Thermal stress affects patch time allocation by preventing forgetting in a parasitoid wasp.

Abram, P.K., Cusumano, A., Peri, E., Brodeur, J., Boivin, G., et Colazza, S. (2015). « Thermal stress affects patch time allocation by preventing forgetting in a parasitoid wasp. », Behavioral Ecology, 26(5), p. 1326-1334. doi : 10.1093/beheco/arv084  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’apprentissage et la mémoire permettent aux animaux d’ajuster leurs stratégies de quête alimentaire en se fondant sur l’expérience. Bien qu’il ait été démontré que la température influe sur de nombreux aspects de l’écologie comportementale des animaux, la rétention en mémoire en présence d’un stress thermique réaliste a rarement été évaluée. En laboratoire, nous avons étudié l’expression comportementale de la mémoire d’un parasitoïde des œufs (Trissolcus basalis) exposé à un niveau de stress thermique représentatif des niveaux observés en nature. Dans un premier temps, nous avons postulé que le stress thermique peut perturber la consolidation de la mémoire et/ou modifier l’optimalité de la rétention en mémoire et donc influer sur les stratégies d’allocation du temps à la recherche des agrégats. La consolidation de la mémoire n’a pas été affectée par une exposition à un stress thermique d’une durée de 1 h faisant suite à une expérience « non récompensée » (apprentissage) sur un agrégat de composés infochimiques associés à l’hôte. Aucune différence liée à l’intensité des réactions comportementales n’a été relevée entre des individus expérimentés exposés à un stress thermique élevé (40 °C) ou bas (10 °C), d’une part, et des individus exposés à une température modérée (25 °C), d’autre part. Nous avons ensuite vérifié comment un stress thermique peut influer sur la rétention en mémoire du parasitoïde (provoquer l’« oubli »). Le temps de résidence d’individus maintenus à une température modérée constante après l’apprentissage et retestés sur des agrégats de composés infochimiques associés à l’hôte a augmenté par rapport à celui d’individus témoins (individus naïfs) sur une période de 4 jours, ce qui laisse croire que ces individus avaient « oublié » ce qu’ils avaient appris. Toutefois, l’exposition à des cycles de températures diurnes tant chaudes que froides a permis de prévenir l’oubli; les temps de résidence des individus expérimentés retestés dans le cadre de ces traitements n’ont pas changé par rapport aux temps observés chez les individus témoins. Nous examinons dans quelle mesure ces résultats peuvent être imputables à une réaction adaptative des parasitoïdes plutôt qu’à une contrainte physiologique imposée par la température. Nos résultats contribuent à accroître notre compréhension de l’impact du stress thermique sur les stratégies de quête alimentaire faisant intervenir l’apprentissage et la mémoire.

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