The way humans behave modulates the emotional states of piglets.

Brajon, S., LaForest, J.-P., Schmitt, O., et Devillers, N. (2015). « The way humans behave modulates the emotional states of piglets. », PLoS ONE, 10(8: Article number e0133408), p. 1-17. doi : 10.1371/journal.pone.0133408  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’état émotionnel peut influer sur la prise de décision dans des situations ambiguës. Les tests de biais cognitif (TBC) se sont révélés des indicateurs prometteurs de la valence affective des animaux dans le contexte du bien-être des animaux d’élevage. Il est admis que les humains peuvent agir sur l’intensité de la crainte et des réactions de la part des animaux, mais la recherche sur les biais cognitifs s’intéresse surtout aux conditions de logement et de gestion de ces derniers et elle néglige le rôle des humains sur les états émotionnels des animaux. La présente étude visait à déterminer si les humains peuvent moduler l’état émotionnel des porcelets sevrés. Cinquante-quatre porcelets ont été soumis à une expérience continue avec des humains : expérience douce (DOU), expérience dure (DUR) ou expérience avec contact minimal (MIN). Ils ont en même temps été individuellement entraînés à des tâches de type « oui/non » pour apprendre à discerner un signal auditif positif, associé à une récompense en nourriture dans une auge, d’un signal négatif, associé à une punition (p. ex. une vaporisation d’eau). Indépendamment du traitement (p = 0,82), 59 % des porcelets ont suivi leur entraînement jusqu’à la fin. Ces porcelets ont ensuite été soumis à un TBC où ils recevaient des signaux ambigus en présence ou non d’un observateur humain. Conformément à l’hypothèse émise, les porcelets DOU ont alors fait preuve d’un biais de jugement positif, ce que montre leur pourcentage plus élevé de réponses « oui » que celui des porcelets DUR (p = 0,03) et MIN (p = 0,02), tandis que les réponses des porcelets DUR et MIN étaient semblables (p > 0,10). La présence d’un observateur durant le TBC n’a pas modulé le pourcentage de réponses « oui » après un signal ambigu (p > 0,10). Cependant, quel que soit le traitement reçu, les porcelets ont passé moins de temps en contact avec l’auge après des signaux positifs durant un TBC au cours duquel l’observateur était présent que lorsqu’il était absent (p < 0,0001). L’étude démontre de façon originale que la nature d’une expérience continue auprès des humains peut induire un biais de jugement, ce qui indique que l’état émotionnel des animaux d’élevage tels que le porcelet peut être touché par la façon dont les humains interagissent avec eux.

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