Gestion durable des nutriments sur le terrain quant aux systèmes d'alimentation hivernaux pour le bétail au champ

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Alimentation hivernale du bétail au champ

Un nombre croissant de producteurs font paître ou alimentent leurs animaux au champ, plutôt que dans un espace fermé pendant la saison hivernale. Parmi les systèmes d'alimentation hivernaux, on compte le pâturage sur balles ou en andain étalé, le pâturage de maïs sur pied ainsi que le pâturage de fourrages accumulés et de résidus de récoltes annuelles. Les clôtures mobiles électriques, les systèmes d'alimentation en eau adaptés à l'hiver, la neige comme source d'eau, les brise-vent portatifs et les abris pour les veaux ainsi que la période de vêlage retardée aident à assurer la santé du troupeau et à maintenir la productivité, tout en utilisant ces systèmes d'alimentation.

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Bétail finissant de paître sur un site de balles
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

Avantages des systèmes d'alimentation hivernaux pour le bétail au champ :

  • Les coûts réduits associés à la diminution de la quantité de fumier et de la manipulation de la nourriture
  • L'amélioration de la fertilité des sols et l'augmentation de la croissance des plantes.

Risques :

  • La perte de nutriments en raison de l'écoulement de l'eau de surface
  • La maximisation des avantages et la minimisation des effets négatifs relativement aux nutriments peuvent s'avérer complexes, car l'atteinte de ces résultats suppose un investissement tant en matière d'infrastructures que de gestion permanente.
  • Des facteurs incontrôlables tels que le climat rigoureux et variable peuvent augmenter les frais de gestion.

Bien qu'il est principalement question ici de gestion durable des nutriments sur le terrain, les producteurs doivent aussi tenir compte de tous les éléments de leur système d'alimentation hivernal au champ avant d'effectuer tout changement.



Questions liées aux nutriments pour les systèmes d'alimentation du bétail

Les nutriments comme l'azote et le phosphore sont appliqués ou déposés à la surface du sol et font partie du fumier et des déchets d'aliments, tant pour les systèmes d'alimentation au champ que dans un espace fermé. Avec le temps, ces matières pénètrent dans le sol et en modifient le profil, ce qui aide à obtenir une bonne structure et une bonne fertilité du sol et contribue à la croissance et au bon rendement des plantes. L'augmentation du contenu organique du sol entraîne aussi la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce qui constitue un avantage.

Les nutriments à la surface du sol ou à l'intérieur du sol risquent aussi d'être perdus par suite de divers processus, comme suit.

  • Le transport par l'écoulement de surface, entraîné par la fonte des neiges ou la pluie, vers les cours d'eau de surface. Les nutriments dans les eaux d'écoulement se présentent sous deux formes : dissous dans l'eau ou fixés à des sédiments. Cette dernière forme survient uniquement lorsque l'écoulement entraîne l'érosion des sols.
  • Le transport par lessivage du sol sous la zone de racines, et possiblement dans les aquifères.
  • La perte gazeuse d'azote (volatilisation de l'ammoniac et émissions d'oxyde nitreux).

La perte de nutriments non seulement réduit la quantité disponible dans le sol pour la croissance des plantes, mais peut aussi entraîner des conséquences environnementales. Par exemple :

  • l'augmentation du niveau de phosphore contribue à la croissance des algues bleues nuisibles dans les eaux de surface;
  • l'augmentation du niveau de nitrate dans l'eau potable constitue un risque pour la santé des bébés, ainsi que du jeune bétail et des femelles enceintes;
  • l'oxyde nitreux est un gaz à effet de serre qui contribue aux changements climatiques;
  • l'ammoniac peut réduire la qualité de l'air.

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Description - Simple cycle nutritif pour les systèmes d'élevage au champ

Le diagramme montre un cycle de nutriments simplifié pour un système d'alimentation du bétail au champ. Les éléments nutritifs entrent dans le système par le truchement des aliments du bétail importés ou récoltés et de l'herbe de pâturage. Les éléments nutritifs sont ingérés par le bétail et déposés sur les terres sous forme de fumier. L'ammoniaque peut s'évaporer du fumier dans l'atmosphère sous forme de gaz. Quelques éléments nutritifs des résidus végétaux et de fumier ruissellent sur le sol et se rendent à l'eau de surface. Les éléments nutritifs qui entrent dans le sol peuvent être absorbés par les végétaux ou s'infiltrer dans la nappe phréatique. La nappe phréatique enrichie peut s'introduire dans les eaux de surface. Les éléments nutritifs qui finissent dans les eaux de surface peuvent être absorbés par les végétaux aquatiques et les algues.

Systèmes d'alimentation en espace fermé et au champ

À la fois pour les deux systèmes d'alimentation en espace fermé et au champ, les pertes de nutriments varient considérablement selon les caractéristiques particulières du site et de la façon dont ce dernier est géré.

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Engraissement en parc des
bovins pendant l'hiver


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Engraisssement au champ des
bovins pendant l'hiver
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

Un enclos de confinement extérieur adéquatement conçu et construit possède une pente suffisante et un drain externe pour permettre à la pluie et à la neige fondue de s'écouler. L'écoulement de surface est canalisé vers un étang de retenue. L'enclos et l'étang doivent être dotés d'une base imperméable, qui empêche la dissolution de nutriments sous la surface. Si l'étang n'est pas en mesure de retenir tout l'écoulement, l'effluent peut être dirigé vers les terres agricoles comme source d'irrigation et de nutriments. Bien que ce scénario permette de réduire au minimum la perte de nutriments, les pertes d'azote gazeux, sous forme d'ammoniac, demeurent importantes depuis l'entrepôt de fumier dans l'enclos.

Dans le cas des systèmes en espace fermé, des pertes supplémentaires de nutriments peuvent survenir après que le fumier a été retiré de l'enclos et utilisé dans les champs. Ces pertes peuvent être réduites au minimum par l'optimisation du taux, du moment et du lieu de l'application, mais il n'est pas facile de le faire, et ce, pour les raisons suivantes :

  1. contenu variable de nutriments dans le fumier;
  2. coût de transport du fumier de l'enclos aux champs;
  3. incapacité des épandeurs à appliquer le fumier uniformément;
  4. incapacité d'incorporer le fumier dans les champs de plantes vivaces;
  5. épandage du fumier tard en automne ou pendant l'hiver pouvant contribuer à la perte de nutriments par la fonte des neiges.

Les systèmes d'alimentation au champ permettent de faire en sorte que le fumier soit déposé directement sur le champ par le bétail. Les mêmes principes concernant le taux, le moment et le lieu de l'application du fumier et des déchets d'aliments ont une incidence importante sur l'efficacité de la gestion des nutriments. Le contenu variable de nutriments dans le fumier, l'incapacité d'incorporer le fumier dans les champs de plantes vivaces et l'épandage du fumier tard en automne ou pendant l'hiver sont également des défis pour les systèmes au champ.

L'application durable des nutriments dans les champs est particulièrement difficile dans les cas des systèmes d'alimentation au champ, car il faut contrôler l'endroit où le bétail évolue. La densité d'aliments et de bétail paracre constitue un facteur ayant une forte incidence sur la quantité et la répartition des nutriments. Cette densité varie énormément d'un système d'alimentation à l'autre, comme le montre le tableau 1. D'autres facteurs comprennent la gestion de l'abri, de la litière et des sites d'approvisionnement en eau. Malgré ces défis supplémentaires, les systèmes d'alimentation au champ présentent un avantage marqué pour réduire au minimum la perte d'ammoniac, ce qui se traduit par une productivité accrue des fourrages et des récoltes comparativement au fumier appliqué sur les champs provenant des systèmes d'alimentation en espace fermé. Quoi qu'il en soit, on ne peut affirmer que le système d'alimentation au champ est en soi meilleur que le système en espace fermé quant à la gestion des nutriments. Il est plus juste d'affirmer que la gestion durable des nutriments passe par la sélection d'un site adéquat et par de saines pratiques.

Tableau 1 : Densités et dépôts de nutriments typiques pour divers systèmes d'alimentation au champ
Système d'alimentation Densité d'alimentation/acre Jours-vaches/acre Azote (livre/acre) Phosphore (livre/acre)
Balles rondes entières 25 balles de 1 300  livre 844 548 49
Balles traitées ou déroulées 5 balles de 1 300  livre 169 110 10
Maïs sur pied 4,5 tonnes 200 130 12
Pâturage en andain étalé 2,25 tonnes 100 65 6
Vivaces accumulées 1,5 tonnes 67 43 4
Résidus des récoltes annuelles 1 tonne 45 30 3
Remarque : Dans les exemples ci-dessus, on calcule que la vache pèse 1 400  livre et que son alimentation contient 11 % de protéines et 0,15 % de phosphore. Les densités et les dépôts de nutriments réels peuvent varier considérablement, en fonction de nombreux facteurs.

Choix du site d'alimentation au champ

Un site d'alimentation idéal possède une bonne capacité d'utilisation des nutriments ajoutés par les récoltes ou les fourrages, et le risque de perte de nutriments y est minimal. L'emplacement idéal se trouve habituellement :

  • à mi-pente ou dans le haut d'une pente douce, ou sur un terrain plus plat;
  • dans un endroit où le loam est de texture sablonneuse ou argileuse;
  • dans un champ dont l'historique récent fait état de faibles ajouts de nutriments.

Inversement, les sites suivants sont à proscrire :

  • faibles dépressions possédant une forte fertilité ou sujettes aux inondations ou à la dissolution;
  • terrains en forte pente sujets à un écoulement de surface important qui se déverse hors de la propriété ou dans un cours d'eau;
  • zones riveraines ou terres qui touchent un canal de colature, un cours d'eau, un ruisseau, une rivière, un marécage, un lac ou une autre étendue d'eau, particulièrement si le site est à proximité d'un utilisateur d'eau en aval;
  • sols sablonneux situés au-dessus d'aquifères peu profonds;
  • endroit situé à proximité d'un abri naturel, où le bétail se rassemble naturellement;
  • sols où la productivité est fortement limitée et pour lesquels l'ajout de nutriment ne servirait à rien. Exemples : forte salinité, sols à grain grossier et cuvettes dures solonetziques. Si le site présente ces caractéristiques à un faible degré, il peut être utilisé, mais ce ne sera pas un choix idéal, compte tenu de sa capacité réduite d'absorber les nutriments ajoutés.

Le fait d'éviter les lieux dotés des caractéristiques énumérées ci-dessus contribuera aussi à réduire au minimum d'autres problèmes, tels que :

  • la compaction et le pétrissage (empreintes de sabots profondes) du sol, ainsi que la formation de buttes de terre;
  • la dégradation du rivage et l'érosion des berges;
  • les dommages à l'écorce des arbres résultant du frottement du bétail;
  • la présence de pathogènes nocifs dans l'eau de surface.

Il existe un certain nombre de cas où un site possède des avantages économiques inhérents, tout en ne correspondant pas nécessairement aux caractéristiques recherchées dont il a été question plus haut, ou présente des facteurs limitant son utilisation à long terme. Ces scénarios touchent les champs qui sont à côté ou à proximité des endroits suivants.

  • Un site pour le bétail en espace fermé utilisé précédemment. Ce sont souvent des sites où du fumier a été appliqué, et donc présentant une carence limitée en nutriments, mais le bétail est en mesure d'accéder aux infrastructures d'alimentation en eau et aux abris créés pour le système en espace fermé. Les coûts de transport du bétail de l'espace fermé au champ et vice-versa sont réduits.
  • La maison de ferme. La proximité de la maison de ferme diminue les coûts de déplacement pour gérer et surveiller le système d'alimentation au champ. Cependant, si le champ se draine dans la fosse de la ferme ou une autre source d'eau utilisée à la maison, les risques de mauvaise qualité de l'eau sont accrus.
  • Abris naturels et cours d'eau de surface. L'avantage de ces sites est la diminution des coûts, car il n'est pas nécessaire de construire des infrastructures d'abri et d'alimentation en eau. Les arbres se trouvent souvent uniquement sur les basses terres, près de l'eau, particulièrement dans les régions semi-arides où l'humidité est limitée ailleurs. La proximité du cours d'eau peut augmenter les risques pour l'environnement, car les nutriments ont une courte distance à parcourir pour contaminer l'eau. Cependant, chaque site possède des caractéristiques propres en matière d'abri et d'eau de surface, ce qui fait en sorte que le risque est variable. Par exemple, la présence d'une rivière ou d'un ruisseau avec plusieurs utilisateurs en aval constitue un scénario très risqué. Inversement, un site présentant une mare vaseuse ou un étang d'où l'eau de ruissellement se déverse rarement vers les nappes souterraines ou hors du champ constitue un risque bien moindre.
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L'alimentation du bétail en hiver
près d'un abri naturel ou d'un
cours d'eau de surface peut augmenter
le risque pour l'environnement

Les sites qu'on ne juge pas idéals peuvent être néanmoins acceptables pour l'alimentation au champ si au moins une des pratiques suivantes est adoptée :

  • diminution de la densité des systèmes d'alimentation, moins d'ajouts de nutriments;
  • augmentation du temps qui s'écoule entre les séances d'alimentation sur un même site;
  • exportation des nutriments à l'extérieur du site par la culture et la récolte de foin ou de grain sur un champ ayant récemment été utilisé comme site d'alimentation hivernal à forte densité;
  • déplacement fréquent de l'abri, de la litière et des sites d'approvisionnement en eau.

Prévention de l'accumulation excessive de nutriments

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Utilisation excessive d'un site
d'alimentation au champ
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

Lorsqu'un site a été choisi, il faut s'assurer que la quantité de fumier et de déchets d'aliments déposés n'est pas excessive. Le dépôt excessif peut découler d'une seule séance d'alimentation, ou de la surutilisation d'un même site sur une longue période. Même sur un site idéal, il existe un risque de perte des nutriments dans l'environnement si la quantité déposée excède ce qui peut être absorbé par les cultures subséquentes. De plus, un dépôt excessif de fumier et de déchets d'aliments peut :

  • nuire à la croissance des plantes fourragères vivaces et entraîner la prolifération de mauvaises herbes dans les champs de vivaces et les prairies de fauche;
  • exiger du travail au sol supplémentaire sur les terres de culture annuelle;
  • créer des carences à court terme en azote pour les cultures subséquentes, en raison de l'immobilisation de l'azote.

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Prolifération des mauvaises herbes,
y compris l'orge queue-d'écureuil
sur un site d'alimentation au champ surutilisé
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

Les dépôts importants sont plus fréquents dans les systèmes d'alimentation à forte densité, tels que le pâturage sur balles. Cependant, ils peuvent aussi se produire dans des systèmes d'alimentation à densité moindre, où une gestion insuffisante du bétail se traduit par une répartition inégale du fumier. Des secteurs à forte incidence peuvent aussi se trouver autour des abris et des sites d'approvisionnement en eau.

Gestion des déchets d'aliments et des importants dépôts de fumier

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Quantité excessive de déchets
d'aliments nuisant à la croissance
des fourrages subséquents
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Le pâturage à forte densité contribue
à étendre les déchets d'aliments et le
fumier au moyen de l'action
intensive des sabots.

La quantité de déchets d'aliments varie selon la qualité des aliments, la manière dont ils sont donnés et la gestion de l'accès du bétail à ces aliments. Bien qu'une certaine quantité de déchets d'aliments soit utile pour favoriser la formation de matières organiques dans le sol, pour des raisons expliquées dans la section précédente, l'épaisseur de déchets et de fumier ne doit normalement pas dépasser trois à quatre pouces.

Si le terrain est praticable pour l'équipement de ferme, la herse peut être utilisée pour disperser les déchets d'aliments et le fumier solide plus uniformément. Cela contribuera aussi à réduire la quantité de nutriments dans les secteurs à forte incidence et à en augmenter la quantité dans les endroits qui en sont dépourvus. Certains producteurs ont été en mesure d'obtenir un effet similaire par l'action des sabots des animaux pendant l'estivage à forte densité. Bien que le pâturage à forte densité soit un peu moins efficace que le hersage, il est également moins coûteux. Les conteneurs de balles et les auges peuvent aussi contribuer à réduire les déchets. Cependant, l'achat et le déplacement régulier de ces conteneurs sont souvent onéreux et difficilement réalisables en conditions hivernales rigoureuses.

La suite de cette publication s'intéresse à la gestion des nutriments dans les systèmes d'alimentation, les abris et les sites d'approvisionnement en eau au champ.

Systèmes d'alimentation au champ

Pâturage sur balles entières à forte densité

Densité des balles

Le pâturage sur balles entières se traduit habituellement par la plus forte densité de bétail et d'aliments ainsi que par la plus grande quantité de nutriments sur le champ, comme l'illustre le tableau 1. Lorsque les balles sont déposées dans un champ autre que celui où le foin a été récolté, ce dernier perd nettement en nutriments ce que le champ d'accueil gagne. Même si les balles proviennent d'un même champ, le fait de les rassembler pour faciliter la gestion de l'alimentation a une incidence sur la teneur du sol en nutriments. La quantité de nutriments ajoutés au champ peut facilement être calculée en multipliant le poids de la balle par sa densité et son contenu en azote et en phosphore. Cette dernière valeur peut être obtenue à l'aide d'une analyse standard des aliments. Le tableau 2 présente un exemple de calcul qui utilise la densité montrée dans le tableau 1.

Tableau 2-1 : Exemple de quantité de nutriments découlant du pâturage sur balles à haute densité - Caractéristiques et densité des aliments et des nutriments
Caractéristiques Densité
Densité des balles 25 balles /acre
Distance entre le centre de chaque balle 42 pieds
Taille des balles 1 300  livre/balle
Quantité de biomasse d'aliments : 25 × 1 300  livre (balles rondes) 32 500  livre/acre
Teneur en azote : 11 % [1] protéine/6,25 [2]  × 32 500 548 livre d'azote/acre
Teneur en phosphore : 0,15 % [1] × 32 500 49 livre de phosphore/acre
Remarques
[1] Teneur typique en protéines et phosphore du foin/de la luzerne calculée à partir de l'analyse des aliments.
[2] Teneur en azote = protéines/6,25, selon de nombreuses sources.
Tableau 2-2 : Exemple de quantité de nutriments découlant du pâturage sur balles à haute densité - Gestion et densité du troupeau de bétail
Gestion Densité
Taille du bétail 1 400  livre/vache
Besoins alimentaires quotidiens nets : 2,5 % [1] de la masse corporelle × 1 400 35 livre/vache
Besoins alimentaires quotidiens bruts : base de calcul : 10 % de déchets d'aliments 38,5 livre/vache
Jours-vaches l'acre (32 500/38,5) 844
Remarques
[1] Source : ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta, Beef Ration Rules of Thumb

Dans l'exemple ci-dessus, la quantité de nutriments utilisés à mesure que les animaux prennent du poids est d'environ 8,1 livre et 0,4 livre/acre, soit environ 1,5 % et 0,8 % de la teneur totale en azote et en phosphore, respectivement. Par conséquent, la plupart des nutriments ajoutés au site sous forme de balles sont simplement digérés par les animaux avant de retourner au champ sous forme de fumier ou y demeurent comme déchet d'aliment.

De 2003 à 2005, des travaux de recherche au Western Beef Development Centre (WBDC), situé près de Lanigan, en Saskatchewan, ont montré qu'une moyenne de 73 livre/acre d'azote supplémentaire est devenue disponible pour la croissance des plantes dans l'année suivant le pâturage sur balles, comparativement à un traitement contrôle. Ce calcul est fondé sur une densité d'alimentation de 25 balles de 1 300 livre l'acre. Un traitement différent du fumier d'enclos n'a pas permis d'augmenter la teneur du sol en azote, même si le taux d'application a été deux fois supérieur au traitement découlant du pâturage sur balles, sur une base de jours-vaches l'acre. La teneur accrue en azote découlant du pâturage sur balles s'est traduite par un rendement amélioré des fourrages, qui s'est poursuivi pendant au moins deux ans.

Tableau 3: Incidence des systèmes d'alimentation sur la teneur du sol en azote et le rendement des fourrages au WBDC
Traitement Azote disponible dans le sol
(livre / acre)
Rendement des fourrages en matières sèches
(tonnes / acre)
Automne 2003 [1] Printemps 2004 2004 2005
Fumier et déchets d'aliments provenant du pâturage sur balles (hiver 2004) 30,3 113,3 1,48 1,58
Épandage du fumier d'enclos dans les champs (fin de l'automne 2003) 32,5 40,1 0,93 0,47
Contrôle 36,6 44,3 0,63 0,43
Remarques : [1] échantillon de sol pris avant l'ajout de fumier
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Changement significatif de la croissance
des fourrages découlant des nutriments
ajoutés par le pâturage sur balles

Bien que la distribution de l'azote disponible dans l'ensemble du champ varie considérablement en fonction de l'endroit où le fumier et les déchets d'aliments ont été déposés, on estime que la quantité moyenne de 113 livre/acre est adéquate pour les récoltes ou les fourrages, pour la zone de terre noire de la région des prairies. Par conséquent, il s'agit de la densité maximale recommandée, si l'on se fie à l'absorption des nutriments par les récoltes subséquentes.

Placement des balles

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Fumier et déchets d'aliments minimaux
provenant de balles rondes
disposées uniformément, à une
densité de 25 balles/acre
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

La recherche et l'observation sur le terrain ont montré que la plupart des nutriments sont déposés dans une zone en forme de cercle entourant chaque balle. Ces résultats laissent croire que la majeure partie du fumier et de l'urine est déposée pendant que les animaux s'alimentent. Ces cercles contiennent aussi une certaine quantité de nutriments sous forme de déchets d'aliments. La répartition exacte des nutriments est très variable et dépend de nombreux facteurs, y compris le contrôle des clôtures. Par exemple, les zones sans nutriments sont plus grandes entre les rangées adjacentes de balles qui ont été données à des moments différents qu'entre les balles données simultanément. Cela montre que les animaux passent d'une balle à l'autre pendant qu'ils s'alimentent. Cependant, l'étude du WBDC suggère que, selon une densité de 25 balles/acre (soit 42 pieds entre le centre de chaque balle), le dépôt de nutriments d'une balle touche généralement à peine la zone des balles adjacentes, pratiquement sans chevauchement. Par conséquent, cela pourrait être considéré comme la densité maximale recommandée, car elle réduit au minimum le chevauchement et les zones vides.

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L'utilisation de clôtures électriques
pour contrôler l'accès des animaux aux
balles aide à optimiser l'utilisation de
fourrage et à minimiser les pertes.
Source : Ministère de l'Agriculture
de la Saskatchewan

Dans le cadre de l'étude du WBDC, des balles étaient disposées en carré, comme le montre la figure X. Si l'on suppose que la majeure partie du fumier et des déchets d'aliments a été déposée à l'intérieur de ces cercles, cela se traduit par un maximum de 78 % du champ occupé par ces cercles, soit une zone vide de 22 %. Le modèle en hexagone est plus efficace; il couvre 91 % de la surface et laisse seulement 9 % de zone vide. Si l'on suit les recommandations de l'étude du WBDC en matière d'espacement, la distance entre le centre des balles de chaque rangée horizontale est de 42 pieds pour les deux modèles. Cependant, dans le cas du modèle hexagonal, l'espace entre les rangées adjacentes est réduit à 36 pieds, et les balles des rangées voisines sont décalées de 21 pieds horizontalement, puis rapprochées de 6 pieds. Cela se traduit par une augmentation de la densité de balles, qui atteint 29 balles/acre. Pour maintenir une densité de 25 balles l'acre en utilisant le modèle hexagonal, il faudrait augmenter la distance dans les allées à 45 pieds et l'espace entre les allées adjacentes à 39 pieds. Bien qu'il soit probablement impossible d'obtenir une couverture de 91 % avec un chevauchement minimal, le modèle hexagonal demeure une méthode particulièrement efficace pour atteindre cet objectif.

La description de cette image suit.
Modèles en carré et en hexagone pour le dépôt du fumier et des déchets d'aliments résultant de l'alimentation à forte densité à l'aide de balles rondes entières

Intervalle entre le pâturage sur balles sur un même site

Dans l'étude du WBDC dont il a été question plus haut, environ 20 % de la quantité totale d'azote est devenue disponible pour les fourrages vivaces dans la première année suivant le pâturage sur balles. Bien qu'un autre pourcentage d'azote devienne disponible dans les années subséquentes, la quantité précise et le destin ultime des 80 % restants demeurent incertains et variables. Même dans des conditions climatiques et de gestion optimales, on peut s'attendre à ce qu'une partie de l'azote se perde dans l'environnement. On recommande généralement d'attendre au moins cinq ans avant d'envisager de recommencer le pâturage sur balles à un même site. Si le site est utilisé pour la production de récoltes et que les nutriments sont exportés à l'extérieur sous forme de grain, de foin ou d'ensilage, il pourrait être possible de raccourcir le délai d'attente.

Il est fréquent de voir des champs relativement grands dont seulement une partie est utilisée chaque année pour le pâturage sur balles. Conformément à ce scénario, de nouvelles parties d'un même champ peuvent servir de terrain pour le pâturage sur balles chaque année. Afin de constituer un dossier permanent où consigner le moment et le lieu du pâturage sur balles, il peut être nécessaire d'utiliser un système de positionnement global (GPS) fonctionnant avec un simple outil de cartographie comme un système d'information géographique (SIG).

Réduire au minimum le risque pour l'environnement en situation d'alimentation à forte densité

La description de cette image suit.
Dépôt de fumier et de déchets
d'aliments sur de la neige
compactée, à la fin de
la saison hivernale.

Comparativement aux autres systèmes d'alimentation, le pâturage sur balles à forte densité entraîne un risque possiblement accru pour l'environnement, en raison du fort contenu en nutriments. De nombreux facteurs ont une influence sur les risques, y compris les caractéristiques du sol et du terrain, la proximité des cours d'eau et des aquifères, le climat et la gestion. Par exemple, le moment précis où le pâturage sur balles se déroule a probablement une influence sur le moment où le fumier et les déchets d'aliments sont déposés, à savoir avant ou après la plupart des chutes de neige. Cela peut avoir une influence sur les eaux d'écoulement à la fonte des neiges et le déplacement des nutriments. Un certain nombre de projets de recherche s'intéressent actuellement à ces facteurs. Par conséquent, les recommandations actuelles pourraient changer à mesure que l'information est diffusée.

Entre-temps, on recommande de limiter le pâturage sur balles à forte densité aux sites parfaitement convenables. Il faut aussi reporter autant que possible le pâturage sur balles aux sites ayant déjà servi à cette fin et utiliser les sites où il n'y a jamais eu de pâturage sur balles ou d'autres sources importantes de nutriments, comme de l'épandage de fumier à long terme dans les années précédentes.

Pâturage sur balles entières à faible densité

Le pâturage sur balles entières à faible densité se traduit par un modèle circulaire similaire à celui que produit l'alimentation à forte densité, mais les zones vides entre les cercles adjacents sont plus grandes. On pourrait s'attendre à des pertes de nutriments dans l'environnement légèrement plus faibles, en raison de la capacité des zones vides d'absorber les nutriments transportés par l'écoulement des eaux de surface provenant des secteurs à fort contenu en nutriments. Cependant, aucune recherche n'a permis de le confirmer. Au moyen de ce système d'alimentation, il est possible de placer les balles entières dans les zones vides laissées entre les sites de pâturage des années précédentes.

Le scénario présentant la plus faible densité consiste probablement à laisser les balles à l'endroit où elles ont été déposées par la botteleuse mécanique. Dans ce cas, il n'y a pas de coûts de transport des aliments. Cependant, la gestion des clôtures sera plus onéreuse, en raison de la taille du terrain dont il faut s'occuper. Les producteurs devront peut-être déplacer les balles sur de courtes distances pour se conformer aux lignes directrices dont il a été question à la section Choix du site d'alimentation au champ (prendre les balles situées en contrebas et les placer à mi-pente ou en haut de la pente). De plus, les balles qui sont déposées par la botteleuse mécanique dans un endroit qui contient toujours des nutriments provenant d'un pâturage sur balles antérieur doivent être déplacées dans un endroit vierge.

Alimentation de balles déroulées ou traitées

Une autre option consiste à dérouler les balles ou à utiliser un dispositif de traitement pour former des andains groupés parallèles. Cela permet au producteur d'obtenir un taux de nutriments par acre beaucoup plus bas, tout en assurant l'uniformité du dépôt de nutriments. Les risques pour l'environnement sont réduits et les avantages liés aux nutriments sont optimisés pour les récoltes subséquentes. En comparaison avec le pâturage sur balles entières à forte densité, ce système demande un espace plus grand chaque année, mais permet d'utiliser un même site plus souvent. Cependant, le déroulage des balles ou le recours à un dispositif de traitement des balles entraîne des coûts d'utilisation d'équipement considérables.

L'espace entre les andains groupés doit faire en sorte que les zones de dépôt de nutriments vides et de chevauchement entre chaque andain groupé soient réduites au minimum. Si deux andains groupés adjacents sont utilisés en même temps, l'espace entre les deux doit être suffisamment large pour éviter qu'il y ait davantage de déchets d'aliments en raison du piétinement. On recommande de garder un espace entre le centre des andains groupés de 30 à 40 pieds.

Une chute de neige après une première séance d'alimentation permet la tenue d'une deuxième séance sur le même site au courant de l'hiver. Cependant, afin d'optimiser les avantages des nutriments pour les cultures subséquentes, on recommande normalement de répartir le dépôt de nutriments sur la plus grande surface possible et d'éviter d'utiliser un même site plus d'une fois par année. L'intervalle qui doit s'écouler avant de réutiliser un site sera considérablement plus court que les cinq ans recommandés pour le pâturage à forte densité, mais dépendra de la densité de l'alimentation pendant la séance.

Pâturage en andain étalé et pâturage de maïs sur pied

La description de cette image suit.
Pâturage en andain étalé

Pour les approches telles que le pâturage en andain étalé et le pâturage de récoltes annuelles sur pied comme le maïs, il n'y a pas d'ajout de nutriments, car les aliments sont produits directement sur le site. Cependant, dans le cas de ces systèmes à densité modérée, d'autres éléments demeurent importants, tels que le contrôle des déchets d'aliments, la répartition uniforme des nutriments et le calcul des nutriments pour la production de récoltes subséquentes.

Tel que le décrit la section Alimentation de balles déroulées ou traitées sur les andains groupés, il est important de garder un espace adéquat entre les andains étalés pour réduire au minimum les déchets d'aliments et assurer une répartition uniforme des nutriments. Il est possible de réduire les zones vides en changeant l'orientation ou la position des andains étalés année après année.

Ces méthodes d'alimentation feront en sorte que les champs auront des besoins en nutriments passablement moindres pour les récoltes subséquentes, comparativement à une situation où les récoltes auraient été effectuées puis transformées en grain, en foin ou en ensilage. En effet, la plupart des nutriments produits sur le site sont simplement recyclés par le bétail, avant de retourner au champ. Il sera également plus difficile d'évaluer les exigences en matière de nutriments, en raison de la répartition non uniforme du fumier et des déchets d'aliments. Dans plusieurs cas, ces champs peuvent être utilisés les années suivantes pour le pâturage en andain étalé ou le pâturage de maïs sur pied. Cependant, les questions comme l'augmentation du nombre de maladies des récoltes découlant de la monoculture, année après année, doivent aussi être prises en compte.

Pâturage des résidus des récoltes annuelles, des plantes spontanées dormantes et des fourrages vivaces accumulés

Les résidus des récoltes annuelles, les plantes spontanées dormantes et les fourrages vivaces accumulés constituent des systèmes d'alimentation à faible densité ayant généralement une incidence bien moindre en matière de nutriments. Certaines accumulations localisées de nutriments et de déchets d'aliments peuvent se produire en raison des grands points d'alimentation, comme les balles de foin ou les stocks de foin et de paille. On peut gérer ces accumulations comme indiqué dans la secti Gestion des déchets d'aliments et des importants dépôts de fumier.

Autres sources d'aliments importés

D'autres sources d'aliments, comme l'ensilage, le grain et les produits à base de grain (les céréales à distillerie, les criblures) sont souvent utilisées, particulièrement à titre de supplément alimentaire pour les aliments de moins bonne qualité, afin de respecter les besoins alimentaires du bétail. Ces sources d'alimentation sont normalement importées et entraînent donc l'ajout de nutriments sur le champ. Par conséquent, il faut veiller à éviter l'accumulation excessive de nutriments en un endroit. Si ces sources d'aliments sont fournies sous forme d'andains groupés au sol, les principes présentés à la section Alimentation de balles déroulées ou traitées doivent être observés. Si les aliments sont présentés dans une auge ou une mangeoire le long d'une clôture, ces dernières doivent être déplacées régulièrement.

L'évaluation de l'incidence du pâturage des résidus de récoltes annuelles, auxquels s'ajoutent les suppléments importés, peut être plus complexe que les autres systèmes d'alimentation. Par exemple, il faut tenir compte des nutriments retirés du site sous forme de grain, ainsi que des nutriments importés sur le site sous forme de suppléments alimentaires.

Évaluation des niveaux et des exigences quant aux nutriments dans le sol

L'évaluation des niveaux de nutriments dans le sol est une étape importante pour déterminer les exigences en matière d'engrais pour les cultures annuelles. Les systèmes d'alimentation au champ pour les cultures annuelles ajoutent à la complexité de cette décision, en comparaison avec les champs utilisés exclusivement pour la production de grain. Cela s'explique par la distribution inégale du fumier sur le champ et par les quantités variables de fumier déposé, en fonction de la densité du système d'alimentation. Dans le cas des systèmes à forte densité, comme le pâturage sur balles, l'évaluation des niveaux de nutriments dans le sol est importante pour savoir s'il est possible de réutiliser le même champ, qu'il s'agisse de cultures annuelles ou vivaces.

Il existe plusieurs outils et sources d'information pratiques pour vous aider à gérer la teneur du sol en nutriment de manière durable, y compris :

  • la tenue d'un dossier sur les ajouts de nutriments découlant du pâturage sur balles, des suppléments alimentaires et du fumier ou de l'engrais épandu dans les champs;
  • la tenue d'un dossier sur le rendement et le retrait des nutriments sous forme de production de grain, de foin et d'ensilage;
  • l'évaluation visuelle de la croissance des récoltes ou des fourrages;
  • la gestion des systèmes d'alimentation hivernaux au champ pour faire en sorte que la distribution du fumier soit la plus uniforme possible, avec aussi peu de zones vides que possible, sans excéder les taux maximums recommandés;
  • l'évaluation des niveaux de nutriments au moyen d'une analyse du sol.

Dans le cas des récoltes annuelles utilisées pour le pâturage en andain étalé, le pâturage du maïs ou le pâturage des résidus de récoltes, les analyses du sol doivent être effectuées au printemps suivant l'hiver où le champ a été utilisé pour l'alimentation du bétail. Des échantillons peuvent ensuite être pris tous les deux ou trois ans. Dans le cas des sites de pâturage sur balles à forte densité, lorsqu'il n'y a pas eu d'ajout de nutriments pendant plusieurs années par la suite, les analyses du sol sont nécessaires uniquement lorsqu'on envisage un autre épisode de pâturage sur balles ou l'ajout d'engrais. Voici quelques recommandations importantes relativement aux analyses du sol :

  • Augmenter le nombre de carottes de sol à au moins 20 par champ, afin de tenir compte de la variabilité accrue de la distribution des nutriments.
  • Évaluer les zones vides séparément des zones ayant déjà reçu des ajouts de fumier. À moins de vouloir un taux d'utilisation des nutriments variable, il faut fonder l'ajout futur de nutriments sur les secteurs ayant reçu des dépôts de fumier.
  • Exclure les déchets d'aliments et les dépôts de fumier à la surface du sol dans les échantillons de sol.

Gestion des autres points chauds de dépôt de fumier

En plus de la zone d'alimentation, le bétail a tendance à passer beaucoup de temps près des abris et des sites d'approvisionnement en eau. En l'absence d'un site adéquat et d'une bonne gestion, ces sites peuvent devenir des points chauds en matière d'accumulation de fumier et représenter un risque pour l'environnement. Les principes déjà énoncés pour les sites d'alimentation s'appliquent également à ces endroits. Compte tenu du fait que les abris et les sites d'approvisionnement en eau sont souvent situés dans les parties plus basses du champ, naturellement plus susceptibles aux risques environnementaux, une gestion particulière est souvent nécessaire pour atténuer le plus possible les problèmes.

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Utilisation excessive de bosquets naturels qui se traduit par une piètre croissance des récoltes l'année suivante

Idéalement, la quantité de nutriments accumulés près des abris et des sites d'approvisionnement en eau ne doit pas dépasser ce qui peut être utilisé par les cultures subséquentes. Dans le cas des sites utilisés chaque année (pâturage en andain étalé), cette quantité sera passablement plus basse que pour les sites utilisés moins souvent pour le pâturage sur balles. Dans le cas des sites utilisés uniquement pour le pâturage sur balles à forte densité, cette accumulation pourrait en théorie être égale à la densité maximale recommandée pour les sites de pâturage sur balles, tel qu'il a été mentionné précédemment. S'il n'est pas possible de limiter les accumulations de fumier ou de paille, il est possible de ramasser, empiler, transporter et répandre les surplus sur les champs non traités avoisinants. Cependant, cette étape doit être effectuée dès que possible lorsqu'on remarque la présence de dépôts, afin de réduire les risques environnementaux.

On doit encourager le bétail à passer le plus de temps possible dans les zones d'alimentation, car il est plus facile de déplacer les aliments que les abris et les sites d'approvisionnement en eau. Par conséquent, il faut placer les autres éléments tels que la litière par temps clément, les blocs de sel, les distributeurs de minéraux et les graisseurs à bovins près de la zone d'alimentation, et non près des abris ou des sites d'approvisionnement en eau. Il faut aussi conserver une distance raisonnable entre les zones d'alimentation, les abris et les sites d'approvisionnement en eau.

Voici des lignes directrices pour les abris et les sites d'approvisionnement en eau.

Abris

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Les brise-vent portatifs
constituent un abri efficace


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Brise-vent portatifs montés sur une plateforme, pour faciliter le déplacement

Les abris sont nécessaires à la santé et à la survie du bétail. Il est souvent difficile, pendant les rigueurs de l'hiver, de limiter ou de contrôler le temps que les bovins passent dans les abris sans mettre leur santé en péril. La quantité de temps que le bétail passe dans les abris pendant l'hiver dépend des conditions climatiques, particulièrement du refroidissement éolien, et de l'accessibilité des abris. Il existe de nombreux types d'abris, y compris les bosquets naturels, les corridors de déplacement, les dépressions en contrebas et même les brise-vent artificiels permanents. Une caractéristique commune de ces types d'abris est leur caractère fixe. Par conséquent, ils peuvent devenir un point chaud pour les nutriments s'ils sont utilisés pendant de longues périodes. Cependant, un champ doté de nombreux bosquets répartis en plusieurs endroits permet au producteur de faire en sorte que le bétail utilise des abris naturels différents au cours de l'hiver, en déplaçant stratégiquement les sites d'alimentation.

Les brise-vent portatifs, y compris les abris pour le bétail, sont très pratiques lorsque les abris fixes sont difficilement accessibles. Montés sur une plateforme ou sur des roues, ces abris portatifs peuvent être déplacés facilement et régulièrement pendant la saison d'alimentation, ce qui évite les problèmes de dépôt excessif de nutriments en un seul endroit. Le déplacement des brise-vent peut être difficile en cas de neige profonde, mais ce problème peut être atténué si on les place à mi-pente ou au sommet d'une pente, là où les accumulations de neige sont moindres. Cela peut aussi réduire les risques de contamination de l'eau par les nutriments, car les brise-vent sont placés plus loin des cours d'eau de surface.

Le fait d'utiliser peu ou pas de litière en paille contribuera à s'assurer que ces sites sont utilisés uniquement en cas de conditions rigoureuses. Dans certains cas, il faudra utiliser des clôtures afin d'empêcher le bétail d'utiliser un certain abri naturel, tout en lui donnant accès à un autre abri, plus convenable. On peut associer d'autres avantages au fait de limiter l'accès aux abris naturels, par exemple, la prévention des dommages aux arbres et la protection des habitats naturels et de la biodiversité.

Sites d'approvisionnement en eau

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L'utilisation de litière près
des abris naturels et des sites
d'approvisionnement en eau favorise
la surutilisation et augmente
les risques environnementaux.


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Un site d'approvisionnement en
eau adapté pour l'hiver et situé
dans une partie exposée permet
de réduire au minimum le flânage

Dans le cas des sites d'approvisionnement en eau, la distance de séparation avec les sites d'alimentation peut être considérablement plus grande que la distance qui les sépare des abris, car le bétail n'a pas besoin de boire plus de deux fois par jour. Par conséquent, le nombre nécessaire de sites d'approvisionnement en eau est inférieur au nombre d'abris.

Les sites qui utilisent les cours d'eau de surface sont particulièrement susceptibles à la contamination de l'eau découlant d'une accumulation excessive de nutriments. Un système d'alimentation en eau éloigné constitue une étape importante pour s'assurer que le bétail ne s'abreuve pas directement à un cours d'eau de surface. Cependant, il peut être nécessaire de canaliser ou de transporter l'eau sur une certaine distance, à l'écart d'un cours d'eau de surface, pour diminuer les risques de contamination de l'eau en raison de la fonte des neiges.

Dans les régions où la neige est abondante, on peut montrer au bétail à manger de la neige, ce qui diminue le besoin pour des installations d'approvisionnement en eau. Cependant, la condition de la neige doit être suivie de près, afin de s'assurer que la quantité d'eau consommée par le bétail est adéquate.

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