Sex differences in gut fermentation and immune parameters in rats fed an oligofructose-supplemented diet.

Shastri, P., McCarville, J.L., Kalmokoff, M.L., Brooks, S.P.J., et Green-Johnson, J.M. (2015). « Sex differences in gut fermentation and immune parameters in rats fed an oligofructose-supplemented diet. », Biology of Sex Differences, 6(13), p. 1-12. doi : 10.1186/s13293-015-0031-0  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Contexte. Les données mécanistiques à l’appui des allégations relatives aux effets sur la santé sont souvent issues de modèles de rongeurs, et l’influence de l’ajout de prébiotiques a fait l’objet de nombreuses études ayant recours à des rongeurs mâles. Comme les différences des paramètres immunitaires fondées sur le sexe sont bien reconnues et que des données probantes récentes semblent indiquer qu’il y a des différences entre les sexes dans la composition du microbiote, la validation de l’efficacité des prébiotiques mérite d’être examinée tant chez les mâles que chez les femelles. Dans la présente étude, nous avons comparé l’effet de l’ajout d’oligofructose (OF) sur la communauté bactérienne fécale, sur les profils d’acides gras à chaîne courte et sur les paramètres de l’immunité de la muqueuse intestinale et de l’immunité générale chez les rats mâles et femelles. Méthode. Nous avons donné, à des rats mâles et femelles, de la nourriture pour rongeurs ou cette même nourriture enrichie d’OF (5 % p/p). Nous avons examiné les changements dans la communauté fécale en analysant le contenu en gènes de l’ARNr 16S. Pour comparer les effets de l’OF entre les sexes sur le microbiote intestinal et l’immunité de la muqueuse, nous avons déterminé les profils d’acides gras à chaîne courte et des cytokines tissulaires. Nous avons aussi dosé les lipopolysaccharides (LPS) sériques par la méthode au lysat d’amoebocytes de limule, une façon indirecte de comparer la perméabilité intestinale entre les sexes. Résultats. Chez les femelles, l’ajout d’OF a modifié la structure de la communauté fécale en augmentant l’abondance dans le phylum Bacteroidetes. Chez les mâles, aucun changement n’a été observé dans la structure de la communauté fécale, bien que la concentration fécale de butyrate ait augmenté de manière significative. La concentration hépatique d’immunoglobulines A (IgA) était plus élevée chez les mâles que chez les femelles ayant reçu de l’OF, et la concentration sérique des LPS était plus élevée chez les mâles, sans égard à leur alimentation. Les femelles ont présenté une concentration de base plus élevée de la cytokine régulatrice interleukine‑10 (IL‑10) dans le côlon et le foie, et les mâles, une concentration de base plus élevée de la cytokine pro‑inflammatoire IL‑6 et de la chimiokine CINC‑1 (cytokine-induced neutrophil chemoattractant‑1) dans le cæcum et le foie. Conclusion. Nous avons montré que les communautés intestinales des rats mâles et femelles métabolisent différemment la ration enrichie d’OF. Les réponses spécifiques de chaque sexe concernant la communauté fécale et les paramètres de l’immunité générale donnent à penser que cette différence pourrait être due à une augmentation de la disponibilité de l’azote peptidique chez les mâles. Ces résultats démontrent l’importance de la réalisation d’essais comparatifs entre les sexes lorsqu’on étudie les effets possibles des prébiotiques sur la santé au moyen de modèles de rongeurs.

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