Effects of 3-nitrooxypropanol on methane production using the rumen simulation technique (Rusitec).

Romero-Pérez, G.A., Okine, E.K., Guan, L.L., Duval, S., Kindermann, M., et Beauchemin, K.A. (2015). « Effects of 3-nitrooxypropanol on methane production using the rumen simulation technique (Rusitec). », Animal Feed Science and Technology, 209, p. 98-109. doi : 10.1016/j.anifeedsci.2015.09.002  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’objet de cette étude était d’évaluer, à l’aide de la technique de simulation du rumen in vitro (RUSITEC), l’effet de différentes doses de 3-nitrooxypropanol (NOP) ajoutées à une ration de semi-finition sur les émissions de méthane (CH4). Le 3-nitrooxypropanol est un inhibiteur enzymatique qui réduit invariablement les émissions de CH4 chez le mouton, les bovins laitiers et les bovins de boucherie (réduction à long terme jusqu’à 59 %). Nous avons utilisé deux appareils RUSITEC, équipés chacun de 8 fermenteurs, dans une expérience en blocs aléatoires complets, avec 2 blocs (appareils) et 4 traitements : 0, 5, 10 et 20 mg de NOP. Dans chaque appareil, 2 fermenteurs ont été aléatoirement assignés à un traitement. Les traitements, appliqués quotidiennement, étaient constitués de 10 g de ration (6 g d’ensilage d’orge, 3,5 g de grains d’orge et 0,5 g de supplément; en pourcentage de la matière sèche [MS]). L’expérience incluait une période d’adaptation sans ajout de NOP (8 jours) et une période de traitement (7 jours) avec ajout de NOP. Le 3-nitrooxypropanol n’a pas joué sur la disparition de la matière sèche (p = 0,79) ni sur la disparition de la matière organique (p = 0,50), mais il a réduit la production de CH4 (mL g−1 de MS) dans une proportion allant jusqu’à 86,2 % (p < 0,01). La concentration totale d’acides gras volatils (AGV) n’a pas été touchée (p = 0,99), mais nous avons observé une réduction de la proportion molaire d’acétate (p < 0,01) ainsi qu’une augmentation de la concentration d’isovalérianate (p < 0,01) et une augmentation linéaire de la somme des concentrations de propionate, de butyrate et de valérate (P + B + V; p = 0,01). Nous avons également observé une réduction de la proportion molaire de l’hydrogène métabolique (HM) utilisé pour la production de CH4, avec une augmentation concomitante du HM utilisé pour la synthèse des AGV (p < 0,01) et du H2 (p < 0,01). Le nombre total de copies des gènes de l’ARNr 16S pour les méthanogènes et les bactéries de la phase liquide, ainsi que le nombre total de copies des gènes de l’ARNr 16S pour les bactéries de la phase solide n’ont pas été touchés par l’ajout de NOP (p > 0,12), mais ce nombre a été réduit pour les méthanogènes de la phase solide (p < 0,01). Le nombre total de cellules protozoaires est resté le même (p = 0,61). Les résultats montrent que l’ajout de NOP à une ration de semi-finition est un moyen efficace de réduire la production de CH4 in vitro; il faudra cependant utiliser moins de 5 mg de NOP dans les études subséquentes avec des fermenteurs RUSITEC pour mieux simuler les conditions in vivo, sous lesquelles on se sert de concentrations beaucoup plus faibles. La redirection du HM, principalement vers la synthèse des AGV lorsque la production de CH4 a été inhibée, pourrait être bénéfique pour la production animale lorsque du NOP est administré en supplément, mais l’accumulation de H2 représente une perte d’énergie alimentaire utilisable par les bovins.

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