On the evolution of omnivory in a community context.

Chubaty, A.M., Ma, B.O., Stein, R.W., Gillespie, D.R., Henry, L.M., Phelan, C., Pálsson, E., Simon, F.W., et Roitberg, B.D. (2014). « On the evolution of omnivory in a community context. », Ecology and Evolution, 4(3), p. 251-265. doi : 10.1002/ece3.923  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’omnivorité est extrêmement courante chez les animaux mais, selon la théorie, lorsqu’un organisme a le choix de la ressource, il devrait favoriser la spécialisation plutôt que de demeurer généraliste. L’évolution d’un phénotype alimentaire implique des interactions complexes avec de nombreux facteurs autres que le choix de la ressource, comme l’hétérogénéité environnementale, la qualité de la ressource, la disponibilité de celle ci et les interactions avec d’autres organismes. Nous avons utilisé un modèle de simulation évolutionnaire pour examiner de quelle manière les conditions écologiques façonnent l’évolution des phénotypes alimentaires (p. ex. l’omnivorité), en variant la qualité et la disponibilité (absolues et relatives) des ressources végétales et animales (proies). Les phénotypes alimentaires résultant des simulations ont été définis par la contribution relative des végétaux et des proies au régime alimentaire des individus. Nous avons caractérisé les organismes d’après sept caractéristiques auxquelles on a permis d’évoluer librement dans différents environnements simulés, et nous avons évalué quelles caractéristiques étaient importantes pour que différents phénotypes alimentaires évoluent chez des organismes en interaction les uns avec les autres. Les carnivores, les herbivores et les omnivores ont tous coexisté dans le modèle sans que celui ci ne comprenne l’exigence d’un effet de synergie entre la consommation de végétaux et de proies. Les omnivores étaient dominants quand le rapport entre les végétaux et les proies était faible et, dans une moindre mesure, quand la productivité de l’habitat était élevée. Parmi les principaux résultats du modèle, on a constaté que les omnivores évoluaient selon différentes combinaisons de valeurs de caractéristiques et de contextes environnementaux. Des combinaisons précises de caractéristiques avaient tendance à former des complexes émergents et, dans certaines conditions environnementales, s’exprimaient comme des phénotypes alimentaires d’omnivorité. Les résultats indiquent que la disponibilité relative des végétaux et des proies (plus que la qualité des ressources) détermine la classe d’alimentation d’un individu, et que les phénotypes alimentaires résultent souvent de l’évolution convergente de complexes de caractéristiques qui émergent dans certaines conditions environnementales précises. Les résultats de la recherche de nourriture semblent dépendre du degré et du type de spécialisation phénotypique en ce qui a trait aux végétaux et aux proies, de la navigation et de l’exploitation de l’habitat, de la reproduction et des interactions avec d’autres individus dans un environnement hétérogène. L’omnivorité ne devrait pas être considérée comme une stratégie fixe, mais plutôt comme un mode d’expression phénotypique qui émerge de diverses sources génétiques et coévolue dans un grand éventail de contextes écologiques.

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