Incidence des changements climatiques sur l'agriculture au Canada

En quoi les changements climatiques influeront-ils donc sur le Canada et son agriculture?

Nombreuses sont les études de l'incidence des changements climatiques qui feraient voir une tendance attendue au réchauffement pour la plupart des régions du pays pendant les 60 prochaines années.

La transformation du climat peut avoir des effets à la fois positifs et négatifs sur l'agriculture. Elle peut agir à différents niveaux sur ce secteur (végétaux ou animaux pris isolément ou réseaux entiers dans le monde).

Possibilités

Ce réchauffement pourrait être bienfaisant pour l'agriculture dans certaines régions en prolongeant la saison de culture et en adoucissant et réduisant la période hivernale. On pourrait ainsi accroître la productivité et adopter de nouvelles cultures peut-être plus rentables encore.

Dans un pays septentrional comme le Canada, le réchauffement devrait être plus marqué qu'en moyenne dans le monde. Les régions au nord ainsi que le sud et le centre des Prairies s'exposeront plus au réchauffement que les autres régions. La plupart de ces zones seront probablement plus chaudes avec de plus longues saisons sans gel et un accroissement de l'évaporation et de la transpiration des plantes de la surface vers l'atmosphère.

Ces températures plus élevées profiteraient également à l'élevage, car les besoins diminueraient en alimentation des animaux, les taux de survivance des jeunes augmenteraient et les coûts en énergie baisseraient.

Les changements climatiques pourraient améliorer la qualité des sols en accentuant la fixation de carbone et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre en cas de conversion des cultures annuelles aux cultures pérennes et aux pâturages.

À l'aide des renseignements produits par le Modèle de circulation générale du Centre canadien de la modélisation et de l'analyse climatique pour les trois provinces des Prairies dans un double scénario décrivant le climat actuel et le climat futur, les scientifiques d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) ont pu prédire en 2004 que, dans le futur régime climatique, les hautes températures augmenteraient en moyenne de 2 à 3 ºC et les basses températures, d'environ 3 ºC.

Par rapport au régime climatique actuel, les précipitations croîtraient dans une proportion de 3 à 7 pour cent selon les prévisions du modèle.

Les résultats semblent indiquer que l'Alberta profiterait le plus d'une plus grande abondance des précipitations estivales et hivernales. Toutefois, l'est de la Saskatchewan et le Manitoba connaîtraient, eux, peu de changement ou des hausses plus modestes. Comme il existe un déficit hygrométrique en saison de croissance dans la majeure partie de la région des Prairies, même une légère baisse de la charge d'humidité disponible pourrait grandement nuire à la production culturale.

Défis

Un sujet d'inquiétude est cependant que la transformation du climat pourrait avoir d'importantes conséquences néfastes et accentuer notamment l'intensité et la fréquence des sécheresses et des orages violents.

Avec une plus grande fréquence de phénomènes comme les sécheresses, les rendements culturaux diminueraient. Ainsi, les producteurs seraient plus vulnérables devant les changements climatiques, plus particulièrement dans les régions semi-arides du pays.

Des événements extrêmes comme les sécheresses de 2001 et 2002 et les inondations de 2010 et 2011 pourraient se révéler dévastateurs pour les rendements culturaux, ceux-ci risquant de n'être plus que de la moitié des rendements moyens représentatifs de conditions de croissance plus normales ou plus favorables.

Des étés plus chauds poseraient un problème aux éleveurs qui craindraient les pertes d'animaux par les vagues de chaleur. Cette constatation vaut particulièrement pour les activités avicoles. D'autres effets possibles seraient un recul de la production laitière et de la reproduction des animaux laitiers et des pertes pondérales chez les bovins de boucherie.

De plus, les sécheresses et les inondations pourraient réduire les disponibilités en pâturages et la production fourragère, obligeant les producteurs à trouver d'autres sources d'alimentation animale ou à réduire la taille de leurs troupeaux.

Plusieurs autres effets sont possibles sur les parasites et les maladies des cultures. Il y aurait notamment prolifération de la mauvaise herbe à cause de concentrations supérieures de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère et une plus grande infestation des élevages et des cultures par les ravageurs et les pathogènes. On peut en outre songer à des effets comme une augmentation en étendue, en fréquence et en gravité des infestations d'insectes et des pathologies.

Ces changements n'auraient pas d'effets marqués sur les émissions de gaz à effet de serre des systèmes de production culturale, mais ils feraient monter la consommation d'énergie liée à la fabrication, au transport et à l'application des produits antiparasitaires.

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