Beyond carbon sequestration: Soil as conduit of solar energy.

Janzen, H.H. (2015). « Beyond carbon sequestration: Soil as conduit of solar energy. », European Journal of Soil Science, 66(1), p. 19-32. doi : 10.1111/ejss.12194  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

La perspective très séduisante de séquestrer du carbone (C) afin d’atténuer la formation de CO2 dans l’air a déclenché une rafale d’études du sol, mais il y a lieu de se demander si cet optimisme hâtif était pleinement justifié. Mes objectifs sont d’examiner brièvement les mécanismes d’accumulation du carbone, de prendre en compte les contraintes sur la séquestration de celui-ci dans le sol pour atténuer les changements climatiques, et de prévoir les questions à soulever lors de futures discussions de groupe. Le carbone qui se trouve dans le sol fait partie d’un flux continuel; il ne s’agit pas d’une réserve stagnante, mais d’un courant d’atomes en circulation. Le stock de carbone à un moment donné peut être accru par l’ajout d’atomes à ce courant ou par le ralentissement de son débit vers la formation de CO2. Ce dernier processus (décomposition) est influencé par la résistance intrinsèque du substrat, par les interactions protectrices du carbone avec la matrice minérale, et par les conditions locales favorisant ou non l’activité biologique. Ensemble, ces mécanismes créent un continuum de susceptibilité à la décomposition. De nombreuses pratiques peuvent favoriser l’accumulation de carbone, mais leur efficacité est soumise aux limites des gains en carbone, aux effets possibles sur d’autres émissions de gaz à effet de serre, à la possibilité de pertes futures, à la difficulté de mesurer les gains de façon précise et à la complexité de la dynamique à l’échelle du paysage. À la lumière de ces problèmes et de ces perspectives, je propose, à titre d’hypothèse de travail, que nous insistions moins sur le carbone et plus sur l’utilisation judicieuse de l’énergie qu’il porte; en d’autres termes, la maximisation des « stocks » de carbone est moins critique que le maintien des « flux » pour soutenir les multiples fonctions assurées par les écosystèmes. Parmi ses implications, cette hypothèse (i) fait valoir une perspective écosystémique, tenant compte de tous les compromis inévitables associés à l’utilisation d’une énergie non renouvelable, (ii) met l’accent sur l’importance du soutien à la capture de l’énergie par la photosynthèse, (iii) privilégie le long terme, avec des évaluations des flux de carbone sur plusieurs décennies ou sur des périodes plus longues et (iv) englobe les aspirations humaines, qui façonnent ultimement les flux de carbone par les pressions exercées sur les terres. Loin de minimiser l’urgence de la recherche sur le carbone du sol, cette perspective réorientée permet d’envisager le carbone du sol non comme un stock isolé, mais plutôt comme la pierre angulaire dynamique des cycles énergétiques de nos écosystèmes.

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