Linkage of food consumption and export to ammonia emissions in Canada and the overriding implications for mitigation.

Sheppard, S.C. et Bittman, S. (2015). « Linkage of food consumption and export to ammonia emissions in Canada and the overriding implications for mitigation. », Atmospheric Environment, 103, p. 43-52. doi : 10.1016/j.atmosenv.2014.12.023  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les émissions atmosphériques d’ammoniac (NH3) issu de l’agriculture, tout comme les émissions d’autres polluants provenant de diverses sources, constituent une préoccupation partout dans le monde. Au Canada, les émissions de source agricole sont liées à la consommation de produits agricoles au pays et à l’exportation de ces produits. Les producteurs sont souvent désignés comme les responsables devant limiter ces émissions, mais le marché et les consommateurs ont aussi une part de responsabilité et doivent assumer les conséquences de leurs choix sur l’environnement. L’objectif de cette étude était d’établir un lien quantitatif entre les émissions agricoles de NH3 et la consommation d’aliments et de protéines par personne, et entre ces émissions et les exportations agricoles du Canada. Les émissions de NH3 par unité de protéines consommées varient grandement selon le type d’aliment. C’est pourquoi des changements dans le régime alimentaire des Canadiens ont eu des effets importants sur les émissions relatives de NH3 par personne. Entre 1981 et 2006, la consommation totale de protéines par personne au Canada a augmenté d’environ 5 %, mais les émissions de NH3 liées à l’alimentation ont diminué de 20 %. Cette différence est en grande partie attribuable à une moins grande consommation de bœuf, qui est associé à des émissions élevées par unité de viande ou de protéines, et à une plus grande consommation de volaille et de céréales, associées à des émissions beaucoup moins élevées. Et bien que ces changements dans l’alimentation n’aient pas été le résultat de préoccupations environnementales, ils ont eu des effets marqués sur les émissions à l’échelle nationale. Ces effets engendrés par les consommateurs pourraient même dépasser les effets possibles des pratiques exemplaires de gestion destinées à réduire les émissions de NH3 au niveau du producteur. Il faut cependant souligner que la population canadienne a augmenté de 50 % entre 1981 et 2006 et que les exportations de viande et d’œufs ont augmenté de 570 %, ce qui fait que les émissions totales issues de la production alimentaire au Canada ont elles aussi augmenté. Nos résultats indiquent qu’on observera d’autres effets sur les émissions nationales de NH3, à cause de moteurs de changement généralement hors de portée des politiques agro-environnementales dans l’alimentation et l’exportation.

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