Nontarget herbivory by a weed biocontrol insect is limited to spillover, reducing the chance of population-level impacts.

Catton, H.A., Lalonde, R.G., et De Clerck-Floate, R.A. (2015). « Nontarget herbivory by a weed biocontrol insect is limited to spillover, reducing the chance of population-level impacts. », Ecological Applications, 25(2), p. 517-530. doi : 10.1890/14-0250.1  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les insectes utilisés à titre d’agents de lutte biologique classique contre des mauvaises herbes sont souvent capables d’exploiter des espèces apparentées à l’espèce hôte ciblée pour s’alimenter, pondre leurs œufs et boucler leur développement larvaire, mais avec une préférence moins marquée et une performance amoindrie. Lorsqu’une situation d’herbivorie touchant une espèce non ciblée risque de compromettre la survie, la croissance ou la fécondité de cette espèce et que les insectes parviennent à se reproduire avec succès sur cette dernière, il devient utile de caractériser les tendances spatiales et temporelles de l’occurrence et l’intensité de l’herbivorie pour en prédire les effets potentiels à l’échelle des populations en cause. Dans le cadre d’une expérience novatrice de manipulation post-lâcher sur le terrain, nous avons cherché à évaluer la capacité d’un charançon rhizophage relâché au Canada à des fins de lutte biologique contre la cynoglosse officinale dans les parcours, le Mogulones crucifer, de s’établir sur une espèce de plante non ciblée, l’Hackelia micrantha. Sur les plans des préférences et de la performance du M. crucifer, les espèces du genre Hackelia arrivent au deuxième rang après les espèces du genre Cynoglossum. Nous avons relâché des M. crucifer dans des parcours canadiens abritant des populations naturelles d’H. micrantha intercalées parmi des populations de la plante hôte ciblée ou poussant en l’absence quasi-totale de cette dernière. Après avoir surveillé les charançons adultes qui s’alimentaient sur les plantes avoisinantes pendant les trois étés qui ont suivi les lâchers (années 0, 1 et 2), nous avons récolté des sous-échantillons de plantes pour évaluer les taux d’oviposition par le M. crucifer. Nous avons amassé des données additionnelles sur la ponte et le développement larvaire du charançon dans sept sites non expérimentaux où ce dernier avait été introduit au cours de la même année ou trois ou quatre ans plus tôt. La présence du M. crucifer n’a pas été décelée après deux ans aux sites expérimentaux où le C. officinale était absent, et l’herbivorie sur les plantes hôtes non ciblées se limitait à quelques rares cas de débordement de faible intensité. Des signes évidents d’herbivorie par les adultes (c.-à-d. cicatrices sur les pousses) étaient associés à la ponte chez 90 % des plantes ciblées mais chez seulement 30 % des plantes non ciblées. En accord avec la théorie des refuges écologiques, nous estimons qu’un éventuel débordement du M. crucifer ne devrait pas avoir d’impacts sur les populations non ciblées en raison de l’existence de refuges temporels et spatiaux réduisant le risque d’herbivorie, et nous faisons des recommandations relatives à la surveillance et à la gestion des systèmes de lutte biologique présentant des caractéristiques similaires, telles que l’élimination des plantes ciblées poussant à proximité de populations d’espèces non ciblées jugées d’intérêt. Comme le M. crucifer compte parmi les agents de lutte biologique modernes utilisés contre les mauvaises herbes les moins spécifiques à l’égard de l’hôte et que l’H. micrantha est probablement une de ses principales plantes hôtes non ciblées, ces conclusions sont vraisemblablement généralement applicables à d’autres plantes non ciblées et systèmes de lutte biologique.

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