Les avantages de l'agroforesterie

L'agroforesterie est un mode d'utilisation des terres où des arbres sont délibérément associés aux cultures ou à la production animale pour former une même unité. L'interaction biologique et physique entre les cultures et l'élevage est modifiée pour améliorer la production agricole des terres. Voici quelques avantages pouvant découler de pratiques agroforestières bien conçues et bien gérées :

Augmentation du rendement des cultures et gains économiques

Augmentation du rendement des cultures

Le rendement des cultures augmente dans les champs adjacents aux brise-vent, conformément à de nombreuses études qui ont été réalisées. Ces augmentations sont attribuables à l'amélioration des microclimats et à la rétention de la neige (humidité), à la réduction de la vitesse des vents et, par conséquent, de l'érosion par le vent et à la diminution des dommages causés aux cultures.

Des études réalisées en Saskatchewan, au Manitoba, dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud montrent que les champs protégés par des brise-vent à maturité augmentent en moyenne leur rendement de trois et demi pour cent pour le blé, et de jusqu'à six et demi pour cent pour la luzerne cultivée. Ces chiffres tiennent compte des terres consacrées à l'établissement des brise-vent et de la concurrence entre les arbres des brise-vent et des cultures, deux facteurs qui peuvent contrebalancer partiellement l'augmentation de la production.

De façon générale, de grands arbres ayant une longue durée de vie et plantés en des rangées perpendiculaires au vent dominant permettront d'obtenir les plus importantes augmentations de production, s'ils sont plantés en bordure d'un champ le plus étroit possible.

L'adaptation aux brise-vent diffère d'une culture à l'autre. Le blé d'hiver, l'orge, le seigle, la luzerne et le foin s'adaptent très bien à la protection, alors que le blé de printemps, l'avoine et le maïs s'y adaptent moins bien. En combinant des espèces d'arbre adéquates, un bon entretien des brise-vent et des cultures qui s'adaptent bien, on peut s'attendre à ce que les brise-vent améliorent la production et augmentent les profits.

Avantages des brise-vent pour le bétail

Des brise-vent bien aménagés peuvent procurer de nombreux avantages au bétail, tant en hiver qu'en été en plus d'atténuer le bruit, de réduire la poussière et les odeurs qui peuvent être associés aux activités d'élevage du bétail.

Les arbres plantés comme brise-vent dans les pâturages, près des zones d'alimentation hivernale et de mise bas et près des parcs d'engraissement protègent le bétail de la froideur du vent en hiver et donnent de l'ombre en été. Cette protection diminue le stress chez les animaux et augmente le taux de conversion des aliments.

Les changements de température entraînent des habitudes alimentaires irrégulières chez les animaux et les rendent plus vulnérables aux maladies et aux problèmes de santé. Les producteurs croient que les bovins protégés par des brise-vent passent plus de temps à manger et moins de temps pelotonnés pour se réchauffer. Ainsi, les bovins peuvent gagner plus de poids par unité fourragère.

Les chercheurs canadiens ont déterminé que les bovins dans les pâturages d'hiver non protégés requièrent 50 p. 100 plus de nourriture pour leurs activités régulières. Les bovins, les vaches laitières, les porcs et la volaille peuvent tous profiter de la protection des brise-vent. Dans le cas des étables, des parcs d'engraissement et des salles de traite des vaches laitières, les arbres peuvent contribuer à une augmentation de la production de lait.

Les brise-vent peuvent former un écran pour obstruer la vue sur les zones inesthétiques du voisinage, les routes et les habitations et filtrer la poussière provenant des routes et celle produite par le bétail. Ils étouffent le bruit des véhicules et des machines. Des brise-vent bien aménagés peuvent disperser les odeurs ou encore les absorber et les masquer.

Il est important de protéger les brise-vent du broutage, des frottements et des piétinements par les bovins dans la zone des racines. Installer des clôtures pour protéger les brise-vent et limiter l'accès aux zones où sont plantés des arbres protégera ces dernières et votre bétail à long terme.

Économie d'énergie

Un problème courant auquel les agriculteurs font face chaque hiver est la perte de chaleur par conduction ou par infiltration. La conduction est le déplacement de la chaleur de l'intérieur d'un bâtiment vers l'extérieur, à travers les murs et les fenêtres. L'infiltration se produit lorsque l'air froid de l'extérieur pénètre dans un bâtiment par les fissures, les portes et les autres ouvertures. Les brise-vent permettent de réduire également la quantité d'énergie requise pour chauffer les bâtiments.

Les brise-vent réduisent les pertes de chaleur des bâtiments en réduisant la vitesse des vents et la quantité d'énergie nécessaire pour chauffer les bâtiments.

Chauffage des maisons

Des essais ont démontré les réductions des coûts de chauffage que procurent les brise-vent des fermes. En comparant les coûts de chauffage des maisons protégées et non protégées par des brise-vent, les chercheurs ont découvert que ces derniers réduisent de 18 à 25 p. 100 la consommation de combustible. Ces économies découlent d'une baisse de la vitesse des vents qui réduit les taux de conduction et d'infiltration.

L'ampleur de la réduction des coûts de chauffage par un brise-vent dépend de la hauteur des arbres et de la porosité du brise-vent : un brise-vent plus haut et plus dense est plus efficace. Un brise-vent dense compte cinq rangées : une rangée d'arbustes, deux rangées d'arbres à feuillage caduc et deux rangées d'arbres à feuillage persistant.

Avec le temps, on découvre de nouveaux usages et avantages des arbres. Les coûts de chauffage et les émissions connexes de gaz à effet de serre sont moindres pour les fermes protégées par des brise-vent.

Gestion de la neige

La neige soufflée par le vent pose des problèmes aux collectivités rurales, aux propriétaires, au bétail et à la faune. Les amoncellements de neige entravent la circulation routière, représentent un danger pour les voyageurs et haussent le taux de mortalité du bétail et de la faune.

La gestion de la distribution de la neige grâce aux brise-vent peut contribuer à réduire les coûts d'enlèvement de la neige. Le contrôle de la neige balayée par le vent à l'aide d'arbres et d'arbustes prévient l'amoncellement de grandes quantités de neige dans les zones habitées et de travail des fermes, ce qui permet de réduire le travail et le coût d'enlèvement de la neige.

  • Les brise-vent de champs peuvent être conçus pour distribuer uniformément la neige dans les champs et réduire la formation d'épais bancs de neige. Une répartition uniforme de la neige peut améliorer le rendement des cultures.
  • Les brise-vent aménagés en bordure des routes interceptent la neige balayée par le vent et réduisent le nombre de tempêtes de neige, ce qui rend les conditions routières moins dangereuses et réduit les frais d'entretien des routes.
  • Les brise-vent pour étang artificiel permettent d'accumuler de grandes quantités de neige, qui, à la fonte printanière, contribuent à remplir les réservoirs.

Conservation du sol et amélioration de la qualité du sol

Les brise-vent de champs peuvent permettre efficacement de prévenir et de contrôler l’érosion du sol par le vent. La plantation de brise-vent sur des terres agricoles vise à protéger les cultures et le sol, à retenir et à distribuer la neige ainsi qu’à améliorer le microclimat pour les cultures qui poussent à l’abri de ces brise-vent. Il faut concevoir les brise‑vents de manière à ce qu’ils remplissent leur principale fonction avec une efficacité maximale.

Les brise-vent de champs idéaux sont composés de grands arbres à longue durée de vie qui ne font pas concurrence aux cultures poussant à proximité et qui n’occupent pas une trop grande superficie. Les arbres doivent résister à la sécheresse et à l’hiver et être tolérants aux maladies, aux insectes et aux herbicides, et leur porosité doit être de 30 % à 50 % durant les périodes annuelles d’érosion (printemps et automne). Le type de croissance et les caractéristiques de foliation d’un arbre ainsi que l’espacement entre les arbres d’une rangée influent sur la porosité des brise-vent. Les arbres sont beaucoup moins efficaces pour réduire l’érosion au moment de l’effeuillaison qu’à l’été. Ils doivent être entièrement garnis de feuilles durant les périodes de l’année où le potentiel d’érosion est le plus élevé. Une distance trop grande entre les arbres d’une rangée peut également réduire de façon considérable l’efficacité des brise‑vents.

Séquestration du gaz carbonique atmosphérique

Il existe un outil utile pour combattre les changements climatiques. Des recherches ont démontré que les arbres sont extrêmement utiles pour séquestrer les gaz à effet de serre.

À maturité, le peuplier piège 266 kilogrammes (kg) de carbone, le frêne vert, 63 kg, l'épinette blanche, 143 kg, et le caragana, 39 kg. Pour des brise-vent plantés aux espacements recommandés, cela correspond à 106 tonnes par km (t/km) de brise-vent pour le peuplier, à 25 t/km pour le frêne vert, à 41 t/km pour l'épinette blanche et à 26 t/km pour caragana.

Ces valeurs ne comprennent pas le carbone piégé dans les racines des arbres, qui représenterait de 50 à 75 p. 100 de ces valeurs. Elles ne comprennent pas non plus le carbone emmagasiné dans les racines, qui représenterait près de 50 à 75 p. 100 du carbone emmagasiné au-dessus du sol.

D'autres études ont porté sur les taux d'accumulation du carbone chez diverses espèces d'arbres et d'arbustes. Le peuplier, qui a une croissance rapide, assimile le carbone à un rythme plus élevé. Les essences avec une croissance moins rapide, notamment l'épinette, assimile le carbone plus lentement. Toutefois, les arbres à croissance lente ont une durée de vie plus longue et, par conséquent, servent de puits à carbone pour une période plus longue.

À l'aide de cette information, les spécialistes peuvent calculer la teneur en carbone des brise-vent futurs.

Augmentation de la biodiversité

Depuis toujours, les propriétaires fonciers plantent des arbres autour de leur ferme afin de réaliser des économies d'énergie, et dans leurs champs, pour conserver les sols et l'humidité. De nos jours, un nombre croissant d'entre eux s'efforce de protéger la faune, autre ressource naturelle.

Les propriétaires fonciers ont défriché de vastes espaces naturels pour en faire des terres agricoles, une pratique qui a considérablement réduit une partie de l'habitat faunique et qui se poursuit encore aujourd'hui. Ces changements se sont produits à un tel rythme que les effets sur la faune ont été considérables. Les aires de distribution, les habitudes de migration et les cycles de reproduction des espèces du monde entier changent. Certaines espèces sont menacées, car elles n'arrivent pas à s'adapter assez vite aux modifications apportées à leur habitat.

L'une des mesures que les propriétaires fonciers peuvent adopter pour atténuer ces pertes est de planter des arbres. Une plus grande quantité d'arbres profite non seulement aux propriétaires et aux animaux sauvages, mais aussi à l'environnement.

Il faut tenir compte de nombreux éléments lors de la conception d'une plantation pour la faune. La nourriture, l'eau, l'abri et l'espace sont les principaux éléments de l'habitat faunique. Toutes les espèces sauvages en ont besoin pour vivre. Lors de la conception, il importe de prendre en compte les besoins à cet égard des espèces visées par le projet.

La disponibilité de la nourriture et d'abris est capitale pendant les mois d'hiver, période pendant laquelle les besoins énergétiques des espèces sauvages sont les plus grands. Les arbres et les arbustes dont les fruits persistent au-dessus de la neige pendant tout l'hiver sont une source importante de nourriture de qualité pendant cette saison. Les arbres et les arbustes à feuillage dense, comme les conifères, constituent un abri important qui protège les espèces sauvages contre les températures froides.

De plus, ils offrent un refuge contre les prédateurs et, en été, un couvert de nidification et d'élevage.

Date de modification :