Persistency of the piglet's reactivity to the handler following a previous positive or negative experience.

Brajon, S., LaForest, J.-P., Bergeron, R., Tallet, C., Hötzel, M.J., et Devillers, N. (2015). « Persistency of the piglet's reactivity to the handler following a previous positive or negative experience. », Applied Animal Behaviour Science, 162, p. 9-19. doi : 10.1016/j.applanim.2014.11.009  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Une question au cœur de la relation éleveur–animal concerne la perception que les animaux ont des humains, laquelle dépend des interactions que les animaux ont eues avec ces derniers. Notre étude visait à mesurer l’influence d’une expérience antérieure avec les humains sur la réactivité de porcelets sevrés à l’égard des humains. Des traitements différant sur le plan du type (intrinsèque vs extrinsèque à l’humain) et de la valence (positive vs négative) du renforcement ont été appliqués par une préposée sur une période normalisée de cinq jours. Les traitements suivants ont été administrés à 48 groupes de trois porcelets suivant le sevrage : 1) manipulation douce (DOUCE); 2) récompense alimentaire (ALIM); 3) manipulation douce et récompense alimentaire (DOUCE-ALIM); 4) manipulation rude (RUDE); 5) pistolet à balle (p. ex. balle de plastique et pistolet à ressort) sans mouvement (PISTO); 6) pistolet à balle avec mouvement (PISTO-MVT); 7) humain passif (PASSIF, sans renforcement); 8) témoin (TÉMOIN, aucune expérience additionnelle des humains). Le comportement des animaux en présence d’une personne immobile a été enregistré pendant 5 semaines après la période de traitement. Ensuite, la réactivité a été évaluée (de 0 = pas de fuite à 4 = fuite du porcelet avant que la personne ne touche l’animal) pendant qu’une personne s’approchait. Après la période de traitement, alors que tous les porcelets qui avaient été soumis aux traitements positifs ont approché la personne immobile, seuls ceux qui avaient été manipulés doucement et qui étaient habitués au contact humain ont accepté d’être touchés (notes moyennes : 0,4, 0,3, 2,4 et 2,0 pour DOUCE-ALIM, DOUCE, ALIM et PASSIF, respectivement, p < 0,0001). La manipulation rude a suffi à induire la peur et l’ajout d’un léger stress physique (coup de pistolet à balle) n’a pas exacerbé la réaction de peur (notes moyennes > 3,8 pour tous les traitements négatifs (p > 0,05). Le fait de ne pas connaître le manipulateur a donné lieu à une vigilance naturelle et à une réaction de peur, puisque les porcelets du groupe TÉMOIN avaient passé moins de temps en contact avec le manipulateur que les porcelets des traitements positifs jusqu’à deux semaines après le traitement avec le manipulateur (28 % vs 84 %, 87 %, 86 % et 72 % pour TÉMOIN vs DOUCE, DOUCE-ALIM, ALIM et PASSIF, respectivement, p < 0,05) et leurs notes de réactivité étaient comparables à celles des porcelets soumis aux traitements négatifs jusqu’à cinq semaines après le traitement (1,3, 2,7, 2,9 et 2,8 pour TÉMOIN, RUDE, PISTO et PISTO-MVT, respectivement, p > 0,05). La perception que les animaux avaient de la préposée était fortement modulée de leur expérience antérieure avec cette personne, puisque les différences de comportement entre les animaux des groupes de traitements positifs et négatifs ont persisté au moins 5 semaines. Par exemple, il est particulièrement intéressant de noter qu’au cours du dernier test de réactivité, tous les porcelets des traitements positifs ont touché la préposée après moins de 22 secondes, alors que 20 % des porcelets ayant fait l’objet d’un traitement négatif ne sont pas entrés en contact avec l’humain (p < 0,0001). En conclusion, les porcelets sont capables d’associer les humains à certaines expériences et de se rappeler l’expérience qu’ils ont eue avec les humains pendant au moins 5 semaines.

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