New insights into the importance of prolactin in dairy ruminants.

Lacasse, P., Ollier, S., Lollivier, V., et Boutinaud, M. (2016). « New insights into the importance of prolactin in dairy ruminants. », Journal of Dairy Science (JDS), 99(1), p. 864-874. doi : 10.3168/jds.2015-10035  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Chez la plupart des mammifères, la prolactine (PRL) est essentielle au maintien de la lactation, et la suppression de la PRL inhibe la lactation. Toutefois, le rôle de la PRL dans la régulation de la lactation chez les ruminants n’est pas clair, en raison des effets variables de la suppression à court terme de la PRL par la bromocriptine sur le rendement en lait. Plusieurs expériences ont donc été faites pour évaluer le rôle galactopoïétique de la PRL. Dans une première expérience, des vaches en début de lactation ont reçu des injections quotidiennes de quinagolide, un agoniste de la dopamine, pendant 9 semaines. Le quinagolide a réduit la libération de PRL induite par la traite et causé une baisse rapide de la production laitière. Il a aussi entraîné une diminution de l’activité, de la survie et de la prolifération des cellules épithéliales de la glande mammaire. Chez les chèvres, la cabergoline, un autre agoniste de la dopamine, a provoqué une diminution de 28 % du rendement en lait le jour suivant l’injection. Dans une autre expérience, les vaches ont reçu, pendant 5 jours au moment de la traite, une injection de quinagolide, de quinagolide et de PRL bovine ou des excipients seulement. Encore une fois, le quinagolide a diminué le rendement en lait, en protéines et en lactose. Même si les injections de PRL n’ont pas suffi à restaurer le rendement en lait, elles ont eu tendance à hausser les rendements en protéines et en lactose et à accroître la viabilité des cellules épithéliales de la glande mammaire purifiées du lait. Récemment, notre équipe a stimulé la sécrétion de PRL avec des injections quotidiennes de dompéridone, un antagoniste de la dopamine, pendant 5 semaines. La production de lait a augmenté graduellement et était plus élevée chez les vaches traitées à la dompéridone durant les 4 dernières semaines du traitement. Dans la plupart des expériences où la sécrétion de PRL a été modifiée, la quantité d’aliments ingérée allait de pair avec la variation des concentrations de PRL, corroborant ainsi l’hypothèse selon laquelle la PRL augmente la consommation de nourriture pour fournir les éléments nutritifs nécessaires à la lactation chez les ruminants. Chez les vaches en fin de lactation, le quinagolide et la cabergoline ont réduit la production de lait dès le premier jour de traitement et induit des changements plus rapidement dans plusieurs marqueurs de l’involution de la glande mammaire après le tarissement. De plus, le quinagolide a amélioré la résistance aux infections intramammaires, laissant supposer que l’inhibition de la PRL pourrait constituer une autre stratégie pour faciliter le tarissement. La prolactine semble influer directement sur les fonctions de la glande mammaire, mais la réactivité de la glande mammaire à la PRL semble modulée par des facteurs tant locaux que systémiques. Par conséquent, il faut pousser l’étude de la modulation du nombre et des isoformes des récepteurs de la PRL ainsi que celle de l’expression des modulateurs intracellulaires de la signalisation cellulaire dans la glande mammaire. En conclusion, ces données, combinées à celles d’autres études, semblent indiquer que, chez les ruminants laitiers, la PRL est galactopoïétique.

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