Les effluents piscicoles favorisent la croissance des racines des plants de tomate et les protégent contre les maladies fongiques.

Gravel, V., Dorais, M., Dey, D., et Vandenberg, G.W. (2015). « Les effluents piscicoles favorisent la croissance des racines des plants de tomate et les protégent contre les maladies fongiques. », Canadian Journal of Plant Science, 95(2), p. 427-436. doi : 10.4141/CJPS-2014-315  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les systèmes aquicoles engendrent quantité de déchets dont on pourrait se servir pour bonifier les cultures horticoles par l'apport de nutriments, d'accélérateurs de croissance et d'agents antibiotiques. L’étude devait établir (1) la valeur nutritive des effluents de la pisciculture de truites issus de deux régimes d'alimentation des poissons et (2) les effets des effluents sur la croissance des plants de tomates et sur leur protection contre la maladie. La boue d'effluents de Skretting OrientMC (SO) renfermait plus de P (38 c. 32 mg par litre), de K (23 c. 11 mg par litre) et de N (19 c. 11 mg de NO3 par litre, 186 c. 123 mg de NH4 par litre) que celle de Martin Classic (MC), et se caractérisait par un ratio NO3:NH4 supérieur (1:9 c. 1:13), mais la boue de MC était plus riche en Mg (42 c. 24 mg par litre) et en Ca (217 c. 169 mg par litre). Lors du premier essai, les chercheurs ont noté que les effluents avaient un effet stimulateur sur la hauteur du plant, la surface foliaire et la biomasse sèche des racines, mais lors du second, seule la biomasse des racines a augmenté. La boue piscicole est riche en microorganismes (97 et 142 µg de fluorescéine par heure et par mL respectivement pour SO et MC) et supprime Pythium ultimum Trow et Fusarium oxysporum f.sp. lycopersici (Sacc.) Snyder & Hansen. Les deux effluents bruts ont respectivement diminué la croissance in vitro du mycélium de P. ultimum et de F. oxysporum de 100 % et de 32 %, l'effluent de MC inhibant davantage F. oxysporum. Quand on stérilise l'effluent piscicole par filtration ou passage à l'autoclave, l'inhibition in vitro de P. ultimum et de F. oxysporum s'atténue. Le mélange d'effluents piscicoles ralentit la colonisation des racines de tomate par P. ultimum (jusqu’à un facteur de 5,7) et F. oxysporum (jusqu’à un facteur de 2,1). Ces résultats indiquent qu'on pourrait se servir des effluents piscicoles comme amendement pour accélérer la croissance des plantes et assurer une lus grande protection contre les maladies véhiculées par le sol.

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