Plantation de nouveaux arbres et arbustes

Pour réussir en agroforesterie, la première chose à faire est probablement d'assurer un bon départ aux plants. En effet, ce sont les arbres bien plantés qui ont le plus de chances de produire de bonnes racines et de survivre aux premières années, qui sont très importantes si on veut obtenir des arbres robustes. Une fois établis, les arbres bien enracinés sont souvent capables de s'adapter aux conditions difficiles de l'environnement. Au contraire, les arbres qui connaissent un mauvais départ peuvent ne jamais réaliser leur potentiel de croissance, même si les conditions sont idéales par la suite.

Plantation à la main

Il faut planter les arbres à la profondeur où ils se trouvaient dans la pépinière. Cette profondeur est indiquée par un changement de couleur visible sur l'écorce.

À l'aide d'une bêche, faire un trou dans la terre en forme de V, en tirant la bêche vers l'arrière. Placer l'arbre dans le trou en prenant soin d'étaler uniformément les racines. Retirer la bêche. Replacer la terre autour des racines et compacter le sol en le piétinant pour éliminer les poches d'air.

Pour les espèces qui possèdent un système racinaire étalé, il peut être nécessaire de creuser un trou plus grand et d'étaler les racines avant de piétiner le sol.

Plantation mécanisée

La plantation mécanisée est la façon la plus efficace de planter une grande quantité d'arbres. Vérifiez la disponibilité d'une planteuse d'arbres auprès de votre municipalité rurale, de votre agronome ou de votre conseiller agricole.

  • Pour obtenir l'espacement recommandé et ainsi faciliter la plantation et l'entretien, jalonner les rangs avant d'entreprendre la plantation.
  • La planteuse doit être tirée par un tracteur d'une puissance minimale de 40 HP. La planteuse ouvre un sillon, dans lequel les semis sont insérés. Il faut veiller à ce que les racines ne soient pas repliées. Si la profondeur du sillon ne permet pas de placer les racines à la verticale, ajuster l'organe ouvreur de la planteuse. Planter les semis à la même profondeur qu'à la pépinière. Disposer les semis dans le sillon juste derrière l'organe ouvreur, à un angle de 45° vers les roues plombeuses.
  • Retenir le semis jusqu'à ce que la terre s'amasse autour des racines à mesure que s'approchent les roues plombeuses. Lâcher le semis quand il est soutenu par la terre. Les roues plombeuses redresseront le semis.
  • L'espacement entre les semis dépend de la vitesse du tracteur et de la cadence de la personne qui place les semis dans le sillon. On peut mesurer l'espacement à l'aide d'un avertisseur mécanique, ou en traînant derrière la planteuse une chaînette à laquelle est attaché un drapeau indiquant la distance recommandée. Planter chaque semis au moment où le drapeau passe à la hauteur du semis précédent.
  • La personne qui marche derrière la planteuse tasse le sol autour de chaque semis, en recouvrant les racines exposées et en dégageant au besoin les semis enterrés.

Soin des arbres après la plantation

Arroser les arbres tout de suite après les avoir plantés. Arroser abondamment et en profondeur, car l'arrosage superficiel favorise un enracinement superficiel, et les arbres à enracinement superficiel ne tolèrent pas la sécheresse. La lutte contre les mauvaises herbes est essentielle, car il faut réduire la concurrence pour l'eau et les éléments nutritifs. Si on choisit de travailler la terre entre les rangs, il faut le faire avec soin et seulement en surface, pour ne pas abîmer les racines des arbres. Clôturer la plantation, pour empêcher le bétail de brouter ou de piétiner les semis. L'installation de corsets de protection et l'épandage d'un produit répulsif aident à prévenir les dommages causés par les rongeurs et autres animaux sauvages.

L'élagage n'est nécessaire que pour enlever les branches mortes, malades ou cassées. Les branches coupées ne repousseront pas, et la coupe risque de laisser des brèches.

On recommande de ne pas épandre d'engrais sur le sol autour des semis nouvellement plantés, car l'engrais ne pénètre pas en profondeur, ce qui favorise l'enracinement superficiel.

Soins particuliers à apporter aux conifères

Plantation

Planter les conifères tôt au printemps, quand le sol est bien humide. Le système racinaire des conifères plantés au printemps peut se rétablir avant l'automne, ce qui augmente le taux de survie hivernal et favorise le développement des bourgeons qui serviront à la croissance du printemps suivant.

Dans la mesure du possible, planter les conifères par temps frais et nuageux plutôt que par temps chaud et venteux.

Toujours planter les conifères dans un sol travaillé et désherbé. Si le terrain choisi pour la plantation définitive est sec et exposé, il peut être préférable de planter d'abord les semis dans un endroit protégé du jardin, où il sera facile de les arroser et de les entretenir. Les semis de conifères peuvent croître en pépinière 2 à 4 ans, puis être transplantés à l'endroit choisi.

Les semis de conifères ont une meilleure chance de survie et de croissance si on en fait tremper les racines dans l'eau durant 3 ou 4 heures avant la plantation. Si on les fait tremper plus de 8 heures, cela peut endommager les racines.

Durant la plantation, protéger les racines du dessèchement causé par le soleil et le vent, en gardant les racines dans leur paquet avec de la mousse de tourbe humide. Planter les semis de manière à les enfouir jusqu'à la base des branches inférieures.

Ne pas arroser le trou avant de planter le semis. Replacer la terre autour des racines et fouler le sol pour éliminer les poches d'air. Aménager une légère dépression en forme de soucoupe autour de l'arbre, pour retenir l'eau.

Arroser souvent les conifères nouvellement plantés, jusqu'à ce qu'ils soient bien pris. Pour obtenir les meilleurs résultats, il est recommandé d'arroser les semis une fois par semaine au cours de la première saison, puis d'arroser abondamment aux 2 semaines durant les années suivantes. Arroser abondamment et en profondeur, car l'arrosage superficiel favorise l'enracinement superficiel, et les arbres enracinés superficiellement ne peuvent pas tolérer la sécheresse.

Transplantation

Transplanter les conifères lorsqu'ils sont encore petits (environ 1,2 m ou moins), avant le débourrement du début du printemps ou entre la deuxième semaine d'août et la mi-septembre.

Au cours de la transplantation, conserver le plus possible de racines et de terre intacte. Après la transplantation, arroser abondamment. Suivre les directives d'arrosage s'appliquant aux arbres nouvellement plantés.

Fertilisation

Il n'est pas recommandé de fertiliser les conifères nouvellement plantés. Les semis mis en terre dans un terrain propice n'ont pas besoin d'engrais pour s'établir et croître. Les conifères nécessitent peu d'éléments nutritifs, et un excès d'engrais azoté peut leur être nuisible.

De plus, l'engrais ne pénètre pas en profondeur, ce qui favorise l'enracinement superficiel et rend l'arbre sensible à la sécheresse. Le meilleur engrais pour ce type d'arbres est une couche de feuilles mortes ou de fumier bien décomposé.

Brunissement hivernal

Au printemps, une altération de la couleur des aiguilles indique que l'arbre a probablement souffert de brunissement ou de dessèchement au cours de l'hiver. Les aiguilles peuvent avoir une couleur légèrement ou nettement jaunâtre, brunâtre ou rougeâtre, selon la gravité des dégâts. Ces dégâts sont dus à l'évaporation de l'eau des aiguilles durant les périodes chaudes ou venteuses de l'hiver, durant lequel l'humidité ne peut pas être restaurée, puisque le sol est gelé et que les racines sont dormantes.

Les branches exposées au sud et à l'ouest sont les plus sensibles à ce problème. Les conifères nouvellement établis dans un site exposé, notamment les pins, les genévriers et les thuyas (cèdres) ornementaux, sont également sujets au brunissement et au dessèchement hivernal. Bien que peu esthétiques, les dommages causés par l'hiver n'entraînent pas nécessairement la mort de l'arbre.

L'arbre peut perdre beaucoup d'aiguilles, mais de nouvelles aiguilles pousseront au printemps, si les bourgeons ne sont pas touchés. Arroser le sol dès qu'il dégèle, pour aider les arbres à se régénérer.

Prévention du brunissement hivernal

Bien qu'il soit difficile de protéger les arbres contre le brunissement hivernal, il est possible de prendre certaines précautions. En réduisant le stress dû au manque d'humidité durant la période de croissance, on diminue les risques de dégâts hivernaux. Durant les périodes de sécheresse estivale, arroser les arbres abondamment. Ensuite, interrompre l'arrosage de tous les arbres, y compris des conifères, jusqu'au 1er septembre; arroser une autre fois avant la prise de la glace et une dernière fois après la deuxième gelée. Ce programme d'arrosage aide les arbres à s'endurcir avant l'hiver.

Pour l'aménagement d'un brise-vent, réserver les conifères aux rangs intérieurs du brise-vent. Ainsi plantées, les épinettes sont moins exposées au vent et profitent de la neige retenue par les rangs extérieurs. Une clôture à neige ou des bottes de paille placées près des conifères aideront également à retenir l'humidité et à créer un écran protecteur.

Dans le cas d'un nouveau brise-vent, si le site est sec et exposé, envisager de planter les semis dans un endroit protégé du jardin, où ils peuvent être arrosés et entretenus plus facilement. Les jeunes conifères peuvent être cultivés pendant 2 à 4 ans avant d'être transplantés à l'endroit désigné.

Détermination du brunissement hivernal

Les aiguilles peuvent brunir à d'autres moments de l'année, et pour d'autres raisons. Durant l'été, à la suite d'une période de temps très chaud, sec et venteux, les aiguilles des conifères peuvent montrer des signes de brunissement ou de dépérissement causés par le dessèchement. Par ailleurs, il ne faut pas confondre le brunissement hivernal, les dégâts causés par la sécheresse estivale et la perte normale d'aiguilles survenant en automne.

Les aiguilles des conifères brunissent et tombent au bout de 2 ou 3 ans, selon les espèces. Ce phénomène naturel se produit au centre de l'arbre, tandis que les nouvelles pousses et les pousses de l'année précédente, situées vers l'extérieur de l'arbre, demeurent intactes.

L'urine de chien, les herbicides et la carence en fer sont également des causes possibles de brunissement, mais ces problèmes sont moins fréquents que le brunissement hivernal.

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