Élagage des arbres et arbustes

Lorsqu'il est question d'élaguer un arbre ou un arbuste, il faut tout d'abord appliquer la règle suivante : « s'il n'y a pas de raison suffisante pour élaguer, on ne le fait pas ». La plupart des arbres et arbustes ont un port naturel caractéristique; ils se développeront mieux et auront meilleur aspect si on n'y touche pas. Si on décide d'élaguer, il faut chercher à conserver ce port caractéristique. Il arrive cependant qu'un élagage soit nécessaire, et il y a alors une marche à suivre.

Effet de l'élagage sur la croissance

Un élagage réalisé vers la fin de l'hiver ou au début du printemps, avant le début de la croissance annuelle, réduit la quantité de feuilles qui seront produites au cours de la saison. Comme l'arbre a ainsi moins de parties aériennes, il aura des besoins moindres en eau et en éléments nutritifs. Ainsi, un système racinaire robuste qui nourrit des parties aériennes allégées pourra produire des pousses résistantes, gonflées d'eau, à croissance rapide. L'élagage aura donc pour effet de revigorer l'ensemble de l'arbre et tout particulièrement les branches qui ont été le plus élaguées.

Après l'élagage d'une branche, de nouvelles pousses surgissent près de la coupe. En général, les pousses croissent dans la même direction que les bourgeons dont elles proviennent. Ainsi, si le bourgeon pointe vers l'intérieur de la branche, la pousse se développera vers le centre de l'arbre; inversement, si le bourgeon pointe vers l'extérieur, la pousse se développera en s'éloignant du centre de l'arbre.

Pourquoi élaguer

  • Élagage à la plantation
    • Immédiatement après le repiquage, élaguer les branches supérieures de l'arbre pour compenser la perte de racine et donner une première forme à l'arbre. Il faut éviter d'enlever plus du tiers des parties aériennes.
  • Maintien de la forme de l'arbre
    • Pour que l'arbre acquière une structure solide qui puisse résister aux vents, il faut l'élaguer en ne conservant que quelques branches robustes, bien espacées et bien réparties, verticalement et autour du tronc.
    • Pour obtenir un arbre d'ombrage dont les premières branches sont situées à une hauteur de plus de 1,6 à 2,4 mètres, il faut enlever les branches inférieures. Il est généralement souhaitable d'étaler l'élagage sur une longue période, pour permettre à l'arbre de croître en hauteur. Si tout l'élagage est effectué d'un seul coup, on risque d'obtenir un arbre chétif nécessitant un tuteur. S'il faut vraiment faire l'élagage d'un seul coup, le mieux est de tailler les branches inférieures de manière à laisser de courts moignons qu'on pourra éliminer plus tard. Ces moignons maintiennent un appel de sève en produisant des pousses feuillues qui élaborent des matières nutritives et tirent de l'eau et des minéraux, ce qui rend le tronc plus gros et plus robuste. Il faut continuer l'élagage des moignons tant que les branches charpentières permanentes devant former l'essentiel du houppier ne sont pas bien établies. Les moignons peuvent ensuite être éliminés.
  • Maintien de la santé de l'arbre
    • Couper les branches qui sont affaiblies à la fourche et qui forment un angle aigu avec tronc.
    • Couper les branches qui sont entremêlées ou se concurrencent pour le même espace dans le houppier.
    • Couper les branches mortes ou malades, afin d'améliorer l'aspect de l'arbre et prévenir l'introduction ou la propagation de maladies ou d'insectes.
    • Pour revitaliser un arbre âgé, éliminer une partie du houppier, ce qui réduit la superficie foliaire que le système racinaire doit alimenter. Les branches restantes connaîtront une croissance plus vigoureuse.
    • Élaguer de manière à améliorer la circulation de l'air dans le houppier, ce qui profite à l'arbre et au milieu environnant. En outre, une plus grande quantité de lumière peut ainsi traverser le feuillage et atteindre la pelouse, ce qui en favorise la croissance.
  • Sécurité
    • Éliminer les branches mortes, cassées, faibles ou fendues ainsi que les branches inférieures pendantes, qui peuvent constituer un danger pour les personnes, les véhicules ou les bâtiments.

Outils d'élagage

Pour élaguer les arbres et arbustes, il est important d'employer des outils de qualité. Habituellement, les outils qui ne coûtent pas cher... ne valent pas cher! On peut trouver des sécateurs et des scies à élaguer de type manuel ou montés sur un long manche. Pour les grosses branches, on peut utiliser une sciotte ordinaire.

La tronçonneuse (scie mécanique) est rapide et efficace, mais elle ne laisse pas une coupe nette, ce qui ralentit la cicatrisation.

  • La cisaille est idéale pour les petites branches. Elle laisse une coupe plus nette que le sécateur à enclume.
  • La scie à élaguer est compacte et convient particulièrement aux travaux lourds devant être réalisés en espace restreint.
  • L'ébrancheur sert à couper les grosses branches. Les manches peuvent être de diverses longueurs. Choisir un ébrancheur du type cisaille plutôt que du type à enclume.

Élagage des feuillus

En règle générale, il faut élaguer les arbres et arbustes feuillus en période de dormance, de préférence tôt au printemps, juste avant le début de la croissance annuelle. Durant cette période, les blessures infligées à l'arbre commencent presque aussitôt à se cicatriser, et la guérison est plus rapide. Ainsi, l'élagage nuit moins à la croissance de l'arbre que s'il est effectué pendant la croissance active. De plus, comme les feuilles sont alors absentes, il est plus facile de choisir les branches à enlever.

Dessin: Comment tailler les arbres à feuilles caduques

La coupe des branches mortes ou affaiblies peut se faire au milieu de l'été, puisqu'il est alors plus facile de les repérer.

Les érables, les bouleaux et les ormes font exception et doivent être taillés durant leur croissance active, c'est-à-dire au milieu de l'été. S'ils sont élagués hâtivement au printemps, ces arbres risquent de perdre une quantité excessive de sève. Par ailleurs, l'élagage d'un érable ou d'un bouleau ne doit pas se faire trop tard en automne, car les blessures n'auront pas le temps de se cicatriser avant l'hiver. Enfin, il ne faut pas élaguer les ormes entre le 15 avril et le 30 août, afin de prévenir la propagation de la maladie hollandaise de l'orme.

L'élagage d'un feuillu consiste à en couper des branches près du tronc ou de la fourche, parallèlement à ceux-ci. Pour ne pas endommager la branche maîtresse ou le tronc lorsqu'on coupe une grosse branche, suivre les trois étapes ci-dessous :

  • Faire une première entaille sous la branche, à courte distance du tronc.
  • Faire une deuxième entaille sur le dessus de la branche, à une distance de 5 à 8 centimètres (cm) de la première coupe vers l'extérieur de l'arbre. La branche cassera sous son propre poids et tombera sans endommager l'écorce.
  • Faire la coupe finale près du tronc, afin de ne pas laisser de moignon. Que la branche coupée soit vivante ou morte, il faut toujour éviter de couper le bourrelet entourant la base de la branche. Si ce tissu végétal est touché, l'arbre ne sera pas en mesure de se cicatriser correctement.

Élagage des conifères

Dans la plupart des cas, les conifères ont besoin de peu d'élagage. Pour les besoins de l'élagage, il faut distinguer deux types de conifères : a) les conifères à branches verticillées (disposées en étoile autour du tronc), comme les épinettes, les pins et les sapins; b) les conifères à branches non verticillées, comme les genévriers et les thuyas (cèdres).

La plupart des conifères du premier type ont un seul tronc et une forme conique. Dans ce cas, la coupe d'une branche entière laisse une brèche permanente dans l'arbre. Il faut donc enlever uniquement les branches mortes ou malades.

Normalement, l'élagage doit se limiter au parage des nouvelles pousses terminant les branches. La pratique annuelle de ce mode d'élagage assure une augmentation visible de la densité de l'arbre.

  • Pins : Le meilleur moment pour élaguer un pin est la mi-juin, avant le déploiement des nouvelles aiguilles. Durant cette période, les nouvelles pousses terminales ressemblent à des chandelles. (Il faut cependant noter que la date la plus propice dépend des conditions de la saison et peut varier d'une année à l'autre.) Pendant que les pousses terminales sont encore molles, on peut les réduire du tiers ou de la moitié de leur longueur. Ce travail permet de contrôler la longueur finale du rameau qui se formera au cours de la saison. Vers la fin de la saison, l'extrémité coupée produira de nouveaux bourgeons terminaux, qui deviendront les pousses de l'année suivante (voir plus loin).
  • Épinettes et sapins : S'il faut réduire la longueur des pousses d'une épinette, on peut les rabattre jusqu'à un bourgeon latéral, vers le début du printemps, avant le début de la croissance annuelle. (L'élagage doit se faire entre la mi-mai et le début juin, avant la formation des nouveaux bourgeons qui deviendront les pousses de l'année suivante.) Au fur et mesure que la saison progresse, la pousse se développe à partir du bourgeon latéral. Si l'élagage vise à rendre un sapin ou une épinette plus dense, on obtient de très bons résultats en effectuant l'élagage après l'élongation des pousses (voir plus loin). Pour stabiliser la croissance, élaguer la moitié de la nouvelle pousse tôt au printemps, après son élongation. L'augmentation de densité s'obtient ainsi de façon semblable à ce qui est décrit dans le cas des pins.
  • Thuyas (cèdres) et genévriers : On peut élaguer les conifères à pousses tendres, comme les thuyas et les genévriers, en taillant les nouvelles pousses de préférence entre le début du printemps et la mi-juin. La taille des branches les plus vigoureuses 1 ou 2 fois par saison produit un arbre dense conservant son aspect naturel.
  • Flèche terminale endommagée : Si la flèche terminale d'une épinette, d'un pin ou d'un sapin est endommagée, il faut la couper et la remplacer par une branche latérale qu'on prendra soin de redresser. Choisir une branche latérale robuste, sur le verticille le plus haut de l'arbre, et fixer soigneusement cette branche à un tuteur à la manière d'une attelle. Il faut aussi réduire la taille des autres branches du verticille, en les rabattant d'environ 17 cm, pour favoriser la croissance de la nouvelle flèche. Si deux ou plusieurs flèches terminales se sont déjà formées sur un arbre relativement jeune, enlever toutes les flèches, sauf la plus robuste.
Dessin: Outils d'élagage - Comment tailler les conifères

Branches malades : Enlever les parties touchées en prenant soin de désinfecter les outils entre chaque coupe, avec une solution renfermant 5 % d'alcool ou d'eau de Javel. La coupe doit être faite dans du bois sain.

Enduits cicatrisants : L'application d'enduits cicatrisants sur les blessures laissées par l'élagage est un sujet controversé. Ces produits empêchent l'entrée d'eau, de pathogènes ou d'insectes, mais ils ralentissent en fait la cicatrisation. On recommande donc de n'utiliser ces enduits que sur les coupes dont le diamètre dépasse 15 cm. Il faut aussi s'assurer que les enduits sont recommandés pour les arbres, et ne pas utiliser de la peinture ordinaire!

Élagage des brise-vent

Les brise-vent aménagés dans les champs exigent un élagage d'entretien pour trois principales raisons. Il faut d'abord enlever les branches mortes, malades ou endommagées par les intempéries, pour des raisons de sécurité, d'esthétique et de lutte contre les maladies. Deuxièmement, il faut enlever les branches qui empiètent sur les lignes électriques, nuisent au fonctionnement de diverses machines ou menacent la propriété.

Enfin, il faut élaguer les brise-vent pour en améliorer l'aspect, en enlevant les drageons ainsi que les branches gênantes ou trop étalées. Toutefois, contrairement aux arbres d'ombrage dont il faut élaguer la base pour accentuer leur forme, les brise-vent ne doivent subir un élagage des branches inférieures que s'il faut modifier la densité du brise-vent.

On recommande souvent d'élaguer les brise-vent durant l'hiver ou au début du printemps, afin de réduire les dommages dus aux infections. En réalité, il est souvent préférable de les élaguer au milieu de l'été, lorsque les arbres ont toutes leurs feuilles et qu'il est facile de repérer les branches mortes ou manquant de vigueur.

Le milieu de l'été est aussi le meilleur moment pour élaguer les arbres comme les érables et les bouleaux. Lorsqu'ils sont élagués au printemps, ces arbres risquent de perdre une quantité excessive de sève. Toutefois, l'élagage ne devrait pas être effectué trop tard en automne, puisque cela ne laisse pas aux blessures suffisamment de temps pour guérir avant l'hiver. L'élagage des branches mortes peut être effectué à tout moment de l'année, puisqu'aucun tissu vivant n'est touché.

Avant d'élaguer, déterminer quelles branches de l'arbre doivent lui servir de structure principale. Effectuer toutes les coupes à proximité du tronc ou de la fourche, parallèlement à ceux-ci.

Pour éliminer les parties malades, pratiquer chaque coupe à une distance d'au moins 15 cm de la partie malade, ce qui signifie habituellement qu'il faut rabattre la partie jusqu'à la branche latérale vivante ou même au tronc. S'il faut couper une branche importante, utiliser la méthode de coupe en trois étapes, afin de ne pas endommager la branche maîtresse ou le tronc :

Faire une première entaille sous la branche, à courte distance du tronc.

Faire la deuxième entaille sur le dessus de la branche, à une distance de 5 à 8 centimètres de la première coupe vers l'extérieur de l'arbre. La branche cassera sous son propre poids et tombera sans que l'écorce se déchire.

Faire la coupe finale près du tronc, afin de ne pas laisser de moignon. Il est important de ne pas blesser la branche maîtresse ou le tronc. Le fait de laisser une surface exposée minimale permettra à la coupe de guérir avec le temps.

Lorsqu'on enlève une branche morte, il faut éviter de couper le bourrelet de tissu cicatriciel qui s'est formé à la base de la branche, afin que le tissu vivant ne soit pas exposé.

Afin de faire des coupes bien nettes, il faut s'assurer que les outils sont en bon état. Lorsqu'on enlève des tissus malades, il faut désinfecter les outils dans une solution d'eau de Javel ou d'alcool après chaque coupe.

L'application d'enduits cicatrisants sur les blessures laissées par l'élagage est un sujet controversé. Ces produits empêchent l'entrée d'eau, de pathogènes ou d'insectes, mais ils ralentissent en fait la cicatrisation. Si on choisit d'utiliser un tel produit, il faut employer un des produits commercialisés à cette fin, et non de la peinture ordinaire.

L'élagage d'entretien doit être effectué de manière à respecter ou rétablir la forme naturelle de l'arbre, tout en enlevant les branches mortes, malades, brisées ou croisées. Afin de maintenir une densité uniforme dans le brise-vent, il faut enlever seulement ce qui s'avère nécessaire. Dans tous les cas, il ne faut jamais éliminer, au cours d'une même saison, plus de 25 % de la capacité de croissance de l'arbre.

Élagage d'un brise-vent de caragana

En taillant les côtés d'un brise-vent de caragana, on favorise la repousse et on prolonge la durée de vie du brise-vent. Il n'est pas recommandé de ramener à moins de 3 mètres de largeur les peuplements mûrs de caragana.

En taillant le dessus d'un brise-vent de caragana, on réduit les dommages causés par le vent aux branches affaiblies par l'âge, tout en favorisant la repousse.

Il faut effectuer la taille et l'élagage pendant la période de dormance (d'octobre à avril), de préférence par temps froid, afin que les coupes soient nettes.

Le fait de rabattre au niveau du sol un brise-vent de caragana favorise la repousse et prolonge la durée de vie du brise-vent. Si le sol est sujet à l'érosion, il faut prendre des précautions particulières et recourir à d'autres mesures de conservation pendant la repousse du brise-vent.

On peut combattre les graminées vivaces poussant dans le brise-vent en travaillant le sol ou en appliquant un herbicide. Cela peut revitaliser le brise-vent, en évitant un confinement des racines des arbres et arbustes.

Il n'est pas recommandé de remplacer un brise-vent, sauf si son état s'est gravement détérioré. Les brise-vent de caragana ont rarement besoin d'être remplacés. Il est plus probable d'avoir un jour à remplacer les anciens brise-vent composés d'arbres à courte durée de vie, comme l'érable à Giguère ou l'orme de Sibérie.

Le brise-vent de remplacement devrait être planté à l'abri du brise-vent existant, avant que celui-ci ne soit enlevé. Le nouveau brise-vent devrait se trouver à au moins 6 mètres de l'ancien, s'il est constitué de caragana, et à au moins 10 mètres, s'il est constitué d'arbres. En enlevant l'ancien brise-vent durant l'été, on réduit au minimum le risque de repousse.

Pour conserver un brise-vent efficace, on conseille un éclaircissage et l'élimination du bois mort. L'élimination de parties vivantes encore saines ne constitue pas une restauration, puisque la protection s'en trouve diminuée et que cela endommage le brise-vent.

Comme la taille des racines fragilise le brise-vent et n'améliore pas sa capacité de protection, cette mesure ne constitue pas non plus une restauration.

Taille des racines de l'orme de Sibérie

Les brise-vent jouent un rôle important en protégeant les terres agricoles contre l'érosion éolienne. De plus, ils augmentent l'accumulation de neige, ont un effet modérateur sur la température de l'air, réduisent l'évaporation et accroissent le rendement global des cultures. Bien qu'ils soient généralement bénéfiques, les brise-vent font concurrence aux cultures adjacentes, en accaparant l'eau et les éléments nutritifs. L'orme de Sibérie peut même détourner l'eau dont les cultures ont besoin, grâce à son système très développé de racines latérales. La taille des racines, qui consiste à trancher les racines latérales, permet de réduire les effets de la concurrence des racines de l'orme de Sibérie sur les plantes cultivées à proximité.

La taille des racines peut être effectuée au moyen d'une sous-soleuse. Celle-ci doit être traînée dans le sol parallèlement au brise-vent, de manière à couper les racines. Afin de réduire le stress causé aux arbres, un seul des deux côtés du brise-vent doit être taillé chaque année. La taille doit être effectuée au printemps ou en automne, pendant la dormance des arbres.

Dessin : Taille des racines de l'orme de Sibérie
H = hauteur du brise-vent

Les racines doivent être taillées jusqu'à une profondeur de 60 cm, parallèlement au brise-vent, à une distance équivalant au moins aux trois quarts de la hauteur des arbres. Il faut répéter l'opération tous les 2 ou 3 ans, afin de limiter la croissance de nouvelles racines. Une taille des racines pratiquée trop près des arbres ou trop souvent peut endommager ou faire périr le brise-vent, particulièrement s'il s'agit d'un brise-vent relativement vieux ou exposé au stress d'une sécheresse. Durant les périodes de sécheresse, la taille des racines doit être évitée complètement.

Bien que la taille des racines n'élimine pas complètement la concurrence entre les brise-vent et les plantes cultivées, elle permet de la réduire. C'est une des méthodes que les producteurs agricoles peuvent employer pour accroître l'efficacité de leurs brise-vent.

Réparation des dommages causés par la neige et la glace

Une charge excessive de neige ou de glace peut endommager les arbres et arbustes de l'exploitation agricole. Malheureusement, peu de mesures permettent de prévenir ces dommages avant que la tempête ne survienne. Cependant, il est souvent possible de restaurer les arbres abîmés, en leur prodiguant les soins adéquats.

Les arbres de certaines espèces sont particulièrement susceptibles d'être endommagés par la neige et la glace. Les feuillus à bois tendre et fragile, comme l'érable à Giguère, l'orme de Sibérie, les peupliers, les bouleaux et les saules, risquent d'être gravement endommagés. Ce sont généralement les conifères qui subissent le moins de dommages; cependant, les conifères à tiges multiples et à croissance lente, comme les genévriers, ont tendance à casser ou à s'écraser sous le poids de la neige.

Lorsque de grandes quantités de neige et de glace sont présentes sur les grosses branches, plusieurs mesures permettent de prévenir les dommages. Comme la glace qui recouvre une branche peut peser jusqu'à 40 fois le poids de la branche, on risque d'aggraver les dommages si on s'y prend mal pour enlever la neige ou la glace. Il faut notamment utiliser les moyens adéquats pour soutenir les branches recouvertes de glace, et il faut éviter de secouer les branches aux endroits où elles sont susceptibles de casser. Si la neige n'a pas gelé sur les branches, elle peut être enlevée doucement à la brosse.

Une fois les dommages survenus, il faut en évaluer l'étendue en examinant l'arbre attentivement. Si les dommages ne sont pas importants et que l'arbre vaut la peine d'être sauvé, il faut procéder à l'élagage ou aux réparations qui s'imposent. Si les dommages sont étendus, l'arbre doit être coupé et remplacé par une espèce appropriée. Si les grosses branches ou l'arbre entier sont très abîmés, au point de mettre la vie des personnes et les biens en danger, il faut procéder à l'élagage le plus rapidement possible; dans les autres cas, l'élagage ou les réparations peuvent être reportés au printemps.

S'il y a eu cassure mais que la branche n'a pas subi de dommages trop graves, certains travaux de réparation permettent d'éviter que la cassure s'accentue et que la branche soit exposée à l'eau et aux pathogènes. Si l'arbre est fendu à la fourche, la partie affaissée peut être remise en place et maintenue par un câble attaché au tronc. Pour que la réparation soit encore plus solide, on peut insérer des boulons et des rondelles tous les 15 à 20 cm le long de la partie fendue.

Les branches gravement endommagées doivent être enlevées, au début du printemps, jusqu'à la fourche inférieure suivante. Les arbres qui perdent leur sève facilement (bouleaux, érables) ne doivent être élagués qu'après l'apparition des feuilles. Il est important de faire une coupe nette dans le bois sain, afin que l'arbre guérisse bien.

Dessin : Réparation des dommages causés par la neige et la glace
Étapes (A à E) à suivre pour enlever une grosse branche abîmée

Toutes les coupes doivent être faites le plus près possible du tronc, mais le maintien d'un étroit bourrelet, comme dans la (E), accélère la guérison. Il ne faut jamais laisser de moignon, car cela favorise la prolifération de pousses adventives (gourmands). Si le tronc ou la flèche terminale ont été endommagés, il faut les couper au niveau d'une petite branche poussant dans la direction souhaitée. Après l'élagage, il faut traiter les coupes faites à la scie. Le lissage des surfaces de coupe irrégulières n'est pas essentiel, mais il accélère la guérison.

En règle générale, la guérison est plus rapide si aucun enduit cicatrisant n'est appliqué; cependant, si les maladies ou les insectes constituent un problème dans la région, toutes les coupes de diamètre supérieur à un pouce (2,5 cm) doivent être scellées à l'aide d'un enduit protecteur. Certaines observations semblent indiquer que l'application d'un engrais complet à la fin avril ou en mai stimule la nouvelle croissance et accélère la guérison.

Si les dommages causés par la neige et la glace sont fréquents dans la région, il peut être utile d'envisager un élagage préventif des arbres de grande valeur. Il convient de couper les branches qui ont une fourche faible ou qui sont affaiblies par la maladie ou les insectes.

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