Impact of ruminal pH on enteric methane emissions.

Hünerberg, M., Beauchemin, K.A., McGinn, S.M., Entz, T., Okine, E.K., McAllister, T.A., et Harstad, O.M. (2015). « Impact of ruminal pH on enteric methane emissions. », Journal of Animal Science, 93(4), p. 1760-1766. doi : 10.2527/jas.2014-8469  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Cette étude visait à déterminer l’effet du pH ruminal sur l’émission de méthane (CH4) par les bovins de boucherie. Nous avons rassemblé les données sur le pH ruminal et le CH4 obtenues dans deux expériences menées avec 16 génisses de boucherie recevant une ration à teneur élevée en fourrage (55 % d’ensilage d’orge) ou à teneur élevée en grain (92 % concentré [en matière sèche, MS]) Les deux expériences ont été réalisées selon un plan en carré latin répété 4 × 4 avec 4 périodes et 4 traitements alimentaires. Le méthane a été mesuré sur 4 jours consécutifs au moyen de chambres à circuit ouvert contenant chacune 2 génisses. Nous avons mesuré le pH ruminal de chacune des génisses au moyen d’enregistreurs de pH à demeure. Le pH ruminal moyen et l’émission moyenne de CH4 (g/h) des 2 génisses de chacune des chambres ont été résumés en blocs de 30 min. Même si les méthanogènes du rumen sont censés être inhibés par un pH < 6,0 in vitro, les taux de production de CH4 in vivo (g/h) n’ont pas diminué lorsque le pH ruminal a baissé aux niveaux seuils de l’acidose ruminale subaiguë (5,2 ≤ pH < 5,5) ou aiguë (pH < 5,2; p > 0.05). Il n’y avait qu’une faible corrélation entre l’émission quotidienne moyenne de CH4 (g/d) et le pH ruminal quotidien moyen (r2 = 0,27; p < 0,05), ce qui laisse supposer que des facteurs additionnels comme la formation accrue de propionate ou un taux de transformation accru expliquerait les plus faibles émissions de CH4 des bovins recevant une ration à teneur élevée en grain comparativement à ceux recevant une ration à teneur élevée en fourrage. Ainsi, à elle seule, la réduction du pH ruminal ne constitue pas une stratégie efficace pour atténuer les émissions de CH4. Les mécanismes permettant aux méthanogènes de survivre aux épisodes faible pH ruminal pourraient inclure des changements dans la structure de la communauté tendant vers des souches plus tolérantes aux faibles pH ou encore la séquestration dans des microenvironnements de biofilms ou de protozoaires qui protégeraient les méthanogènes contre les pH faibles.

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