Collection nationale canadienne d'insectes, d'arachnides et de nématodes (CNC)

La description de cette image suit.

Deux des milliers de plateaux de spécimens appartenant à la Collection nationale canadienne d'insectes

La Collection nationale canadienne d'insectes, d'arachnides et de nematodes (CNC) d'Agriculture et Agroalimentaire Canada est l'une des cinq plus grandes collections du genre dans le monde. Elle contient plus de 17 millions de spécimens. Cette collection se trouve au Centre de recherche et de développement d’Ottawa. dans l'édifice K.W. Neatby, à la Ferme expérimentale centrale d'Ottawa, en Ontario.

La CNC est un centre névralgique de la recherche scientifique et constitue une grande richesse nationale. Elle est d'une grande utilité aux chercheurs canadiens qui se penchent sur des problèmes dans les domaines de l'agriculture, de la biodiversité, de la génétique, de la lutte biologique et d'autres formes de lutte intégrée aux ravageurs. La CNC est membre d'un réseau international auquel participent des chercheurs, des éducateurs et des décideurs politiques. Parmi les fonctions de la collection, une en particulier prend de plus en plus d'importance, soit la fonction de soutien scientifique, qui permettra de protéger la biodiversité au Canada, et par le fait même de réduire les pertes, mesurées en milliards de dollars, causées par les espèces envahissantes en agriculture, en foresterie, dans les régions sauvages du Nord et ainsi que dans d'autres habitats indigènes.

Applications

La collection est principalement utilisée pour identifier :

  • les espèces inconnues, et élaborer des mesures de lutte afin de réduire l'arrivée d'espèces exotiques envahissantes au Canada;
  • les nouveaux ravageurs. L'agrile du frêne et le longicorne asiatique sont des exemples de ravageurs nouvellement reconnus et pour lesquels on déploie des efforts afin d'endiguer leur propagation et de minimiser les dommages qu'ils causent aux ressources naturelles et forestières canadiennes;
  • des indicateurs potentiels de la santé environnementale et des changements climatiques;
  • les insectes qui transmettent des maladies comme le virus du Nil occidental et la maladie de Lyme.

De plus, la CNC sert à :

  • noter les changements qui surviennent au fil du temps parmi les espèces et dans l'environnement tant pour la faune indigène qu'importée;
  • formuler des prévisions sur la propagation des espèces envahissantes;
  • mettre au point des méthodes de lutte antiparasitaire, notamment la lutte intégrée aux ravageurs;
  • fournir un soutien relativement aux obligations législatives et aux accords internationaux, notamment :
    • la Loi sur la protection des végétaux
    • la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES)
    • la Loi sur les espèces en péril
  • contribuer à la publication d'information sur les ressources de la biodiversité et fournir un soutien à cet effet. Voici quelques exemples de publications récentes :
    • Canada and its Insect Fauna
    • Les papillons diurnes du Canada
    • Insects of the Yukon
    • Manual of Nearctic Diptera
  • répondre aux questions pertinentes d'une clientèle diversifiée sur les insectes, les arachnides et les nématodes.

Rôles

Le CNC joue également un rôle crucial dans la préservation de la faune d'insectes indigènes du Canada. Les travaux comprennent notamment :

  • décrire et cataloguer les espèces d'insectes découvertes pour la première fois;
  • noter la répartition des espèces dans le temps et l'espace;
  • maintenir les données relatives aux spécimens afin de pouvoir fournir de l'information sur la répartition géographique, l'historique et la biologie élémentaire des insectes. Ces données sont très utiles pour la vérification des espèces d'insectes et pour les décisions au sujet de la conservation des insectes à l'échelle régionale, nationale et internationale.
  • soutenir les travaux et les décisions du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) concernant l'opportunité ou non de désigner un organisme comme « espèce en péril ». Les données d'évaluation disponibles pour les espèces d'insectes reposent souvent sur des renseignements obtenus grâce à des spécimens de la CNC.

Les recherches sur la taxinomie des insectes, telle que celles menées à la CNC, constituent le fondement même de nombreuses décisions en matière de conservation.

Principales divisions de la Collection nationale canadienne d'insectes, d'arachnides et de nématodes

La structure de la CNC, qui comprend huit divisions de conservation, facilite les activités courantes et la gestion de la collection.

Les unités suivantes et conservateurs devraient être contactés au sujet des prêts ou toute autre demande :

Politique de prêt de la Collection nationale canadienne

Collection nationale canadienne sur la destruction des échantillons de spécimens

Faits intéressants sur la Collection

Sources :

Plus de 70 % des spécimens de la CNC proviennent du Canada.

  • La Collection comprend également des spécimens de tous les coins de la planète, dont plusieurs sont les seuls représentants connus d'espèces entières.

Fossiles :

Certaines des espèces conservées à la CNC proviennent de fossiles datant de 75 millions d'années, soit l'âge des dinosaures.

  • Plusieurs de ces fossiles font partie de la vaste collection canadienne d'ambres de la CNC, qui ont été recueillies à Medicine Hat, en Alberta, et à Cedar Lake, au Manitoba.

Futurs travaux :

On sait que 35 000 espèces reconnues d'insectes et d'arthropodes sont présentes au Canada.

  • On estime qu'il reste à découvrir près du même nombre d'espèces. Il s'agit des espèces non encore répertoriées dans les publications scientifiques et des espèces encore inconnues des chercheurs. Les chercheurs de la CNC, qui sont des experts internationaux dans leur domaine, s'affairent actuellement à différencier, à décrire et à nommer ces espèces, ainsi qu'à produire les ressources nécessaires pour permettre aux autres chercheurs de se documenter sur ces espèces et de les identifier eux-mêmes.
  • À titre d'exemple, l'information recueillie sur les cigales a été publiée.

Types primaires :

Plus de 11 000 spécimens conservés à la CNC sont de type primaire.

  • Lorsqu'une nouvelle espèce est décrite, un seul spécimen est désigné comme type primaire. Ces types sont extrêmement importants, car ils deviennent l'insecte témoin pour le nom de l'espèce découverte, et c'est à eux que les scientifiques se réfèrent pour les questions concernant la nomenclature et l'identité de l'espèce.
  • L'importance de cette typification devient vite évidente si on considère les faits suivants :
    • Les espèces d'insectes, d'arachnides et de nématodes se comptent par millions;
    • Bon nombre de ces insectes sont importants pour l'homme;
    • Certains types sont accidentellement décrits plus d'une fois à titre d'espèces différentes;
    • La quasi-totalité des espèces sont très difficiles à distinguer.

Caractéristiques distinctives :

Les caractéristiques du corps sont l'une des meilleures façons de classer les insectes et les autres invertébrés; bon nombre de ces caractéristiques sont visibles à l'œil nu.

  • Dans la plupart des cas cependant, les organes de reproduction des insectes ont évolué de manière tellement complexe que les insectes peuvent uniquement s'accoupler avec des insectes de la même espèce, si bien que la meilleure manière de distinguer les différents groupes est d'examiner les changements infinitésimaux survenus dans les organes des insectes.
  • À mesure de leur évolution, les différentes espèces ont également développé des chants et des phéromones que seuls les insectes de sexe opposé de la même espèce peuvent reconnaître à des kilomètres à la ronde.

Acide désoxyribonucléique :

Lorsque les caractéristiques morphologiques ne sont pas suffisamment distinctes ou que les espèces sont beaucoup trop similaires pour permettre de les distinguer de façon fiable selon les méthodes morphologiques classiques, les chercheurs peuvent se baser sur l'Acide Désoxyribonucléique (ADN) pour identifier certains insectes.

  • Nombre de chercheurs de la CNC ont régulièrement recours à l'Acide désoxyribonucléique (ADN) pour identifier des espèces et tenter de résoudre les problèmes causés par les ravageurs des cultures et les espèces envahissantes.

Les insectes bénéfiques :

La plupart des insectes sont bénéfiques pour les humains.

  • La majorité des spécimens conservés par la CNC sont directement ou indirectement utiles ou essentiels aux humains, soit parce qu'ils exercent un contrôle sur les populations de ravageurs des cultures, soit en raison de leur rôle dans la préservation des écosystèmes, grâce à la pollinisation des plantes, à la digestion des végétaux morts et à leur contribution au cycle des nutriments, ou encore parce qu'ils servent de nourriture pour d'autres animaux.

Les insectes ravageurs :

Une des meilleures façons de combattre les insectes nuisibles est de laisser d'autres insectes le faire.

  • La plupart des ravageurs des cultures et des insectes qui nuisent au bétail ont été apportés accidentellement au Canada à partir d’autres régions du monde. Ces ravageurs créent des problèmes parce qu'ils ne rencontrent aucun des « contrepoids biologiques » qui freinent normalement l'essor de leurs populations.
  • Il est possible de maintenir les populations de ravageurs en-deçà des seuils préjudiciables en créant des conditions favorables aux prédateurs et aux parasitoïdes indigènes, ou en introduisant avec prudence des agents de lutte biologique issus de la région d'origine du ravageur. Cette approche contribue à réduire les risques que représente la lutte chimique pour la santé humaine et pour l'environnement. Les taxonomistes de la CNC travaillent avec des spécialistes de la lutte biologique au Canada et ailleurs dans le monde afin de mettre au point des stratégies de lutte contre les ravageurs des cultures et les insectes qui nuisent au bétail.

Nomenclature des insectes :

Les noms des insectes sont l'élément de base de la lutte contre les ravageurs. Une part importante des travaux des chercheurs de la CNC consiste à identifier les ravageurs des cultures et les insectes nuisant au bétail.

  • Une fois que le nom de l'insecte est adopté, on peut s'y référer pour accéder à de l'information telle que les zones fréquentées par les populations, les ennemis naturels, la résistance aux insecticides, les habitats de prédilection, les préférences alimentaires, les antécédents et le comportement.
  • Ces données permettent de prendre des décisions éclairées sur les mesures de contrôle, ce qui réduit, voire élimine les dégâts qui pourraient être causés à l'homme et à l'environnement.
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