The perception of humans by piglets: recognition of familiar handlers and generalisation to unfamiliar humans.

Brajon, S., LaForest, J.-P., Bergeron, R., Tallet, C., et Devillers, N. (2015). « The perception of humans by piglets: recognition of familiar handlers and generalisation to unfamiliar humans. », Animal Cognition, 18(6), p. 1299-1316. doi : 10.1007/s10071-015-0900-2  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les humains font partie de l’environnement des animaux domestiques et sont en interaction quotidienne avec eux, ce qui fournit une bonne base pour l’étude des relations interspécifiques. La capacité de distinguer et de reconnaître les individus est le fondement de telles relations, et cette capacité est cruciale chez les animaux domestiques, étant donné que le comportement des humains à leur endroit peut différer d’un individu à un autre. En outre, avec l’expérience, les animaux peuvent développer une mémoire générale des humains et adopter un comportement généralisé envers les étrangers. Cette étude vise à déterminer la mesure dans laquelle les porcelets sevrés peuvent distinguer des humains familiers et généraliser leur expérience lorsqu’ils font face à des humains inconnus. Quarante-huit groupes de trois porcelets ont été soumis à 2 périodes consécutives de 5 jours de conditionnement de valence identique ou opposée (positive ou négative), en présence d’un (A) ou de deux (A, puis B) manipulateurs. La réactivité des porcelets à un humain immobile et à un humain s’approchant de lui a été mesurée avant et après les périodes de conditionnement avec des manipulateurs non familiers et familiers. Ensuite, les porcelets ayant reçu des traitements en présence des deux manipulateurs A et B ont été soumis à un test de choix entre les deux manipulateurs. La réactivité à un humain qui s’approchait semblait mieux refléter l’expérience passée auprès des manipulateurs familiers, car les porcelets les reconnaissaient clairement et ont adapté leur comportement en conséquence. À l’inverse, la réaction des porcelets devant un humain immobile reflétait leur propension naturelle à rechercher une interaction, même après une expérience négative. Les porcelets pouvaient transposer leur souvenir des humains à un humain inconnu par généralisation, mais de nombreux facteurs ont semblé jouer un rôle dans ce processus, en particulier la complexité de l’expérience passée (uniforme vs non uniforme) et le contexte dans lequel les porcelets ont rencontré l’humain inconnu (immobile vs s’approchant d’eux). Nous en concluons que les processus de distinction et de généralisation de la réactivité aux humains ne sont pas simplement fondés sur les interactions passées, mais qu’ils dépendent également du contexte, selon le degré de similarité avec l’expérience passée.

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