie de grue ». On trouvait que la jeune fleur faisait penser à une grue : le pédicelle mince et recourbé, le calice et la corolle prête à s'ouvrir rappellent respectivement le cou, la tête et le bec de l'oiseau.

Morphologie

La canneberge à gros fruit est une plante ligneuse rampante à feuilles persistantes formant des tapis sur le sol. Les tiges, minces, ramifiées et entremêlées, sont longues de 30 à 150 cm. Les feuilles mesurent 5 à 18 mm de longueur (généralement entre 7 et 10 mm) et sont plutôt coriaces, à pétiole très court. Les fleurs sont produites à l'aisselle des feuilles, sur de jeunes pousses dressées de 4 à 15 cm de longueur, prenant elles-mêmes naissance à l'aisselle des feuilles de tiges plus vieilles. Chacune des pousses produit une à dix fleurs roses, dont le pédicelle peut atteindre 10 à 30 mm de longueur. Les boutons floraux se forment vers la fin de l'été et s'ouvrent à la fin juin ou au début juillet. La pollinisation est effectuée par des insectes, et les fruits arrivent à maturité entre la mi-octobre et la fin octobre. Le fruit mûr est rouge (sauf chez certains sujets, qui produisent des fruits blancs), globuleux, ellipsoïde ou piriforme, et mesure 1 à 2,5 cm de diamètre. La peau du fruit est coriace et luisante. Chez les variétés cultivées, le fruit peut être en forme de cloche, de cornet ou de cerise, et sa couleur peut aller du jaune pâle au rouge foncé, presque noir. Le fruit, très acide et riche en pectine, a un goût très astringent en raison de sa faible teneur en sucre. En automne, le fruit qui a commencé à mûrir est facile à détacher de son pédoncule.

Classification et répartition

Le grand genre Vaccinium, dont la taxonomie est complexe et encore mal comprise, compte sans doute environ 150 espèces (jusqu'à 400 selon certains auteurs), dont la plupart sont indigènes de l'Amérique du Nord ou de l'Asie. Le genre comprend notamment un grand nombre de plantes produisant des baies comestibles désignées par toutes sortes de noms, selon les espèces et les régions : myrtilles, bleuets, atocas, canneberges, airelles, berris, etc. Du point de vue médicinal, l'espèce la mieux connue est sans doute la myrtille (V. myrtillus L.), qui fait l'objet du prochain chapitre. Le genre Vaccinium est souvent divisé en plusieurs sous-genres ou sections. Le sous-genre Oxycoccos, parfois considéré comme un genre distinct (Oxycoccus), comprend quatre espèces, dont les deux espèces de canneberges, le V. macrocarpon et le V. oxycoccos L., étroitement apparentées.

L'airelle rouge (V. vitis-idaea L.) ressemble aux canneberges mais appartient à un sous-genre différent. Le fruit est souvent appelé « pomme de terre » au Québec et « berri » en Acadie, aux Iles-de-la-Madeleine et à Miquelon. Le nom employé dans la plupart des flores canadiennes est une traduction du nom latin : « airelle vigne-d'Ida ». L'espèce pousse bien en climat très froid et a une répartition circumboréale. La cueillette des fruits sauvages fait l'objet d'une petite industrie à Terre-Neuve (plus de 100 000 kg/an) et en Nouvelle-Écosse (environ 5000 kg/an).

La plante est déjà cultivée dans les pays scandinaves, et on se prépare à la cultiver en Pologne et en ex-Union soviétique. La compote d'airelle rouge produite en Europe est parfois exportée sous le nom anglais « cranberry », qui signifie « canneberge ». L'airelle rouge est parfois utilisée comme antiseptique urinaire, de la même manière que la canneberge, dont l'emploi sera décrit en détail dans le présent chapitre.

La canneberge à gros fruit (V. macrocarpon) est indigène de l'Amérique du Nord. Elle se rencontre depuis Terre-Neuve et le centre du Minnesota jusqu'à la Nouvelle-Écosse, la Nouvelle-Angleterre, Long Island (New York), la Virginie-Occidentale, le nord de l'Ohio, le centre de l'Indiana, le nord de l'Illinois, l'Arkansas (où l'espèce est rare) et les Appalaches du Tennessee et de la Caroline du Nord.

L'espèce est cultivée à l'intérieur de cette aire naturelle ainsi qu'en Colombie-Britannique, au Washington et en Oregon, où elle s'est échappée et établie en milieu naturel. La plante est également cultivée dans certaines régions du nord et du centre de l'Europe et s'est naturalisée en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse.

De nombreux cultivars ont été créés au 19e siècle. La plupart sont issus de tiges uniques prélevées dans les populations naturelles, mais les travaux de sélection ont permis d'obtenir quelques cultivars améliorés. Parmi les cultivars les plus connus, mentionnons 'Early Black,' 'Howes,' 'Stevens,' 'Searles,' 'McFarlin,' 'Bergman,' 'Crowley,' et 'Ben Lear.'

La canneberge commune (Vaccinium oxycoccos), également appelée « airelle canneberge », « petit atoca » ou « grisette », est une espèce étroitement apparentée et très semblable au V. macrocarpon. Le V. oxycoccos est une espèce très répandue dans les sols bourbeux ou tourbeux, atteignant vers le nord le Groenland, le Labrador et l'Alaska et vers le sud le New Jersey, la Pennsylvanie, l'Ohio, l'Indiana, le Minnesota et, dans l'Ouest, la Californie. L'espèce est également présente en Eurasie. Elle est très variable et parfois considérée comme un complexe de plusieurs espèces.

Certains auteurs considèrent que le V. oxycoccos véritable est un hybride tétraploïde (48 chromosomes) entre deux espèces diploïdes (24 chromosomes), le V. macrocarpon et le V. microcarpon (Turcz.) Hook.; cette dernière serait indigène des régions boréales de l'Amérique et de l'Eurasie. Plusieurs caractères permettent de distinguer la canneberge commune de la canneberge à gros fruit : chez la canneberge commune, le pédicelle porte une paire de petites bractées rouges de moins de 1 mm de largeur insérées à mi-hauteur du pédicelle ou plus bas, le fruit mesure 5 à 13 mm de diamètre, et les feuilles sont pointues au sommet; chez la canneberge à gros fruit, les bractées du pédicelle sont vertes, plus larges (1 à 3 mm) et situées plus près de la fleur, le fruit est plus gros (10 à 25 mm), et les feuilles sont obtuses ou arrondies au sommet.

Les fruits de la canneberge commune sont cueillis en milieu naturel, mais la culture de l'espèce a suscité peu d'intérêt, à cause de la petite taille du fruit et de la productivité relativement faible de la plante.

La diversité génétique de la canneberge à gros fruit est menacée par le déclin général des milieux humides naturels. Cette diversité semble faible dans la partie nord de l'aire, mais on observe une plus grande variabilité parmi les populations isolées du sud des Appalaches, région épargnée par les glaciations pléistocènes. Selon une étude récente, l'analyse de l'ADN (par coloration à l'argent et RAPD) serait une manière efficace d'évaluer la diversité génétique de l'espèce et d'en distinguer les variétés.


Carte de répartition

La description de cette image suit.

Description de Carte de répartition - canneberge à gros fruit

La canneberge à gros fruit se rencontre depuis Terre-Neuve et le centre du Minnesota jusqu'à la Nouvelle-Écosse, la Nouvelle-Angleterre, Long Island (New York), la Virginie-Occidentale, le nord de l'Ohio, le centre de l'Indiana, le nord de l'Illinois, l'Arkansas (où l'espèce est rare) et les Appalaches du Tennessee et de la Caroline du Nord.

Écologie

La canneberge à gros fruit pousse en terrain ouvert et sur les rivages détrempés, préférant les tourbières acides non boisées, les marécages et les landes humides. Elle est bien adaptée aux sols très acides (un pH de 3,2 à 4,5 lui convient tout à fait). Les fleurs peuvent s'autoféconder, mais la présence d'abeilles augmente le rendement en fruit; on place donc souvent des ruches dans les atocatières (tourbières aménagées pour la production de canneberges), durant la période de floraison. Divers insectes ont été mentionnés comme pollinisateurs, mais les plus importants sont les bourdons. Les fruits du V. macrocarpon sont dispersés par l'eau et par les oiseaux de rivage. Le rat musqué et le cerf de Virginie sont également friands de ces fruits.

Usages médicinaux

Les colons européens appréciaient la valeur de la canneberge dans la prévention du scorbut (usage médicinal légitime étant donné que les baies sont riches en vitamine C). En médecine populaire, la canneberge était aussi utilisée pour soigner les infections des voies urinaires, et cette application a également été validée.

Elle est un diurétique (agent qui favorise l'excrétion urinaire) puissant, et le jus est souvent employé pour soigner les infections des voies urinaires, les troubles rénaux et les autres affections dans lesquelles l'excrétion urinaire est souhaitable. De nombreuses femmes souffrent de cystite (une inflammation et une infection de la vessie), à un moment ou un autre de leur vie, et l'on estime même qu'une femme sur cinq serait atteinte de cystite au moins une fois par année.

La cystite est le plus souvent causée par des bactéries qui migrent de l'urètre, et parce que l'urètre est plus court chez la femme, elle est plus facilement contaminée par des organismes qui colonisent le vagin et le périnée. C'est pourquoi on observe 50% de plus d'infections des voies urinaires chez les femmes que chez les hommes. Les antibiotiques sont des médicaments efficaces, mais ils provoquent souvent des effets secondaires, peuvent être coûteux et risquent d'entraîner l'apparition d'organismes résistants.

La canneberge peut être utilisée à la fois à des fins préventives et comme traitement d'appoint des infections urinaires. Le traitement à base de jus de canneberge peut nécessiter l'absorption d'un litre (ou une chopine) de jus de canneberge pur par jour, ce que peu de gens sont prêts à faire. Heureusement, les capsules de canneberge sont faciles à avaler.

Les consommateurs doivent savoir que certains « jus de canneberge » qu'on trouve sur le marché peuvent contenir de grandes quantités de sucre et d'eau ajoutés, et que le jus pur ou un concentré serait probablement plus bénéfique. En plus de prévenir les infections des voies urinaires, la canneberge désodoriserait le tractus urinaire.

Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer pourquoi la canneberge est efficace dans le maintien de la santé des voies urinaires : le jus de canneberge peut contribuer à acidifier l'urine, aussi les bactéries qui causent l'infection ne sont-elles pas portées à se développer dans un environnement acide (cette explication ne reçoit plus beaucoup d'appui aujourd'hui); la canneberge peut provoquer l'excrétion dans l'urine de quantités relativement importantes d'acide hippurique, qui est un agent bactériostatique; certains composants présents dans le jus de canneberge peuvent empêcher les bactéries de se fixer aux parois de la vessie et de l'urètre, de sorte qu'elles sont excrétées lors de la miction. C'est cette dernière explication qui est généralement favorisée aujourd'hui. Il semble que Escherichia coli, la bactérie le plus souvent responsable des infections des voies urinaires, produit des constituants appelés adhésines qui lui permettent d'adhérer aux tissus, et que le jus de canneberge renfermerait des anti-adhésines.

Selon les résultats d'essais préliminaires réalisés par des chercheurs de l'Université du Wisconsin, le jus de canneberge aurait un effet antioxydant sur les artères bouchées, ce qui permettrait de prévenir les maladies cardio-vasculaires.

Toxicité

Les canneberges ne sont pas considérées comme toxiques, mais la consommation de plus de quatre litres de jus de canneberge par jour pourrait provoquer de la diarrhée et d'autres troubles gastro-intestinaux.

Composition chimique

La description de cette image suit.
Vaccinium macrocarpon
(Canneberge à gros fruit)

Les canneberges sont extrêmement riches en vitamine C, modérément riches en vitamine A et ont une teneur relativement élevée en fibres et en anthocyanes, tous des composants qui favorisent une bonne santé. L'acide hippurique est un constituant médicinal important du fruit étant donné que le métabolisme de ce composé abaisse le pH de l'urine, contrairement à la plupart des autres fruits, ce qui, comme nous l'avons souligné précédemment, pourrait expliquer pourquoi le jus de canneberge est utilisé comme antiseptique des voies urinaires. (Comparer avec le traitement à base de raisin d'ours, qui n'est efficace comme antiseptique urinaire que si l'urine est alcaline.)

Usages non médicinaux

Les canneberges sont depuis longtemps recherchées comme plantes alimentaires. Le fruit était apprécié des Amérindiens, qui l'utilisaient de plusieurs manières et notamment comme ingrédient du pemmican, mélange de gras animal et de fruits qui n'est pas sans rappeler les aliments déshydratés aujourd'hui employés par les randonneurs. L'acide benzoïque que renferment les canneberges devait aider à la conservation. De nos jours, les canneberges servent avant tout à préparer une purée savoureuse qui accompagne bien la volaille et les autres viandes. Elles entrent également dans la composition de salades et de nombreux produits tels que jus, cocktails, tartes, tartelettes, gelées et confitures. La belle apparence du fruit a contribué à sa popularité, notamment durant les fêtes de Noël et de l'Action de grâces. Les canneberges sont généralement congelées pour l'entreposage et la mise en marché.

Culture et potentiel commercial

La culture de la canneberge a vu le jour en Amérique. Le premier à cultiver la plante a été Henry Hall, de Dennis, au cap Cod (Massachusetts), vers le début du 19e siècle. Les atocatières commerciales (aménagées) sont apparues peu de temps après. Vers la fin du 19e siècle, la culture commerciale la canneberge se pratiquait jusqu'en Nouvelle-Écosse.

La principale région de culture et de production est toujours le Massachusetts, mais des quantités appréciables de canneberges sont produites dans les tourbières de la Colombie-Britannique, du New Jersey, du Washington et de l'Oregon. La culture se pratique également au Wisconsin et, à une échelle moindre, en Ontario, au Québec et dans les provinces Maritimes.

Au Canada, les autochtones récoltent les canneberges à petite échelle depuis de nombreuses années, notamment dans la région de Parry Sound, en Ontario. La principale région productrice de canneberges du Canada a longtemps été l'île Lulu, dans le delta du Fraser, en Colombie-Britannique.

De nos jours, la culture se pratique surtout dans la vallée du bas Fraser (Colombie-Britannique), aux environs de Drummondville (Québec) et dans plusieurs régions de la Nouvelle-Écosse.

Aux États-Unis, il y a plus de 1000 producteurs de canneberges, exploitant près de 14 000 hectares; la valeur au détail des canneberges vendues est supérieure au milliard de dollars. La coopérative Ocean Spray Inc. regroupe 950 producteurs de canneberges et de pamplemousses des États-Unis et du Canada et assure la mise en marché de 90% des canneberges produites en Amérique du Nord.

Aménagement de l'atocatière

La canneberge pousse uniquement dans les régions fraîches et humides, et la culture se pratique surtout dans les sols acides bordant les ruisseaux et les étangs ainsi que dans les tourbières de la zone tempérée de l'Amérique du Nord. Il s'agit d'une forme très spécialisée de culture des petits fruits. La plante est bien adaptée aux milieux humides, mais une nappe phréatique trop haute favorise la croissance des joncs, des cypéracées et d'autres plantes concurrentes qui étouffent la canneberge et nuisent à la lutte antiparasitaire ainsi qu'à la cueillette.

Les tourbières à sphaignes ne conviennent pas à la culture de la canneberge, à moins qu'elles aient été drainées et que la tourbe ait eu le temps de se décomposer en terre noire.

La terre noire convient particulièrement à la canneberge, parce qu'elle retient bien l'eau. Cependant, on a réussi à cultiver la canneberge en sol relativement sec, près de la mer, où les températures estivales plutôt basses freinent l'évaporation. On aménage parfois des atocatières en sol sableux ou argileux, sans terre noire ou presque, mais il faut généralement prévoir alors des apports importants d'engrais, pour compenser ce qui est normalement fourni par la matière organique en décomposition.

L'aménagement d'une atocatière est une opération complexe qui exige une mise de fonds importante. En général, on prévoit des parcelles de plantation d'un hectare environ, alimentées en eau par un réservoir commun.

La plantation se fait normalement en enfonçant des boutures de tige dans un sol dont la surface vient d'être recouverte de sable. Cette couche de sable est renouvelée chaque année ou tous les deux ans. Le sable favorise la formation de racines, fait obstacle aux mauvaises herbes et protège les plants des gelées légères en absorbant et retenant la chaleur du soleil. Les plants commencent à produire dès la deuxième saison, mais il faut compter 3 à 5 ans avant que la culture atteigne son plein rendement. Étant donné le coût élevé de la main-d'oeuvre et la courte durée de la période de cueillette, les machines de récolte sont très utilisées. En général, au moment de la récolte, on submerge l'atocatière sous 15 à 20 cm d'eau. On secoue ensuite les plants, afin que les fruits se détachent et flottent à la surface. Les fruits, alors faciles à râteler ou à aspirer, sont placés dans des contenants en vue du nettoyage et du tri. Certaines machines peuvent effectuer toutes ces opérations.

La submersion est aussi employée en hiver, pour protéger les bourgeons des dégâts dus au gel (lorsque les plants sont dans la glace, les bourgeons sont à l'abri des rigueurs de l'hiver). Bien entretenue, une atocatière peut être exploitée presque indéfiniment; certaines sont demeurées productives plus de 75 ans après la plantation. Le rendement se situe généralement entre 8 000 et 10 000 kg/ha.

Pratiques culturales

La lutte antiparasitaire peut représenter presque 35% des coûts agricoles. Les organismes à combattre comprennent au moins 26 insectes, 35 champignons, 6 nématodes, plusieurs virus, de nombreuses mauvaises herbes (principalement des graminées et des cypéracées) ainsi que deux espèces de cuscutes (plantes parasites du genre Cuscuta).

La chenille de la pyrale des atocas s'attaque directement aux fruits. Cet insecte ainsi que certaines tordeuses peuvent être combattus efficacement au moyen de cycles de submersion judicieux. Le gel est une autre cause périodique de pertes importantes.

Le rendement des atocatières a quintuplé depuis 1909, grâce à l'amélioration graduelle mais continue des méthodes de gestion, notamment en matière de protection contre le gel, de technique de récolte et de lutte antiparasitaire. Ces gains de productivité sont attribuables à l'effort des chercheurs et au sens de l'innovation des producteurs eux-mêmes.

L'avenir

En 1955, 20% des foyers américains consommaient des produits à base de jus de canneberges. En 1985, cette proportion était passée à 70%, et les produits ne cessent de gagner en popularité. On a craint que l'aménagement de nouvelles atocatières n'entraîne la destruction ou l'altération de terres humides écologiquement sensibles, mais la technologie permet aujourd'hui de limiter ce genre de dégâts et même d'aménager les atocatières en terrain sec.

Comme la demande de canneberges a presque toujours excédé l'offre, les prix sont demeurés élevés. Cependant, on pourrait encore améliorer la productivité de la culture. Il existe de nombreux cultivars adaptés aux conditions locales, et on peut s'attendre que les programmes d'amélioration accélérés actuellement en cours produiront de plus de plus nouveaux cultivars hybrides.

Selon certains experts, on pourrait obtenir des résultats intéressants grâce à des programmes continus de sélection axés sur la résistance aux insectes et sur d'autres caractères. Les méthodes de cultures sont expliquées en long et en large dans des livres et dans des dépliants publiés par les autorités agricoles de chaque région.

On estime par ailleurs que le marché actuel devrait exiger l'aménagement de plusieurs milliers d'hectares supplémentaires. De plus, la demande devrait encore progresser. Bien que l'aménagement d'une atocatière exige une mise de fonds relativement élevée qui ne peut pas être recouvrée rapidement, la culture de la canneberge semble être une entreprise rentable. Étant donné les grandes superficies potentielles de culture dont disposent les provinces de l'Est et la Colombie-Britannique, l'industrie canadienne de la canneberge pourrait encore gagner considérablement en importance.

Mythes, légendes et anecdotes

  • Les pèlerins arrivant en Nouvelle-Angleterre remarquèrent que la canneberge poussait à profusion dans la région du cap Cod et que les autochtones en extrayaient une teinture rouge vif pour leurs vêtements.
  • Comme les canneberges endommagées ont tendance à aller au fond de l'eau, il suffit de laver les fruits à l'eau pour reconnaître les meilleurs. Une autre méthode recommandée pour juger de la qualité des canneberges consiste à les lancer sur une surface dure : plus elles font de bonds, plus la qualité est bonne.
  • Le CraisinMC est une canneberge séchée et sucrée que la société Ocean Spray Inc. est en train de commercialiser pour le marché des céréales à déjeuner et des fruits en mélange.
  • Au moins 700 produits de consommation renferment des canneberges sous une forme ou l'autre.
  • La majeure partie de la récolte de canneberges sert à la fabrication de jus, mais environ 50 000 tonnes de purée de canneberge sont consommées chaque année aux États-Unis.
  • Une purée de canneberges blanches a été mise au point en vue d'une nouvelle stratégie de commercialisation, mais le produit a une couleur ambrée et un goût fade. Comme les pigments foncés du fruit contribuent grandement au goût et à la valeur médicinale des canneberges, il n'est pas certain que la canneberge blanche soit la trouvaille du siècle.
  • En 1959, de nombreux producteurs de canneberge des États-Unis ont appliqué l'herbicide aminotriazole trop tôt dans la saison, plutôt que d'attendre après la récolte comme on fait normalement. Il en est résulté une contamination des fruits. L'affaire a fait beaucoup de bruit après qu'il fut révélé que cet herbicide peut provoquer le cancer chez la souris, et l'interruption des ventes de canneberge a causé à l'industrie des pertes de plusieurs millions de dollars.
  • En 1970, le jus de canneberge a été choisi comme « boisson officielle » de l'État du Massachusetts. Par la suite, les écoliers d'une classe de cinquième année ont entrepris des démarches pour faire déclarer la canneberge « petit fruit officiel » de l'État. Ils ont obtenu gain de cause en 1994, après deux ans de représentations, de pétitions et d'audiences.


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